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samedi 16 juin 2012

Amour de Dieu et du prochain (1)

Amour de Dieu et du prochain (1)

« Les Pharisiens, ayant appris que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, se rassemblèrent. Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour l'embarrasser : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Il lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Un second lui est égal : Tu aimeras ton proche comme toi-même. En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes » (Matthieu 22, 34-40). La question lui est posée pour l’embarrasser. Les pharisiens se sont réunis pour réfléchir au piège à lui tendre. Ils pensent avoir trouvé un cas particulièrement épineux et compromettant. Pourtant la réponse à la question posée va de soi pour n’importe quel Juif pratiquant, un tant soit peu au fait de la Loi. Peut-être s’attendaient-ils à ce que Jésus énonce une nouveauté, un enseignement non orthodoxe à leur goût. Mais il n’est pas venu abolir la Loi ou les prophètes, « mais les parfaire » (Matthieu 5, 17).
(lire la suite) Or, du mal Dieu peut tirer du bien. Jésus réunit deux commandements épars dans le Deutéronome et le Lévitique et montre qu’ils résument toute la Loi et les prophètes. Saint Marc met la question dans la bouche d’un scribe et apporte comme conclusion que Jésus, « voyant qu'il avait répondu judicieusement, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus lui poser de questions » (Marc 12, 34). Selon saint Luc, il « lui dit : « Tu as bien répondu : fais cela et tu vivras » (Luc 10, 28). Ce que Dieu attend de nous, c’est donc que nous essayions de vivre ces priorités, d’en faire notre nourriture quotidienne. Nous savons que nous avons en Jésus-Christ le modèle de l’Amour parfait, total, sans exclusive, inébranlable, infini, de Dieu comme du prochain. Ce n’est qu’en regardant le Fils unique de Dieu qui s’est incarné par amour pour nous, que nous apprendrons « à comprendre un petit peu ce qu’il y a dans ce cœur de Dieu qui s’anéantit, qui renonce à manifester son pouvoir et sa majesté, pour se présenter à nous sous la forme d’un esclave (cf. Philippiens 2, 6-7). En employant le langage de tous les jours, nous pourrions dire que Dieu dépasse les bornes, puisqu’il ne se limite pas à ce qui serait essentiel ou indispensable pour nous sauver ; il va plus loin. L’unique forme de conduite ou de mesure qui nous permet de comprendre tant soit peu cette manière d’agir de Dieu, c’est de nous rendre compte qu’elle manque de mesure, de concevoir à quel point elle naît d’une folie d’amour qui le pousse à prendre notre chair et à se charger du fardeau de nos pêchés. (à suivre…)

jeudi 14 juin 2012

Pèlerinage sur les pas de Jeanne d’Arc


Pèlerinage sur les pas de Jeanne d’Arc

à l’occasion du 600e anniversaire de sa naissance

9 septembre
7 octobre
11 novembre
16 décembre


Départ : basilique Sainte-Jeanne-d’Arc
16 rue de La Chapelle 75018 Paris (lire la suite)


Messe à 10h30

Pique-nique tiré du sac

14h : départ de la marche
Récitation du chapelet avec arrêts dans les églises Saint-Bernard,
Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Eugène-Sainte-Cécile, Notre-Dame-des-Victoires,
rue Saint-Honoré, église Saint-Roch.

Organisé par l’Association Universelle Jeanne d’Arc
Renseignements www.amis-jeanne-darc.org

mercredi 13 juin 2012

Sociologie d’Israël

Sociologie d’Israël

La société juive est dominée par quatre grands groupes : les Ashkénazes (originaires des pays d’Europe de l’Est), les Sépharades (originaires d’Afrique du Nord), les Juifs orientaux ou Mizrahim (originaires du Proche-Orient) et les Sabras (pour désigner les populations juives nées avant 1948 en Palestine). À cette division culturelle et géographique s’ajoutent des subdivisions selon le degré de pratique religieuse.
Depuis le XVIIe siècle, la société juive de la Diaspora est rentrée dans un processus de sécularisation lié à la nécessité pour les Juifs d e s’adapter à leur environnement. Ce phénomène a donné lieu à l’apparition au XIXe siècle de nouveaux courants religieux comme le Judaïsme réformiste ou les Ultra-Orthodoxes. En outre, le Judaïsme a été exposé à différentes idéologies du monde moderne, notamment le nationalisme et le socialisme, qui ont sensiblement marqué son évolution. L’écart s’est peu à peu creusé entre Ultra-Orthodoxes, Orthodoxes modernes ou Datiim et Laïques – pour qui le Judaïsme correspond davantage à une identité nationale et culturelle qu’à une religion. La création de l’État d’Israël en 1948 est l’œuvre de pionniers russes sionistes. Amis si les bases de l’État sont indéniablement sionistes, le besoin urgent d’obtenir un consensus social au moment de définir la forme de l’État en 1948, contraignit les différentes parties à trouver un compromis. Et il fut décidé que chaque minorité avait droit à la représentation. C’était le début d’un Statu Quo encore en vigueur aujourd’hui. La Terre Sainte, n° 618, mars-avril 2012, p. 24.

mardi 12 juin 2012

Sodome et Gomorrhe (3)

Sodome et Gomorrhe (3)

« Abraham s'approcha et dit : « Est-ce que vous feriez périr aussi le juste avec le coupable ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville : les feriez-vous périr aussi, et ne pardonnerez-vous pas à cette ville à cause des cinquante justes qui s'y trouveraient ? Loin de vous d'agir de la sorte, de faire mourir le juste avec le coupable ! Ainsi il en serait du juste comme du coupable ! Loin de vous ! Celui qui juge toute la terre ne rendrait-il pas justice ? » Le Seigneur dit : « Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, je pardonnerai à toute la ville à cause d'eux » (Genèse 18, 23-26). Abraham connaît bien la situation réelle des deux villes. En habile négociateur, il place la barre relativement haut, à un niveau qu’il sait être irréaliste. Mais il a sa petite idée et sait où il veut en venir. Et surtout, il a foi en Dieu. (lire la suite)
Abraham obtient la réponse qu’il escomptait. Alors « Abraham reprit et dit : « Voilà que j'ai osé parler au Seigneur, moi qui suis poussière et cendre. Peut-être que des cinquante justes il en manquera cinq ; pour cinq hommes détruirez-vous toute la ville ? » Il dit : « Je ne la détruirai pas, si j'en trouve quarante-cinq. » Abraham continua encore à lui parler et dit : « Peut-être s'y trouvera-t-il quarante justes. » Et il dit : « Je ne le ferai pas, à cause de ces quarante. » Abraham dit : « Que le Seigneur veuille ne pas s'irriter, si je parle ! Peut-être s'en trouvera-t-il trente. » Et il dit : « Je ne le ferai pas, si j'en trouve trente. » Abraham dit : « Voilà que j'ai osé parler au Seigneur. Peut-être s'en trouvera-t-il vingt. » Et il dit : « À cause de ces vingt, je ne la détruirai pas » (Genèse 18, 27-31). Abraham continue sur sa lancée. Il ne peut plus s’arrêter maintenant. Il doit aller jusqu’au bout de son entreprise, de son « marchandage », qui est une véritable prière, et une prière prononcée en faveur d’autrui. Il donne l’impression de savoir qu’il s’agit d’une cause désespérée. Mais, qui sait si Dieu revenait sur sa décision… il faut tenter le tout pour le tout. « Abraham dit : « Que le Seigneur veuille ne pas s'irriter, et je ne parlerai plus que cette fois : Peut-être s'en trouvera-t-il dix. » Et il dit : « À cause de ces dix, je ne la détruirai point. » Le Seigneur s'en alla, lorsqu'il eut achevé de parler à Abraham, et Abraham retourna chez lui » (Genèse 18, 32-33). Il ne perd rien à essayer. Ce sera vain pourtant, parce que les hommes ne veulent pas écouter Dieu. Nous retirons au moins de cet épisode l’exemple d’une prière fidèle et confiante, d’une prière audacieuse et persévérante, d’une prière franche et désintéressée. (fin)

lundi 11 juin 2012

Sodome et Gomorrhe (2)

Sodome et Gomorrhe (2)

