ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007

jeudi 24 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (80)

Saint Paul affirme : « L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : “Abba !” » (Rm 8, 15). Le christianisme n’est pas une religion de la peur, mais de la confiance et de l’amour au Père qui nous aime. Ces deux affirmations denses nous parlent de l’envoi et de l’accueil du Saint Esprit, le don du Ressuscité, qui fait de nous des fils dans le Christ, le Fils unique, et nous place dans une relation filiale avec Dieu, une relation de profonde confiance, comme celle des enfants ; une relation filiale semblable à celle de Jésus, même si son origine et son importance sont différentes : Jésus est le Fils éternel de Dieu qui s’est fait chair, en revanche, nous devenons fils en Lui, dans le temps, à travers la foi et les sacrements du baptême et de la confirmation ; grâce à ces deux sacrements, nous sommes plongés dans le Mystère pascal du Christ. Benoît XVI, Audience générale, 23 mai 2012.

mardi 22 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (79)

Arrêt sur christianisme (79)

Ni le subtil intellectualisme de la démythologisation ni le pragmatisme de l’aggiornamento [la mise à jour] n’arrivent à emporter la conviction. N’est-ce pas la preuve que cette déviation du scandale sur lesquelles ni théories ni recettes n’ont directement prise. En un certain sens, l’on saisit ici sur le vif l’originalité du scandale « chrétien », ce que l’on pourrait appeler le positivisme chrétien, le positivisme irréductible du christianisme. je veux dire : la foi chrétienne n’a pas seulement pour objet, comme on pourrait d’abord le supposer, ce qui est éternel et en vertu de son altérité resterait totalement en dehors de notre monde et en dehors du temps ; son objet immédiat, c’est plutôt le Dieu qui est entré dans l’histoire, Dieu fait homme. En paraissant ainsi combler le fossé entre l’éternel et le temporel, entre le visible et l’invisible, en nous faisant rencontrer Dieu comme un homme, l’Éternel comme un être soumis au temps, la foi se reconnait comme révélation. Sa prétention d’être révélation est fondée dans le fait qu’elle introduit pour ainsi dire l’Éternel dans notre monde : « Nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1, 18) ; il est devenu « exégèse » de Dieu, aurait-on presque envie de dire suivant l’expression grecque. Mais restons au mot allemand (aus-legen = en-poser) que l’original nous autorise à prendre au pied de la lettre : Jésus a « ex-posé » Dieu, il l’a sorti de lui-même ; ou comme le dit Jean d’une manière encore plus frappante dans sa première Épître : « Il l’a donné à voir, à toucher, à tel point que Celui que personne n’ a jamais vu, nous pouvons maintenant le toucher de nos mains » (1 Jean 1, 1-3). Joseph Ratzinger, La Foi chrétienne hier et aujourd’hui, Paris, Les Éditions du Cerf, 2005, p. 18.

samedi 12 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (78)

Arrêt sur christianisme (78)

Prétendre que le monothéisme haïsse l’intelligence suggère une ignorance surprenant des œuvres de génie produites à travers les siècles par les croyants juifs, chrétiens et musulmans. Étienne Gilson relève même une innovation du christianisme à cet égard, qui va au-delà des réalisations individuelles peut-être indépendantes de la foi de leur sauteurs : « C’est seulement dans la théologie spéculative judéo-chrétienne que se produisit enfin la rencontre et qu’une alliance durable fut scellée entre l’être de la philosophie et le dieu de la religion. Les choses se firent d’ailleurs avec une remarquable lenteur, mais un événement important rendait la chose finalement inévitable. On en trouve la description chez Lactance, homme sans génie philosophique mais observateur d’une remarquable perspicacité. Il annonçait simplement, comme un événement dont les suites devaient être considérables, la jonction de la fonction sacerdotale et de la fonction philosophique. Jusqu’à l’avènement du christianisme, jamais prêtre d’aucune religion n’avait été ce qu’on nomme aujourd’hui un philosophe, jamais un philosophe de quelque renom n’avait été un prêtre, or Lactance voyait au contraire s’ouvrir avec le christianisme une ère nouvelle dans laquelle les prêtres seraient aussi les philosophes et inversement » (Constantes philosophiques de l’être, Paris, Vrin, 1983, p. 10). Fr. Ch. Morerod, O. P., « Quelques athées contemporains (Comte-Sponville, Dawkins, Le Poidevin, Onfrray) à la lumière de S. Thomas d’Aquin », Nova et Vetera 77 (2007), p. 159-160.

vendredi 11 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (6)

Jésus et les petits enfants (6)

Jésus complète sa pensée, à l'adresse des hommes de toutes les générations : - « En vérité, je vous le dis : Quiconque ne reçoit pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas ! » (Marc 10, 15 ; Luc 18, 17). Voilà qui est sérieux et donne à réfléchir, se disent les apôtres. Nous ne pouvons pas prendre à la légère cette affirmation du Maître. Nous voyons à quel point il est essentiel de se faire enfant de Dieu, ou plutôt, puisque nous le sommes, de vivre notre filiation divine, de bien comprendre que Dieu est notre Père et qu'il agit continuellement envers nous comme le Père très aimant et très attentionné qu'il est. D'ailleurs, Jésus ne nous a-t-il pas appris à prier en disant : (lire la suite) - « Notre Père, qui est aux cieux... » (Matthieu 6, 9). La petite voie de l'enfance spirituelle est donc la clé qui ouvre l'accès au ciel. Si nous ne vivons pas en enfants de Dieu, nous dit notre Seigneur, nous n'aurons pas droit d'entrée au paradis. Autrement dit, nous nous en fermerons volontairement la voie. Car c'est à nous de décider, en somme. De décider d'agir en conformité avec ce que le Seigneur nous fait devenir en nous prenant avec lui. « Ni la chair ni le sang ne peuvent entrer en possession du royaume » (1 Corinthiens 15, 50). En revanche, « si quelqu'un est dans le Christ, c'est une créature nouvelle : l'ancienne a disparu, un être nouveau est là » (2 Corinthiens 5, 17). Pour cela, il faut être « créé par Dieu » (2 Corinthiens 5, 24). Oui, c'est bien de cela dont il s'agit : « Soyez des imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés » (Éphésiens 5, 1). Ils ont battu en retraite et se sont réfugiés dans les jupes de leur mère. - Maman, maman ! - Qu'y a-t-il, mon chéri ? - Le monsieur m'a embrassé. - Pas le monsieur, le rabbi. - Le monsieur... - Non, le rabbi. C'est un grand monsieur. - Le rabbi m'a embrassé sur le front ! - Formidable; C'est tout ? - Non. Euh !... il m'a donné aussi une bénédiction. - Une bénédiction ? Tu en as de la chance, mon chéri. C'est merveilleux. Maman est très contente et très fière de toi ! - Je voudrais retourner avec lui. - Cela n'est pas possible. Tu vois qu'il est en train de partir. - Dis, maman, il va revenir ? - Certainement. Mais viens maintenant, nous rentrons à la maison. - Oui, maman. Parle-moi de ce rabbi. D'où vient-il ? Et sa maman lui raconte en chemin tout ce qu'elle sait, lui expliquant tout en l'adaptant à son âge, ce qu'elle a compris en parcourant tous les prophètes, à commencer par Moïse (Luc 24, 27). (fin)

jeudi 10 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (5)

Jésus et les petits enfants (5)

Jésus nous invite donc à imiter les enfants, c’est-à-dire à nous faire petits, à ne pas nous pavaner ni tirer avantage pour nous-mêmes des qualités que Dieu nous a données. Il faut vivre en enfants de Dieu. « Pour être petit, il faut croire comme croient les enfants, aimer comme aiment les enfants, s’abandonner comme s’abandonnent les enfants…. prier comme prient les enfants » (st Josémaria, Saint Rosaire, prologue). Les enfants vont être récompensés de leur persévérance et de leur innocence, car le Seigneur prend la parole et s'adresse aux disciples en disant : - « Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19, 14). Les apôtres ne comprennent pas l'allusion au royaume des cieux. Mais ils ont bien saisi en revanche que Jésus veut avoir les petiots auprès de lui. Avec la spontanéité propre à la prime jeunesse, ils laissent éclater leur joie en criant, tournées vers la foule : - Maman, Jésus de Nazareth dit que je peux aller avec lui ! Les mères adressent un sourire à leur marmot et rendent grâce au Tout-Puissant qui les a exaucées. (à suivre…)

mardi 8 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (3)

Jésus et les petits enfants (3)

