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mercredi 18 janvier 2012

Désirs de sainteté (1)


Désirs de sainteté (1)

« À la nouvelle qu’il avait clos la bouche aux Sadducéens » (Matthieu 22, 34) au sujet de la résurrection des morts à laquelle il ne croyaient pas, « les Pharisiens se rassemblèrent » (Ibid.). Ils devraient être contents et satisfaits de la réponse du Seigneur, car, eux, ils y croyaient. Eh bien ! non ! Ils sont apparemment déçus. Ils espéraient secrètement que les Sadducéens mettraient Jésus dans l’embarras. Aussi « l’un d’eux, un légiste, lui demanda pour le mettre à l’épreuve : « Maître, quel commandement est le plus grand dans la Loi ? » (Matthieu 22, 35-36). Il faut qu’ils aient une bien piètre idée de notre Seigneur pour qu’ils imaginent qu’ils puisse caler sur une telle question à laquelle n’importe quel enfant était capable de répondre correctement. C’est tellement essentiel et central dans la Loi. Le Shema Israël. Tout le monde le connaît par cœur. Et ils pensent tendre un piège (lire la suite) au Maître ! « Il lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C’est là le plus grand commandement et le premier. Mais un second lui est égal : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. C’est sur ces deux commandements que reposent toute la Loi et aussi les Prophètes » (Matthieu 22, 37-40).
L’amour de Dieu ne peut donc pas connaître de limite. Cet amour se traduit, dans notre vie, par la recherche assidue de la sainteté, en nous efforçant de vivre toutes les vertus à un degré héroïque. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » Ce rappel nous invite à intensifier nos désirs de sainteté et à nous montrer magnanimes dans notre lutte, dans notre réponse à la grâce de Dieu. La sainteté est unique, mais chacun doit répondre à l’appel selon sa personnalité, les circonstances qui sont les siennes et, surtout, les grâces qu’il reçoit. « C’est au prix de son sang, non avec le sang des boucs et des veaux, qu’il [Jésus-Christ] est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, nous rachetant pour l’éternité » (Hébreux 9, 12). La traduction « nous rachetant pour l’éternité » rend imparfaitement la réalité, car, du fait du contexte et de l’arrière-fond hébreu, il faut comprendre que le Christ a cherché activement la rédemption des hommes et l’a trouvée et obtenue moyennant son sacrifice au Calvaire. Il l’a désirée activement, ardemment : « J’ai désiré ardemment manger cette Pâque avec vous avant de mourir » (Luc 22, 15). Désirer être saint, c’est être prêt à emboîter le pas au Seigneur.

(à suivre…)

mardi 17 janvier 2012

L’Amour de Dieu (3)


L’Amour de Dieu (3)

Nous devons imiter dans notre apostolat la façon de faire de notre Dieu : ne cherchons pas notre satisfaction personnelle mais à faire plaisir à l’autre, à lui apporter quelque chose, à l’enrichir. Nous savons que nous lui apportons les biens essentiels. Nous n’agissons pas pour nous, mais de façon gratuite, comme Dieu envers nous, de façon désintéressée, en étant prêts à tous les sacrifices nécessaires, comme Dieu aussi, qui nous envoie son propre Fils, lequel, « après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Il n’existe pas de limite aux efforts à consentir. Nous voyons que les racines de notre apostolat sont profondes, très profondes : l’amour de Dieu pour nous, sans condition, qui n’attend rien en retour, si ce n’est peut-être, très certainement, des déceptions… (lire la suite)
Aimer Dieu implique aussi que nous prenions les moyens de la lutte ascétique et que nous cherchions de façon pratique comment montrer cet amour dans les faits. « Nous avons deux principaux exercices de notre amour envers Dieu, l’un effectif et l’autre affectif. Par celui-là, nous affectionnons Dieu et ce qu’il affectionne ; par celui-ci, nous servons Dieu et faisons ce qu’il nous ordonne » (saint François de Sales, Traité de l’Amour de Dieu, l. 6, chap. 1).
Que ce soit donc un amour pratique. « De tous les mouvements de l’âme, de ses sentiments et de ses affections, l’amour est le seul qui permette à la créature de répondre à son créateur, sinon d’égal à égal, du moins de semblable à semblable. Si par exemple Dieu est irrité contre moi, je ne répliquera pas par la même colère, mais par la crainte, le tremblement, l’imploration du pardon. S’il m’accuse, je ne l’accuserai pas à mon tour, je chercherai à me justifier. Et s’il me juge, je ne le jugerai pas, je l’adorerai. En me sauvant, il ne me demande pas de le sauver en retour, et celui qui nous libère tous n’a besoin d’être libéré par personne. S’il me parle en maître, j’ai à lui obéir, non à exiger de lui qu’il se fasse mon serviteur. Vous voyez bien vous-mêmes qu’il en va tout autrement de l’amour. Lorsque Dieu aime, il ne veut rien d’autre qu’être aimé, car il n’aime que pour qu’on l’aime, sachant que ceux qui l’aimeront accèderont par là-même à la béatitude » (saint Bernard, In Cantica, sermon 83, 4, trad. d’A. Béguin, Paris, Le Seuil, 1953, p. 849-850).

(fin)

lundi 16 janvier 2012

L’Amour de Dieu (2)


L’Amour de Dieu (2)

Un Amour gratuit qui demande une réponse de notre part. C’est bien la moindre des choses. Toute notre vie se ramène à cela en réalité. Nous n’avons rien d’autre à faire qu’aimer Dieu. À la mesure de Dieu : « Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Mais « si quelqu’un dit : « j’aime Dieu », et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. Celui, en effet, qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas ! » (1 Jean 4, 20-21). N’oublions pas que le plus grand commandement et le premier est : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » (Matthieu 22, 37). (lire la suite)
Il s’agit d’aimer Dieu dans tout ce que nous entreprenons. C’est la raison d’être de toute notre existence. Aimer Dieu dès ici-bas, en attendant de l’aimer sans restriction dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle. « On acquerrait de grands mérites auprès de Dieu, si on faisait pour gagner son amitié la moitié de ce que l’on fait pour obtenir celle du monde. L’amitié du monde est très funeste à ceux qui la recherchent, parce qu’elle leur fait perdre celle de Dieu, qui est bien plus précieuse. L’amitié de Dieu a pour prix le royaume du ciel, d’après Romains 5 : « La grâce de Dieu est la vie éternelle », et au 52e psaume : « Ceux qui plaisent aux hommes ont été confondus, parce que Dieu les a méprisés ». Et dans Galates 5 : « Si je plaisais aux hommes, je ne serais pas le serviteur de Dieu. » Saint Jacques 4 : « Adultères, vous ne savez pas que l’amitié de ce monde est ennemie de Dieu ? Or quiconque veut être l’ami de ce siècle, devient l’ennemi de Dieu » (saint Thomas d’Aquin, In libro eruditionis principum, l. 1, cap. 11, Paris, Viviès, 1857, p. 214-215).
Que faisons-nous pour aimer Dieu ? Rectifions-nous l’intention chaque fois que nous nous rendons compte que nous cherchons notre propre gloire ? Nous assignons-nous pour objectif de faire la Volonté de Dieu en toute chose ? « Seigneur, que ferais-tu à ma place ? Donne-moi l’amour avec lequel tu veux que je t’aime et apprends-moi à aimer les autres. » Il est dit que tu trouves tes « délices parmi les enfants des hommes » (Proverbes 8, 31). C’est vraiment étonnant. Que peux-tu trouver de si bon, de si intéressant auprès de nous ? Je le sais : tu cherches simplement notre bien.

