ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est nativité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nativité. Afficher tous les articles

mercredi 24 décembre 2014

La Sainte Famille (1)

La Sainte Famille (1)

C’est tardivement que l’iconographie chrétienne représente la scène de la Nativité du Seigneur en plaçant Marie et Joseph, agenouillés, de part et d’autre de l’Enfant couché dans la mangeoire sur de la paille, notamment après les révélations de Marie à sainte Brigitte de Suède (1303-73), comme dans le retable de Sully. Auparavant, l’on montrait Marie en gésine, Maria in Wochenbett, alitée et venant d’accoucher. De par notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu et, à ce titre, nous faisons partie de la Sainte Famille, (lire la suite) comme saint Josémaria aimait à le souligner. Nous en sommes membres à part entière et de plein droit, car frères du Fils Premier-Né de Dieu venu parmi nous. Et comme, « auprès de Dieu qui est éternel, tu es un enfant plus petit qu’un petiot de deux ans auprès de toi » (saint Josémaria, Chemin, n° 860), nous avons besoin de l’aide de la Vierge Marie et du père nourricier du Sauveur. Ils nous prennent tous deux par la main, chacun à notre tour, pour nous mener à Jésus, nous placer en sa présence. Et, se prosternant devant lui, ils nous apprennent à l’adorer, à lui faire l’hommage de tout notre être, de toute notre vie. Ils nous enseignent les rudiments d’une piété à la fois élémentaire et bien sentie. Ils nous initient à ce qui est l’attitude première requise d’une créature envers son Auteur : l’adoration. Adoration qui est la meilleure affirmation de notre moi, car le Seigneur Tout-Puissant nous a créés précisément pour accomplir cette finalité, de sorte que nous puissions être appelés enfants de Dieu et exister vraiment en tant que tels. Que Marie, « saluée par l’Église dans la litanie de Lorette comme Vas insignæ devotionis, nous enseigne à adorer Dieu « en esprit et en vérité » (Jean 4, 23) et à nous ouvrir avec un cœur doux et accueillant à ceux qui sont ses fils et donc des frères. Nous le lui demandons avec les paroles du « Salve Regina » : « … O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria ! » (Jean-Paul II, Angélus, 28 mai 1989). Marie et Joseph nous font comprendre à qui nous avons affaire : le Fils de Dieu en Personne, appelé Jésus, conformément aux instructions de l’ange à Joseph, « car il sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1, 21), et Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous » (Matthieu 1, 23). Ils nous montrent tout le respect et la vénération que nous devons lui porter et que, si nous voulons lui faire plaisir et, par voie de conséquence, les rendre eux aussi heureux, nous n’avons qu’une chose à faire, l’imiter en ce que sa « nourriture est de faire la volonté de Celui qui [l’]a envoyé » (Jean 4, 34), et rien d’autre. Aucun autre objectif d’ailleurs ne pourrait répondre à sa perfection et à son identification à son Père : « Je ne fais rien par moi-même » (Jean 5, 30). (à suivre…)

lundi 20 mai 2013

Antoine de Padoue et Marie (1)

Antoine de Padoue et Marie (1)

Dans le sermon sur la Nativité saint Antoine de Padoue invoque Marie : « Nous te prions, ô Notre Dame, Toi, qui es l’Étoile du matin, chasse par ta splendeur le nuage de la tentation du diable qui recouvre la terre de notre esprit. Toi, qui es la lune en son plein, remplis le vide de notre cœur, dissous les ténèbres de nos péchés, afin que nous méritions de parvenir à la plénitude de la vie éternelle et à la lumière de la gloire infinie. » Celui sur l’Annonciation la présente comme le soleil resplendissant sur le Temple du Très-Haut. Le soleil possède comme propriétés la splendeur, la blancheur et la chaleur, propriétés qui répondent aux trois paroles de l'archange saint Gabriel : « Je vous salue, pleine de grâce », « Ne crains pas », « L'Esprit Saint surviendra sur toi ». Elle est aussi comme l'arc-en-ciel brillant dans un nuage de gloire. Il se forme lorsque le soleil entre dans un nuage et possède quatre couleurs : fuligineux, azur, doré et de feu. Ainsi, lorsque le soleil de justice, le Fils de Dieu, est entré dans la glorieuse Vierge, elle est devenue comme un arc-en-ciel brillant, un signe d'alliance, de paix et de réconciliation, entre « nuages de gloire » c'est-à-dire entre Dieu et le pécheur. La couleur fuligineuse désigne la pauvreté de Marie ; l'azur, son humilité ; le doré, sa charité ; le feu, dont la flamme ne peut ni être partagée ni endommagée par l'épée, sa virginité intacte. Marie est encore « comme la rose au printemps ». Le printemps (en latin ver) est ainsi appelé parce qu’il verdoie. Au printemps, la terre se revêt d'herbe et se colore de fleurs bariolées, la température s'adoucit, les oiseaux jouent de la cithare et tout semble sourire. Et comme un lis près d'une source : de même que les lis le long d'un cours d'eau conservent leur fraîcheur, leur beauté et leur parfum, la Vierge Marie garda la fraîcheur et la beauté de sa virginité, lorsqu'elle donna le jour à son Fils.