Résolus à ce qu'on laisse Jésus en paix un instant et à lui éviter l'assaut des marmousets, qui voudront tous grimper sur ses genoux, les apôtres - Pierre le premier - ont décidé d'utiliser la manière forte et de menacer les enfants de châtiment s'ils ne s'écartaient pas sur le champ. À l'aide de leur bâton de route, ils forment une barrière qu'ils croient infranchissable. Mais ils ont bien de la peine à calmer un peu ce flot impétueux et à éviter qu'il engloutisse le Maître ! Sans doute les apôtres s'adressent-ils d'abord aux mamans, dont ils espèrent qu'elles feront cas de leur remontrance? Mais leur mécontentement qui, comme toujours dans ce cas, déforme leur visage, impressionne les enfants, qui regardent Jésus en quête d'un signe en leur faveur. (lire la suite) Pauvres enfants, écartelés entre le désir d'obéir à leur maman - ce que, pour une fois, ils sont plus que disposés à faire - et les menaces terrifiantes des apôtres... Jésus va profiter de la circonstance pour, comme toujours, en tirer un enseignement positif et ouvrir des horizons nouveaux à des esprits, certes bons et pleins de bonne volonté, mais souvent bornés. « Voyant cela, Jésus fut indigné » (Marc 10, 14). Cela ne lui arrive pas souvent que Jésus s’indigne du comportement de ses disciples. D’ordinaire, cela arrive parce qu’il se heurte à l’opposition farouche et irraisonnée des pharisiens. Comme le jour où un homme à la main desséchée se tenait devant lui dans la synagogue, inévitablement un jour de sabbat : « Après avoir promené son regard sur eux avec colère, contristé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il l'étendit, et sa main redevint saine » (Marc 3, 5). Jésus est donc indigné du comportement de ses disciples. Il dit fermement aux siens : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les en empêchez pas, car c’est à leurs pareils qu’appartient le royaume de Dieu » (Marc 10, 14). Voilà quelque chose à quoi ils ne s’attendaient pas. C’est une belle découverte. Ils ont peut-être cru un moment qu’ils risquaient d’être exclus de ce royaume dans lequel ils escomptaient bien jouer un rôle important : « Seigneur, est-ce dans l’immédiat que tu vas rétablir le royaume au profit d’Israël ? » (Actes 1, 6). Oui, « c’est à leurs pareils qu’appartient le royaume des cieux » (Luc18, 16). Et « c’est la volonté de votre Père qui est dans les cieux que pas un seul de ces petits ne se perde » (Matthieu 18, 14), mais « que je les ressuscite au dernier jour » (Jean 8, 39). « En vérité, je vous le dis : Celui qui n’accepte pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera pas » (Luc 18, 17 ; Marc 10, 15). Cela a valeur d’avertissement. (à suivre…)

dimanche 6 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (2)

Jésus et les petits enfants (2)

Ce sont sans doute des enfants en bonne santé, puisqu’il n’est pas question de guérison. Leur foi est émouvante. Leurs mamans savaient que « les gens qui avaient des malades dans leur famille priaient Jésus de leur laisser toucher ne serait-ce que la houppe de son vêtement, et tous ceux qui pouvaient la toucher étaient guéris » (Matthieu 6, 56). Elles sont convaincues que si le Maître, comme on l'appelle communément, touche et bénit leurs enfants, ils en ressentiront du bien, ils bénéficieront d'une protection contre les forces du mal. Elles sollicitent aussi une prière, qui sera plus efficace que la leur. Elles mettent ainsi leur progéniture en quelque sorte sous la protection du rabbi de Nazareth, dont on murmure en cachette, par peur des chefs des synagogues, qu'il serait le Messie, « le Fils de David » (Luc 20, 41). (lire la suite) Donc, « on lui présentait des petits enfants pour qu’il les touchât » (Marc 10, 13), parce que tous savaient qu’une « force émanait de lui et […] guérissait tous » (Luc 6, 19) ceux qu’on lui amenait et que l’on déposait sur son passage : « Partout où il entrait, bourgs, ou villes, ou fermes, on mettait les malades sur les places, et on le priait de leur laisser seulement toucher la houppe de son manteau ; et tous ceux qui pouvaient toucher étaient guéris » (Marc 6, 56). Mais voilà que l’affaire n’est pas du goût des apôtres, qui sont toujours très préoccupés de la fatigue de leur Maître et veulent le ménager. Des enfants, c’est supposé être turbulent. Pourtant, comparé à la foule qui se presse partout et l’assaille, ce n’est rien. Quoi qu’il en soit, « les disciples les grondaient durement » (Marc 10, 13). Nous trouvons la même remarque chez saint Luc (18, 15), sans que nous sachions précisément s’ils rabrouent les enfants ou leurs mères. Et saint Matthieu laisse lui aussi planer le doute (Matthieu 19, 13). Pourtant, la requête était pacifique et toute spirituelle : « On lui présenta des petits enfants, pour qu’il leur imposât les mains et fît une prière » (Matthieu 19, 13). C’est une demande on ne peut plus pacifique et noble. Mais les apôtres ne l’entendent pas de cette oreille. Il faut qu'ils soient bien fatigués et très énervés pour reprendre énergiquement les enfants qui veulent s'approcher de Jésus. Les trois évangiles synoptiques utilisent la même expression et disent que les apôtres « gourmandaient durement » les enfants, poussés en avant par leur mère. Ils ont dû essayer de les repousser gentiment au début. Mais ils ont vite été débordés par une ribambelle de petits qui glissaient entre leurs jambes et leur échappaient avec souplesse. Ils voulaient être avec le rabbi dont maman leur avait dit qu'il est très gentil et qu'il aime beaucoup les enfants. (à suivre…)

samedi 5 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (1)

Jésus et les petits enfants (1)

Laissez venir les petits enfants à moi, « car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 18, 12). Quand ils ont été baptisés, ils sont innocents. Ils n’ont pas l’usage de la raison et ne commettent donc pas de péché. Ce sont de « petits anges ». Ils sont chers à mon cœur. Je me retrouve en eux. Je retrouve en eux quelque chose de ma sainteté. Des traces de ma sainteté. Des traces importantes. De vraies traces. Parce que, ne l’oubliez pas, avec mon Père et notre Esprit commun, nous avons créé l’homme, chaque homme, à notre image et à notre ressemblance (cf. Genèse 1, 26). Vous, vous êtes un peuple « à la nuque raide, incirconcis de cœur et d'oreille, vous résistez toujours à l'Esprit-Saint : tels vos pères, tels vous-mêmes » (Actes 7, 51). Je suis « au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22, 27), mais vous ne voulez rien savoir. Vous êtes entêtés dans votre péché. « Par ton endurcissement et ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres » (Romains 2, 5-6). (lire la suite) Eux, en revanche, ces petits de mon Père, ils sont « simples comme les colombes » (Matthieu 10, 16). Ne leur interdisez pas de m’approcher. Ah ! puissiez-vous leur ressembler ! Et avoir autant de simplicité et d’affection qu’ils en ont. Mais ils ne me dérangent pas le moins du monde. Bien au contraire. Avez-vous oublié que je suis le Fils de l’homme (cf. Matthieu 26, 64) ? « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14, 6). Alors laissez, parce qu’ainsi ils peuvent rejoindre notre Père. « On lui présentait aussi de tout petits enfants pour qu’il les touchât » (Luc 18, 15). « Aussi » est une allusion au fait qu’on lui amenait « tous les mal portants, atteints de maux et de tourments divers, des possédés, des épileptiques et des paralytiques, qu’il guérit » (Matthieu 5, 24). Nous comprenons que, encouragés par de tels prodiges, les mères de famille recherchaient la bénédiction du rabbi de Nazareth afin d’obtenir pour leurs enfants une protection d’en-haut, car, comme le déclare Nicodème, qui ne faisait qu’exprimer des sentiments largement répandus parmi le bon peuple : « Personne ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui » (Jean 3, 2). Alors que Jésus monte à Jérusalem, des Pharisiens lui ont posé une question qui lui a permis de rappeler et de préciser l’indissolubilité du lien du mariage, qui remonte à son institution par Dieu « au début ». C’est ce que rapportent les évangélistes Matthieu (19, 3-12) et Marc (10, 2-12). Alors, écrit saint Matthieu, sans qu’il y ait lien de cause à effet, « alors on lui présenta des petits enfants pour qu’il leur imposât les mains et fît une prière » (Matthieu 10, 13) « pour qu’il les touchât » (Marc 10, 13 ; Luc 18, 15). (à suivre…)

vendredi 4 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (77)

Arrêt sur christianisme (77)