(à suivre…)

dimanche 15 janvier 2012

L’Amour de Dieu (1)


L’Amour de Dieu (1)

« Puisque toutes choses seront ainsi dissoutes, combien sainte doit être votre vie et grande votre piété ! Comme vous devez attendre et hâter l’avènement du Jour de Dieu, où seront dissous les cieux enflammés et se fondront les éléments embrasés. Mais ce sont des cieux nouveaux et une terre nouvelle que nous attendons d’après sa promesse : la justice y résidera. C’est pourquoi, mes bien-aimés, en vivant dans cette attente, faites tous vos efforts pour qu’il vous trouve sans tache et sans reproche dans la paix » (2 Pierre 3, 11-14). C’est une invitation joyeuse et empressée à nous préparer pour la venue du Seigneur. Il est question ici de son retour à la fin des temps, mais nous nous préparons d’abord à l’avent qui nous tend vers l’incarnation de Jésus-Christ à Bethléem, et à cette autre venue qu’est la sainte communion, le Seigneur également réellement présent dans l’Eucharistie. Ce sont autant de preuves éclatantes de l’Amour que Dieu nous porte. (lire la suite) Dieu est Amour (1 Jean 4, 16). Il ne peut qu’aimer. C’est toute sa vie. Dieu aime. Dieu s’aime si puissamment, si parfaitement, que cet Amour est la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, le Saint-Esprit. Mais l’amour, nous le savons, est inventif, a de véritables trouvailles, afin de s’exprimer plus et mieux, différemment, d’aller toujours plus loin dans les marques d’affection. De plus, l’amour authentique est gratuit, c’est-à-dire qu’il se communique sans rien attendre en retour. Il agit par pure bonté, en ayant le souci du bien d’autrui, le désir de rendre les autres heureux, de leur faire plaisir…
C’est ce que nous voyons en Dieu. Il s’aime intensément, absolument, pleinement. Mais, en quelque sorte, cela ne lui a pas suffi. Puisque l’amour veut se dépenser gratuitement au service d’autrui, Dieu a eu ce trait de génie, pour ainsi dire, de créer des êtres nouveaux qu’il appelaient à participer à son bonheur, à entrer dans son intimité. C’est fabuleux. Totalement inattendu. C’est la pure gratuité de son Amour. Dieu n’en attend rien, sinon notre bonheur. Il n’a besoin de rien puisqu’il est parfait, la Perfection même. Le manque, si petit soit-il, est un défaut, et il ne peut y avoir de défaut en Dieu. C’est donc tout à notre avantage. Nous pourrions dire même que la création ne lui a apporté que des ennuis. Déjà avec les anges et ce satané Lucifer… Pouvait-il s’attendre à cette rébellion si terrible ? Et puis avec l’homme, qu’il avait pourtant créé à son image et à sa ressemblance (Genèse 1, 26), contrairement aux anges, avec un Amour infini… eh bien ! lui aussi s’est rebellé et il a fallu envoyer le Fils pour que la dette contractée par nos péchés nous soit remise. « Voyez quel grand amour pour nous a témoigné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, ce que nous sommes. La raison pour laquelle le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne L’a pas connu. Mes bien-aimés, nous sommes dès à présent enfants de Dieu » (1 Jean 3, 1-2).

(à suivre…)

mardi 10 janvier 2012

Variations sur le corps humain


Variations sur le corps humain

Si je lis dans les lignes de la main, je me dis que me mettre à plat-ventre devant lui c’est me rendre pieds et poings liés. Je n’ai pas une dent contre lui, et je ne veux pas dire du mal de lui dans son dos, mais c’est une grande gueule. Ca se lit dans ses yeux. J’en ai le cœur gros, quand ce n’est pas les larmes aux yeux. On peut compter ses faveurs sur les doigts d’une main. Avec lui, je ne signe pas les yeux fermés. Je ne suis pas prêt à aller bras dessus bras dessous. Je veux bien mette mon cœur à l’ouvrage, mais il ne faut pas me prendre à contre-pied, ni me faire des croc-en-jambe. Jeu de main, jeu de vilain, m’a-t-on enseigné. Et je ne suis pas dur d’oreille. (lire la suite)
Il peut se faire tirer les oreilles, je fais le gros dos. Sa dernière sortie, et on ne les compte pas sur les doigts d’une main, sa dernière sortie donc m’est restée sur l’estomac et ça me fait froid dans le dos rien que d’y penser. Il fourre son nez partout. C’est vraiment une forte tête. Une main de fer dans un gant de velours. À mon corps défendant, je ferme les yeux. Non vraiment, le cœur n’y est pas. Pourtant, j’ai l’estomac bien accroché et le cœur sur la main. Mais mon petit doigt me dit : attention, bientôt tu n’auras plus que les os sur la peau et tu auras un pied dans la tombe. Mes cheveux se dressent sur ma tête à l’idée. Sortir les pieds devants ? En un tour de main ? C’est avoir une épine dans le pied. Je le dis du bout des lèvres, autrement il me tombe dessus à bras raccourcis. Aïe ! j’ai la tête qui éclate et un haut le cœur. Je suis au pied du mur.
Allons donc, assez de coups sous la ceinture ; balayons cela d’un revers de manche. Je préfère être bien dans ma peau, ne pas avoir de fil à la patte et rire à gorge déployée, même si cela n’a ni queue ni tête.

dimanche 8 janvier 2012

Épiphanie (3)


Épiphanie (3)

Nous offrons aussi à notre Seigneur « (…) la myrrhe, c’est-à-dire le sacrifice indispensable à la vie chrétienne. La myrrhe nous rappelle le souvenir de la passion du Seigneur : sur la Croix on Lui donne à boire de la myrrhe mêlée à du vin (cf. Marc 15, 23), et c’est avec de la myrrhe que son corps est oint pour la sépulture (cf. Jean19, 39). Mais ne pensez pas que de réfléchir à la nécessité du sacrifice et de la mortification puisse ajouter une note de tristesse à la joie de cette fête que nous célébrons aujourd’hui. La mortification n’est ni pessimisme ni aigreur. La mortification ne vaut rien sans la charité : c’est pourquoi nous devons chercher des mortifications qui, en nous aidant à dominer les choses de la terre, ne mortifient pas ceux qui vivent avec nous. Le chrétien ne peut être ni un bourreau ni un misérable ; c’est un homme qui sait à la fois aimer et le montrer, (lire la suite)http://www.blogger.com/img/blank.gif et pour qui la douleur est la pierre de touche de l’amour. Mais j’ajoute, encore une fois, que cette mortification ne saurait consister en de grands renoncements, qui d’ailleurs se présentent rarement. Il doit s’agir plutôt de petites luttes: sourire à qui nous importune, refuser au corps les caprices de biens superflus, nous habituer à écouter autrui, faire fructifier le temps que Dieu met à notre disposition... Et tant d’autres détails, insignifiants en apparence, qui surgissent sans que nous les cherchions — contrariétés, difficultés, chagrins — au fil de chaque jour » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 37). Nous offrons ce que nous sommes, en réaffirmant notre désir profond de nous renouveler continuellement, d’être de vrais apôtres du Christ, en étant aussi bien unis à celui qui représente le Christ sur terre, notre très Saint-Père le pape Benoît XVI.

(fin)

samedi 7 janvier 2012

Épiphanie (2)


Épiphanie (2)

Nous vivons dans le monde, mais nous ne sommes pas du monde (cf. Jean 15, 19). Et nous devons donc vivre en tant que tels, c’est-à-dire détaché des biens matériels, comme Jésus, en faisant attention à ne pas nous laisser enivrer par les possibilités qu’ils offrent. « Le progrès, lorsqu'il est entre de mauvaises mains, peut devenir, et est devenu de fait, un progrès terrible dans le mal. Si au progrès technique ne correspond pas un progrès dans la formation éthique de l'homme, dans la croissance de l'homme intérieur (cf. Éphésiens 3, 16 ; 2 Corinthiens 4, 16), alors ce n'est pas un progrès, mais une menace pour l'homme et pour le monde » (Benoît XVI, encyclique Spe salvi, n° 22). Nous savons que cette menace (lire la suite) n’est pas hypothétique, mais qu’elle existe vraiment. Nous avons pris le parti de nous éloigner radicalement des mirages humains, de faire comme les Rois mages, c’est-à-dire de tout laisser pour partir à la recherche de Dieu, du vrai Dieu.
« Nous lui offrons de l’encens: nos désirs, qui s’élèvent vers le Seigneur, de mener une vie noble, d’où se dégage le bonus odor Christi (2 Corinthiens 2, 15), le parfum du Christ. Imprégner http://www.blogger.com/img/blank.gifnos paroles et nos actions de ce bonus odor, c’est semer la compréhension, l’amitié Que notre vie accompagne la vie des autres hommes, pour que personne ne se trouve ou ne se sente seul. Notre charité doit aussi être faite d’affection, de chaleur humaine » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 36). Sachons sacrifier notre confort personnel pour servir nos frères, mais plus encore pour nous mettre à la disposition du Seigneur, tel que nous sommes. Avec le désir sincère de devenir saint, de servir notre Dieu tout au long de l’année qui vient de commencer, en désirant arriver plus loin, plus haut dans le bien, plus vite. Avec l’envie de prier plus et mieux, pour que l’Incarnation du Fils de Dieu produise davantage de fruits de sainteté dans le monde. Recherchons avant tout les biens célestes, les biens spirituels. « Cherchez son royaume, et [le reste] vous sera donné par surcroît » (Luc 12, 31). « Cherchez les choses d’en haut ; c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Ayez le sens des choses d’en haut, non de celles de la terre » (Colossiens 3, 2-3)