mercredi 15 mai 2013

Saint André de Crète et Marie

Saint André de Crète (v. 660-740) est moine à Jérusalem, diacre à Constantinople, évêque de Gortyne (Crète). Il compose de nombreuses hymnes marials, protestant ainsi contre les iconoclastes. Il souligne le rôle d'Avocate de la Vierge et évoque sa Nativité : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »

jeudi 24 janvier 2013

Au chap’let citoyens (4)

Au chap’let citoyens (4)

Jean Sobieski (1629-96), roi de Pologne, accourt de Czestochowa pour secourir Vienne, assiégée par les Turcs. Conduisant les troupes avec le duc Charles de Lorraine, ils remportent la bataille de Vienne, en 1683, non sans que les troupes aient invoqué le nom de la Sainte Vierge avant la bataille engagée dans l’octave de la Nativité de Marie. Jean Sobieski offrira à Notre-Dame-de-Czestochowa les trophées pris à l’ennemi. La fête du saint Nom de Marie est instituée en mémoire de cette victoire. Notre-Dame-Auxiliatrice avait été aussi priée intensément. Le pèlerinage dans son sanctuaire de la Mariahilfstrasse, la « rue de Marie-Auxiliatrice », à Vienne, connut un grand essor et les tableaux de cette Vierge furent abondamment reproduits. Pensons à cette efficacité du chapelet pour la période présente.

samedi 8 septembre 2012

Nativité de la Vierge Marie

Nativité de la Vierge Marie

La fête de la Nativité de la Sainte Vierge apparaît en Orient, où le synaxaire de Constantinople l'indique au 8 septembre selon le décret de l’empereur Maurice (582-602). L’Église de Jérusalem est probablement la première Église à honorer le souvenir de la Nativité de Notre Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, Marie serait née. Saint *André de Crète (660-740) mentionne la Nativité dans ses homélies : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui,
(lire la suite) contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »

samedi 24 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (3)


Dans la grotte de Bethléem (3)

La fulgurance de la Nativité ne dure qu’un temps, qui a semblé une éternité à Marie et à Joseph. Mais cette lumière ne s’effacera pas de leur mémoire et de leur cœur. D’autant moins que Jésus est « la Lumière vraie qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9). Cette lumière, elle reste là sous leurs yeux, en permanence. Elle leur montre le chemin de l’accomplissement de la volonté du Père dans les moindres choses de la vie ordinaire et la façon précisément de tout vivre pour la gloire de Dieu. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31). (lire la suite)
Les anges sont repartis comme ils étaient arrivés. Du moins est-ce l’impression qu’ils donnent. Il n’est plus nécessaire qu’ils se fassent voir et entendre. Mais ils continuent de remplir l’espace. Il ne saurait en aller autrement. Ne sont-ils pas des myriades et des myriades, des myriades de myriades (Apocalypse 11, 5) ?
Et là où est Dieu, ils s’y trouvent nécessairement. Or, Dieu est omniprésent, il est présent en tout point de l’univers. Les anges y sont donc aussi, partout, partout !
« Mon ange marchera devant toi » (Exode 32, 33). C’est Dieu qui se le disait à lui-même. C’est le Père qui parlait à l’adresse des on Fils, pour le jour où lui et l’Esprit Saint l’enverraient sur la terre. L’ange tutélaire. Cet ange qui viendra réconforter Jésus dans son agonie (Luc 22, 43).