[constatant que dans le judaïsme « une totale universalité n’était pas possible, parce qu’il n’y avait pas une entière appartenance », le cardinal Ratzinger ajoute :] Seul le christianisme finit par ouvrir la brèche, en « détruisant la barrière » (Ephésiens 2, 14) de trois façons. Les liens du sang avec son ancêtre ne sont plus nécessaires, parce que la relation à Jésus réalise la véritable appartenance, la véritable parenté : chacun peut désormais appartenir pleinement à Dieu, tous les hommes doivent et peuvent devenir un seul peuple. Les prescriptions particulières du droit et de la morale n’obligent plus ; elles sont devenues un exemple historique, parce que tout est récapitulé dans la personne de Jésus-Christ, et que celui qui se met à sa suite, porte en lui et accomplit toute l’essence de la Loi. L’ancien culte est caduc et aboli dans l’offrande de lui-même au Père et aux hommes qu’a accomplie Jésus : celui-ci apparaît désormais comme le vrai sacrifice, comme le culte en esprit dans lequel Dieu et les hommes s’embrassent et sont réconciliés, par lequel le repas du Seigneur, l’Eucharistie, reste comme certitude réelle et présente à tout instant. La plus belle et plus significative expression de cette nouvelle synthèse chrétienne se trouve dans une confession de la première épître de Jean : « Nous avons cru à l’amour » (1 Jn 4, 16). Pour ces hommes, le Christ leur découvrait l’amour créateur ; la raison de l’univers se révélait comme étant l’amour – cette rationalité supérieure qui assume et guérit aussi l’obscurité et l’irrationnel. J. Ratzinger, Foi, vérité, tolérance, Le Muveran, Parole et Silence, p. 163-164.

jeudi 3 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (4)

Jésus et les petits enfants (4)

Un avertissement utile, nécessaire et salutaire parce que, si les apôtres rudoient ainsi les tout petits, c’est peut-être parce qu’ils sont imbus d’eux-mêmes et qu’il « leur vint à l’esprit de savoir qui d’entre eux pouvait bien être le plus grand » (Luc 9, 46). Et ils en venaient à se chamailler comme des gamins à ce sujet. « Jésus, connaissant leur pensée intime, prit un petit enfant qu’il plaça auprès de lui, et il leur dit : Celui qui accueille en mon nom ce petit enfant, c’est moi qu’il accueille ; et celui qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé, car celui qui est le plus petit parmi vous, c’est lui qui est le plus grand » (Luc 9, 47-48). C’est une logique paradoxale, qui opère un renversement de valeurs. « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir et donner ma vie en rançon pour la multitude » (Marc 10, 45). (lire la suite) Un autre jour, quand ils furent rendus chez la belle-mère de Simon-Pierre, à Capharnaüm, Jésus interroge ses apôtres : « De quoi vous entreteniez-vous en chemin ? » (Marc 9, 33). La question leur fait comprendre à quel point ils sont stupides. Ils ont honte de s’être chamaillés une fois de plus, et ils en rougissent. « Ils se taisaient, car en chemin ils avaient discuté de qui était le plus grand » (Marc 9, 34), parmi eux bien entendu. Et chacun pensait avoir de bonnes raisons pour croire que c’était lui… Voilà où conduit la soif de pouvoir, l’envie de paraître. Puisqu’ils ne veulent pas se décider à reconnaître leur mesquinerie, Jésus s’assied. Il appelle les Douze afin de les aider à rectifier leur intention, à la purifier, et de former aussi leur conscience. Il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, il devra être le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9, 35). Voilà une encore une recommandation paradoxale, qui les laisse pantois. Mais Jésus ne se paye pas de mots. Il donne l’exemple : « Je suis parmi vous comme celui qui sert » (Luc 22, 27). Ce service l’a conduit très loin, puisque lui, qui était de condition divine s’est anéanti en prenant la condition humaine (cf. Philippiens 2, 7). Et, pour illustrer son propos, « prenant un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux » (Marc 9, 36) qui, comme à l’accoutumée, se sont rassemblés en cercle autour de lui pour bien le voir et l’entendre. Puis Jésus le serre dans ses bras (cf. Marc 9, 36), comme il le faisait souvent avec les enfants (cf. Marc 10, 16), et il leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un petit enfant comme ceux-là, c’est moi qu’il accueille ; et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais celui qui m’a envoyé » (Marc 9, 37). Et qui « reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; celui qui recevra un juste en tant que juste recevra une récompense de juste » (Matthieu10, 41). (à suivre…)

mercredi 2 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (76)

Arrêt sur christianisme (76)

Personne n’a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l’opinion du monde, mais ils n’ont pas craint de mourir pour le Christ. Saint Justin, Deuxième Apologie 10.

mardi 1 octobre 2013

Les plans de Dieu (25)

Les plans de Dieu (25)

Libre donc, et rapide, ceint du baudrier, le glaive sur la cuisse, dans sa beauté, sa force et son prestige il s’avance, triomphe et règne (Psaume 45). Quand l’ennemi universel rampe à ses pieds, il le frappe comme le psalmiste l’avait chanté : « Par la force de ton bras, tu as jeté à terre le superbe. » Alors s’accomplissent pour la femme, en sa descendance prédestinée, ces paroles divines : « Elle t’écrasera la tête » (Rupert de Deutz, De Trinitate 3, 19). C’est la victoire de mon Fils – et la propre victoire aussi – grâce à la Vierge de Nazareth et à son acceptation du plan que je lui ai proposé. Ca n’allait pas vraiment de soi. Parce que, ce que je lui demandais, c’était rien de moins que de disparaître totalement à elle-même et de s’offrir en holocauste dès le premier instant pour permettre l’Holocauste de mon Fils sur la Croix. Je l’avais préparée, certes. Je l’ai dit. Mais enfin, elle aurait tout aussi bien pu dire non. Et je ne lui en aurais pas voulu. Je l’aurais comprise. Et j’aurais respecté sa liberté. Mais j’étais sûr que je pouvais compter sur elle. Mon saint Bernard a écrit que l’univers tout entier était suspendu aux lèvres de Marie, dans l’attente de sa réponse, qui l’adjurait de se prononcer sans délai. Moi, dit Dieu, je n’étais pas inquiet. Parce que, de toute façon, mes plans finissent toujours par s’accomplir, même si les hommes se mettent en travers, par malice ou par faiblesse. Mais de malice et de faiblesse il ne pouvait en être question chez l’Immaculée Conception, puisque tel est son nom. (fin)

lundi 30 septembre 2013

Les plans de Dieu (24)

Les plans de Dieu (24)

Donc, ceux qui pèchent contre l’Esprit ont choisi leur camp. Ce ne sont pas les seuls à l’avoir fait en ce sens, hélas. « Ne savez-vous pas que les injustes ne posséderont point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez point : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 9-10). S’ils ne se repentent pas de leur iniquité et ne me demandent pas pardon, cela va de soi. Là encore je retrouve souvent la main de la Mère de Jésus, qui s’est arrangée pour certains d’entre eux la prient de temps à autre. Et cela suffit à modifier leur sort éternel. Elle est vraiment forte la Mère que je vous ai donnée ! Assurément, elle est la toute-puissance suppliante. (lire la suite) Mais il est des crimes qui crient vengeance vers le ciel. « Jusques à quand, Maître saint et véridique, attendras-tu pour faire justice et venger notre sang sur les habitants de la terre ? (Apocalypse 6, 10). Écoute donc ce bel esprit : « Ma seule affaire était de me sauver – rien dans les mains, rien dans les poches – par le travail et par la foi. Du coup, ma pure option ne m’élevait au-dessus de personne : sans équipement, sans outillage, je me suis mis tout entier à l’œuvre pour me sauver tout entier. si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que restera--t-il ? » (Jean-Paul Sartre, Les mots, dernière page). Tout ce qui allait arriver après ma création, je le savais par avance. Je n’ignore rien de ce qui se trame dans le cœur de l’homme, même pas ce qui est le plus caché (cf. Ecclésiastique 39, 24). C’est bien pour cela que j’ai voulu associer Marie au triomphe de son Fils sur le serpent infernal. Ipsa conteret (Genèse 3, 15). Quand Dieu dit : « Je mettrai des combats entre toi et la femme », il « promet une grande œuvre de sa grâce : il annonce que ce diable vainqueur – vainqueur par trahison – la femme actuellement vaincue le vaincra à son tour et par la force de Dieu. Quant aux combats prophétisés, ce n’est pas la femme qui les mènera elle-même, mais sa descendance ; et cela jusqu’à la victoire. D’ailleurs, après « je mettrai des combats entre toi et la femme », Dieu ajoute : « Ta descendance et sa descendance. » De quelle descendance peut-il être question ? D’une seule, le Christ seul, en effet, il est la descendance de la femme sans l’être aussi de l’homme ; si bien que la formule est irréprochable : « Je mettrai des combats entre toi et la femme, ta descendance et sa descendance » - sous-entendu le Christ. car c’est lui qui guerroie comme un vaillant ocntre l’antique serpent, et ne fut jamais son complice en quoi que ce soit. (à suivre…)

dimanche 29 septembre 2013

Les plans de Dieu (23)

Les plans de Dieu (23)