(à suivre…)

vendredi 6 janvier 2012

Épiphanie (1)


Épiphanie (1)

Ayant obtenu d’Hérode les renseignements dont ils avaient besoin, les Rois mages se remirent en route, « et l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu’à ce qu’elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant » Jésus, à Bethléem (Matthieu 2, 9). Cette étoile les avait guidés depuis la Mésopotamie dans leur longue, très longue quête de Dieu. « À la vue de l’étoile, ils ressentirent une grande joie » (Matthieu 2, 10). L’étoile s’arrête au-dessus du logement où la sainte Famille est réunie. C’est pourquoi une étoile brille au-dessus de nos crèches. « Et, entrant dans la maison, ils virent l’Enfant, avec Marie sa Mère » (Matthieu 2, 11) et avec celui qui lui faisait office de père, saint Joseph. « Aux âges précédents, ce mystère n’avait pas été découvert aux hommes » (Éphésiens 3, 15). (lire la suite)
Venons adorer le Seigneur avec les Rois mages, avec la foule des enfants de Dieu, de tous les baptisés, de tous les hommes de bonne volonté, pour la paix desquels les anges ont formé des vœux pendant la nuit de Noël (cf. Luc 2, 14).
Qu’il y ait de la place pour nous ou pas, peu importe. Ce qui compte, c’est d’être sur place, c’est de prier ensemble, c’est de nous émerveiller devant notre Rédempteur, c’est de lui apporter nos pauvres petits cadeaux, c’est de travailler pour le Seigneur : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31).
Accompagnons les Rois mages. Ce sont eux qui, aujourd’hui, occupent le devant de la scène. Il est normal que nous leur cédions la première place, après un aussi long voyage. Et ils sont autrement importants que nous ! Ils déballent leurhttp://www.blogger.com/img/blank.gifs cadeaux : « Se prosternant, ils l’adorèrent » d’abord. C’est ce qui compte avant tout, puis, « ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11). Chacun apporte ce qu’il possède de plus précieux. Et nous, qui ne disposons pas de grand-chose, nous donnons tout ce que nous avons. Cela revient à réaffirmer que nous n’avons rien en propre : « Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). Nous sommes aussi pauvres que l’Enfant Jésus… Nous pouvons cependant offrir à ce Dieu enfant « l’or fin de notre détachement de la fortune et des biens matériels. N’oublions pas que ce sont des choses bonnes, puisqu’elles viennent de Dieu. Mais le Seigneur a voulu que nous les utilisions sans y attacher notre cœur, en les faisant fructifier pour le bien de l’humanité » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 35).

(à suivre…)

jeudi 5 janvier 2012

Nouvelles variations sur les animaux


Nouvelles variations sur les animaux


Il hurlait avec les loups et enfourchait son cheval de bataille en ruant dans les brancards. Il n’est pas possible de courir deux lièvres à la fois, grommelait-il. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, autrement une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Qui veut voyager loin ménage sa monture, prend peut-être une allure d’escargot, s’arrête pour chasser les papillons et tisse sa toile d’araignée. De temps à autre il fait le paon et pousse un cocorico. (lire la suite)
C’est à se demander si c’est du lard ou du cochon. Tiens, j’ai une faim de loup et, dans ce panier de crabes, il n’y a pas même un pigeon voyageur. Entre chien et loup, il fait une toilette de chat et te reçoit comme un chien dans un jeu de quilles. De la mort au rat, voilà ce qu’il mérite. Je ne vais pas attacher mon chien avec des saucisses ni faire l’andouille arrivé à la patte d’oie, mais jouer à chat perché. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Eh bien ! imitons les moutons de la mer. Et si je deviens sa bête noire, je hurlerai avec les loups et le ferai tourner en bourrique. Pas question d’être comme chien et chat. Je suis à cheval sur les principes, moi. Et je préfère faire cavalier seul que tomber dans la gueule du loup. De toute façon, je mets ma tenue léopard et lui garde un coup de pied de ma mule. Il se croit malin comme un signe, mais moi, je frétille comme un gardon et fais des sauts de puce, car je sais que je n’ai pas misé sur le mauvais cheval et je ne parle pas comme une pie.
Je suis plutôt du genre oiseau rare et pas le chienchien à sa mémère. Je lui donnerai de la mort aux rats, cela fera bon ménage avec son venin de vipère. Chat échaudé craint l’eau froide ! À ce chameau-la, je lui garde un chien de ma chienne. Et il n’a pas intérêt à réveiller le chat qui dort, car si les chiens aboient, la caravane passe. Je ne suis pas le genre sangsue. S’il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors, j’écris avec une plume d’oie, dors comme une marmotte, joue à saute-mouton, mais n’échange pas un cheval borgne contre un cheval aveugle. Pas folle la guêpe !

mardi 3 janvier 2012

Colloque : la nouvelle évangélisation

L’Association Écouter avec l’Église

vous invite à participer au Colloque sur

La nouvelle évangélisation

qui aura lieu le dimanche 18 mars 2012

de 15 heures à 18 heures

avec la participation de

François Brossier, L’Interprétation de l’Écriture Sainte
dans l’Église de Pie XII à Benoît XVI

César Ortiz, Comment Dieu se révèle

Samuel Pruvot, L’annonce de la Parole de Dieu
dans la nouvelle évangélisation en France


Salle Rossini, église Notre-Dame-de-Grâces-de-Passy
10 rue de l’Annonciation, 75016 Paris

métro : Passy - RER : av. du Pt-Kennedy

lundi 2 janvier 2012

Harry


Harry

C’est tout un chant d’oiseau que ce prénom d’Harry.
À quoi ressemble-t-il ? Est-ce à un canari
Ou à quelque hâbleur, joyeux, riche en couleurs
Qui, du lointain pays, nous apporte les couleurs ?

Je pencherais plutôt, si vous le permettez,
Pour un air de fraîcheur venu en plein été,
Un air, mieux un bouquet, ou encore une aubade
Qui, dans l’onirique, a produit une escapade.

Je murmure à mi-voix ce prénom d’Harry.
Une cascade de sens sitôt m’envahit.
Ils jaillissent d’ici delà, oui, de Paris
Et je vois la colombe encore de l’Esprit. (lire la suite)

C’est un chant, c’est le verbe ouvert à tous les champs,
C’est une mélodie aussi belle que tendre
Qui sur notre chemin le jour vient nous attendre
Pour nous rendre heureux et flatter nos bons penchants.

Ah ! qu’il est doux ce nom à la saveur de miel
Qui déjà projette en direction du ciel.
J’entend tout un concert aux mille musiciens,
Je vois tout un parterre aux mille magiciens.

Magnifique et féérique à nos chastes oreilles,
C’est l’Orient qui de nos sens provoque l’éveil.
C’est le charme éclectique aux saveurs nuancées
Qui nous invite à rire, à chanter et danser.

Je laisse les sons dans le lointain s’évanouir,
Effleurer mon esprit, poser au souvenir
Et embrasser mon cœur, y camper la senteur
Du bien et de l’honneur, la senteur du bonheur.

Il s’élève ce chant, monte comme l’encens,
Porteur de vrai bonheur garanti cent pour cent.
Voyez-le : il éclate et puis il s’enhardit
Et fait échec et mat à la mélancolie.

Je l’aime ce prénom à la fleur d’oranger
Qui vient se couler dans mon modeste verger.
Pour son vol si léger et sa belle éclaircie
Je rends grâce à mon Dieu et je vous dis merci.

dimanche 1 janvier 2012

Voeux 2012


Chers internautes,

A vous tous je présente mes meilleurs voeux d'une sainte année 2012.

Que le Seigneur et sa très Sainte Mère nous accompagnent tout au long de ces douze mois et nous fassent entrer, avec le Saint-Père le pape Benoît XVI et toute l'Eglise dans une année de la foi pleine de richesses spirituelles pour nous et pour notre monde.