Nous voyons que cela correspond à la réalité et que Dieu nous traite vraiment en amis et engage la conversation avec nous. Il recherche notre compagnie. Il nous parle au fond de notre âme, et attend une réponse amoureuse de notre part, une réponse à sa grâce, une coopération à ses plans, qui sont des plans de bonheur pour l’homme.
« Amis de Dieu ! » Jésus est notre grand Ami en qui nous pouvons mettre toute notre confiance, l’Ami par excellence qui ne trahit pas… Le voyons-nous comme cela ? Avons-nous cette foi en Dieu qui fait que nous sommes persuadés qu’il peut tout, qu’il est Tout-Puissant, qu’il nous aidera toujours, qu’il veut notre bien et non nous châtier, qu’auprès de lui « se trouve[nt] le pardon » (Psaume 129, 4) et la paix ? « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28). Nous allons à Jésus par la prière, une prière pleine de foi : « Le juste vivra par la foi » (Romains 1, 17). (lire la suite) La foi n’est pas passive. Bien au contraire, elle est dynamique. Elle nous conforte dans l’idée qu’avec Dieu rien n’est impossible : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18, 27). Abraham a foi en Dieu. Il n’ignore pas la situation exacte de Sodome et de Gomorrhe et le comportement scandaleux et gravement peccamineux de la plupart de ses habitants. Il en souffre lui-même, bien sûr, et ce spectacle lui est insupportable. Ces hommes pèchent au su et au vu de tout le monde. Abraham ne le sait que trop bien ? il pourrait donc dire à Dieu : ce n’est hélas que trop vrai, Seigneur, et je comprends que tu veuilles faire justice. Pourtant telle n’est pas sa réponse. Non. Il a foi en Dieu. Il sait que Dieu est le Tout-Puissant. Il est convaincu que Dieu est Miséricordieux et qu’il peut pardonner à son peuple. Alors, plutôt que de recenser les fautes, les nombreuses fautes de ses compatriotes, ou de demander directement le pardon de ce qui semble impardonnable, il joue la carte de cet amour et de cette Miséricorde de Dieu. Il fait appel à sa Justice et à sa Bonté. C’est malgré tout un raisonnement humain, parce que Dieu ne doit rien à l’homme. Et s’il condamne, ce ne sera que justice. (à suivre…)

dimanche 10 juin 2012

Sodome et Gomorrhe (1)

Sodome et Gomorrhe (1)

« Le Seigneur dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? Car Abraham doit devenir une nation grande et forte, et toutes les nations de la terre seront bénies en lui. je l'ai choisi, en effet, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie du Seigneur, en pratiquant l'équité et la justice, et qu'ainsi le Seigneur accomplisse en faveur d'Abraham les promesses qu'il lui a faites. » Et le Seigneur dit : « Le cri qui s'élève de Sodome et de Gomorrhe est bien fort, et leur péché bien énorme. Je veux descendre et voir si, selon le cri qui est venu jusqu'à moi, leur crime est arrivé au comble ; et s'il n'en est pas ainsi, je le saurai » (Genèse 18, 17-21).
La première chose que nous constatons, c’est que le péché des hommes ne laisse pas Dieu indifférent. Le péché, certes, ne peut pas écorner sa sainteté, ni diminuer sa gloire. (lire la suite) Dieu est parfait dans toutes ses qualités et immuable. Il ne manque de rien. L’homme ne peut ni lui apporter ni lui ôter quelque chose. Et pourtant, Dieu n’est pas insensible à ce que nous faisons, en bien ou en mal. Parce qu’il « est Amour » (1 Jean 4, 16). Parce qu’il est une Personne, ou plutôt trois Personnes. Parce qu’il est le Vivant, celui qui est « Je suis » (Exode 3, 14). Le Seigneur se sent si directement concerné par nos péchés que, dans une effusion d’Amour inimaginable, il décide d’envoyer son Fils à notre rescousse, il lui demande de s’incarner, de devenir un homme « semblable aux hommes » (Philippiens 2, 7), qui « a dû se faire semblable en tout à ses frères » (Hébreux 2, 17), pour sauver notre nature gâtée par le péché et nous rétablir dans la dignité première d’enfant de Dieu. Cependant, malgré les appels à la conversion, au repentir, malgré les alliances passées avec son peuple, dont la dernière a été scellée dans le Sang de l’Agneau, l’homme reste pécheur. Et la clameur de nos péchés monte vers le ciel. Et ce péché ne peut pas rester impuni. « Le Seigneur dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? […] Je veux descendre et voir si, selon le cri qui est venu jusqu'à moi, leur crime est arrivé au comble ; et s'il n'en est pas ainsi, je le saurai. » (Genèse 18, 17.21). Il est admirable de voir cette confiance de Dieu en un homme, à quel point il lui fait part de son projet pour voir ce qu’il en pense. Le Seigneur dit à ses apôtres qu’il ne les appelle plus serviteurs « parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. » (Jean 15, 15). (à suivre…)

vendredi 8 juin 2012

Jésus n’est pas seul (3)

Jésus n’est pas seul (3)

Réuni avec ses apôtres pour la dernière Cène, Jésus leur annonce que « voici venir l’heure – et elle est déjà venue – où vous vous disperserez, chacun pour son compte, et vous me laisserez tout seul [ce qui laisse entendre un « sauve qui peut » généralisé au moment de l’épreuve]. Cependant, je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » (Jean 16, 32). C’est vrai du fait de l’union hypostatique, du fait que Dieu est un Dieu unique.
Quand ses apôtres l’auront effectivement abandonné, quelques instants plus tard, Jésus s’adresse à son Père, avec qui il garde le contact : « Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non comme je veux, moi, mais comme tu veux, toi » (Matthieu 26, 30). Et dans la détresse du Calvaire, alors que le Père semble s’être retiré et ne pas prêter attention à son Fils qui, pourtant, accomplit sa Volonté parfaite, le Christ continue de prier son Père. (lire la suite) Il dit, avec le peu de force qui lui reste, « Eli, Eli, lama sabacthani, c’est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 46). Il prononce à haute voix ce premier verset du psaume 22, dont il poursuit la récitation en silence, psaume qui débouche sur un cri de victoire et l’assurance de la Rédemption. C’est l’heure où le monde va être jugé : « Je suis venu en ce monde pour un jugement afin que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles » (Jean 9, 39). Car un jugement doit intervenir. Un jugement prononcé du haut de la Croix : « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi, dissipe » (Luc 11, 23). « Celui qui vous rejette, c’est moi qu’il rejette ; or celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé » (Luc 10, 16). C’est un jugement définitif, qui s’exprime au cas par cas au moment de la mort de chaque homme, et qui sera récapitulé à la fin des temps. « Si moi je viens à juger, mon jugement à moi a valeur de vérité, parce que je ne suis pas seul : il y a moi et le Père qui m’a envoyé » (Jean 8, 16). Et de fait, « je juge d’après ce que j’entends ; et le jugement que je rends est juste, parce que je m’applique à faire non pas ma volonté à moi ; mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 5, 30). Car « ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin » (Jean 4, 34), ce qui intervient au Calvaire. Jésus n’est pas seul. Nous ne serons pas davantage seuls si nous nous appliquons de toutes nos pauvres forces à accomplir à notre tour en tout la Volonté de celui qui nous a créés un par un, avec Amour, et envoyés dans le monde pour que nous travaillions à « rassembler les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 52). (fin)

jeudi 7 juin 2012

Jésus n’est pas seul (2)

Jésus n’est pas seul (2)

Jésus n’est pas seul parce qu’il est étroitement, indissociablement uni au Père et au Saint-Esprit. De même pour nous. si nous restons bien unis à notre Dieu, présent dans notre âme en état de grâce ; si nous cultivons le sens profond de notre filiation divine ; si nous nous mettons à l’écoute habituelle du Saint-Esprit, nous ne pouvons pas nous sentir seuls, quoi qu’il arrive dans notre vie. Mais nous sentirons toujours l’appui inconditionnel de Dieu, son aide de tous les instants, sa proximité de l’enfant que nous sommes.
Jésus n’est pas seul. Et cependant son Père a pu permettre qu’il éprouve un sentiment de solitude absolue, dans sa très Sainte Humanité, à l’heure effroyable de sa Passion, alors qu’il se trouve cloué sur la Croix, face à l’humanité pécheresse rassemblée dans son esprit. Ce fut une nouvelle mise à l’épreuve. Ce fut un doux abandon que son Père lui demandait pour nous sauver. (lire la suite) Jésus y répondit en récitant le psaume 22, psaume de confiance absolue en Dieu au milieu des tribulations. Cet autre exemple du Christ doit nous rassurer si jamais nous faisons également l’expérience d’un certain éloignement de Dieu, et si nous n’arrivons pas, momentanément, à sentir combien il est proche de nous. Non seulement proche, mais bien installé à demeure dans notre âme ! Il pourra nous reprocher d’avoir douté : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14, 31). Le doute peut être une épreuve permise par Dieu, pour nous grandir dans la foi. Mais elle peut être également le résultat d’un manque de confiance dans l’efficacité des moyens surnaturels et dans le fait que Dieu ne nous abandonne jamais. Notre Seigneur annonce encore que, une fois dressé sur la Croix face à l’univers, « vous reconnaîtrez alors que c’est Moi, et que je ne fais rien de mon propre chef, mais que ce que je dis est cela-même que le Père m’a enseigné » (Jean 8, 28) et m’a chargé de vous transmettre pour que, en m’écoutant, vous voyiez que je « suis sorti du Père » (Jean16, 27). « Et celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît » (Jean 8, 29), ce qui est évidemment essentiel. Le même saint Jean nous montre qu’accomplir la Volonté de Dieu est gage de fécondité spirituelle : « Quoi que nous demandions, nous l’obtenons de Lui, parce que nous gardons ses commandements et nous faisons ce qui est agréable à ses yeux » (1 Jean 3, 22). Voilà donc une ligne de conduite toute tracée. (à suivre…)

mercredi 6 juin 2012

Jésus n’est pas seul (1)