Celui qui s’adresse à moi en ces termes m’émeut, « et moi, je le ressusciterait au dernier jour » (Jean 6, 40). Il existe bien des esprits rationalistes pour ricaner quand ils entendent parler de résurrection des morts, de ces gens qui « passent la totalité de leur temps à dire ou à écouter les dernières nouvelles » (Actes 17, 21), mais qui refusent d’entendre, et donc s’interdisent d’accueillir, la Bonne Nouvelle. Car quelle nouvelle que l’annonce de la résurrection ! « Quelle raison est de dire qu’on ne peut ressusciter ? Quel est le plus difficile, de naître ou de ressusciter ? Que ce qui n’a jamais été soit ou que ce qui a été soit encore ? » (Pascal, Pensées 222). (lire la suite) Vous avez eu chez bon un de ces esprits forts justement, qui a décidé, un beau matin, en faisant sa toilette, que je n’existais pas. Ah ! la belle affaire ! Cela serait comique, dit Dieu, s’il n’avait pas entraîné dans son abjuration et son incroyance, dans son scepticisme, des milliers de mes enfants. Et cela, c’est difficilement pardonnable. Pourtant je m’y connais en matière de pardon, dit Dieu. Ma miséricorde est touchée quand j’entends mon Fils me supplier : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Le plus fort, c’est qu’il n’arrête pas de me le dire. En plus Marie se met aussitôt de la partie. Elle en rajoute, si je puis dire. Il faut voir comme elle trouve toujours des éléments positifs en faveur des âmes les plus noircies par le péché. Elle n’est jamais à court d’arguments pour m’arracher ma décision. Ceci dit, je ne peux revenir sur ce que mon Fils a dit : il n’a d’ailleurs fait que vous répéter ce que je l’ai chargé de vous transmettre : « Ce n’est pas de mon propre chef que j’ai parlé ; mais le Père qui m’a envoyé, c’est lui qui m’a prescrit ce que j’avais à dire et à faire entendre » (Jean 12, 49). Ce qu’il vous a donc déclaré en mon nom, c’est que « tout péché, tout blasphème sera pardonné ; mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. À qui aura parlé en mal du Fils de l’homme, il sera pardonné ; mais à qui aura parlé en mal de l’Esprit Saint, il ne sera pas pardonné ni dans ce monde-ci ni dans le monde à venir » (Matthieu 12, 31-32). Je ne fais qu’entériner la décision libre de l’homme. Il a opéré un choix, une « option fondamentale » comme vous dites. Je la respecte.c’est un coup de lance dans le Cœur de mon Fils et une dague plantée dans celui de la très Sainte Vierge. nous n’y pouvons mais. Si certains vont « à la fosse de perdition » (Psaume 55, 24), c’est bien parce qu’ils l’ont voulu délibérément. Moi, dit Dieu, je suis la Justice même. Certes, je la tempère autant que possible par ma Miséricorde. Et Marie s’y entend encore une fois pour m’y amener, elle que vous invoquez précisément en tant que Mère de Miséricorde. Mais la justice c’est la justice. Ne pas l’appliquer porterait atteinte à la dignité de ceux qui sont restés fidèles envers et contre tout, et leur causerait un tort considérable, en rendant en quelques sorte futiles et inutiles toute leur lutte ascétique, tous leurs efforts pour m’aimer par-dessus toute choses. (à suivre…)

samedi 28 septembre 2013

Les plans de Dieu (22)

Les plans de Dieu (22)

« Rappelez-vous d’où vous avez été appelés : à la croisée des chemins. Et qu’étiez-vous alors ? Des boiteux, des blessés de l’âme, ce qui est bien pire que d’être blessé dans votre corps. N’abusez pas de la bonté de celui qui vous a invités et que personne ne vienne avec un vêtement sale. Il faut prendre un très grand soin du vêtement de l’âme » (saint Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 69, 2). Donc, je ne peux agir que par Amour et pour ma gloire. L’un d’entre vous qui a le mieux su parler de moi – bien que je l’aie laisser errer sur certains points, ce qui est toujours bon pour l’humilité – a écrit : « Dieu veut la totalité des créatures pour elles-mêmes (lire la suite) bien que ce soit pour lui-même qu’il veuille qu’elles soient » (saint Thomas d’Aquin, De Potentia, q. 5 a. 4). Il a bien compris le cœur du mystère. C’est bien vu. Mon Épouse, la sainte Église, me prie de son côté en disant : « Tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions et que beaucoup se réjouissent de ta lumière » (Préface, 4e prière eucharistique). Encore devez-vous comprendre que ma gloire vous concerne directement puisque, comme je te l’ai rappelé, je vous ai créés pour que vous jouissiez de ma propre liesse. « Très bien ! bon et fidèle serviteur ! Tu as été fidèle pour de petites choses, je te mettrai à la tête d’une quantité. Entre à la fête de ton maître » (Matthieu 25, 23), partage la joie de ton seigneur. Et puis, vois-tu, « la gloire de Dieu, c’est l’homme, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 20, 7). Oui, je ne souhaite qu’une chose, c’est que vous possédiez la vie et que vous l’ayez surabondante (cf. Jean 10, 10). Et toi, si tu es sensé, ton cœur ne doit abriter aussi qu’une unique aspiration, comme le manifeste le psalmiste : « Je demande au Seigneur une chose, je la désire ardemment : je voudrais habiter dans la maison du Seigneur, tous les jours de ma vie, pour jouir des amabilités du Seigneur, pour contempler son sanctuaire » (Psaume 26, 4). Il est une prière qui me va droit au cœur, parce qu’elle traduit bien les sentiments d’un enfant envers son père. Il s’agit de envie de demeurer en ma présence, qui se traduit par ces mots : Vultum tuum, Domine, requiram, « je cherche ta face, Seigneur. Ne me cache pas ta face » (Psaume 26, 8-9). Ils peuvent se comprendre aussi au sens de : « Je voudrais voir ton visage, ô mon Dieu, te contempler face à face. » (à suivre…)

vendredi 27 septembre 2013

Les plans de Dieu (21)

Les plans de Dieu (21)

D’Adam et d’Ève, j’attendais qu’ils portâssent du fruit précisément. Celui que je leur destinai, un nouveau don gratuit de ma part, « et le meilleur – qui viendrait à son Heure et qu’il fallait attendre l’homme étant libre toutefois, l’arbre et son fruit à portée de la main. Son attitude à cet égard serait décisive pour sa propre destinée. Et la façon dont il y goûterait - l’acte privilégié de « connaissance » à travers lequel il y parviendrait – serait aussi révélateur de l’orientation « bonne ou mauvaise » de sa liberté. Ou bien, en vrai fils de Dieu, il attendrait du Père « de qui procède toute paternité au ciel et sur la terre » (Éphésiens 3, 15) de recevoir le Fruit, c’est-à-dire de devenir père lui-même dans l’écoute et le prolongement de la Parole créatrice : (lire la suite) et ce serait alors un fruit de vie, un race d’enfants du Dieu vivant… Ou bien il ne saurait pas attendre le don : il le devancerait, il ferait ses propres œuvres indépendamment du Père, et pour ainsi dire il le volerait, non sans avoir trafiqué pour l’obtenir par des moyens pseudo-scientifique : hélas ! le fruit ainsi extorqué se révélerait un fruit de mort, un fruit pourri, une race d’enfants du diable : car cette impatience orgueilleuse et possessive de créer la vie, d’être « comme Dieu », venait du « père du mensonge », elle venait en droite ligne de l’« envie du diable » (D. Debuisson, Mangeuse d’hommes). J’avoue que j’étais fier de ma création, et il y avait de quoi, à vrai dire. Elle est comme « le premier livre de ma Révélation » (G. de Menthière, Dix raisons de croire, p. 102). « Les cieux racontent la gloire de Dieu » (Proverbes 18, 1), et tous les autres êtres aussi d’ailleurs. Sauf les malheureux anges qui se sont rebellés contre moi, qui sont entrés dans une dissidence affichée à tout jamais. Sauf l’homme aussi, quand la folie le prend de me tourner le dos et de m’expulser de son horizon. Mais celui-là, sa faiblesse me fait pitié et je sors à sa rencontre pour lui pardonner et le serrer bien fort dans mes bras, afin qu’il comprenne bien qu’il est mon enfant et que je suis son Père (cf. Luc). je vous ai créés parce que je vous ai créés. C’est comme cela. C’est une conséquence de mon Amour fou et infini. Je vous ai créés pour ma gloire. Il ne pouvait pas en aller autrement, car, moi, je suis la Perfection infinie, dit Dieu. Je ne manque de rien. Or, si, par pure hypothèse, j’avais agi pour un autre motif que ma gloire, vous auriez cru que j’étais déficient, qu’il me fallait satisfaire un besoin quelconque. Mais tel n’est pas le cas. Je me suffis à moi-même, et largement. Car je ne suis pas seul : nous sommes Trois de la Trinité. Il ne m’était donc pas possible, métaphysiquement parlant, d’agir pour une cause qui me serait externe. Penser cela, ce serait m’enfermer dans des limites et des imperfections. Or moi, dit Dieu, je suis la Perfection absolue. (à suivre…)

jeudi 26 septembre 2013

Les plans de Dieu (20)