(fin)

jeudi 22 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (1


Dans la grotte de Bethléem (1

La tradition fait naître Jésus en pleine nuit, une nuit d’hiver, froide, qu’éclaire la lune. Au moment où l’enfant fait son entrée dans le monde, un ange apparaît à des bergers qui gardaient leurs troupeaux non loin de là. Il est enveloppé d’une lumière éblouissante, propre aux théophanies.
Cette même lumière, plus éclatante encore, a envahi la grotte de Bethléem, dont la pauvreté s’est trouvée transformée en un véritable palace. C’était plus beau que tous les ors et les lambris du monde. La grotte était toute éclairée, ruisselante de lumière céleste. Du coup, Marie et Joseph ne regrettent plus d’avoir dû se replier sur cette solution de fortune (lire la suite)) pour s’abriter pendant cette nuit. Ils oublient leur peine, le rejet par les membres de leur clan. L’étable s’est transformée en palais.
Les hommes de la lignée de David, à laquelle Joseph appartient et, selon certains, Marie aussi, ont refusé d’accueillir le jeune coupe, qui s’est retrouvé seul pour fêter la venue du Sauveur. En réalité, ils ne sont pas seuls. La grotte de la Nativité est envahie d’anges, d’archanges, de principautés célestes. Des myriades d’anges assistent à la naissance du Fils de Dieu et se pressent autour de la mangeoire dans laquelle sa Mère l’a déposé. Ils sont là, mandatés par Dieu, pour être présents à ce spectacle grandiose d’un Dieu fait homme.
Ils ont chanté « gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre à ceux qu’il aime » (Luc 2, 14) pour les bergers. Que n’ont-ils pas chanté pour Jésus, et pour Marie et Joseph ? Ces instants unique sont dû être particulièrement sublimes. Et ils se sont gravés à tout jamais dans le cœur de Marie et de Joseph.
Les anges s’en donnent à cœur joie, s’il est permis de s’exprimer ainsi à propos de créatures célestes. Ils n’ont pas besoin de répéter leur concert. Car ils sont habitués à jouer en permanence pour manifester leur jubilation et la gloire de Dieu. Si cette gloire a disparu sous l’humanité du Christ, elle lui reste sous-jacente dans sa divinité. Et eux, ils ne sont pas abusés par des sens qu’ils ne possèdent pas. Cet Enfant, auquel Joseph est appelé à donner le nom d’Emmanuel, ce qui signifie « Dieu avec nous » (Matthieu 1, 23), ils avaient bien vu qu’il est effectivement Dieu. Ils ne l’ont jamais perdu de vue.

(à suivre…)

samedi 25 décembre 2010

Noël et la Croix

Noël et la Croix

Dans son exhortation apostolique récente sur la Parole de Dieu dans al vie de l’Eglise et du monde, le pape Benoît XVI écrit qu’en contemplant la « Christologie de la Parole », le Christ Parole de Dieu qui s’incarne à Noël, « la tradition patristique médiévale a utilisé une expression suggestive : le Verbe s’est abrégé (Cf. Origène, Péri Archon 1, 2, 8 ). Dans leur traduction grecque de l’Ancien Testament, les Pères de l’Église ont trouvé une parole du prophète Isaïe - que saint Paul cite aussi – pour montrer que les voies nouvelles de Dieu étaient déjà annoncées dans l’Ancien Testament. On pouvait y lire : « Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée » (Isaïe 10, 23 ; Romains 9, 28). Le Fils, lui-même, est la Parole de Dieu, il est le « Logos : la Parole éternelle s’est faite petite – si petite qu’elle peut entrer dans une mangeoire. (lire la suite) Elle s’est faite enfant, afin que la Parole devienne pour nous saisissable » (exhort. ap. Dei Verbum, n° 12).
Dieu abandonne sa gloire, ou plus exactement la cache sous l’humanité du Fils, qui apparaît à nos yeux comme un homme semblable aux autres, égal à nous en tout, hormis le péché, comme l’Eglise le confesse.
Mais l’anéantissement de Jésus à Noël, de Jésus qui se fait enfant, pauvre et démuni, nous amène à nous interroger sur son sens profond. Nous comprenons rapidement que le Seigneur ne vient pas chercher un bonheur terrestre, vivre quelques années de bon temps sur terre. Cela n’a pas de sens pour lui. La vie humaine ne lui apporte rien, à lui qui est le Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre. Il n’a que faire de notre monde.
Et pourtant il y vient, car ce monde et aussi le sien, celui qu’il a créé, avec le Père et l’Esprit Saint, celui que le péché de l’homme a abîmé, et qu’il veut restaurer dans sa bonté originelle. Mais, plus encore, il entend aider l’homme à retrouver sa condition d’enfant de Dieu et à pouvoir entrer de nouveau dans l’intimité de Dieu.
C’est pourquoi il faut chercher le sens profond de la naissance du Sauveur à Bethléem dans la Croix sur laquelle il donnera sa vie pour que nous ayons la Vie éternelle. La Croix s’inscrit donc déjà à l’horizon de Bethléem. Noël et la Croix constituent un seul et même mystère, le mystère de notre Rédemption. Le Seigneur, qui possède une science infuse, sait à tout moment ce qu’il vient faire sur terre. Il sait dès sa naissance que la Croix l’attend. Il l’aime d’avance, parce qu’il nous aime et qu’elle est le moyen, le seul, que la Sainte Trinité a trouvé pour réparer les dégâts causés par nos premiers parents, Adam et Eve, à la nature humaine et à nos relations avec Dieu.
Tâchons de comprendre cela quand nous venons adorer l’Enfant dans la crèche, et apprenons ainsi de lui à aimer aussi les croix qui se présentent dans notre vie, pour adhérer pleinement à la Croix salutaire.