Jésus n’est pas seul (1)

Saint Jean est le chantre incontestable de l’union du Christ à son Père. Il est le seul des évangélistes à souligner avec insistance cette union en rapportant l’affirmation réitérée de Jésus comme quoi il n’est pas seul, à toutes les étapes de sa vie sur terre. Et ce fait essentiel conditionne le comportement du Seigneur et le contenu de sa prédication.
« Je ne puis rien de moi-même. Je juge d’après ce que j’entends, et le jugement que je rends est juste, parce que je m’applique à faire non ma volonté à moi, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 5, 30). Il est beau et encourageant d’entendre notre Seigneur dire qu’il s’applique à suivre les instructions de son Père et à ne pas en faire à sa tête. Certes, Jésus-Christ vit dans l’union hypostatique, et rien ne peut l’en écarter. Mais, en tant qu’homme, il nous montre quelle doit être notre attitude : ne pas nous laisser guider par nos caprices ou nous propres idées, voire nos sentiments, mais nous atteler en toute chose à faire la Volonté de Dieu, à ne pas laisser les aspirations humaines prendre le pas sur les aspirations surnaturelles. À ne pas nous tromper sur la source inspiratrice de nos actions. Celle-ci ne peut être que la Révélation et la loi morale inscrite dans notre nature. (lire la suite) « Alors Jésus prit la parole et leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même qu’il ne le voie faire au Père, car ce que fait celui-ci, le Fils aussi le fait pareillement » (Jean 5, 19). C’est la limite que notre Seigneur s’est volontairement fixée de toute éternité. Il est la Parole vivante du Père. Il exprime donc ce qui se dit au sein de la Très Sainte Trinité. Il n’a rien à inventer ou à apporter de son propre chef : il nous transmet fidèlement tout ce que le Père veut que nous sachions et rien que ce qu’il veut en ce sens. Avec lui, la Révélation est complète. Nous n’avons besoin de rien d’autre pour croire en Dieu, pour vivre de la foi et gagner le moment venu la patrie céleste. Le Christ nous donne une explication raisonnable de son attitude : « Car je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté à moi, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 6, 38). C’est sous cet éclairage que nous comprenons toute action du Fils de Dieu sur terre. C’est la volonté du Père qu’il vienne à notre rescousse et nous ouvre le chemin du salut, de la réconciliation avec Dieu. Il a été envoyé auprès des hommes pour proclamer : « Repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1, 15), à la Bonne Nouvelle que je vous annonce. « Il vous est né un Sauveur, qui est le Messie Seigneur » (Luc 2, 11). Il insiste auprès de ses apôtres qui reviennent de la ville avec les provisions qu’ils sont allés acheter tous ensemble : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et mener son œuvre à bonne fin » (Jean 4, 34), c’est-à-dire de la mener « jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Mais c’est l’œuvre conjointe des trois Personnes divines. (à suivre…)

mardi 5 juin 2012

Dureté de cœur (5)

Dureté de cœur (5)

Il faut bien voir que, « par ton endurcissement et par l’impénitence de ton cœur, tu amasses pour toi la colère pour le Jour de la colère où se révélera le juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres » (Romains 2, 5-6). Mieux vaut s’abstenir de juger indûment les autres et, plus grave encore, de les condamner parce qu’ils font un bien que nous sommes incapables de réaliser ou auquel nous n’avons pas pensé. Quand un homme à la main desséchée se tient devant lui dans la synagogue – donc un jour de sabbat – le Seigneur demande aux Juifs pieux présents : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver un être ou de le faire mourir ? » (Marc 3, 4), ils auraient dû répondre unanimement : « De faire le bien. De sauver un homme. » Or, tous gardèrent le silence. Alors Jésus, « attristé par l’endurcissement de leur cœur » (Marc 3, 5), réalise quand même le miracle, parce que le bien de l’infirme passe avant son propre bien à lui et ce que les hommes peuvent en penser.
(lire la suite) Mais cette dureté de cœur n’est hélas pas l’apanage des seuls pharisiens auxquels Jésus se heurte constamment ou d’une partie du peuple qui les suit. Nous la retrouvons également chez des disciples du Christ. C’est le cas des deux disciples dits d’Emmaüs, auxquels le Seigneur dit, après les avoir écouté parler de leur tristesse et étaler leur découragement : « Ô gens sans intelligence, esprits lents à croire tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! » (Luc 24, 25). Pire encore est l’incrédulité des apôtres, qui ont pourtant vécu près de trois ans dans la compagnie quotidienne du Maître, mais qui n’ont pas retenu en profondeur ses enseignements. Il se montre à eux au soir de sa Résurrection et « il leur reprocha leur incrédulité et leur entêtement, parce qu’ils n’avaient pas cru à ceux qui l’avaient vu après sa Résurrection d’entre les morts » (Marc 16, 15). Pareille attitude nous paraît, en effet, incompréhensible, mais nous disposons d’éléments d’appréciation qu’ils n’avaient pas. Et ne parlons pas de l’apôtre Thomas… Là, c’est le pompon. Ce qui ressort de toutes ces situations variées, c’est que l’homme possède une grande capacité à se montrer dur envers les autres, à les juger hâtivement, à être insensible à leurs besoins et à leurs malheurs, et à se montrer ingrat envers Dieu. Demandons au Seigneur de ramollir notre cœur, de nous apprendre à aimer les autres et à saisir le sens des événements, pour y découvrir sa main amoureuse et l’orientation vers le salut qui s’y trouve toujours enfermée. Et donc, en définitive, pour nous adapter à la Volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, et l’adopter volontiers. (fin) )

lundi 4 juin 2012

Dureté de cœur (4)

Dureté de cœur (4)

« Va vers ce peuple et dis-lui : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple, en effet, est devenu insensible ; ils sont devenus durs d’oreille et ils ont fermé leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d’entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur cœur et de se convertir pour que je les guérisse » (Actes 28, 26-27). C’est là le hic, le fait de devoir se convertir. C’est à cela que l’homme résiste, qu’il freine des quatre fers, comme s’il avait à craindre Dieu. Voilà donc un « peuple insensé et sans cœur ! Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre ! » (Jérémie 5, 21).
N’imputons pas cela le cœur léger aux seuls Israélites, (lire la suite) comme si cela ne nous concernait pas. Parce que notre monde se ferme à Dieu, se durcit considérablement face à toute référence surnaturelle, à tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, a trait à Dieu. Sous couvert de liberté de conscience, c’est la manifestation la plus grande qui soit d’intolérance, le plus grand orgueil jamais vu sur terre depuis les origines. L’homme est son propre dieu. Peut-être est-ce que « le Seigneur ne vous a pas donné jusqu’à ce jour un cœur qui comprenne, des yeux qui voient, des oreilles qui entendent » (Deutéronome 29, 3), ou alors que « Dieu leur a donné un esprit de torpeur, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre, jusqu’à aujourd’hui » (Romains11, 8). C’est un épais mystère. Nous pourrions donc penser que s’il en est ainsi, ce n’est pas entièrement de la faute des hommes. Détrompons-nous. si Dieu a obstrué le cœur et l’entendement des hommes, c’est parce qu’ils ne veulent rien savoir de lui. Il a tout fait pour essayer que son peuple marche sur le droit chemin. Il a tout tenté. Il a envoyé Moïse et les prophètes. Mais « Il en envoya un autre : celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres qui furent les uns battus, les autres tués par eux » (Marc 12, 5). Saint Jean expliquera le fait que beaucoup de Juifs ne croyaient pas en Jésus malgré les nombreux miracles qu’il avait opérés devant eux par la prophétie d’Isaïe (6, 9-10) : « Il leur a aveuglé les yeux et endurci le cœur, afin qu’ils ne voient pas de leurs yeux, ne comprennent pas avec leur cœur et ne se convertissent pas. Et je les eusse guéris ! » (à suivre…)

dimanche 3 juin 2012

Dureté de cœur (3)

Dureté de cœur (3)