Recevez ma bénédiction de pauvre prêtre.

samedi 31 décembre 2011

La lumière de Bethléem


La lumière de Bethléem

Une grande lumière est venue dans le monde (Isaïe 9, 1), venant de l’Orient. Elle s’est allumée pour nous et brille à nos yeux. Elle est couchée dans la mangeoire à Bethléem : « Tant que je suis dans le monde, je suis la Lumière du monde » (Jean 9, 5).
Et Jésus d’insister : « Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suivra ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12), car la vie de la grâce est une lumière puissante qui éclaire toute la vie et oriente vers le Père. (lire la suite)
Il faut saisir la loi, la Loi nouvelle que Jésus est venu instaurer, qui est la Loi de l’Amour, et marcher « à la clarté de sa lumière » (Baruch 4, 2).
Seigneur, maintenant que tu es parmi nous, « les nations marchent à ta lumière, et les rois à l’éclat de ta splendeur » (Isaïe 60, 3). Du moins, est-ce ce que tu nous as promis. Et il y a encore du chemin à parcourir pour que ce soit la réalité. Mais cela viendra.
Ce n’est pas parce que tu es remonté auprès de ton Père, qui est aussi notre Père, que tu as cessé pour autant d’être une Lumière pour nous. « Tant que je suis dans le monde » (Jean 9, 5), as-tu précisé. Mais n’as-tu pas affirmé par ailleurs : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20) ? Tu y restes. Tu es bien présent au milieu de ton peuple. L’eucharistie est la Lumière qui irradie la société des hommes. Elle est une clarté qui inonde notre cœur. Elle prend sa source dans la grotte de Bethléem. Et cette source ne se tarira jamais.
Cette lumière que nous avons accueillie nous transforme à notretour en lumière pour le monde : « Soyez comme des sources de lumière dans le monde, une force vitale pour les autres hommes. Comme des lumières parfaites secondant la grande Lumière, soyez initiés à la vie de lumière qui est au ciel ; soyez illuminés avec plus de clarté et d'éclat par la sainte Trinité, dont vous avez reçu maintenant, d'une façon restreinte, un seul rayon, venant de l'unique divinité, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen » (saint Grégoire de Nazianze, Sermon pour la fête des lumières).

vendredi 30 décembre 2011

Noël (6)


Noël (6)

Ici, à Bethléem, il s’agit de contempler cette Parole, le Verbe fait chair, Enfant, qui nous tend les bras, parce qu’il nous aime. Nous faisons notre prière avec Marie et Joseph, avec la Théotokos, la « Mère de Dieu », et avec celui qui lui sert de père sur terre, qui, aux yeux des hommes, fait office de père nourricier. Ainsi, nous sommes bien unis à la Sainte Famille, en compagnie de la « trinité de la terre » : « Jésus, Marie, Joseph, je veux être toujours avec vous trois », disait saint Josémaria. Et nous apprenons de Marie et Joseph à fréquenter notre Seigneur, à parler à Jésus, à nous entretenir avec lui, à lui dire ce qui, selon nous, nous convient et convient aux autres. (lire la suite)
Personne n’a fréquenté de plus près et avec plus d’intimité le Fils de Dieu que Marie et Joseph. Personne ne l’a aimé plus parfaitement, ni mieux connu et compris qu’eux. Unissons notre cœur à celui de Jésus, à ceux de Marie et de Joseph. Nous ne faisons plus qu’un seul cœur, et nous tressons cette fameuse couronne de cœurs qui s’aiment profondément.
Nous contemplons le Verbe de Dieu. Il nous parle dans notre âme, dans notre prière, à partir de notre contemplation du Seigneur Enfant, adolescent, homme, du Seigneur dans les différentes phases de sa vie terrestre et dans les diverses tâches propres à chaque étape de sa vie : au foyer familial, à l’école, dans l’atelier de charpentier, dans les jeux, pendant sa prière communautaire à la synagogue ou lors de ses pèlerinages au Temple… La Parole a une voix et un visage. La Parole n’est pas seulement proclamée, comme pendant cette nuit, et à chaque messe, mais elle s’offre à notre contemplation, à notre méditation. Et Marie est la première à la contempler, avec Joseph aussi. Ils écoutent et ils regardent. Et cette écoute et cette contemplation de la Parole de Dieu fait naître dans leur cœur des désirs accrus de sainteté, de fidélité, des désirs sans cesse renouvelés. Il nous semble entendre saint Paul dire : « Vous avez appris comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez, mais faites encore plus » (1 Thessaloniciens 4, 1).
Qu’il en aille ainsi pour nous. Demandons à l’Enfant Jésus, par l’intermédiaire de Sainte Marie et de saint Joseph, que la fidélité de chacun d’entre nous se traduise par des fruits de sainteté personnelle, par une vie pure et droite, par un apostolat quotidien, l’annonce du Christ Sauveur à ceux que nous côtoyons ou que nous rencontrons, comme les bergers le firent dans cette nuit sainte : ils « s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit » (Luc 2, 20) ; et par un zèle constant à servir l’Eglise et à être uni au saint-père, le père commun de tous les catholiques.

(fin)

jeudi 29 décembre 2011

Noël (5)


Noël (5)

La Parole de Dieu a un visage, celui de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu nous parle par son Fils, « qui est le rayonnement de sa gloire » (Hébreux 1, 3). Dieu nous parle par son Fils. Et cette Parole est le Fils lui-même. Il est la Parole vivante du Père. Il exprime ce que Dieu pense. Il nous fait connaître ce que Dieu veut nous dire : « Je vous ai appelés amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15, 15). Jésus mène la Révélation à son terme. Il nous dit tout ce qu’il a reçu la charge du Père de nous transmettre. Il n’a plus rien d’autre à nous dire. Nous connaissons tout ce qui nous est utile et nécessaire pour avancer à la rencontre de Dieu. (lire la suite)
« En nous donnant son Fils ainsi qu’il l’a fait, lui qui est sa Parole dernière et définitive, Dieu nous a tout dit ensemble et en une fois, et il n’a plus rien à nous dire. Concluez-en que désirer sous la nouvelle Loi visions ou révélations, ce n’est pas seulement faire une sottise, c’est offenser Dieu, puisque par là nos yeux ne sont pas uniquement fixés sur le Christ, sans chercher chose nouvelle. Dieu en effet pourrait répondre : « Je vous ai dit tout ce que j’avais à dire, par la parole qui est mon Fils. Fixez les yeux sur lui seul, car en lui j’ai tout établi, en lui j’ai tout dit, tout révélé, et vous trouverez là bien plus que tout ce que vous désirez et demandez. Depuis le jour où je descendis sur lui, avec mon Esprit, au mont Thabor, en disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma complaisance : écoutez-le, j’ai cessé toutes mes anciennes pratiques d’enseignements, de réponses, et je lui ai confié cette mission. C’est pourquoi, si quelqu’un reprend l’ancienne méthode, demandant que je lui parle, que je lui révèle quelque chose, c’est comme s’il demandait de nouveau le Christ, et plus de doctrine de foi que je n’en ai donné. Et c’est manquer de foi dans le Christ, puisque cette foi a été donnée en lui ; c’est même faire injure à mon Fils bien-aimé, puisque ce manque de foi en lui équivaut en quelque sorte à lui demander une seconde incarnation, afin qu’il recommence sa vie et sa mort. Non, il ne faut plus vous adresser à moi par désirs de visions et de révélations : retenez-le bien, tout se trouve déjà réalisé en lui et infiniment plus » (Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel 2, 20).

(à suivre…)

mercredi 28 décembre 2011

Noël (4)


Noël (4)

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite)
L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils ». L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005).
Cet Enfant que nous contemplons dans la crèche, c’est le Verbe de Dieu fait homme. C’est la Parole de Dieu faite chair. Alors que « bien des fois et de bien des manières, Dieu avait parlé jadis à nos pères par les prophètes. En ces temps qui sont les derniers, il nous a parlé par le Fils » (Hébreux 1, 1-2). Si bien qu’elle n’a pas seulement une voix, mais aussi un visage. Désormais « la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth » (Benoît XVI, exhort. ap. Verbum Domini, n° 12).