jeudi 9 septembre 2010

La Nativité de Marie (2)

La Nativité de Marie (2)

Saint Boniface (+ 755) introduisit la fête de la Nativité de la Vierge en Allemagne où la prescrivit le concile de Salzbourg (799). Avec le concours du roi Robert II le Pieux (970-1031), Fulbert, évêque de Chartres (+ 1028) introduisit cette fête dans le nord du Royaume : « Après d'autres fêtes plus anciennes de la sainte Vierge, la piété des fidèles n'a été satisfaite que quand on a jouté la fête solennelle de ce jour « (Fulbert de Chartres : sermon pour la Nativité de la Vierge). Sa cathédrale ayant été ravagée par un incendie la nuit de ladite fête, il en fit construire une nouvelle, dédiée à la Nativité de Notre-Dame. Saint Bernard d'écrire aux chanoines de Lyon : La sainte Église ne se trompe pas quand elle considère ce jour comme saint et le célèbre chaque année à la joie de toute la terre. (lire la suite) À la mort le pape Célestin IV (1243), Frédéric II retint prisonniers des cardinaux pour empêcher la réunion du conclave ; les prisonniers firent le vœu solennel de donner une octave à cette fête s'ils étaient rendus à la liberté ; libérés, ils élurent Innocent IV qui, au concile de Lyon I (1245) accomplit le vœu. Grégoire XI fit une vigile qui fut célébrée à Anagni. Grégoire X en célébra la vigile en 1377, à Agnani.
L'Écriture ne parle pas de la naissance de la Sainte Vierge et il faut se rapporter aux traditions, comme les textes apocryphes l'ont fait en termes merveilleux. « Venez, hommes de toutes races, venez célébrer la fête de la naissance de la Mère de Dieu et de la Corédemptrice de l'humanité. Si on fête le jour de la naissance des hommes, comment ne célébrerions-nous pas la naissance de cette femme qui transforma en joie la tristesse de notre Mère Ève ? (...) Aujourd'hui a commencé le salut du monde... En effet, dans la « maison probatique », c'est-à-dire la maison des brebis, est née le Mère de Dieu, de qui devait naître l'Agneau de Dieu, qui ôte les péchés du monde. Aujourd'hui le Verbe divin, Créateur de toute chose, crée un nouveau Livre (Marie) qui est sortie du cœur de son Père, et qui est écrit par l'Esprit Saint » (saint Jean Damascène, Sermon pour la Nativité a Bienheureuse Vierge Marie). « Elle naît à petit bruit, sans que le monde en parle et sans qu'Israël même y pense, bien qu'elle soit la fleur d'Israël et la plus éminente de la terre ; mais, si la terre n'y pense pas, le ciel la regarde et la vénère comme celle que Dieu a fait naître pour un si grand sujet et pour rendre un si grand service à sa propre personne, c'est-à-dire pour le revêtir un jour d'une nouvelle nature (Pierre de Bérulle, Vie de Jésus 5).