Le Seigneur a en horreur cette duplicité, cette façon qu’ils ont d’arranger les choses selon leur convenance, en faisant jouer le nom de Dieu, en le prenant à témoin : « Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé de vous quand il a dit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent, donnant des enseignements (qui sont) des préceptes d'hommes » (Mattieu 15, 7-9). « Et il leur dit : Vous avez bel et bien annulé le commandement de Dieu pour observer votre tradition ! » (Marc 7, 9). Voilà le drame. Il nous arrive à nous aussi d’accommoder la vie à notre sauce, de composer notre menu dans ce que nous sommes appelés à vivre. Nous pouvons ainsi trouver des accommodements avec la morale
(lire la suite) qui nous arrangent tout en obscurcissant notre conscience de ce que qui est objectivement bon ou mauvais. Si Moïse a permis d’établir un acte de répudiation de la femme, comme les pharisiens le rappellent à Jésus pour savoir s’il accepte, lui aussi, cette façon de procéder, le Seigneur répond : « C’est à cause de votre dureté de cœur qu’il a écrit pour vous cette prescription. Mais, au moment de la création, Dieu les fit homme et femme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Si bien qu’ils ne sont plus deux, mais une seule chair. En conséquence, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10, 5-9 ; cf. Matthieu 19, 3-8). Cette dureté de cœur ne date pas d’aujourd’hui. Elle s’est manifestée à bien des reprises. Par exemple, lors de l’exode du peuple juif après sa sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse. « Toute l'assemblée éleva la voix et poussa des cris, et le peuple pleura pendant cette nuit-là. Tous les enfants d'Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute l'assemblée leur dit : « Que ne sommes-nous morts dans le pays d'Égypte, ou que ne sommes-nous morts dans désert ? Pourquoi le Seigneur nous fait-il aller dans ce pays, pour que nous tombions par l'épée ? Nos femmes et nos enfants deviendront une proie. Ne vaut-il pas mieux pour nous retourner en Égypte ? » Et ils se dirent les uns aux autres : « Nommons un chef, et retournons en Égypte » (Nombres 14, 1-4). Nous pouvons être vraiment insensibles à tous les bienfaits reçus de Dieu et rester « le nez dans le guidon », incapables de percevoir les interventions permanentes de Dieu dans notre vie et de lui en manifester de la gratitude. Nous sommes des éternels insatisfaits. (à suivre…)

samedi 2 juin 2012

Dureté de cœur (2)

Dureté de cœur (2)

À nombre de ceux qui l’écoutent, le Seigneur peut dire : « Qui est aveugle, sinon mon serviteur ; et sourd comme mon messager que j'envoie ? Qui est aveugle comme celui dont j'avais fait mon ami, aveugle comme le serviteur du Seigneur ? Tu as vu beaucoup de choses, et tu n'as rien retenu ; il a eu ses oreilles ouvertes, et il n'a rien entendu » (Isaïe 42, 19-20). Ceux-là ne saisissent ni le sens ni la portée de la prédication. Elle leur passe par-dessus la tête. L’Évangile est voilé « pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’esprit, afin qu’ils ne voient pas l’éclat du glorieux Évangile du Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4, 4). Tous ceux qui n’ont pas « accueilli l’amour de la vérité qui les eût sauvés », mais qui ont préféré « les séductions qu’offre le mal », « Dieu leur envoie une puissance active d’égarement qui les porte à croire au mensonge,
(lire la suite) afin que soient condamnés tous ceux qui n’auront pas cru à la vérité, mais se sont complus dans le mal » (2 Thessaloniciens 2, 10-12), donc de façon consciente et coupable, et dont ils doivent assumer la responsabilité. Alors que toi, Seigneur, « en vérité, je reconnais que [tu…] ne fais pas acception de personne, mais qu’en toute nation celui qui te craint et qui pratique la justice, [t’est] agréable » (Actes 10, 34-35). La dureté du cœur de certains, de beaucoup, ne se manifeste pas seulement quand ils se ferment à l’enseignement du Seigneur et que leur cœur se dessèche (cf. Nombres 11, 6). Elle intervient aussi dans la conduite quotidienne. Un jour, « des Pharisiens et des scribes venus de Jérusalem s'approchent de Jésus, disant : « Pourquoi vos disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains lorsqu'ils mangent » (Matthieu 15, 1-2). La belle affaire ! Ils aimeraient bien les condamner, si c’était en leur pouvoir, et ils attendent que le rabbi le fasse. Mais il leur répond en les remettant à leur place et en essayant de leur faire comprendre leurs propres transgressions, autrement graves que manger les mains non purifiées : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu par votre tradition ? Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère; et : Quiconque maudira son père ou sa mère, qu'il soit puni de mort. Mais vous, vous dites : « Quiconque dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu vous assister est offrande, — n'a pas à honorer (autrement) son père ou sa mère. » Et vous avez mis à néant la parole de Dieu par votre tradition » (Matthieu 15, 3-6). (à suivre…)

vendredi 1 juin 2012

Dureté de cœur (1)

Dureté de cœur (1)

« Fils d’homme, tu habites dans une maison de rebelles, qui ont des yeux pour voir et ne voient pas, qui ont des oreilles pour entendre et n’entendent pas ; car ils sont une maison de rebelles » (Ézéchiel 12, 2). Ce reproche intervient comme un leitmotiv qui parcourt tout l’Ancien Testament. Mais ce n’en est malheureusement pas une exclusivité. Le Seigneur Jésus se plaint fréquemment qu’il se heurte à un mur d’incompréhension, et il cite à plusieurs reprises librement ce passage d’Isaïe : « Va, et dis à ce peuple : Entendez, et ne comprenez point ; voyez, et n'ayez point l'intelligence. Appesantis le cœur de ce peuple, et rends dures ses oreilles, et bouche-lui les yeux, en sorte qu'il ne voie point de ses yeux et n'entende point de ses oreilles, et qu'il ne se convertisse point et ne soit point guéri » (Isaïe 6, 9-10). (lire la suite) Cela nous fait de la peine. Car nous aimerions que tout le monde accueille la parole libératrice du Christ, se laisse attirer et gagner par son Amour. Le problème est que nous sommes nous aussi bien souvent rétifs, que notre cœur est lui aussi endurci, comme imperméable à la grâce que Dieu voudrait y déverser. C’est pour cela que nous trouvons parfois la vie amère, que nous ne voyons que difficultés… « Que celui qui a des oreilles entende ! » (Matthieu 13, 9). Ne faut-il pas avoir un cœur bien disposé ? « Pourquoi est-ce en paraboles que tu leur parles ? » (Matthieu 13, 10). Cela ne rend apparemment pas la compréhension facile dans certains cas. Les disciples ont l’avantage de pouvoir interroger leur Maître : « Explique-nous la parabole » (Matthieu 13, 35). « Je leur parle en paraboles, parce que voyant ils ne voient pas, et entendant ils n'entendent ni ne comprennent » (Matthieu 13, 13). Et il ajoute, comme pour justifier sa façon d’agir - même s’il n’a pas besoin de se justifier : il est le Tout-Puissant ! – que c’est pour que s’accomplisse ce que le prophète Isaïe a annoncé : « Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple s'est épaissi, et ils sont durs d'oreilles, et ils ferment leurs yeux : de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse » (Matthieu 13, 14-15). Donc eux, ils ne pénétreront pas le sens de la parabole du semeur, qui sème à la volée, le bon grain tombant parfois dans une terre sèche et aride qui ne peut l’accueillir et produire du fruit, contrairement à la bonne terre où il produit « l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente pour un » (Matthieu 13, 8). (à suivre…)

jeudi 31 mai 2012

Jérusalem et le Pacte d’Omar

Jérusalem et le Pacte d’Omar

L’an 636 de notre ère, le patriarche Sophone de Jérusalem fait allégeance au calife Omar Ibn Al-Khattab en lui remettant les clefs de la ville et obtenant ainsi que la basilique du Saint-Sépuclre ne soit pas détruite. Ce « Pacte d’unité » a depuis lors déterminé les relations entre le monde musulman et les Églises chrétiennes et n’a jamais été remis en question. Nous y lisons que les chrétiens « aient pleine et entière assurance en ce qui concerne leur vie, leurs églises, leurs croyances et pour tous les lieux de pèlerinage qu’ils possèdent à ce jour à l’intérieur ou hors de la ville, à sa voir la KAMANE [église de la Résurrection], l’église de Bethléem où Jésus – que la Paix soit sur Lui – est né [soient protégées selon les paroles du Prophète]. De même le reste des Chrétiens qui habitent ici… » Adapté de La Terre Sainte, n° 618, mars-avril 2012, p. 20-21.

mardi 29 mai 2012

La Pentecôte (8)

La Pentecôte (8)

Marie occupe une place privilégiée. Elle se situe à un point que nous pourrions qualifier de névralgique. Le point névralgique par excellence. Celui qui met directement l’homme en contact avec Jésus-Christ et avec l’Esprit Saint. Elle est tout d’abord la fille de Dieu le Père, comme tout être humain. Dans l’ordre chronologique, elle devient ensuite l’Epouse du Saint-Esprit, qui vient en elle au jour de l’Annonciation. Et, par suite de l’obombration du Saint-Esprit, elle est aussitôt la Mère de Dieu le Fils. Elle obtient la maternité divine, dont le prolongement est sa maternité spirituelle. Marie est la première Adoratrice de Dieu. Tous les éléments sont réunis en elle pour qu’elle le soit. (lire la suite) Toute les grâces les plus élevées, tous les privilèges les plus éclatants et hors du commun lui sont accordés pour qu’elle le soit. L’Esprit Sanctificateur met en elle, puis sous ses yeux, le Fils de Dieu, Dieu lui-même, Dieu fait homme, son propre Fils, le Verbe éloquent du Père. Quelle adoration ininterrompue de Dieu chez Marie ! Quelle adoration intense. D’une grande densité. Qui prend la tête et le Cœur de Marie.
Une adoration dense. Il ne s’agit pas d’une action statique. Elle est essentiellement dynamique. Cette adoration de Marie est un dialogue constant avec les trois Personnes divines, un dialogue singulièrement enrichissant. L’action de Marie devient ainsi un modèle pour nous. Dans cette prière intense, elle intercède auprès de son Fils, sous l’action du Saint-Esprit, en faveur de chacun de nous. Elle fait ce que nous devons faire nous-mêmes dans notre propre prière : demander au Seigneur qu’il obtienne de son Père des grâces spécifiques pour tel ami et tel autre, pour tel membre de notre famille, pour telle personne dont nous assurons l’accompagnement spirituel, pour de gens qui participent aux moyens de formation chrétienne que l’Eglise propose, pour les foules anonymes que nous côtoyons, pour toutes les âmes. L’humanité tout entière fait l’objet de la prière de Marie, comme elle nourrit celle de notre Seigneur, tout au long de son existence terrestre. Regardons Marie pour apprendre à prier, et à prier pour les autres. Regardons Marie pour savoir adorer en vérité. Regardons Marie pour laisser le Saint-Esprit, l’Esprit d’Amour, nous envahir davantage encore, et nous communiquer non seulement l’amour du Père, mais aussi un amour opératif de notre prochain, de tous les hommes et de toutes les femmes de notre monde pour qu’une nouvelle Pentecôte se produise, afin que les gens d’aujourd’hui posent aussi la question fondamentale que les foules, touchées par la prédication des apôtres, adressaient à Pierre et aux onze autres : « Que devons-nous faire ? » (Actes 2, 37). Et qu’avec Marie parmi eux, ils vivent de la foi, ils accueillent la Bonne Nouvelle dans leur vie. (fin)