(à suivre…)

mardi 27 décembre 2011

Noël (3)


Noël (3)

« En façonnant l’homme, le Seigneur avait mis en lui, outre une connaissance générale de l’univers, le désir de Dieu. Dès que le démon découvrit cet ardent désir, il dit à l’homme : « Vous deviendrez comme des dieux (Genèse 3, 5). Maintenant vous n’êtes que des hommes et vous ne pouvez être toujours avec Dieu ; mais si vous devenez comme des dieux, vous serez toujours avec lui. » (…) Adam avait désiré devenir Dieu ; il avait désiré une chose impossible. Le Christ a comblé ce désir. « Tu as voulu devenir, dit-il, ce que tu ne pouvais être ; mais moi, je désire devenir homme, et je le puis. Dieu fait tout le contraire de ce que tu as fait en te laissant séduire. (lire la suite) Tu as désiré ce qui était au-dessus de toi ; je prends, moi, ce qui est-dessous de moi. Tu as désiré être l’égal de Dieu ; je veux, moi, devenir l’égal de l’homme. (…) Tu as désiré devenir Dieu : ce n’est pas pour cela que je me suis irrité, car je veux que tu désires être l’égal de Dieu. Ce qui m’a irrité, c’est que tu aies voulu t’emparer de cette dignité en dehors des desseins de ton Seigneur. Tu as désiré devenir Dieu et tu ne l’as pu. Moi, je me fais homme, pour rendre possible ce qui t’était impossible » (Sévérien de Gabala, Sixième homélie sur la création du monde 5-5).
Remercions le Seigneur pour tant de bonté. Remercions-le parce qu’il vient à Noël uniquement pour nous, par pur Amour, pour nous tirer du pétrin dans lequel nos premiers parents nous avaient mis et dont nous ne pouvions sortir par nous-mêmes, sacré pétrin ! Il n’y a que lui, le Fils de Dieu, Dieu lui-même, à posséder ce pouvoir, la toute-puissance pour le faire. Et il l’a fait ! Parce qu’il nous aime. Parce qu’il a un faible pour la créature humaine, qu’il n’a pas eu pour les anges.
Noël est le don que le Père fait de son Fils à l’humanité pécheresse, qui ne méritait pas qu’il s’intéresse à elle. Pourtant, c’est bien le cas, parce qu’il nous aime, encore une fois, et qu’il veut notre bien, un bien que nous ne pouvons pas trouver en dehors de lui. Noël nous parle de notre filiation divine, de la relation particulière qui relie chacun de nous à Dieu le Père, et qui est constitutive de notre vie surnaturelle, de notre vie dans la foi.

(à suivre…)

lundi 26 décembre 2011

Noël (2)


Noël (2)

C’est un jour de joie immense, que Noël. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi. Tu as accru le peuple, accordé une grande joie ; on se réjouit devant toi comme on se réjouit à la moisson » (Isaïe 9, 1-2). Les anges chantent cette joie dans la nuit de Noël : « Je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira grandement tout le peuple » (Luc 2, 11). L’espérance du salut en sort renforcée : « Vous tous pour qui ce Noël est le signe de l’espérance, je vous invite à cette union spirituelle ! Entourons d’une large, très large couronne de cœurs le lieu où Dieu s’est fait homme. Formons une couronne autour de la Vierge qui a donné la vie humaine dans la nuit de la naissance de Dieu ! Entourons la Sainte Famille ! » (Jean-Paul II, Message de Noël, 25 décembre 1980). (lire la suite) Pour cela, faisons toutes choses avec le Seigneur : prions avec lui, travaillons avec lui, soyons en famille avec lui, chantons avec lui, reposons-nous avec lui et en lui. C’est comme cela que nous tressons cette couronne de cœurs à l’unisson et en harmonie avec notre Dieu et avec la Sainte Famille.
Les anges glorifient Dieu qui a fait des merveilles au sein de cette Sainte Famille en faveur des hommes. C’est un jour de joie, certes, car « il vous est né un Sauveur » (Luc 2, 11), le Sauveur attendu par toutes les générations, par tous les ancêtres du Seigneur. Jour de joie, car notre salut est en marche. Il commence aujourd’hui à se réaliser.
Mais aussi jour aigre-doux précisément pour cela. Car ce Salut passe par la Croix. Jésus vient pour cela, pour s’offrir en Sacrifice réparateur sur le Calvaire. Il le sait, en tant que Fils de Dieu. La Croix se dresse donc à l’horizon de Bethléem. Elle est présente, non seulement parce que les membres du clan de David ont fermé leurs portes à Joseph et à Jésus, les ont repoussés, ne les ont pas accueillis et qu’il a fallu échoir dans une grotte… La Croix est présente surtout parce qu’elle est le motif de l’Incarnation : Jésus naît pour souffrir et « donner sa vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 28). « Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de s’acquérir en le purifiant un peuple tout appliqué aux bonnes œuvres » (Tite 2, 14).

(à suivre…)

dimanche 25 décembre 2011

Noël (1)


Noël (1)

Tels les bergers, mais avant eux, car nous avons été prévenus plus tôt, nous nous présentons dans l’étable. Nous venons, nous aussi, adorer le Sauveur qui nous est donné, et nous le trouvons « emmailloté et couché dans une crèche » (Luc 2, 12). Nous entrons. Il n’y a pas de porte. Saint Joseph nous accueille. Il n’est pas nécessaire de dire pourquoi nous sommes venus. Il a aussitôt compris. Cela ne semble pas l’étonner. Il est vrai qu’il a d’autres sources d’étonnement… Il nous conduit auprès de Marie et de l’Enfant.
Et nous tombons à genoux. A vrai dire, nous n’avons rien à lui donner qui puisse être utile, ni or, ni encens, ni myrrhe… (lire la suite) Nous avons notre vie tout entière à lui donner. Nous la lui offrons de nouveau, comme nous sommes habitués à le faire fréquemment. Mais là, aux pieds de l’Enfant, couché dans la crèche, nous le faisons avec plus de force, plus intensément, avec peut-être plus de sincérité…
Il s’agit de répondre au don de Dieu par notre propre don. Car Noël est le plus grand don que Dieu ai fait jusque-là aux hommes. Un don supérieur au don de la vie, car c’est l’ouverture sur la Vie surnaturelle, vie de grâce. Allons vers l’Enfant, comme les bergers, avec ce que nous sommes. Nous n’avons pas de brebis, de lait ou de fromage, car nous n’avons rien, comme le Seigneur dans la grotte. Mais ce que Dieu attend, c’est le don de nous-mêmes, c’est que nous lui fassions l’offrande de notre cœur, d’un cœur débordant d’amour et de reconnaissance.
« Voici que les hommes simples vivant du travail de leurs mains ne se présentent pas les mains vides devant le nouveau-né, ils ne se présentent pas le cœur vide. Ils apportent des dons. Ils répondent par leur don au Don de Dieu. (…) Cette nuit l’humanité entière a reçu le Don le plus grand ! Cette nuit, chaque homme reçoit le Don le plus grand ! Dieu lui-même devient Don pour l’homme. Il fait le Don de lui-même pour la nature humaine. Il entre dans l’histoire de l’homme, non plus seulement par la parole qu’il fait parvenir à l’homme, mais par le Verbe qui s’est fait chair ! Je vous demande à tous : avez-vous conscience de ce Don ? Êtes-vous prêtes à répondre par votre don à ce Don de Dieu, comme ces bergers de Bethléem qui, eux, ont su répondre… ? Et je vous souhaite, du fond de cette nouvelle nuit de Bethléem (…) d’accepter le Don de Dieu qui s’est fait homme. Je vous souhaite de répondre à ce Don de Dieu par votre propre don ! » (Jean-Paul II, Homélie de la messe de Minuit, 24 décembre 1980).

(à suivre…)

samedi 24 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (3)


Dans la grotte de Bethléem (3)

La fulgurance de la Nativité ne dure qu’un temps, qui a semblé une éternité à Marie et à Joseph. Mais cette lumière ne s’effacera pas de leur mémoire et de leur cœur. D’autant moins que Jésus est « la Lumière vraie qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9). Cette lumière, elle reste là sous leurs yeux, en permanence. Elle leur montre le chemin de l’accomplissement de la volonté du Père dans les moindres choses de la vie ordinaire et la façon précisément de tout vivre pour la gloire de Dieu. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31). (lire la suite)
Les anges sont repartis comme ils étaient arrivés. Du moins est-ce l’impression qu’ils donnent. Il n’est plus nécessaire qu’ils se fassent voir et entendre. Mais ils continuent de remplir l’espace. Il ne saurait en aller autrement. Ne sont-ils pas des myriades et des myriades, des myriades de myriades (Apocalypse 11, 5) ?
Et là où est Dieu, ils s’y trouvent nécessairement. Or, Dieu est omniprésent, il est présent en tout point de l’univers. Les anges y sont donc aussi, partout, partout !
« Mon ange marchera devant toi » (Exode 32, 33). C’est Dieu qui se le disait à lui-même. C’est le Père qui parlait à l’adresse des on Fils, pour le jour où lui et l’Esprit Saint l’enverraient sur la terre. L’ange tutélaire. Cet ange qui viendra réconforter Jésus dans son agonie (Luc 22, 43).