(fin)

mercredi 8 septembre 2010

La Nativité de Marie (1)

La Nativité de Marie (1)

La fête de la Nativité de la Sainte Vierge apparaît en Orient, où le synaxaire de Constantinople l'indique au 8 septembre selon le décret de l’empereur Maurice (582-602). L’Église de Jérusalem est probablement la première Église à honorer le souvenir de la Nativité de Notre Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, Marie serait née. Saint André de Crète (660-740) mentionne la Nativité dans ses homélies : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. (lire la suite) Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »
À Rome, la fête apparaît sous Serge Ier (687-701) : le pape, en sandales, se rend en procession de la basilique Saint-Adrien à celle de Sainte-Marie-Majeure, le 1er janvier, pour le « Natale Sanctæ Mariæ ». Benoît XIV (1740-1758) raconte que chaque année, au 8 septembre, un solitaire entendait des chants célestes. En ayant demandé la raison à Dieu, il lui fut répondu que c'était en l'honneur de la naissance de la Vierge Marie qui se célébrait au ciel et qu'il en était averti, car Marie étant née pour les hommes, il devrait faire en sorte que cette fête fût aussi célébrée sur terre. Le solitaire s'en ouvrit au pape qui institua alors la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (Histoire des Mystères et des fêtes). Saint Bède le Vénérable (673-735) connaissait la fête en Angleterre, mais elle était absente de la liturgie Mozarabe de Tolède jusqu'au le X° siècle. En France, la fête la Nativité de la Sainte Vierge porta longtemps le titre de Notre-Dame Angevine, rappelant que la Vierge Marie, apparut, en 430, près de Saint-Florent, au saint évêque Maurille d'Angers pour lui demander d'instituer la fête de sa Nativité.


(à suivre…)

dimanche 7 février 2010

Marie et l'Incarnation (2)

Marie et l'Incarnation (2)

Il est vrai que Marie a fait don à Dieu de tout son être. Elle a tout donné. Absolument tout. Elle n'a rien gardé pour elle. Et pourtant... Il y a un « mais », en effet. Elle a donné tout ce qu'elle avait, tout ce qu'elle était, au moment où elle l'a remis à Dieu.
Or, Dieu n'arrête pas de nous gratifier de nouveaux cadeaux surnaturels, de grâces qui viennent s'ajouter aux précédentes. Et nous avons reçu grâce sur grâce. Dieu attend que ce que nous avons reçu gratuitement, nous le lui rendions gratuitement (Luc 9, 2). (lire la suite) Tout également. C'est pourquoi Marie a été capable de donner encore plus, alors qu'elle avait tout remis entre les mains de Dieu.
Elle naît toute sainte, et le diable n'a pas eu de prise sur elle, même pas une fraction de seconde. « Je mets une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne » (Genèse 3, 15). Elle est absolue. Marie a beau avoir un corps, être soumise à la matière, alors que le diable est une créature spirituelle, elle est au-dessus de lui, plus forte que lui. Ipsa conteret ! « elle écrasera » la tête du serpent (Genèse 3, 15). Ce qui a eu lieu.
L'Immaculée Conception prépare la Nativité virginale de Jésus, conçu par l'œuvre du Saint-Esprit. Voilà que Marie a prononcé le « oui » décisif, que toute la création attendait en retenant son souffle. Et elle reçoit le don du Saint-Esprit et, au même instant, le don du Fils de Dieu dans son corps, deux dons du Père, à Marie qu'il prend alors pour Épouse, deux dons du Père à l'humanité dont il fera de Marie la Mère.
Marie reçoit les dons les plus élevés, inégalables... Mais, « à celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé » (Luc 12, 48). Ce n'est pas parce que Marie est la Mère de Dieu qu'elle échappe à cette loi. Bien au contraire. Elle est notre modèle dans toutes les vertus. Elle est exemplaire dans sa façon de répondre à Dieu. Elle avait tout donné. Elle reçoit beaucoup plus en retour : Dieu en personne, une libéralité infinie. Et Marie comprend que ce cadeau ne lui est pas destiné à elle seule. Elle a compris que le Fils qui lui est annoncé est rien moins que le Messie. L'archange saint Gabriel a été explicite. Tout le message de l'Annonciation est comme une reprise des annonces dès l'Ancien Testament, du livre de l'Exode, du 2ème livre de Samuel, des prophètes Isaïe et Sophonie. Les mots se mettent en place dans l'esprit de Marie et son Cœur bat désormais au rythme du Saint-Esprit, de l'Amour divin.
D'un seul coup, en un instant, son Cœur déborde d'affection pour le genre humain tout entier. Dieu lui a agrandi le Cœur, si bien qu'il y a de la place pour nous tous, et pour tous les pécheurs de tous les temps.