lundi 28 mai 2012

La Pentecôte (7)

La Pentecôte (7)

Certes, ils proclameront ce qu’ils ont vu et entendu, ce qu’ils ont touché de leurs mains (cf. 1 Jean 1, 1). Mais en outre, la venue du Saint-Esprit a formellement donné naissance à l’Eglise du Christ. L’Eglise qui est structurée à partir des sacrements. Et, dès le début, les apôtres et les premiers chrétiens sont assidus à la fraction du pain (cf. Actes 2, 46). L’adoration proprement dite du Saint-Sacrement n’a pas encore pris de consistance. Mais le Seigneur est rendu présent dans chaque célébration. Pour eux, qui ont vécu avec le Christ Seigneur, qui ont partagé son existence « depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il nous a été enlevé » (Actes 1, 22), il y a continuité. C’est le même Jésus qu’ils font descendre sur l’autel. Il n’est pas visible : « Ici se cache aussi son humanité » (hymne Adoro te). Mais c’est l’unique Seigneur et Sauveur. C’est lui qu’ils adorent dans l’Eucharistie. Celui qu’ils ont vu et entendu, et qu’ils continuent de voir et d’entendre, parce qu’il leur parle par la voix de l’Esprit Saint. (lire la suite)
« L’Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu », dit l’Apôtre (1 Corinthiens 2, 10). Ce qui est logique puisqu’il est Dieu. C’est lui qui nous permet d’avancer dans l’infini de Dieu, d’aller plus loin, avec audace, à la recherche de l’Amour de Dieu, d’aller nous en abreuver, dans la sainte Communion, et à sa source, qui est le Cœur transpercé du Seigneur en Croix. Les obstacles en tout genre n’auront plus de prise sur eux, ne les feront pas fléchir, ne les impressionneront pas, parce qu’ils pourront compter avec la force d’en haut promise par le Seigneur, avec la force de l’Esprit. « Si l’on se confiait à l’Esprit Saint, si l’on était sûr qu’Il est logique, fidèle ; que, quand Il donne une inspiration pour le bien, Il donne en même temps la force pour la réaliser, et que, quand Il a commencé à lancer dans une certaine ligne, Il poursuivra son action, qu’heure par heure Il donnera ce qu’il faut ; alors on ne serait pas là toujours à se tâter pour savoir si cela va être trop difficile, si l’on pourra avancer, franchir l’obstacle ; on sera remis à l’action toute-puissante de l’Esprit Saint » (D.-J. Lallement, Dociles à l’Esprit qui scrute les profondeurs de Dieu, Paris, Téqui, 1996, p. 110). C’est mettre le doigt sur un vrai problème. « La créature sans le Créateur disparaît », dit le concile Vatican II de façon lapidaire (constitution pastorale Gaudium et spes, n° 36). C’est pourquoi il est urgent d’apprendre le sens de l’adoration et de « redécouvrir la fécondité de l’adoration eucharistique (…), condition nécessaire pour donner beaucoup de fruit (cf. Jean 15, 5) et pour éviter que notre action apostolique se limite à un activisme stérile, mais qu’elle témoigne de l’amour de Dieu » (Benoît XVI, Discours à l’assemblée ecclésiale du diocèse de Rome, 15 juin 2010). (à suivre…)

dimanche 27 mai 2012

La Pentecôte (6)

La Pentecôte (6)

L’action du Saint-Esprit est ineffable et inépuisable. Il garde continuellement des dons en réserve pour chacun et pour toutes les situations de notre existence. « De l’Esprit Saint aussi on pourrait dire : chacun en a sa part, et tous l’ont en entier, tant sa générosité est inépuisable. Dans l’expérience des Églises, il est le ferment invisible que l’on reconnaît à ses fruits, tels qu’un saint Paul nous aide à les discerner dans la vie spirituelle des chrétiens ; dans leur prière qui retrouve son sens de louange et de gratitude, en même temps que son audace confiante ; dans les communautés vivantes, pleines de joie et de charité, que l’Esprit Saint suscite et transfigure ; dans l’esprit de sacrifice ; dans l’apostolat courageux et l’action fraternelle au service de la justice et de la paix. En tout, l’Esprit Saint stimule la recherche du sens de la vie, la poursuite obstinée du beau, du bien au-delà du mal ; on le reconnaît à travers l’espérance de la vie qui jaillit plus fort que la mort, et à travers cette eau jaillissante qui murmure déjà en nous : Viens vers le Père » (bx Jean-Paul II, Discours au Congrès international de Pneumatologie, 26 mars 1982, n° 4). (lire la suite)
La théologie nous dit que de Maria numquam satis. Ce principe est appliqué ici, à combien plus forte raison, à la louange de notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’y a pas de risque d’exagérer dans la louange de notre Dieu et dans l’adoration, dans l’amour que nous lui portons, dans notre désir de ne faire qu’un avec lui (cf. Jean 17, 22) en transformant effectivement chaque journée en un sacrifice uni à l’holocauste unique de la Croix. L’envoi du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte aide indéniablement les apôtres à comprendre complètement l’instruction que Jésus leur a dispensée quarante jours durant après sa Résurrection. « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Mais ce premier don du Saint-Esprit doit être suivi du second, plus fondamental, plus complet, plus décisif. Déjà, « ils étaient continuellement dans le Temple à louer et à bénir Dieu » (Luc 24, 53). Mais désormais leur vie est résolument et définitivement orientée vers la proclamation de l’Evangile envers et contre tout (cf. 2 Timothée 4, 2). Les chefs, les anciens, les scribes et les grands prêtres auront beau leur enjoindre formellement de ne plus parler et enseigner au nom de Jésus, ils répondront : « Aux yeux de Dieu, est-il juste de vous obéir plutôt qu’à Dieu ? Jugez-en ! Pour nous, en effet, nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu » (Actes 4, 18-19), et ils agiront en conséquence, au prix de leur vie terrestre, mais pour entrer d’un bond dans l’éternité de Dieu et pour aller prendre leur place sur le siège qui leur est assigné et d’où, le moment venu, ils jugeront les douze tribus d’Israël (cf. Matthieu 19, 28). (à suivre…)

samedi 26 mai 2012

La Pentecôte (5)

La Pentecôte (5)

« Je dirais que l'adoration signifie reconnaître que Jésus est mon Seigneur, que Jésus me montre le chemin à prendre, me fait comprendre que je ne vis bien que si je connais la route qu'Il m'indique. Adorer, c'est donc dire: "Jésus, je suis tout à toi et je te suis dans ma vie, je ne voudrais jamais perdre cette amitié, cette communion avec toi". Je pourrais également dire que l'adoration, dans son essence, est un baiser à Jésus, dans lequel je dis: "Je suis à toi et je prie afin que toi aussi, tu demeures toujours avec moi" » (Benoît XVI, Rencontre de catéchèse avec les jeunes de la première Communion, 15 octobre 2005).
« La forme traditionnelle de la demande de l’Esprit est d’invoquer le Père par le Christ notre Seigneur pour qu’Il nous donne l’Esprit Consolateur. Jésus insiste sur cette demande (lire la suite) en son nom au moment même où Il promet le don de l’Esprit de Vérité. Mais la prière la plus simple et la plus directe est aussi traditionnelle : Viens, Esprit Saint », et chaque tradition liturgique l’a développée dans des antiennes et des hymnes : « Viens, Esprit Saint, emplis les cœurs de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour. » « Roi céleste, Esprit Consolateur, Esprit de Vérité, partout présent et emplissant tout, trésor de tout bien et source de la Vie, viens, habite en nous, purifie-nous et sauves-nous, ô Toi qui es Bon » (liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2671). « Viens Esprit Saint, allume en nous le feu de ton amour. » Apprends-nous à aimer à fond notre Dieu d’Amour : « Dieu est Amour », proclame saint Jean (1 Jean 4, 16). Et où cet Amour se manifeste-t-il le plus intensément si ce n’est dans l’effusion du Saint-Esprit, dans cette présence vivifiante de la troisième Personne divine dans notre âme, et dans la présence eucharistique du Fils parmi nous ? Nous ne pouvons pas séparer l’action du Saint-Esprit de celle du Fils. Si l’Intercesseur doit être demeuré avec nous pour toujours (cf. Jean 14, 16) et rendre témoignage de notre Seigneur (cf. Jean 15, 26), il doit bien nous amener à adorer Jésus-Christ, à éprouver une soif intense de nous prosterner devant lui en action de grâce et en adoration. « Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton Chef et ton Pasteur, par des hymnes et des chants. Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer » (Lauda Sion Salvatorem). (à suivre…)

vendredi 25 mai 2012

La Pentecôte (4)