(fin)

vendredi 23 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (2)


Dans la grotte de Bethléem (2)

Il est parmi eux des anges musiciens, spécialisés dans toutes sortes d’instruments à cordes et de cuivre. Mais la majorité sont des choristes. Ils ne chantent pas à quatre voix. Ce serait vraiment trop vulgaire, trop quelconque. Bien malin celui qui arriverait à identifier le nombre de voix par lesquelles ils s’expriment. Quoi qu’il en soit, le résultat dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Marie et Joseph sont ravis au septième ciel, comme l’on dit, et ce, d’autant plus aisément que le ciel est venu à eux en la personne de Jésus.
Il y a fort à parier que l’ambiance festive exceptionnelle de cette nuit de Noël, (lire la suite) que l’harmonie de ces cantiques accompagne habilement, a toujours retenti aux oreilles du saint patriarche et de la Mère de Dieu, et ont plus encore réchauffé continuellement leur cœur, spécialement dans les moments d’affliction.
Les circonstances de l’accouchement pouvaient en constituer un, du point de vue strictement humain. Mais il a vite dérivé vers un moment faste, le plus solennel de toute l’histoire de l’humanité, en dépit de l’absence de toutes les solennités extérieures dont les hommes ont coutume d’entourer les événements les plus insignes de leur existence.
Marie et Joseph n’échangeraient pour rien au monde ces moments privilégiés qu’ils vivent. Ils rendent grâce à Dieu qu’ils se déroulent comme cela, dans l’intimité la plus stricte, sans être donnés en spectacle devant les hommes. Ils sont entre eux et avec Dieu. Dieu qui est dans les cieux et dans l’étable. Dieu qu’ils abritent dans leur cœur et Dieu que Marie serre contre son sein. Dieu que les hommes méconnaissent et que les anges reconnaissent avec tant de grâce et d’éclat.

(à suivre…)

jeudi 22 décembre 2011

Dans la grotte de Bethléem (1


Dans la grotte de Bethléem (1

La tradition fait naître Jésus en pleine nuit, une nuit d’hiver, froide, qu’éclaire la lune. Au moment où l’enfant fait son entrée dans le monde, un ange apparaît à des bergers qui gardaient leurs troupeaux non loin de là. Il est enveloppé d’une lumière éblouissante, propre aux théophanies.
Cette même lumière, plus éclatante encore, a envahi la grotte de Bethléem, dont la pauvreté s’est trouvée transformée en un véritable palace. C’était plus beau que tous les ors et les lambris du monde. La grotte était toute éclairée, ruisselante de lumière céleste. Du coup, Marie et Joseph ne regrettent plus d’avoir dû se replier sur cette solution de fortune (lire la suite)) pour s’abriter pendant cette nuit. Ils oublient leur peine, le rejet par les membres de leur clan. L’étable s’est transformée en palais.
Les hommes de la lignée de David, à laquelle Joseph appartient et, selon certains, Marie aussi, ont refusé d’accueillir le jeune coupe, qui s’est retrouvé seul pour fêter la venue du Sauveur. En réalité, ils ne sont pas seuls. La grotte de la Nativité est envahie d’anges, d’archanges, de principautés célestes. Des myriades d’anges assistent à la naissance du Fils de Dieu et se pressent autour de la mangeoire dans laquelle sa Mère l’a déposé. Ils sont là, mandatés par Dieu, pour être présents à ce spectacle grandiose d’un Dieu fait homme.
Ils ont chanté « gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre à ceux qu’il aime » (Luc 2, 14) pour les bergers. Que n’ont-ils pas chanté pour Jésus, et pour Marie et Joseph ? Ces instants unique sont dû être particulièrement sublimes. Et ils se sont gravés à tout jamais dans le cœur de Marie et de Joseph.
Les anges s’en donnent à cœur joie, s’il est permis de s’exprimer ainsi à propos de créatures célestes. Ils n’ont pas besoin de répéter leur concert. Car ils sont habitués à jouer en permanence pour manifester leur jubilation et la gloire de Dieu. Si cette gloire a disparu sous l’humanité du Christ, elle lui reste sous-jacente dans sa divinité. Et eux, ils ne sont pas abusés par des sens qu’ils ne possèdent pas. Cet Enfant, auquel Joseph est appelé à donner le nom d’Emmanuel, ce qui signifie « Dieu avec nous » (Matthieu 1, 23), ils avaient bien vu qu’il est effectivement Dieu. Ils ne l’ont jamais perdu de vue.

(à suivre…)

mardi 20 décembre 2011

La très sainte Humanité du Seigneur (2)


La très sainte Humanité du Seigneur (2)

Jésus est l’homme saint par excellence, et donc notre modèle absolu. En le contemplant, nous faisons monter vers lui un cri silencieux d’adoration et de reconnaissance, mais aussi nécessairement de réparation. Car si le Fils de Dieu s’est fait homme, c’est pour aller grimper sur la Croix et ainsi nous libérer de nos péchés. Cela ne peut pas nous laisser indifférents. La très sainte Humanité du Christ devrait focaliser notre attention, captiver notre regard pour essayer d’imiter notre Seigneur.
Car la vie chrétienne consiste à ressembler à Jésus, (lire la suite) à chercher à nous identifier à lui, à être un autre Christ, c’est-à-dire quelqu’un qui a « les mêmes sentiments d’après le Christ Jésus » (Romains 15, 5) et qui est prêt à donner sa vie pour les autres. « Mais pour être ipse Christus il faut se regarder en lui. Il ne suffit pas d’avoir une idée générale de l’esprit qui était celui de Jésus ; encore faut-il apprendre de lui des manières et des attitudes. Et surtout, il faut contempler sa vie, son passage sur la terre, ses traces, pour en tirer force, lumière, sérénité, paix » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 107). Contempler est le maître-mot. Nous ne pouvons pas regarder le Christ avec curiosité. Il nous faut l’enthousiasme de cette femme : « Heureux le sein qui t’a porté et la poitrine qui t’a allaité ! » (Luc 11, 27). Il nous faut nous mettre à l’écoute du Seigneur, avec un intérêt soutenu, comme Marie, la sœur de Lazare, « qui s’était assise aux pieds du Seigneur et l’écoutait parler » (Luc 10, 38).
Il faut écouter Jésus et le contempler. Il est Dieu et homme à la fois. Et « chacun de ces gestes humains est un geste de Dieu. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité (Colossiens 2, 9). Le Christ est Dieu fait homme, homme parfait, homme complet. Et dans l’ordre humain, Il nous fait connaître la divinité » (saint Josémaria, Ibid., n° 109). Au-delà de l’homme, nous voyons Dieu, Créateur du ciel et de la terre et Sauveur de l’humanité pécheresse. « C’est un exemple que je vous ai donné, pour qu’à votre tour vous fassiez comme je vous ai fait » (Jean 13, 15). « Il faut aller à l'Évangile et examiner l’amour du Christ, si nous voulons mener les autres au Seigneur. Nous devons nous arrêter sur les scènes capitales de la Passion, car, comme il l’a dit lui-même, il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean 15, 13). Mais nous pouvons considérer également le reste de sa vie, la façon dont il traitait ordinairement ceux qui le rencontraient.
Pour faire parvenir aux humains sa doctrine de salut et leur manifester l’amour de Dieu, le Christ, Dieu parfait et Homme parfait, a procédé d’une manière à la fois humaine et divine. Dieu condescend à devenir homme. Il prend notre nature sans réserves, à ‘exception du péché.
J’éprouve une joie profonde à la pensée que le Christ ait voulu être pleinement homme et ait voulu revêtir notre chair. Je suis ému en voyant cette merveille : un Dieu qui aime avec le cœur d’un homme » (saint Josémaria, Ibid., n° 107).