(à suivre...)

samedi 26 décembre 2009

Le mystère de Noël

Le mystère de Noël

Le vrai mystère de Noël est la splendeur intérieure qui vient de cet Enfant. Laissons cette splendeur intérieure se communiquer à nous, allumer dans notre cœur la petite flamme de la bonté de Dieu ; par notre amour, portons tous la lumière dans le monde ! Ne permettons pas que cette flamme de lumière soit éteinte par les courants froids de notre temps ! Gardons-la fidèlement et faisons-en don aux autres! En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethléem, nous voulons aussi prier de façon spéciale pour le lieu de la naissance de notre Rédempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte : Regarde, Seigneur, cette région de la terre qui, étant ta patrie, t’est si chère ! Fais que ta lumière y brille ! Fais que la paix y advienne !

Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005.

vendredi 25 décembre 2009

Le sens de Noël

Le sens de Noël

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite) L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils. » L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né.

Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005.

mardi 24 novembre 2009

Action de grâces (17)

Action de grâces (17)

M’approchant de la table sainte, j’ai essayé d’enflammer en moi des sentiments de forte affection, un désir ardent de t’accueillir dans mon cœur et une ferme détestation de tout péché, même involontaire, de toute imperfection. Je sais bien que la perfection n’est pas mon fort, et que mes souhaits n’atteignent jamais la mesure voulue. Mais je m’y essaye comme je peux et, je crois, avec sincérité. (lire la suite)
« Bon pasteur, pain véritable, Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous, protège-nous, fais-nous voir le bien suprême, dans la terre des vivants. Toi qui fais et qui peux tout, toi notre nourriture d’ici-bas, prends-nous là-haut pour convives et pour héritiers à jamais dans la famille des saints » (st Thomas d’Aquin).
À Noël, les rues et les devantures des magasins se couvrent de guirlandes et d’ornements variés, lumineux souvent. Les particuliers aussi décorent leur demeure. Rares sont ceux qui le font pour t’honorer et savent ce qu’est Noël. Quand je viens communier, c’est à chaque fois Noël, une nouvelle naissance du Sauveur dans mon âme. Et il convient, il faut, qu’elle soit ornée, décorée — en la matière, je n’en ferai jamais de trop —, éclairée, et pas de lampions clignotants, mais de lumières constantes, que rien n’empêche de briller de tous leurs feux.
Ah Seigneur ! tu dois toi-même m’aider à te recevoir avec une grande pureté de cœur, à briser tout attachement désordonné aux personnes et aux biens de ce monde, pour que tu sois le centre de mes pensées, de mes intentions, de mes affections et de mes actions. Je te le demande par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Joseph.

mardi 8 septembre 2009

8 septembre : Nativité de la Vierge Marie

8 septembre : Nativité de la Vierge Marie


Venez, hommes de toutes races, venez célébrer la fête de la naissance de la Mère de Dieu et de la Corédemptrice de l'humanité. Si on fête le jour de la naissance des hommes, comment ne célébrerions-nous pas la naissance de cette femme qui transforma en joie la tristesse de notre Mère Ève ? (...)
Aujourd'hui a commencé le salut du monde... En effet, dans la « maison probatique » (1), (lire la suite) c'est-à-dire la maison des brebis, est née le Mère de Dieu, de qui devait naître l'Agneau de Dieu, qui ôte les péchés du monde.
Aujourd'hui le Verbe divin, Créateur de toute chose, crée un nouveau Livre (Marie) qui est sortie du cœur de son Père, et qui est écrit par l'Esprit Saint.

Saint Jean Damascène, Sermon pour la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie.

(1) Selon la tradition, la maison des parents de la Vierge Marie, saint Joachim et sainte Anne, se trouvait à proximité de la piscine probatique dite de Béthesda, où Jésus guérit un infirme (cf. Jn 5, 8-9). Sur cet emplacement, se trouve aujourd'hui l'église Sainte-Anne.

lundi 12 janvier 2009

Saint Joseph s’est-il marié une deuxième fois ?

Saint Joseph s’est-il marié une deuxième fois ?