Les plans de Dieu (20

N’oublie pas que vous êtes tous abondamment et savamment dotés par moi, chacun selon ses capacités (cf. Matthieu 25, 15) et donc que vous êtes, chacun de vous autant que vous êtes, parfaitement en mesure de porter cette Croix et d’arriver à la dresser au vu et au su de tout le monde, en disant à la foule qui vous regarde : « N’ayez pas peur ! » « Nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour leur perte, mais de ceux qui gardent la foi pour sauver leur âme » (Hébreux 10, 39). Venez avec nous à la recherche de l’Amour. Dieu nous a tant aimé qu’il a « envoyé son Fils comme agent de propitiation pour nous » (1 Jean 4, 10). Et il est là sur la Croix, en Croix, qui nous attire à cet Amour, comme il l’a prédit : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12, 32). Laissez-vous donc séduire par un tel Dieu, « le seul vrai Dieu » (Jean 17, 3). (lire la suite) L’heure est venue de « rassembler tout dans le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre, tout en lui » (Éphésiens 1, 10) afin de réaliser « la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche des saints Prophètes des temps passé » (Actes 3, 21), « les cieux nouveaux et la terre nouvelle que nous attendons d’après sa promesse » (1 Pierre 3, 13). Il doit en aller ainsi, car, de fait, mon Fils est venu redonner leur lettres de noblesse à toutes les professions et à toutes les situations humaines, en les assumant et en leur insufflant sa propre sainteté. Parce que vous êtes mes enfants, vous ne pouvez pas me décevoir. Prenez à cœur de me rendre présent dans les entrailles de la société des hommes et vous verrez à quel point vous êtes gagnants, car je suis prêt à faire fructifier vos efforts à trente, à soixante et même à cent pour un (cf. Marc 4, 21), et à vous donner par surcroît, par une surabondance de ma Bonté, la vie éternelle (cf. Luc 18, 30). (à suivre…)

mardi 24 septembre 2013

Les plans de Dieu (18)

Les plans de Dieu (18)

Mais si c’est le diable en personne qui vous présente une clé, un faux passe, vous le prenez, avec empressement même. Or, elle n’ouvre l’accès qu’aux divers chemins qui mènent en enfer. Son trousseau ne comportera jamais la clé du paradis. Parce que la clef du paradis – je m’y connais, dit Dieu – c’est la Croix de mon Fils. Tout simplement. Et la Croix signifie la déroute de satan. Il ne peut évidemment pas la supporter, même pas la voir. Si les Juifs sépharades crachent par terre chaque fois qu’ils voient une croix, car elle reste à leurs yeux l’expression d’un châtiment infamant, vous pouvez penser quelle répugnance elle inspire à tous les démons, qu’elle a définitivement vaincus. Le simple fait de la voir est une souffrance (lire la suite) atroce pour eux, un véritable déchirement. Ils s’en rouleraient par terre de convulsions. Mais laissons Lucifer à sa misère misérable. Ce n’est qu’un magnifique et grand luminaire, le plus grand de tous, définitivement éteint, qui ne sait que communiquer des ténèbres épaisses partout où il se rend maître des lieux. Il ne sait que tirer des écrans de fumée pour me cacher aux yeux des hommes et les tromper lamentablement, car il « est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44). En revanche, il y a vous tous, mes enfants. Et moi, di Dieu, « je veux que là où je suis, ils y soient avec moi, afin qu'ils voient la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la création du monde » (Jean 17, 24), afin que « tous ils soient un, comme toi, mon Père, tu es en moi, et moi en toi, pour que, eux aussi, ils soient un en nous » (Jean 17, 21). Tiens, je vais te lire un texte d’un de mes serviteurs bon et fidèle (cf. Matthieu 25, 21) qui est déjà entré dans la joie de son maître : « 7 août 1931 : on célèbre aujourd’hui dans ce diocèse la fête de la Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ. – Tandis que je priais, durant la sainte Messe, pour mes intentions, je me suis rendu compte du changement intérieur que Dieu a effectué en moi durant ces années de séjour dans l’ex-Cour… Et de bien malgré moi : sans ma collaboration, puis-je dire. Je crois que j’ai renouvelé ma résolution d’orienter toute ma vie vers l’accomplissement de la Volonté divine : l’Œuvre de Dieu. (Résolution que je renouvelle aussi, en cet instant, de tout mon cœur.) Vint le moment de la Consécration : lorsque j’élevais la sainte Hostie, sans perdre le recueillement voulu, sans me distraire – je venais de faire intérieurement l’offrande à l’Amour Miséricordieux – ces paroles de l’Écriture : « et si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum » (Jean 12, 32) sont venues à mon esprit, avec une force et une clarté extraordinaire. D’habitude j’ai peur en présence du surnaturel. Mais, tout de suite après, il y a le ne timeas ! c’est Moi. J’ai alors compris qu’il appartenait aux hommes et aux femmes de Dieu de hisser la Croix au sommet de toutes les activités humaines, avec les enseignements du Christ… Et j’y ai vu le Seigneur triompher, attirant à lui toutes choses » (saint Josémaria, cité dans A. Vazquez de Prada, Le fondateur de l’Opus Dei, vol. I, p. 378-379). (à suivre…)

lundi 23 septembre 2013

Les plans de Dieu (17)

Les plans de Dieu (17)

Du moment que vous êtes devenus mes enfants de choix par votre baptême, votre destinée est toute tracée : c’est le ciel, éternellement, c’est-à-dire vivre avec moi par le Fils dans l’Esprit Saint à tout jamais… telle est la vocation des enfants de Dieu. C’est ce que j’avais en tête quand j’ai tiré Adam et Ève du néant, et c’est ce que j’avais commencé à vivre avec eux. C’était paradisiaque, comme vous dites. Mais voilà, ils se sont fourvoyés. Ils se sont décidés sur un coup de tête à se séparer de moi. Or, je vous le dis, il ne peut pas exister de plus grand malheur pour l’homme que de vivre en dehors de moi, sans moi. Car « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean15, 5). Et « qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi disperse » (Matthieu 12, 30). Je ne dramatise pas. (lire la suite) Je sais de quoi je parle. Croire en moi ne devrait pas vous être si difficile que cela quand même. Un de vos poètes que j’aime bien, parce qu’en plus il a su parler admirablement bien de ma Mère, me fait dire : « La foi ça ne m’étonne pas. Ca n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. Dans le soleil et dans la lune et dans les étoiles. Dans toutes mes créatures. La foi va de soi. La foi marche toute seule. Pour croire il n’y a qu’à se laisser aller, il n’y a qu’à regarder » (Charles Péguy, Le porche du Mystère de la deuxième vertu). Eh bien ! il faut croire que pour vous ce n’est pas aussi limpide et immédiat que cela. Et puis, vous ne devriez pas hésiter à reprendre à votre compte la réaction de Dimas, qui m’est allée droit au cœur, qui m’a fait chaud au cœur, alors qu’il était glacé par la solitude dans laquelle je me trouvais, ayant l’impression que même le Père me délaissait : « Éli, Éli, lema sabachtani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 44). Dimas donc a repris son compagnon des mauvais coup qui m’agonisait d’injures et a tenté de le faire réfléchir en lui disant : « Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes ; mais lui n’arien fait de mal » (Luc 23, 41). Je remercie l’Esprit Saint de le lui avoir fait comprendre, car ce Dimas ne me connaissait pas. Une telle réaction dans une circonstance aussi douloureuse pour moi ! Je n’ai fait ni une ni deux : « En vérité, je te le dis, dès aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23, 43). C’est le moins que je pouvais faire. Il est curieux de constater que des idées aussi claires et limpides n’arrivent pas à pénétrer en vous. Ne savez-vous pas qu’il « vaut mieux s’abriter dans le Seigneur que de se fier en l’homme » (Psaume 118, 8) ? Et que de se fier au diable, a fortiori, mille fois plus. Ces idées sont pourtant la clé du bonheur auquel vous aspirez. Je vous donne la clef, et vous n’en voulez pas, tout simplement parce que c’est moi. (à suivre…)

dimanche 22 septembre 2013

Les plans de Dieu (16)

Les plans de Dieu (16)