La Pentecôte (4)

Le Saint-Esprit s’adapte à chacun et le transforme en l’instrument dont Dieu entend de servir pour faire progresser son plan de salut : « Avec les yeux de la foi bien ouverts je vois David, Amos, Daniel, Pierre, Paul, Matthieu…, et je me complais à considérer le grand artiste qu’est cet Esprit Saint…, parce qu’Il remplit l’enfant joueur de cithare et le convertit en un Psalmiste ; Il remplit le pasteur de bœufs, qui se nourrissait de figues sauvages, et en fait un prophète ; Il remplit le jeune continent et le change en juge de vieillards ; Il remplit le pêcheur et le transforme en prédicateur ; Il remplit le persécuteur eu en fait le docteur des gentils ; Il remplit le publicain et en fait un évangéliste » (saint Grégoire le Grand, Super Evang. Hom. 30).
(lire la suite) Mais il faut qu’il y ait en l’homme « des perfections supérieures, qui le disposent à être mû divinement, et ces perfections sont appelées dons, non seulement parce qu’elles sont infuses par Dieu, mais parce que par elles l’homme devient capable de recevoir promptement l’inspiration divine. Les dons nous rendent dociles au Saint-Esprit, pour nous faire produire ces œuvres excellentes connues sous le nom de béatitudes » (R. Garrigou-Lagrange, Perfection et contemplation selon S. Thomas d’Aquin et S. Jean de la Croix, St-Maximin, Éd. de La Vie Spirituelle, 1923, t. 1er, p. 341.343). Ils nous aident à vivre les béatitudes, certes, mais, plus profondément encore, à bien nous disposer à la vie sacramentelle, par laquelle la grâce est principalement et premièrement déversée dans notre âme. Or, notre sanctification passe par la pratique des sacrements, par la piété eucharistique notamment. Et l’Esprit Saint est tout indiqué pour nous aider à adorer Jésus dans le très Saint-Sacrement de l’Autel, pour vivre la dimension si essentielle à notre vie d’enfant de Dieu qu’est l’adoration du Dieu Tout-Puissant. Nous, les êtres humains, nous sommes des êtres créés pour adorer Dieu sans relâche. Et ce, pas uniquement au ciel à tout jamais. Dès ici-bas. Dans notre vie de chaque instant, non seulement lorsque nous nous trouvons en présence du Seigneur qui nous attend dans le tabernacle, dans cette « Prison d'amour » (saint Josémaria, Forge, n° 827), ou devant le Saint-Sacrement exposé précisément à notre adoration, mais tout au long de notre journée, car chacune de nos journées doit être une messe qui dure vingt-quatre heures. Et donc un sacrifice de louange et d’adoration offert à la gloire du Dieu Tout-Puissant. (à suivre…)

jeudi 24 mai 2012

La Pentecôte (3)

La Pentecôte (3)

Cet Esprit, que nous recevons ainsi sans limite, si ce n’est celle que notre humaine nature peut y apporter dans sa faiblesse, est l’Esprit d’Amour. Son rôle premier est donc de nous apprendre à aimer pour de vrai le Père et le Fils. Le Fils nous donne la vie éternelle dans le Père par le Saint-Esprit. Et il nous la donne dès à présent au travers de la Sainte Eucharistie, sacrement de sa présence réelle, sacrement aussi de l’amour du Seigneur poussé à la dernière extrémité : « Après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, (il) les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Tout comme il regarda le jeune homme riche et l’aima (Marc 10, 21). Il l’aima, puis il l’appela à le suivre : « Une chose te manque… Vends tes biens… Et suis-moi. » Dieu aime avant d’appeler. « Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Égypte, j’appelai mon fils » (Osée 11, 1). « Si Dieu s’est attaché à vous et vous a choisis […] c’est par amour pour vous » (Deutéronome 7, 7-8). (lire la suite) De sorte que « l’ami de Dieu c’est d’abord un aimé de Dieu » (J.-P. Torrell, Inutile sainteté ?
Paris, Le Centurion, 1971, p. 38). Et nous sommes aimés de Dieu par son Esprit, dans son Esprit. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23). « Et ce à quoi nous reconnaissons qu’Il demeure en nous, c’est à l’Esprit qu’il nous adonné » (1 Jean 3, 24). Tout se tient. Cet Esprit d’amour est donc l’envoyé du Père pour accomplir notre sanctification. « L'Esprit du Seigneur est sur moi » (Luc 4, 18). L'Esprit ne se tient pas seulement « sur » le Messie, mais il le remplit, le pénètre, le rejoint dans son être et dans son action. L'Esprit, en effet, est le principe de la « consécration » et de la « mission » du Messie : « Parce qu'il m'a consacré par l'onction et m'a envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres... » (Luc 4,18). Par la force de l'Esprit, Jésus appartient totalement et exclusivement à Dieu, il participe à l'infinie sainteté de Dieu qui l'appelle, le choisit et l'envoie. Ainsi, l'Esprit du Seigneur se révèle source de sainteté et appel à la sanctification. Ce même « Esprit du Seigneur » est « sur » le peuple de Dieu tout entier, qui est constitué comme peuple « consacré » à Dieu et « envoyé » par Dieu pour annoncer l'Évangile qui sauve. De l'Esprit, les membres du peuple de Dieu sont « enivrés » et « marqués » et appelés à la sainteté » (Jean-Paul II, exhortation apostolique Pastores dabo vobis, 25 mars 1992, n° 19). (à suivre…)

mercredi 23 mai 2012

La Pentecôte (2)

La Pentecôte (2)

« Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Chargé de « vous remettre en mémoire tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26), il nous conduit à Jésus. « La pédagogie divine se révèle aussi attentive qu’adaptée. Tout se passe comme si Dieu s’était aperçu qu’il est inefficace de prescrire quoi que ce soit si l’on ne paye pas soi-même d’exemple – c’est à quoi répond la venue de Jésus – et si l’on ne donne pas le moyen de le réaliser – ce à quoi répond le don de l’Esprit. Jésus nous a été envoyé par le Père comme le parfait modèle vivant ; mais à son retour près du Père Jésus lui-même nous a envoyé son Esprit afin de nous aider à garder ce qu’il nous a appris » (J.-P. Torrell, Inutile sainteté ? Paris, Le Centurion, 1971, p. 35).
L’Esprit nous unit avec lui et avec son Père. Il contribue à ce que nous ne fassions qu’un avec lui, tout comme Jésus ne fait qu’un avec son Père (cf. Jean 17, 20-22). « Si quelqu’un à soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! » (Jean 7, 37), s’était exclamé le Seigneur au dernier jour de la fête des Tabernacles. Parce que « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; bien plus l’eau que je donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). (lire la suite) « Le Saint-Esprit, vie qui donne la vie Qui transforme toute chose, Racine de toute création, Il ôta l’impureté de toute chose, Lavant les péchés, et procurant du baume aux blessures : Il est la vie radieuse et digne de louange, Eveillant et réveillant toute chose » (Hildegard von Bingen). Il faut aller au Christ, qui veut nous attirer à Lui. « Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12, 32). La mort sur la Croix a eu lieu. Plus rien ne s’oppose désormais à ce que cette prophétie se réalise. Il faut aller à lui, nous abreuver à la fontaine aux eaux salutaires qu’il est lui-même. « Celui qui croit en moi, comme l’a dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui ; l’Esprit, en effet, n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7, 38-39). Mais maintenant, le Fils a été glorifié, doublement même. Il a été glorifié par sa Résurrection sidérante, due à son propre pouvoir, et que personne, hormis Marie, n’attendait. Il l’a été par son Ascension au ciel, où il est monté avec sa très Sainte Humanité transfigurée. Et l’Esprit nous a été donné, avec « une bonne mesure, pressée, tassée, débordante » (Luc 6, 38), de sorte qu’aucun moyen de sainteté ne nous fait défaut. (à suivre…)

mardi 22 mai 2012

La Pentecôte (1)

La Pentecôte (1)