Selon saint Matthieu, quand la très Sainte Vierge a conçu Jésus virginalement, elle était fiancée à saint Joseph, bien qu'ils ne vivaient pas encore ensemble (Matthieu 1, 18). Il s’agissait de la situation préalable aux noces qui, chez les Juifs, supposait un engagement si fort et réel que les personnes ainsi engagées pouvaient être déjà appelées époux et épouse, si bien que l'engagement ne pouvait être annulé que par la répudiation. Du texte de saint Matthieu on déduit qu’après l’annonce de l’ange à Joseph, lui expliquant que Marie avait conçu (lire la suite) par l’œuvre de l’Esprit Saint (Matthieu 1, 20), ils se sont mariés et ont vécu ensemble. Le récit de la fuite et du retour d’Égypte, et de l’installation à Nazareth (Matthieu 2, 13-23), de même que l’épisode de la présentation par ses parents de l’enfant au Temple à l'âge de douze ans, tel que le relate saint Luc (Luc 2, 41-45) le laissent entendre. D'autre part, racontant l’Annonciation de l’ange à Marie, saint Luc présente celle-ci comme « une vierge fiancée à Joseph de la maison de David ». C’est pourquoi, selon ces Évangiles, saint Joseph avait épousé la très Sainte Vierge. C’est une donnée qui appartient avec certitude à la tradition historique recueillie dans les Évangiles.
Or, considérer que ces noces ont été un deuxième mariage de saint Joseph, ou dire que saint Joseph déjà très âgé et veuf n’a pas épousé la Vierge Marie, mais a uniquement pris soin d’elle comme d'une vierge à sa charge, ce sont des suppositions qui n'offrent aucune garantie d’historicité. Elles sont nées pour expliquer que les « frères » de Jésus, dont il est fait mention dans les Évangiles, étaient les enfants d'un premier mariage de Joseph.
La première mention de ces hypothèses se trouve dans ce le « Protévangile de Jacques », au 2e siècle. Il y est raconté que Marie restait dans le Temple depuis l'âge de trois ans et que, ayant accompli 12 ans, les prêtres cherchèrent quelqu’un pour s'occuper d'elle. Ils réunirent tous les veufs de la ville et, après qu’un signe prodigieux se soit produit avec le bâton de Joseph (une colombe en est sortie), ils confièrent à ce dernier la garde de la Vierge. Cependant, selon cette légende, Joseph ne prit pas Marie pour épouse. En fait, quand l’ange lui apparaît en songe il ne lui dit pas comme dans Matthieu 1, 20, « ne crains pas de prendre Marie pour épouse », mais « ne crains pas pour cette jeune fille » (14, 2). De cet apocryphe dépend sans doute Épiphane qui affirme que saint Joseh n'a pas épousé la Sainte Vierge, car il avait déjà quatre-vingts ans et six enfants.
En revanche, Clément d'Alexandrie et Origène croyaient qu'il l'avait épousée, de même qu'un autre apocryphe plus tardif qui réélabore cette histoire, le « Pseudo-Matthieu », datant peut-être du 6e siècle, qui semble laisser entendre que Marie avait épousé Joseph, car le prêtre dit à ce dernier : « Tu dois savoir qu’elle ne peut contracter mariage avec personne d’autre » (8, 4). Il n'en reste pas moins qu'il parle habituellement de saint Joseph comme du gardien de la Vierge. En revanche, que Joseph ait épousé Marie est clairement dit dans le « Livre de la Nativité de Marie », une sorte de résumé du « Pseudo-Matthieu », et dans l’« Histoire de Joseph le charpentier » (4, 4-5).
Par conséquent, nous ne disposons pas de données historiques permettant d’affirmer que Saint Joseph s’était marié auparavant avant d'épouser Marie. Il est plus logique de penser qu’il était encore un jeune homme quand il a épousé la très Sainte Vierge et qu’il ne s’est marié que c’est cette seule fois.

original en espagnol par Gonzalo Aranda,
professeur de la faculté de Théologie de l'Université de Navarre

samedi 3 janvier 2009

L'Épiphanie (2)

L'Épiphanie (2)

« Les anciennes prophéties concernant la ville sainte de Jérusalem, comme la magnifique prophétie d'Isaïe (...) se sont réalisées dans l'Église : « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière (...). Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi » (Isaïe 60, 1-3). C'est ce que devront réaliser les disciples du Christ : formés par Lui pour vivre dans le style des Béatitudes, ils devront attirer tous les hommes à Dieu, à travers le témoignage de l'amour : « De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Matthieu 5, 16). En écoutant ces paroles de Jésus, (lire la suite) nous, membres de l'Église, ne pouvons pas ne pas percevoir toute l'insuffisance de notre condition humaine, marquée par le péché. L'Église est sainte mais elle est composée d'hommes et de femmes avec leurs limites et leurs erreurs. Seul le Christ, en nous donnant l'Esprit Saint, peut transformer notre misère et nous renouveler continuellement. C'est Lui la lumière des nations, lumen gentium, qui a choisi d'éclairer le monde à travers son Église (cf. Concile Vatican II, const. dogm. Lumen Gentium n° 1). » (Benoît XVI, homélie 6 janvier 2006).
L'espérance du Salut a été comblée. Le Sauveur est né à Bethléem, à Noël, dans des conditions dramatiques, de pauvreté extrême, rejeté par les hommes qui ont refusé d'accueillir le pauvre jeune ménage de Joseph et de Marie, de Marie pourtant enceinte. Car Dieu ne s'impose pas. Dieu, on ne le mérite pas, on l'accueille comme Marie et Joseph. Et so on ne l'accueille pas, eh bien ! tant pis pour soi.