Vous êtes emballés par un beau spectacle ; vous êtes éberlués devant un paysage qui vous paraît splendide ; vous êtes tous emportés d’aise par un concert dirigé de main de maître et interprété avec brio. Pourtant je vous dis que vous n’avez rien vu. Vous croyez, mais vous verrez « de plus grandes choses que celle-là » (Jean 1, 50). Si vous arriviez à comprendre ce que veut dire être créé à mon image et à ma ressemblance (Genèse 1, 26), votre joie serait d’une autre nature, autrement profonde et durable, et vous acquériez « avec tous les saints la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur » de mon Amour (Éphésiens 3, 18). Vous vivez dans votre monde. Et il est originellement bon (lire la suite) (cf. Genèse 1, 31), car c’est moi qui l’ai créé, expressément pour vous, pour que vous le travailliez et le cultiviez (cf. Genèse 2, 15), dit le Seigneur, Dieu des armées célestes. Mais ce monde est nécessairement fini, limité, à perfectionner. S’il vous apporte beaucoup de satisfactions, il vous cause également nombre de tracas et il est source de bien des peines, car c’est par un travail pénible que tu en tires ta subsistance (cf. Genèse 3, 17). Mais vous, mes enfants, ceux que j’ai marqué d’un sceau pour l’éternité et à qui j’ai donné dans leur cœur l’Esprit Saint à titre d’arrhes (cf. 2 Corinthiens 1, 22), vous ne pouvez pas rester le nez collé aux réalités matérielles en vous enfermant dans l’horizon strictement terrestre. Ce n’est pas l’objectif que je vous ai assigné. Non. C’eût été en vérité très mesquin de ma part. et vous jouer un bien mauvais tour. Or, moi, dit Dieu, je ne peux ni me tromper ni vous tromper (cf. Actes de foi). Et je suis magnanime par nature. Réfléchis à cela : « Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, n'aura-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand même les mères oublieraient, moi, je ne t'oublierai point ! » (Isaïe 49, 15). « Y a-t-il parmi vous un père qui, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou, [s'il demande] un poisson, lui donnera-t-il, au lieu de poisson, un serpent ? Ou, s'il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? » (Luc 11, 11-12). (à suivre…)

samedi 21 septembre 2013

Les plans de Dieu (15)

Les plans de Dieu (15) (lire la suite) Je ne prononce pas cette sentence de gaieté de cœur. En réalité, ce n’est pas moi qui la formule, mais vous-mêmes. Mais c’est une autre affaire. Oublions-la pour le moment. Je repense souvent au jardin d’Éden. Ce n’est pas de la nostalgie, car ce genre de sentiment m’est totalement étranger. Mais c’est parce que tout est présent en même temps à mes yeux. J’embrasse d’un seul regard toute l’histoire, depuis ce que vous appelez le « big bang », expression qui me fait bien rire, jusqu’au « big boum » final. Certes, Adam et Ève m’ont forcé la main. Mais je ne regrette rien. Parce qu’ils nous ont donné l’occasion à nous Trois de vous prouver par a plus b que nous vous aimons vraiment et à avoir pour vous d’autres inventions d’Amour qui devraient vous couper le souffle. Au moins si vous vouliez bien vous donner un peu de peine pour chercher à comprendre les « signes des temps ». « Le soir venu, vous dites : Il fera beau, car le ciel est rouge ; et le matin : Aujourd'hui, de l'orage, car le ciel est d'un rouge sombre. Vous savez discerner l'aspect du ciel ; mais les signes des temps, vous ne le pouvez » (Matthieu 16, 2-3). Je disais donc que je repense au paradis terrestre. Et je revois l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il est toujours là, planté dans mon jardin. Il est beau à voir. Tu penses si j’en prends bien soin. Après ce qui s’est passé, vous, vous auriez été capables de le placer derrière une vitre blindée… Avec moi, un chérubin suffit (cf. Genèse 3, 24). (à suivre…)

vendredi 20 septembre 2013

La Chapelle militaire de la base Navale de Toulon saccagée

La Chapelle militaire de la base Navale de Toulon saccagée

Communiqué de Monseigneur Poignard, vicaire général du diocèse aux Armées françaises : « Je viens d'apprendre ce samedi que la chapelle militaire de la base navale de Toulon (83) a été profanée. On s'en est pris aux quatre grands symboles de la foi catholique : - le Saint-Sacrement (tabernacle renversé et brisé), - les saintes espèces répandues sur le sol, - le baptistère totalement brisé, - l'ambon (la Parole de Dieu jetée à terre et piétinée). L'intolérance (dont chacun peut deviner l'origine !) pénètre maintenant à l'intérieur des enceintes militaires : il y a de quoi être vraiment très inquiets et incite à la réaction. Ils n'ont plus peurs de rien ! La guerre totale est engagée. » Commentaires: 1- Pas de réaction de : François HOLLANDE, chef des armées. Manuel VALLS, ministre de l’intérieur et des cultes. Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la défense. Christiane TAUBIRA, ministre de la justice Grand silence des médias complices affidés au PS 2 - Cet événement, cette provocation, cette profanation des symboles religieux, cette attaque contre notre culture, et la déclaration indignée de l'évêque aux Armées sont confirmés par le site de La Croix et plusieurs autres journaux ; 3 - Quand on casse une chapelle catholique, silence assourdissant du ministre de l'intérieur et de la ministre de la justice et des grands média complices, gavés de subventions publiques, qui ont tous largement contribué à instaurer cette situation inique depuis 30 ans. 4 -Il faut bien comprendre de quoi il s'agit : nous entrons dans l'ère de la persécution des chrétiens dans toute l'Europe, tolérée et encouragée par l'État... FAITES CONNAITRE CET EVENEMENT ODIEUX

Les plans de Dieu (14)

Les plans de Dieu (14)

Sous les pieds du Christ gisent pêle-mêle des portes renversées, des chaînes brisées, des serrures disloquées qui marquent l’effondrement du pouvoir de la mort, symbolisées par son chef, satan, étendu ligoté entre les portes abattues de son royaume. Il est définitivement vaincu par « le premier-né d’entre les morts » (expression employée à plusieurs reprises par l’apôtre Paul) dont le passage par la mort physique arrache ses frères humains à leur destin de mort totale et les entraîne dans le sillage de sa résurrection. Rayonnant de l’énergie divine, (lire la suite) le Vivant bondit littéralement hors du gouffre des ténèbres » (É. Gondinet-Wallstein, Célébration de l’inespéré. Regards sur la résurrection, 2003, p. 48-51). Vous voyez ? Je ne suis nullement rancunier, moi. Je ne pouvais quand même pas me priver éternellement de leur compagnie. S’ils n’étaient pas entrés dans la Jérusalem céleste, celle-ci aurait dû logiquement rester fermée à toute leur descendance. Ce qui était impossible, puisque la Croix de mon Fils a été – est – on ne peut plus efficace. Il fallait bien que je les accueille dans ma gloire. Tout comme il était impératif, pour de toutes autres raisons, que la bonne Marie, celle que vous appelez la « très Sainte Vierge », vienne rejoindre mon Fils au ciel, et qu’elle s’y présente avec son âme et avec son corps, qui n’a pas plus connu la corruption du tombeau que celui de mon Fils, de son Fils. Pour une fête, ça a été une fête le jour de son arrivée, de son entrée triomphale. Nous avions mis les petits plats dans les grands, comme vous dites. L’on n’avait jamais rien vue de tel en paradis. Il fallait voir l’étonnement et l’émerveillement de toutes les légions des anges et des archanges, des chérubins et des séraphins, des trônes, des puissances et des dominations ! Moi, mon rêve, dit Dieu, ce serait de réunir l’humanité, tous les hommes et toutes les femmes de toutes les générations et de faire avec eux une fête continuelle : « Le festin est prêt (Isaïe 25, 6). Oui, ce serait vraiment formidable. Nous aurions tous ensemble une vie meilleure. Et puis, j’ai tellement de choses à raconter à mes enfants, j’ai tant de choses à leur dire, et eux tant à découvrir. Je suis inépuisable, vous savez. Mais voilà, je sais que c’est un rêve irréalisable. « Seulement quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la foi su terre ? » (Luc 18, 8). Je suis convaincu que oui. Mais l’interrogation a son fondement. Elle montre que beaucoup refusent l’offre que nous leur faisons, nous trois de la Trinité. Ils se sont fabriqués un cœur de pierre (cf. Ézéchiel 36, 26) à force de ne penser qu’à eux-mêmes. Ce qui fait qu’ils n’acceptent pas que quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes les aime ; surtout si ce quelqu’un d’autre c’est moi. (à suivre…)

jeudi 19 septembre 2013

Les plans de Dieu (13)

Les plans de Dieu (13)