(fin)

lundi 19 décembre 2011

La très sainte Humanité du Seigneur (1)


La très sainte Humanité du Seigneur (1)

Les paroles de Jésus soulèvent l’enthousiasme des foules, du moins des gens simples. « Jamais homme n'a parlé comme cet homme » (Jean 7, 46). « Ils étaient stupéfaits de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non comme les scribes » (Marc 1, 23). « Et les foules, en entendant cela, étaient remplies d'admiration pour son enseignement » (Matthieu 22, 33). Les commentaires vont bon train. Les gens écoutent volontiers le Seigneur qui leur trace un programme de vie simple, à leur portée, qui ne fait pas comme les pharisiens qui « lient des fardeaux pesants et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes ; mais eux, ils ne veulent pas les remuer du doigt » (Matthieu 23, 4). (lire la suite)
De temps à autre quelqu’un ne peut retenir son admiration et exprime ses sentiments à haute voix, comme cette femme du peuple qui, un jour, lance ce compliment : « Heureux le sein qui t’a porté et la poitrine qui t’a allaité ! » (Luc 11, 27). Elle se disait que la mère du rabbi avait bien de la chance d’avoir un tel fils, si intelligent et si charmant, si aimable et si proche des besoins de tous. Mais Jésus répondit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent » (Luc 11, 28). « C’était l’éloge de sa Mère, de son fiat (Luc 1, 38) — « que cela se fasse » — sincère, généreux, sans limite, qui se manifeste, non par des actions voyantes, mais par un sacrifice quotidien, silencieux et caché » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 172).
C’est un hommage discret rendu, en effet, à la Vierge Marie. C’est aussi la reconnaissance de la très sainte Humanité de Jésus-Christ. Cette femme admire l’homme qu’elle est en train d’écouter avec un vif intérêt. Elle se plait à voir en lui un maître spirituel, le genre de personne à laquelle on est prêt à s’attacher pour la vie. Nous devons nous émerveiller nous aussi de ce que Jésus soit Dieu parfait et homme parfait. C’est un homme assurément, mais pas un homme quelconque. C’est le seul homme que nous puissions adorer, car il est Dieu véritablement. Il est l’homme exemplaire, celui en qui il n’y a ni défaut ni imperfection.

(à suivre…)

dimanche 18 décembre 2011

Poèmes mystiques

Poèmes mystiques

Un "beau livre" et un beau cadeau pour Noël

Ce recueil de poèmes de Dominique Le Tourneau s’ouvre sur un « Dialogue d’amour », qui nous plonge d’emblée dans l’union intime et personnelle avec Dieu. Y font suite un poème sur la Vierge Marie, qui s’adresse avec confiance à notre Mère du ciel, et un texte intitulé « Amende honorable », par lequel l’âme se repent de ses fautes. Il s’achève sur des « Paradoxes » de la vie spirituelle.
Le souffle qui traverse ces vers est bien fait pour susciter chez le lecteur des élans du cœur et l’amener à nouer son propre « dialogue d’Amour » avec Dieu.

Edité par TerraMare,
et vendu au prix de 15 euros.

vendredi 16 décembre 2011

L’incrédulité face à la Résurrection (6)


L’incrédulité face à la Résurrection (6)

Il faudra encore que Jésus vainque la résistance du récalcitrant, du grand absent du soir de Pâques, Thomas, appelé Didyme. Une semaine s’est écoulée, et la nouvelle de la Résurrection du Christ a dû commencer à circuler dans la ville. Que les apôtres, la mort ignominieuse et si douloureuse de leur Maître sur une Croix quelques heures plus tôt peut quand même se comprendre plus ou moins. Désormais, ils ne disposent plus du seul témoignage des femmes, dont on sait qu’à l’époque elles n’étaient pas qualifiées pour témoigner. Ils ont vu eux-mêmes le Christ ressuscité, tous les dix. Eh bien ! cela ne suffit pas pour convaincre Thomas. Il est plus que têtu, il n’a pas l’humilité de reconnaître qu’il peut se tromper : seul contre tous les autres, unanimes ! Il faut donc que Jésus revienne et l’admoneste gentiment : « Ne sois plus incrédule, mais croyant » (Jean 20, 27). (lire la suite)
Ils recevront encore l’Esprit Saint au jour de la Pentecôte. Et, à partir de ce jour-là, ils ne cesseront de proclamer : « C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité : nous en sommes témoins » (Actes 2, 32). « Nous, nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 23), qui est vivant, désormais assis à la droite de Dieu (Colossiens 3, 1), où il intercède pour nous.

(fin)

jeudi 15 décembre 2011

L’incrédulité face à la Résurrection (5)


L’incrédulité face à la Résurrection (5)

Alors, « il prit avec lui les Douze, à part, et il leur dit en chemin : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et crucifié » (Matthieu 20, 17-18). Jésus apporte des précisions très détaillées par rapport aux prédictions antérieures. Ses apôtres sont-ils à même de se rappeler les prophéties du « Serviteur souffrant » d’Isaïe ? Jésus-Christ ajoute une note d’espérance : « Mais le troisième jour il ressuscitera » (Matthieu 20, 19). Mais eux (lire la suite) « ne saisirent rien de tout cela ; c’était pour eux des paroles au sens caché, et ils ne comprenaient pas ce qui leur était dit » (Luc 18, 34). C’est quand même étrange. L’annonce ne porte pas sur un fait banal, secondaire, accessoire. Et puis c’est la troisième fois que Jésus leur délivre ce message, avec de plus en plus de détails, sans compter celles où il l’a laissée entrevoir d’une manière implicite.
Pierre a essayé de dissuader le Seigneur. Les apôtres ont été attristés en l’écoutant. Ils étaient apeurés. Et malgré cela, ils semblent ne pas pénétrer le sens profond de ce que le Maîtres leur dit. Peut-être sont-ils encore empêtrés dans des raisonnements trop humains, comme au soir du Jeudi Saint, où l’annonce de la trahison de l’un d’entre eux ne les a troublés qu’un bref instant, pour se remettre à disputer entre eux : « Qui, parmi eux, passait pour être le plus grand » (Luc 22, 24).
Ils ont été prévenus. Ces prédictions ne les ont pas laissés insensibles. Et pourtant, au matin de Pâques, lorsque les saintes femmes viennent annoncer aux apôtres que Jésus est ressuscité, qu’il les a chargées de leur transmettre cette bonne nouvelle (cf. Matthieu 16, 17), qu’il est apparu à Marie-Madeleine (cf. Jean 20, 11-17), toutes « ces paroles leur parurent être pure divagation, et ils ne les crurent pas » (Luc 24, 11). Ils ne croient pas ce qu’ils estiment être des racontars de bonnes femmes. Ils sont frappés d’amnésie, tellement leur douleur est grande.
Il va falloir que notre Seigneur se manifeste en personne à ses disciples. « Il se montra, sous une autre apparence, à deux d’entre eux qui étaient en route, se rendant à la campagne » (Marc 16, 12). C’est dit très pudiquement, avec une énorme délicatesse, car, en réalité, ces deux disciples d’Emmaüs désertaient, abandonnaient la partie. « En dernier lieu, il se montra aux onze autres, alors qu’ils étaient à table – en réalité, ils n’étaient que dix, car « Thomas n’était pas avec eux » (Jean 20, 24) – et il leur reprocha leur incrédulité et leur entêtement, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu après sa résurrection d’entre les morts » (Marc 16, 14). Ils ont dû se sentir passablement mortifiés. A ce moment-là, ils se rendent à l’évidence, même s’il « y en eut qui hésitèrent » (Mathieu 28, 17) encore un certain temps.