« Le soir venu, ce même jour (le jour de sa Résurrection d’entre les morts), le premier de la semaine, alors que les portes de la maison où se trouvaient les disciples enfermés par peur des Juifs étaient verrouillées, Jésus arriva et se trouva devant eux et leur dit : « Paix à vous » (Jean20, 19). C’est une explosion de joie pour les disciples. Une joie qu’ils ne pensaient peut-être plus avoir, car ils n’avaient pas compris ce que Jésus leur avait annoncé, qu’il devait souffrir, être mis à mort, mais aussi ressusciter le troisième jour (Luc 9, 22). Cette joie, plus rien ne pourra la leur enlever. Elle ira in crescendo. La venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, les inondera davantage encore de cette joie irrépressible, qui est l’expression typique de l’amitié avec Dieu, d’une âme qui vit profondément l’union avec Dieu. « Votre tristesse tournera en joie » (Jean 16, 20). (lire la suite) « Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et cette joie que vous aurez, nul ne pourra vous la ravir » (Jean 16, 22). Le jour des retrouvailles est arrivé : « Les disciples furent tout joyeux de revoir le Seigneur » (Jean 20, 20). Ce soir-là, « il leur dit de nouveau : Paix à vous ! « Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Cela dit, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint » (Jean 20, 21-22). Il leur communique pour la première fois l’Esprit Saint. Ce sont comme des arrhes de l’effusion qui doit avoir lieu cinquante jours plus tard. Cela ne suffit pas pour qu’ils comprennent le sens profond de tout son enseignement de trois années : « J’aurai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pourriez pas les porter présentement. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité totale, car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera l’avenir » (Jean 16, 12-13). « Celui qui aime possède en lui l’Esprit Saint ; et le possédant, il mérite de le recevoir plus abondamment, et plus il le reçoit en abondance, plus son amour est intense. Et les disciples avaient en eux l’Esprit Saint que le Seigneur promettait, sans qui ils ne pouvaient même pas l’appeler Seigneur ; mais ils ne le possédaient pas encore avec la plénitude que le Seigneur promettait. Ils l’avaient et ne l’avaient pas, car ils ne le possédaient pas encore dans la plénitude avec laquelle ils devaient le recevoir » (saint Augustin, In Ioannis Evangelium tractatus 74, 2). (à suivre…)

lundi 21 mai 2012

L’homme est bon (3)

L’homme est bon (3)

Or, l’expérience prouve que le fait de se savoir aimé assure une meilleure qualité de vie et permet d’affronter l’existence dans des conditions plus favorables que dans la situation inverse. C’est ce que montrent les observations de René Spitz, rapportées par Josef Pieper dans son ouvrage, déjà mentionné, De l’amour (p. 68-69). René Spitz a observé des enfants nés en prison, où ils ont été élevés par leur mère incarcérée et, partant, dans un milieu qui ne semble guère porteur. Dans le même temps, il a observé des enfants élevés sans leur mère, dans des pouponnières ou des crèches aux États-Unis. L’établissement était parfaitement équipé, à l’hygiène irréprochable, et les puéricultrices étaient on ne peut mieux formées. Le résultat de ces observations est que les enfants nés en prison s’en sortaient mieux que ceux des crèches américaines, et de loin. Ils tombaient moins malades et leur taux de mortalité était inférieur. Leur prédisposition (lire la suite) aux névroses était plus faible. La conclusion à en tirer est qu’il ne suffit pas de manger à sa faim, de ne pas avoir froid et d’avoir un toit, bref de satisfaire ses besoins vitaux. Il faut tenir compte d’un facteur humain qui joue un rôle essentiel. Nous pouvons en tirer des conséquences pratiques quant à notre vie chrétienne, fondée sur une relation personnelle avec Dieu, qui se définit comme un Dieu d’Amour (1 Jean 4, 16) et qui « a aimé le monde au point de donner son Fils unique pour que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais aient la vie éternelle » (Jean 3, 16). Ceci explique que le baptisé conscient de cette paternité amoureuse de Dieu le Père, qui agit par le Fils et l’envoi de l’Esprit Saint, soit quelqu’un de joyeux. « La joie doit toujours être en contrepoint de notre chemin » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 177). Et cette joie, nous la devons aussi à la très Sainte Vierge, « Cause de notre joie » (Litanies de Lorette). Car elle est vraiment notre Mère dans l’ordre surnaturel, et elle nous aime, elle aussi, d’un amour gratuit, qui n’est autre que l’Amour mis en Elle par Dieu afin qu’elle assume son rôle de médiatrice de toutes les grâces en notre faveur. (fin)

dimanche 20 mai 2012

L’homme est bon (2)

L’homme est bon (2)

Et J. Pieper de citer C. Lewis, dont la remarque est identique : « Nous souhaitons tous être aimés à cause de notre
intelligence, de notre beauté, de notre générosité, de notre gentillesse, de notre sensibilité » (The Four Loves). Le rejet de l’amour gratuit est évidemment une réaction d’orgueil causée, qu’on le veuille ou non, par le péché originel et par les traces qu’il a laissées dans notre nature. Chez le baptisé qui vit dans la joie que lui procurent la foi et la fréquentation de Dieu, ce genre de réaction n’a pas lieu d’être. Elle ne se produit pas, bien au contraire. La conviction de faire l’objet d’un amour de Dieu que rien en nous ne justifie ou n’exige, suscite l’émerveillement et une reconnaissance sans fin. Et peut-être aussi de la commisération pour ceux qui ne comprennent pas cette réalité, une commisération qu’accompagne une prière pour que le Seigneur leur ouvre les yeux et leur accorde l’humilité de reconnaître à leur tour les bienfaits de Dieu à leur égard. (lire la suite) Il faut vraiment se fermer volontairement au transcendant, pourtant inscrit dans la nature humaine, pour ne pas réussir à capter cette logique de la gratuité de l’Amour divin. Je serai même tenté d’ajouter que ce genre de raisonnement – si jamais le raisonnement tient – laisse entrevoir une conception et une connaissance bien pauvres de la réalité de l’amour humain qui ne se limite pas à une relation purement physique mais s’étend à toute la personnalité de l’autre. Celui qui ne s’est pas engagé à fond dans le don de soi et en est resté à une donation égoïste, voire purement érotique, qui ne cherche que son plaisir, est évidemment à mille lieues de comprendre la gratuité de l’amour. Il nie ce qu’il n’est pas disposé à vivre. Il pose un postulat, dont il sait la fausseté, pour tenter de justifier à ses yeux son comportement, son style de vie. Nous pouvons dire qu’il rate sa vie, parce que l’amour est la seule vertu appelée à se pérenniser (cf. 1 Corinthiens 13, 13). Ce genre de gens fait pitié, plus encore s’il s’agit de quelqu’un d’intelligent, ou jugé tel par ses semblables. Je dis « jugé tel », car quelqu’un qui refuse le transcendant et la relation ontologique à Dieu peut-il être raisonnablement dit intelligent ? L’homme n’a pas reçu la raison droite pour s’opposer à son Créateur. D’un enfant qui conteste systématiquement tout ce que ses parents ou ses maîtres lui disent ou lui demandent, l’on dit qu’il traverse la crise de l’adolescence et qu’il est dans « l’âge bête ». C’est ce qui se produit chez l’intellectuel qui entend briller aux yeux de la galerie, et à ses propres yeux, en rejetant Dieu. Il s’enferme dans « l’âge bête ». Espérons qu’il finira par en sortir. Rien n’est moins sûr cependant, car, le temps passant, il lui sera de plus en plus difficile de revenir sur son orgueil, les passions étant bien enracinées en lui. Changer en profondeur relève presque du miracle. Mais rien n’est impossible à Dieu ! (Luc 1, 37 ; Marc 10, 27). (à suivre…)

samedi 19 mai 2012

L'homme est bon (1)

L’homme est bon (1)