Voulez-vous un exemple ? Je vous donnerai celui d’Adam et Ève. Ils ont gravement fauté et, de surcroît, ils vous ont tous entraînés dans leur chute et dans leur disgrâce. Mais je n’allais pas abandonner ces deux enfants chéris. Ils ont compris leur faute et s’en sont repentis. Aussi quand mon Fils est ressuscité d’entre les morts, il les a aussitôt saisis par la main pour les réintroduire au paradis d’où ils n’auraient jamais dû sortir. « Par ma puissance, j’ordonne à ceux qui sont dans les chaînes : sortez. À ceux qui sont dans les ténèbres : soyez illuminés. À ceux quisont endormis : relevez-vous. […] Adam, je ne t’ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. […] Lève-toi, partons d’ici » (Épiphane de Salamine, Homélie pour le grand et saint Samedi). (lire la suite) Cette scène émouvante a été illustrée dans l’immense fresque de La Descente aux enfers qu’une main pieuse et inspirée a exécutée dans l’abside de l’église Saint-Sauveur-in-Chora, à Constantinople, aujourd’hui Kariye Djami, à Istamboul. « Éclatant de lumière et de vie, mû par un dynamisme auquel rien n’est capable de résister, le Christ foule aux pieds les portes fracassées d’un abîme de ténèbres dont il jaillit victorieusement, entraînant dans sa remontée le vieil Adam vêtu de blanc et une Ève enveloppée de rouge qu’il extirpe de leurs tombes. Son énergie est telle qu’ils semblent littéralement se précipiter vers lui. Mais ce n’est pas d’eux que vient l’impulsion, elle vient du seul Ressuscité qui les sort du gouffre par la prise victorieuse qu’il exerce sur leurs poignets. Adam et Ève se contentent, en tendant vers lui leurs mains libres, d’acquiescer à l’avenir que leur ouvre leur sauveur. Autour d’eux se presse la foule de « ceux que Dieu est allé chercher parmi les morts pour en faire des vivants » (saint Cyrille de Jérusalem), et parmi ceux qui, dans les textes bibliques, avaient annoncé ou préfiguré la venue su Sauveur. À gauche les rois David et Salomon, reconnaissables à leurs couronnes, sont précédés par un saint Jean-Baptiste qui, comme au temps de sa vie terrestre, désigne Jésus de la main à ses accompagnateurs. À droite, juste derrière Ève, se dresse la première victime d’un meurtre, son fils Abel identifié par sa houlette de berger, suivi d’un groupe de justes et de prophètes. Ils se découpent sur des amas rocheux entre lesquels une fissure béante permet le surgissement du Maître de la Vie. (à suivre…)

mercredi 18 septembre 2013

Les plans de Dieu (12)

Les plans de Dieu (12)

Celui qui est véritablement mon enfant écoute et met en pratique ce que mon Fils a dit : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et me suive » (Luc 9, 23). Si la croix n’est pas inscrite au cœur de votre vie, vous passez à côté de l’essentiel. Vous ratez le principal. Car mon Fils vous a sauvés principalement et essentiellement par la Croix glorieuse. Par par sa prédication ou ses miracles, mais en mourant sur la Croix. Absolument. Toute sa vie, certes, avait une profonde valeur rédemptrice, dans ses moindres détails, dans tous ses aspects, même les plus minimes et les plus matériels. Mais là où vous a vraiment sauvés, c’est au Calvaire, quand il s’est écrié : Consummatum est ! « C’est accompli ! » (Jean 19, 30). J’ai mené ma mission à son terme. C’est maintenant l’affaire des hommes. À eux de jouer. (lire la suite) Si vous ne prenez pas la croix à la suite de mon Fils, votre prière aura beau multiplier les mots, je ne pourrai guère y répondre. « Si tu me demandes avec attention, mais sans persévérance… je te répondrai, mais si bas que tu n’entendras pas clairement ma réponse : car ton amour est trop faible pour obtenir ce que tu demandes » (Malebranche, Méditations chrétiennes, 3e méditation). Si vous voulez que je vous exauce,ne soyez donc pas timorés, irrésolus. Si vous me demandez, allez-y carrément ! Demandez-moi la lune. Demandez l’impossible, sachant que « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1, 37). Je l’ai amplement démontré ? « Je vous le dis, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment » (2 Corinthiens 9, 7). Pareillement, qui demande peu reçoit peu. Si vous voyez que je ne vous exauce pas, c’est bien de votre faute. Je n’aime pas les mous, les mollassons, les mouligasses. « Ne dis pas : « C’est mon tempérament…, ce sont des manifestations de mon caractère. » Ce sont des manifestations de ton manque de caractère : sois homme, esto vir » (saint Josémaria, Chemin, n° 4). Et vir desideriorum, « un homme de désirs » saints, comme mon serviteur Daniel (cf. Daniel 10, 11.19). qui fait état de ses souhaits sans complexe. J’aime que l’on soit exigeant avec moi. Cela me fait plaisir, parce que cela traduit un zèle dévorant pour la maison de Dieu (cf. Jean 2, 17) et pour l’évangélisation. Et ce n’est pas parce que vous péchez malgré vos protestations de fidélité que je ne vais pas satisfaire vos requêtes. Il me suffit que vous me demandiez pardon pour que mon Cœur se ramollise et qu’il se laisse fléchir. (à suivre…)

mardi 17 septembre 2013

Les plans de Dieu (11)

Les plans de Dieu (11)

Soyez donc dans la joie quand vous rencontrez des épreuves, te disais-je. « Car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ; ainsi vous serez vraiment parfaits, et vous ne manquerez de rien » (Jacques 1, 3-4). Parce que celui qui n’inscrit pas la croix dans sa vie est comme une sorte de pantin désarticulé. « Ce parler hâtif, qui ne laisse place à aucune réflexion, n’est que concert de casseroles. Et je te dirai, avec sainte Thérèse d’Avila, que je n’appelle pas cela prier, même si tu remues abondamment les lèvres » (saint Josémaria, Chemin, n° 85). L’homme pense qu’il lui faut pérorer pour être entendu de moi, qu’un verbiage abondant va lui ouvrir les portes de mon cœur. Et il se trompe de porte. « la Simple dévotion croit et se figure que le principal dans les prières, le point où elle doit insister, c’est que Dieu entende ce qu’elle demande. Et pourtant, au sens éternel de la vérité, c’est juste l’inverse : (lire la suite) dans le vrai rapport de la prière, ce n’est pas Dieu qui entend ce qu’on lui demande, mais l’orant qui continue de prier jusqu’à être lui-même l’entendeur, jusqu’à entendre ce que Dieu veut. Le dévot simple a besoin de beaucoup de mots, et c’est pourquoi le fond de ses prières n’est qu’exigences ; la vraie prière ne fait qu’entendre » (S. Kierkegaard, Journal, Extraits). Cette réflexion me plaît, car elle voit juste. En effet, je ne me retrouve pas dans ces longs monologues, qui font trop de bruit et occupent le terrain. Je me rends présent dans le silence. Et le silence de l’âme suppose une forme de prière qui est celle du corps : la mortification, la pénitence, la croix aimée. Mieux encore désirée : O Crux, diu amata, tamdiu desiderata, « Ô Croix, aimée depuis longtemps, désirée depuis plus longtemps encore » (saint André). C’étaient bien là les sentiments de mon Jésus tout au long de sa vie terrestre. « J'ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir » (Luc 22, 15). Vous aussi, il vous faut désirer la croix de tous les jours, qui fait participer votre corps à la tâche de votre sanctification, qui est quand même celle à laquelle vous devez vous atteler de toutes vos forces le temps qu’il vous reste à vivre chez vous. Pour éviter d’être ce pantin désarticulé auquel je faisais allusion. « Garde-toi de cette maladie du caractère qui a pour symptômes l’instabilité en tout, la légèreté en actes et en paroles, l’étourderie…: la frivolité, en un mot. Et si tu ne réagis pas à temps — pas demain, aujourd’hui ! — la frivolité qui rend tes jours si vides (« si pleins de vide ») fera de toi, ne l’oublie pas, un pantin désarticulé et inutile » (saint Josémaria, Chemin, n° 17). Le renoncement à vous-mêmes fait taire les aspirations du « vieil homme » (Romains 6, 6). En effet, « ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises » (Galates, 5, 24). (à suivre…)

lundi 16 septembre 2013

Les plans de Dieu (10)

Les plans de Dieu (10)