(à suivre…)

mercredi 14 décembre 2011

L’incrédulité face à la Résurrection (4)


L’incrédulité face à la Résurrection (4)

(Entre-temps d’ailleurs, Jésus s’était exprimé dans le même sens au moment où il se transfigurait sur le mont Thabor. Il s’y était entretenu avec Moïse et Elie « de la mort qu’il allait connaître à Jérusalem » (Luc 9, 31). Et cela, Pierre se l’est rappelé. D’autant plus qu’en redescendant de « la montagne, Jésus leur fit cette défense : Ne parlez jamais de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts » (Matthieu 17, 9). Il y a donc bien insistance sur le sujet de la part du Seigneur. Il est difficile pour nous d’imaginer que ce soit tombé dans l’oreille d’un sourd.
Mais il y a plus. (lire la suite) Cette fois-ci, ce n’est plus le petit groupe des trois élus, mais « les disciples (qui) lui demandèrent : « Pourquoi les scribes disent-ils qu’Elie doit venir d’abord ? » Il leur répondit : « Elie vient et va tout restaurer. Toutefois, je vous le dis, Elie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu ; ils ont fait de lui ce qui leur a plu. » Et notre Seigneur ajoute quelque chose qui devrait leur mettre la puce à l’oreille : « Et le Fils de l’homme sera traité par eux de la même façon » (Matthieu 17, 10-12). Et saint Matthieu de souligner, il est bien placé pour le savoir, que « ses disciples comprirent qu’il leur avait parlé de Jean le Baptiste » (Matthieu 17, 1 3). L’annonce de sa mort violente est donc claire.
Jésus a annoncé explicitement sa Passion aux douze pour enfoncer le clou. « Mais ils ne comprirent pas cette parole » (Marc 9, 32), « car elle était voilée à leurs yeux pour qu’ils n’en puissent saisir le sens » (Luc 9, 45), précise saint Luc, qui rapporte cela par ouï-dire. Ce qui est quand même surprenant, au moins de la part de Pierre, Jacques et Jean, les témoins de la Transfiguration. Saint Marc, qui n’est pas non plus un témoin direct de la scène, ajoute qu’ils « craignaient de l’interroger » (Marc 9, 32), ce que saint Luc confirme en indiquant qu’ils n’osent pas le faire « sur cette parole-là » (Luc 9, 45).
Face au mutisme de ses apôtres, Jésus n’en reste pas là. « Ils étaient en chemin, montant à Jérusalem, et Jésus marchait devant eux. Ils étaient dans la stupéfaction ; quant à ceux qui suivaient, ils avaient peur » (Marc 10, 32). Pourquoi donc avoir peur, si ce n’est qu’ils ont quand même pris au sérieux les avertissements du Seigneur, et qu’ils sont conscients du danger qu’il court ?
D’ailleurs, quand notre Seigneur se rend à Béthanie, alors que son ami Lazare « dort » - nous sommes à la même époque – « ses disciples dirent : « Rabbi, c’est hier que les Juifs cherchaient à te lapider, et tu vas y retourner ? » (Jean 11, 8).

(à suivre…)

mardi 13 décembre 2011

L’incrédulité face à la Résurrection (3)


L’incrédulité face à la Résurrection (3)

Alors, « Jésus se retourna vers Pierre et lui dit : « Arrière de moi, satan ! » (Matthieu 16, 22). C’est fort. C’est même très fort. Le pauvre Pierre en a dû être estomaqué. C’est tout juste s’il n’en tombe pas malade. S’il y a bien une chose à laquelle il ne s’attendait pas, c’est de se faire traiter de satan, et en plus par le Seigneur, pour qui il a tout quitté, laissant ses filets en plan (cf. Matthieu 18, 20) et le suivant « aussitôt » (Marc 1, 18), c’est-à-dire vraiment sur-le-champ. L’admonestation est raide. Pierre encaisse le coup.
Le Seigneur dit cela « en voyant ses disciples » (Marc 8, 33). Il ne peut pas laisser passer les remontrances de Simon sans intervenir, car il ne veut pas que ses disciples soient dans l’erreur. (lire la suite)
« Tu es pour moi un risque de chute » (Matthieu 16, 22). Comme lorsque satan en personne l’avait tenté (cf. Matthieu 4, 5-10). Ce n’est pas rien. « Il est écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » (Deutéronome 6, 16).
Notre Seigneur ajoute, pour bien se faire comprendre : « Tes sentiments ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux d’un homme » (Marc 8, 33). C’est bien là le problème. Or, nous devons « avoir les uns envers les autres les mêmes sentiments selon Jésus-Christ » (Romains 15, 5), « les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus» (Philippiens 2, 5). « Ceux qui sont de la chair ont des aspirations d’ordre charnel ;ceux qui vivent selon l’esprit, en ont d’ordre spirituel. C’est que la chair aspire à la mort ; l’esprit, au contraire, aspire à la vie et à la paix » (Romains8, 5-6). De fait, « par ses désirs la chair va contre l’esprit ; par les siens, l’esprit va contre la chair » (Galates 5, 17). Cela, Pierre doit encore l’apprendre. « L’homme naturel, lui, ne perçoit pas ce qui vient de l’esprit de Dieu : c’est en effet folie pour lui » (1 Corinthiens 2, 14), folie et scandale.
Mais le scandale est partagé. Pierre est cause de scandale, c’est-à-dire de chute pour Jésus.
En tout cas, la réprimande a été particulièrement sévère. Et nous avons du mal à comprendre que Pierre ait pu oublier cet épisode et ce qui l’a motivé : l’annonce de la Passion et de la mort de Jésus-Christ. Cette prophétie n’est pas passée inaperçue, vu la façon dont il a morigéné le Seigneur.
C’est d’autant moins compréhensible que l’affaire n’en est pas restée là. Quelques jours plus tard, en effet, « alors qu’ils parcouraient ensemble la Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme est à la veille d’être livré aux mains des hommes. On le mettra à mort, et le troisième jour il ressuscitera » (Matthieu 17, 22-23). Cette fois, Pierre se garde bien de dire quoi que ce soit ouvertement. Mais l’évangéliste note que tous « furent grandement attristés » (Matthieu 17, 23). Ils ont bien entendu les paroles du Maître. Ils en ont pris conscience.

(à suivre…)

lundi 12 décembre 2011

L’incrédulité face à la Résurrection (2)


L’incrédulité face à la Résurrection (2)

Au matin de Pâques, « les femmes se ressouvinrent des paroles dites par lui » (Luc 24, 8). Elles se les rappellent maintenant, avec la lumière de l’Esprit Saint, et elles croient. Elles comprennent en un instant que tout s’est réalisé comme Jésus l’avait annoncé. Et elles allèrent rapporter aux apôtres ce qui leur avait été dit de la part du Seigneur. « Mais ces paroles leur parurent être pure divagation et ils ne les crurent pas » (Luc 24, 11).
Pourtant Jésus n’avait pas pris les apôtres au dépourvu. Il avait pris soin de les préparer psychologiquement. Après la confession de foi de Pierre à Césarée de Philippe (lire la suite) (cf. Matthieu 16, 16) et le don de la primauté fait à Pierre (cf. Matthieu 16, 18-19), « Jésus commença à exposer à ses disciples qu’il devait se rendre à Jérusalem, beaucoup souffrir de la part des Anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour » (Matthieu 16, 21). « Et c’est ouvertement qu’il tenait ce langage » (Marc 8, 32).
Les apôtres ont bien entendu, et son choqués, voire scandalisés. Simon-Pierre réagit vigoureusement, avec fougue, sans trop réfléchir, se laissant comme toujours guider par son affection pour le Maître, mais n’arrivant pas à s’élever au-dessus des réalités contingentes. Pierre a écouté avec stupeur ces propos de Jésus. Alors, « le tirant à part, (il) se mit à lui faire de fortes remontrances » (Marc 8, 32). D’où lui vient cette assurance ? Qui est-il pour rectifier les plans de Dieu ? Sa primauté est toute récente, mais il ne doit pas l’exercer contre Dieu… Elle n’est pas faite pour commander, mais pour servir. Jésus n’a-t-il pas dit : « Au milieu de vous, je suis comme celui qui sert » (Luc 22, 27) ?
Pierre n’a pas reçu la primauté pour l’exercer à son profit ou pour dicter à Jésus ce qu’il doit faire et comment il doit le faire. Et puis, tant que le Maître est là, c’est à lui de prendre toutes les initiatives qu’il estime indispensables pour accomplir sa mission. C’est lui le fondateur et l’unique fondateur de l’Eglise. Les apôtres n’en seront que les piliers et Pierre ne la gouvernera que comme ministre du Seigneur, son représentant visible sur terre.
Nul doute que Pierre soit bien intentionné. Le problème est qu’il raisonne, comme nous, de façon très humaine, sans doute par souci du bien apparent de Jésus. Mais il n’arrive pas à entrer dans la logique divine. Autant la révélation que Jésus-Christ est « l’Oint, le Fils du Dieu vivant » lui est venue « non pas de la chair et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 16, 16-17), autant ici c’est « la chair » qui réagit. Mais commence la revient à se mettre inconsciemment en travers du chemin de Jésus-Christ, celui-ci le reprend vigoureusement. Il peut utiliser cette force dans la réprimande, parce que Pierre a les épaules solides et qu’il connaît son humilité et sa bonne volonté. Mais il faut encore sculpter le bois brut pour qu’il en sorte le futur pape.

(à suivre…)