(à suivre...)

vendredi 2 janvier 2009

L'Épiphanie (1)

L'Épiphanie (1)

Que des personnages importants, des savants, des grands de ce monde, viennent adorer Jésus n'est pas pour nous étonner. Tous les rois sont appelés à servir et reconnaître sa royauté : « Son règne est un règne éternel ; toutes les puissances le serviront et lui obéiront » (Antienne au Psaume 2). C'est l'univers entier qui doit rendre hommage à son Christ-Sauveur. Ce qui pourrait surprendre Marie et Joseph, c'est que ce soient seulement quelques bergers avertis en songe qui se soient rendusauprès du Nouveau-Né : « Ne craignez pas, je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira grandement tout le peuple : aujourd'hui, dans la ville de David (Bethléem), il vous est né un Sauveur qui est le Messie Seigneur. (...) (lire la suite) Ils s'y rendirent en hâte, et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche » (Luc 1, 10.16).
Après cela, plus rien ne devrait les étonner. Ils sont à Dieu, entièrement à lui et avec Lui.
Ont-ils compris, en voyant les Rois Mages s'approcher qu'ils représentaient les nations païennes auxquelles Jésus veut également apporter le salut ? La Sainte Écriture en parle, de façon explicite, même si les Juifs étaient, eux et eux seuls, le Peuple élu. On voit le mépris affiché des Juifs à l'égard des Samaritains, qui est réciproque d'ailleurs : « Ils entrèrent dans un bourg des Samaritains pour lui préparer le gîte ; mais on ne l'y reçut pas, parce qu'il faisait route en direction de Jérusalem » (Luc 9, 52-53).
« Beaucoup viendront du levant et du couchant et prendront pas au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux » (Matthieu 8, 11). « Yahvé a manifesté son salut ; aux yeux des nations, il a révélé sa justice » (Psaume 98 (97), 2). « Moi, Yahvé, je t'ai appelé dans une vue de grâce, et je t'ai pris par la main ; je t'ai formé et t'ai constitué : alliance du peuple, lumière des nations » (Isïe 42, 6). Lors de la Présentation au Temple, le vieillard Siméon reprend cette prophétie : « De mes yeux j'ai vu le salut, (...) lumière qui se révélera aux païens et gloire de ton peuple Israël » (Luc 2, 30.32).

(à suivre...)

lundi 8 septembre 2008

8 septembre : la Nativite de Marie

8 septembre : la Nativité de Marie

En ce jour où l'Église fête la naissance de la Bienheureuse Vierge Marie (sa « Nativité »), la liturgie propose à notre réflexion des considérations de saint André de Crète, prédicateur et poète byzantin, né à Damas vers 660. Vers 692, il devint archevêque de Gortyne, en Crète. Il mourut vers 740, laissant, notamment, vingt-trois célèbres sermons.

Voici donc un extrait de celui qu'il a prononcé en l'honneur de la Nativité de la Sainte Mère de Dieu :

« C'est maintenant que la Vierge vient de naître, (lire la suite) qu'elle est allaitée, qu'elle se forme, qu'elle se prépare à être la Mère du Roi universel de tous les siècles. (...) C'est alors que nous recevons du Verbe un double bienfait : il nous conduit à la Vérité, et il nous détache de la vie d'esclavage sous la lettre de la loi. De quelle manière, par quelle voie ? Sans aucun doute, parce que l'ombre s'éloigne à l'avènement de la lumière, parce que la grâce subsitue la liberté à la lettre. La fête que nous célébrons se trouve à cette frontière, car elle fait se rejoindre la vérité avec les images qui la préfigurent, puisqu'elle substitue le nouveau à l'ancien. (...)
Que toute la création chante et danse, qu'elle contribue de son mieux à la joie de ce jour. Que le ciel et la terre forment aujourd'hui une seule assemblée. Que tout ce qui est dans le monde s'unisse dans le même concert de fête. Aujourd'hui, en effet, s'élève le sanctuaire créé où résidera le Créateur de l'univers ; et une créature, par cette disposition toute nouvelle, est préparée pour offrir au Créateur une demeure cachée. »