Dans un petit ouvrage fort intéressant, De l’amour, publié à Genève par les éditions Ad solem, le philosophe Josef Pieper cite un auteur allemand, Ladislau Grünhut, dont l’ouvrage est introuvable. Cet auteur écrit que « comme Dieu m’aime parce que c’est moi, ainsi suis-je vraiment irremplaçable dans le monde ». Il en va ainsi parce que, à l’origine, Dieu a créé l’homme distinct du reste de l’univers inanimé et animé. Dieu lui-même a tenu à souligner cette différence pour qu’elle soit bien établie. Contemplant l’humanité sortie de ses mains, il nous a fait savoir, par l’écrivain sacré, qu’il vit que « cela était très bon » (Genèse 1, 31), et pas seulement bon comme dans le cas des autres êtres créés (Genèse 1, 10.12.18.25). Cette bonté par
ticulière vient de ce que Dieu a créé l’homme « à son image et à sa ressemblance » (Genèse 1, 26). C’est pourquoi, dans une formulation qui rejoint celle rappelée ci-dessus, le concile Vatican II affirme que l’homme – c’est-à-dire évidemment l’homme et la femme – est « la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même » (constitution pastorale Gaudium et spes, n° 24). Nous pouvons comprendre cette affirmation dans un double sens. Dieu aime l’homme tout spécialement pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire un reflet de lui-même, de sa propre dignité et de sa propre liberté : liberté de choix, liberté d’aimer. Le deuxième sens de l’expression conciliaire est le suivant : l’être humain est la seule créature que Dieu a aimée de sorte qu’elle puisse participer à sa vie intratrinitaire, qu’il a destinée à entrer dans la sphère de sa propre intimité, à faire partie, en quelque sorte, du cercle de ses amis – « Je vous appelle mes amis » (Jean 15, 15) -, à être réellement ses enfants – domestici Dei, « membres de la famille de Dieu » (Éphésiens 2, 19). Dieu a aimé l’homme pour lui-même, autrement dit en lui insufflant une orientation ontologique à la sainteté – « Telle est la volonté de Dieu : votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4, 3) -, en faisant en sorte que sa nature ait la capacité à découvrir le vrai bien, Dieu lui-même, à le désirer et à prendre les moyens lui permettant de vivre avec lui. L’homme ¬– malgré la réalité du péché originel – peut donc se sentir tout spécialement aimé de Dieu. Celui lui est encore plus facile quand ce péché originel a été effacé de son âme par l’eau purificatrice du baptême, qui l’a élevé précisément à la condition d’enfant de Dieu. « Oui, c’est par la grâce que vous êtes sauvés moyennant la foi. Et cela ne vient pas de vous : c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas non plus des œuvres, afin que nul ne puisse se glorifier » (Éphésiens 2, 8-9). Cependant, s’il est agréable à l’homme d’être aimé par quelqu’un, et a fortiori par plusieurs ou beaucoup de ses semblables, il semblerait qu’il n’apprécie pas tellement d’être aimé gratuitement. C’est ce que fait remarquer Josef Pieper, qui rapporte la remarque suivante de Nietzsche : « Les êtres ambitieux se rebellent contre le fait d’être aimés » (Humain, trop humain). (à suivre…)

mardi 15 mai 2012

LA VIERGE MARIE (4)


LA VIERGE MARIE (4)

L’archange a recueilli ces mots comme un nectar
Et va les rapporter au Très-Haut sans retard.
Mais l’Esprit Saint déjà a accompli son œuvre
En Marie, devenue un céleste chef-d’œuvre.

La création est en jubilation.
Bien que restant cachée aux yeux des nations
Jusqu’au jour fixé pour sa révélation,
C'est une espèce de transfiguration.

Satan qui alentour rôdait n’a rien compris.
Il n’a pas remarqué deux oliviers fleuris
Ni que deux chandeliers se trouvaient allumés.
Sans qu'il en soit conscient, il a été plumé ! (lire la suite)

Sa cause par ce « oui » est à jamais perdue.
Il n’a pas vu venir le Sauveur attendu.
Il est beaucoup trop fier pour capter le mystère
Qui va bouleverser en profondeur la terre.

« Mon Fils, aurai-je soin de toi comme une mère ?
Ou dois-je t’adorer plutôt comme Seigneur ?
Tu connaîtras, je le sais, des heures amères ;
Me voici prête à en endurer les frayeurs.

Dois-je t’allaiter ou plutôt chanter ta gloire ?
T’apporterai-je du lait ou des aromates ?
Dois-je choisir la Croix plutôt que la mangeoire ?
Par Amour, je viens à toi, non en automate. »

Marie dépose son Jésus dans le berceau
Qu’est l’Église muée dans le vaste vaisseau
De la Rédemption du genre humain entier
Par le Nazaréen, le Fils du charpentier.

Vous vous montrez à nous dans la chapelle axiale
Habile préposée à la vie ecclésiale.
Vous jetez alentours un regard protecteur
Qui, vers le ciel, est pour nous le fil conducteur.

Vous êtes, de Jésus, le vivant reliquaire,
Donnant son sens à mon existence précaire.
Ne permettez pas que de Dieu je me sépare,
De son intimité je veux prendre ma part.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.
(à suivre…)

lundi 14 mai 2012

LA VIERGE MARIE (3)


LA VIERGE MARIE (3)

L’armée des justes de la primitive Alliance,
Regroupés auprès du Sein d’Abraham, leur père,
Voient pointer enfin le jour de leur délivrance,
Et retiennent tous leur souffle, car ils espèrent.

« Hâtez-vous ! Voyez que notre attente est trop dure
À porter, disent-ils à la Vierge Marie.
À vos décisions, chaque âme se confie.
Vous ratifierez le choix, nous en sommes sûrs. »

« Tu es la gloire de Jérusalem » la sainte,
« La joie d’Israël et l’honneur de notre peuple ».
« Et grâce à l’Esprit, tu vas devenir enceinte
Pour que le ciel par nous déserté se repeuple. » (lire la suite)

Toutes les hiérarchies célestes au grand complet
Sont concentrées sur le lieu de Promission,
Où la vierge a reçu l'unique mission.
Donc qu’elle dise : « En ta Volonté, je me plais. »

Mais Gabriel reprend la parole : « L’Esprit
Viendra sur toi et son ombre te couvrira
Et du Fils de Dieu tu deviendras le pourpris.
Dieu est Saint, en tant qu’homme aussi il le sera.

Sache qu’Élisabeth, ta pieuse cousine,
Vient de concevoir, quand on l’on appelait « stérile ».
C’est son sixième mois et déjà se dessine
Son enfant, car, vois-tu, pour Dieu tout est facile. »

Le message est bref, mais il suffit pour comprendre.
Pourquoi faudrait-il faire une seconde attendre
La réponse que veut l’univers en suspend,
Car n’oublions pas que d’elle son sort dépend !

Le jour est venu de l’entendre s’exprimer :
La tête inclinée, les bras croisés sur son sein,
« Voici du Seigneur la servante, sublimée,
Qu’il soit fait selon ta parole et ton dessein. »

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.
(à suivre…)

dimanche 13 mai 2012

LA VIERGE MARIE (2)

LA VIERGE MARIE (2)

L’Esprit Saint a vu sa très haute pureté
Et a préparé des épousailles mystiques.
Il savait que son Fils aurait pour sûreté
Un tabernacle alors déjà eucharistique.

Or, la voici tout de go qualifiée de Mère
De ce Messie dont la venue serait prochaine.
C’est l’Amour de Dieu pour ses fils qui se déchaîne
Apportant un terme à un état éphémère.

L’humanité était privée d’éternité.
La jeune fille va en son sein abriter
Notre Sauveur grâce à l’ombre du Paraclet
Corroborée dans les vertus qu’elle exhalait. (lire la suite)

Les pommettes de ses joues rosissent à peine,
Surprise de savoir qu’on la proclame reine.
Tout lui apparaît sous un jour si naturel
Qu’elle entend le message, et voit ce qu’il recèle.

Immaculée dans sa conception, ornée
D’une sainteté hors pair, elle est qualifiée
Pour aimer le vouloir divin, se prosterner
Et accepter de mettre au monde un crucifié.

La Vierge se surprend, mais ne s’emballe pas :
Elle se tasse en se faisant toute petite,
Dans la dilection de Dieu elle s’abrite
Pour s’assurer que c’est bien un divin appât.

L’univers, même le temps, suspendent leur vol.
Partout, chacun retient sa respiration
En voyant s’accomplir cette aspiration
Des pécheurs, désireux de prendre leur envol.

L’espoir du monde se concentre à Nazareth,
Il dépend d’un mot, d’un seul, que doit prononcer
Myriam, et aussi de ce qu’elle veuille admettre
La vérité qui lui est ainsi annoncée.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.

(à suivre…)

samedi 12 mai 2012

LA VIERGE MARIE (1)


LA VIERGE MARIE (1)

De toute éternité Dieu vous choisit pour être
Vrai paradis terrestre au tout nouvel Adam,
De celui par qui nous, les humains, recevons l’être,
Et qui du contingent gagnons le transcendant.

L’archange Gabriel, dans un flot de lumière,
Vient rencontrer la vierge, abîmée en prière,
Au lieudit Nazareth. Elle est dans sa chaumière.
Il lui annonce que sa lignée est princière.

Gabriel dit : « Voici que tu enfanteras. »
Aussitôt Marie a en mémoire l’oracle :
Du prophète Isaïe : « La vierge concevra
Un fils », dit l’Emmanuel. Elle croit au miracle. (lire la suite)

Puis l’archange dit : « Il sera Fils du Très-Haut.
Il succédera au grand roi David, son Père,
Son règne s’étendra à la lignée entière
De Jacob, mais il ne fera pas de vieux os. »

Cette vierge, c’est elle, ô suprême évidence !
Elle l’est restée, et ce n’est pas qu’apparence.
Mais sa surprise va cependant s’exprimer
À haute voix, dans un dialogue avec l’Aimé :

« Comment cela peut-il être ? Je ne connais
Point d’homme ! J’épouse, il est vrai, Joseph sous peu
Mais que nous nous soyons engagés tous les deux
À rester chastes à tout jamais, tu le sais.

C’est mystère pour moi qui ai toujours voulu
Accomplir en tout ta très sainte Volonté,
Mais je vois bien que tu me choisis par Bonté
Et que tu as jeté sur moi ton dévolu. »

L'annonce la surprend, car de devenir mère,
Nul n’avait évoqué jusqu’ici ce sujet.
Marie voulait vivre en restant dans les brisées
De son Dieu, disparaître, effacée, et se taire.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.

(à suivre…)