« Je redoute de scruter ce mystère : si tout pécheur doit faire un an de pénitence pour un jour de péché, nous qui péchons tous les jours, combien de siècles – ou de « siècles des siècles » nous faudra-t-il pour effacer nos péchés ? Ici, dira-t-on peut-être, Dieu se montre juste, mais non pas clément. Écoute un exemple matériel : quand le corps reçoit une blessure, si le coup n’a pris qu’un instant, combien faudra-t-il de temps et de douleur avant d’obtenir la guérison ? Et si tu passes des blessures du corps à celles de l’âme – qui est blessée chaque fois qu’elle pèche – combien de temps vois-tu nécessaire pour la guérir ? Si nous pouvions voir combien notre homme intérieur est blessé par le péché, nous résisterions, comme dit l’Écriture, « jusqu’à la mort ». […] (lire la suite) Mais du moment où tu te retournes vers Dieu, tu es sauvé : car tu trouves un avocat, qui pour toi intercède auprès du Père ; et il a beaucoup plus de poids que Moïse, qui cependant pria pour le peuple d’Israël et fut exaucé. Et peut-être cet épisode de Moïse se trouve-t-il dans les Écritures pour nous donner confiance, comme le dit saint Jean dans son épître : «‘Ne péchez pas ! Mais si l’un de vous pèche, nous avons un avocat auprès du Père : Jésus, le Juste…’ À lui la gloire dans les siècles des siècles » (Origène, Homélie 8 sur les Nombres). Tout cela est exact. En réalité, vous n’avez pas seulement un Avocat, le meilleur de tous les barreaux du monde, dont la plaidoirie fait mouche à tous les coups. Je vous ai donné aussi une Avocate hors catégorie, la Mère de mon Fils et votre propre Mère. Vous avez bien raison de l’invoquer en disant : « Ô vous, notre Avocate, tournez vers nous vos regard compatissants » (Salve Regina). Vous ne pouvez pas avoir de meilleure défense auprès de moi, tout pécheurs que vous soyez. J’en suis bien persuadé. Marie est la nouvelle Arche de l’Alliance grâce à laquelle tu te rends continuellement présent au milieu de ton peuple. Elle est le nouvel arc-en-ciel en union avec son Fils. Les sept couleurs de l'arc-en-ciel (Genèse 9, 12-17) renvoient aux sept dons du Saint-Esprit qui embellissent l'âme de Marie. Dieu a fait alliance avec notre nature en Marie, réunissant dans une même Personne la nature divine et la nature humaine. « L’arc, ou le prisme, signifie l’humanité du Christ et sa Passion. Cette humanité fut, dans sa Passion, tendue comme un arc (cf. Psaume 18, 35), et teintée de la couleur rouge du sang et de la couleur de l’eau lorsque l’eau jaillit du côté percé du Christ. dieu tend cet arc dans les nuées : il est signe de paix et d’alliance entre Dieu et les hommes, car le Christ, par le sang de sa crucifixion, a pacifié les chemins tant sur la terre qu’au ciel. Dieu le Père l’a regardé : le Fils montre en effet au Père son côté percé et ses plaies, et c’est pourquoi le Père fait miséricorde aux hommes » (Denys le Chartreux, In Genesis 9, 13). (à suivre…)

dimanche 15 septembre 2013

Les plans de Dieu (19)

Les plans de Dieu (19)

Qui donc va me dresser ainsi à la face du monde, au sommet de toutes les activités que vous accomplissez chaque sainte journée qui passe, vous les hommes ? Toi. Toi très précisément. Toi dont j’ai fait mon enfant précisément pour cela. « À une condition toutefois :c’est que vous demeuriez sur la base solide et ferme de la foi, sans vous laisser départir de l’espérance née de l’Évangile reçu par vous » (Colossiens 1, 23). Autrement tu échoueras stupidement et toutes tes œuvres se dissiperont comme de la paille emportée par le vent ou que l’on consume au feu qui ne s’éteint pas (cf. Luc 3, 17). Dis-toi bien que mon Fils vous a sauvés : non pas par des œuvres que vous auriez faites en état de justice, mais en raison de sa miséricorde, grâce au bain où l’Esprit régénère et rénove, l’Esprit qu’il a répandu sur vous en abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, vous deveniez en espérance héritiers de la vie éternelle » (Tite 3, 5-7). (lire la suite) Et tu me hisseras bien haut, bien droit, à la cime des occupations des hommes si tu sais étendre toi-même tes bras sur la Croix et accepter – plus encore et mieux « aimer » - les souffrances que la vie comporte inévitablement (mais moi, dit Dieu, j’aurais voulu vous les éviter…), souffrances qui t’identifient peu à peu à mon Fils ; si tu sais apprécier à sa juste valeur cette Croix qui vous apporte le Salut et donc l’accepter – plus encore et mieux l’« aimer » - avec paix, sérénité et reconnaissance ; si tu ne te plains pas de ce qui t’arrive, mais sais au contraire me l’offrir pacifiquement en union avec mon Unique et ainsi la rendre agréablement présente dans le monde pour que nombreux soient ceux qui apprennent à aimer la Croix que je leur envoie et qui découvrent le sens positif de leur existence, de toute existence, y compris de celles qui passent pour être funestes aux yeux des hommes, qui restent terrestres et ne savent pas être spirituels (cf. Romains 7, 14). « Ayez soin de toute chose par amour de Dieu, en embrassant avec joie la croix de chaque jour. Je l’ai répété des milliers de fois, parce que je pense que ces idées doivent être gravées dans le cœur des chrétiens : quand nous ne nous bornons pas à tolérer la contradiction, la douleur physique ou morale, mais qu’au contraire nous l’aimons et que nous l’offrons à Dieu en réparation pour nos péchés personnels et pour les péchés de tous les hommes, alors je vous assure que cette souffrance n’accable pas. Nous ne portons plus n’importe quelle croix, nous découvrons la Croix du Christ avec, en plus, la consolation de constater que le Rédempteur se charge d’en supporter le poids. Nous collaborons comme Simon de Cyrène qui se vit obligé de prêter ses épaules pour aider Jésus, alors qu’il revenait de travailler son champ et pensait à un repos mérité (cf. Marc 15, 21). Être volontairement le Cyrénéen du Christ, accompagner d’aussi près son Humanité souffrante, réduite à une loque, n’est pas un malheur pour une âme aimante, mais lui apporte la certitude de la proximité de Dieu qui, par ce choix, la bénit » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 132). (à suivre…)

Les plans de Dieu (9)

Les plans de Dieu (9)

Mon Dieu, je vois combien « ils te sont chers aussi, les peuples ; tous leurs saints, tu les protèges ; et eux se sont couchés à tes pieds, ont recueilli ta propre parole ! » (Deutéronome 33, 3), comme Marie de Béthanie, qui n’avait d’yeux et d’ouïe que pour la Parole divine qui sortait des lèvres de Jésus de Nazareth. Une parole qui transportait d’aise, qui mettait en contact direct avec toi, mon Dieu, qui présentait un panorama encourageant et optimiste pour la vie quotidienne. Qui donc chantera les merveilles que tu as réalisées pour ton peuple ? « Tu es sorti pour sauver ton peuple, pour sauver ton Messie. Tu as écrasé la tête de la Maison de l’impie, mis à nu ses fondements, jusqu’au cou ! » (Habacuc 3, 13). J’avais annoncé cet écrasement dans les temps anciens, à vos premiers parents. Je l’avais prédit, venant de la femme. Voilà qui est accompli désormais. « C’est moi, c’est moi qui suis le Seigneur : en dehors de moi, il n’est pas de Sauveur » (Isaïe 43, 11). (lire la suite) Oui, je confesse que « le salut n’est en nul autre ; car aucun autre Nom sous le ciel n’a été donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés » (Apocalypse 4, 12). Ah ! mon Dieu ! grande est ta bonté. Tu peux nous déclarer, avec Isaïe : « Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis manifesté à ceux qui ne m’interrogeaient pas » (Romains 10, 20). Ne t’ai-je pas dit que je sors toujours à la rencontre de ma brebis perdue ? Suis-je ou ne suis-je pas ton Père ? Certes. Mais il me souvient de ce que tu as dit aux Juifs après le retour des explorateurs envoyés par Moïse prendre contact avec la terre que tu leur avait promise, la « Terre promise », alors qu’ils se mirent à dénigrer ce pays où coulaient le miel et le lait à profusion (Exode 3, 8). Tu as prononcé alors la sentence contre les rebelles : « Selon les jours que vous avez mis à explorer le pays, quarante jours – autant de jours, autant d’années – vous porterez la peine de vos fautes quarante années, et vous saurez ce que c’est que mon aversion » (Nombres 14, 34). (à suivre…)

vendredi 13 septembre 2013

Les plans de Dieu (8)

Les plans de Dieu (8)

Si tu t’es égaré sur un sentier de traverse, si tu as voulu « reprendre ta liberté » selon l’expression consacrée et t’affranchir de mon joug qui est doux, tout comme mon fardeau – le fardeau de mes commandements – est léger (Matthieu 11, 30), si tu penses être irrémédiablement perdu, n’oublies pas ce que mon Fils t’a enseigné : « Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne laissera-t-il pas sur les montagnes les quatre-vingt-dix-neuf autres pour aller à la recherche de celle qui s'est égarée ? » (Matthieu 18, 12). Je pars toujours à la recherche de la brebis égarée. Et je la retrouve immanquablement. Et une fois que nous nous sommes retrouvés, je ne lui refuse jamais toutes les grâces (lire la suite) dont il a besoin pour recommencer. Vous pouvez dire assurément que « dans son grand amour pour l’humanité, Dieu vole au secours de l’homme, comme la mère veille sur son oisillon lorsqu’il vient à tomber du nid ; et si le serpent la dévore, ‘la mère déploie ses ailes et le prend’ (Deutéronome 32, 11). C’est ainsi que Dieu recherche sa créature comme un père, il la soigne après la chute, il poursuit la bête sauvage et reprend l’(oiseau en l’encourageant à revenir au nid » (saint Clément d’Alexandrie, Protrepticus 10). Après, à toi de réagir. À toi d’avoir l’humilité de reconnaître ton péché. À toi d’être docile et de te laisser guider pour réintégrer le bercail et rejoindre les autres brebis du troupeau. Réagis ! Rien n’est définitif dans votre monde, hormis la mort, qui vous fait passer dans un autre univers. Tout a une solution, pourvu que tu y mettes un minimum de bonne volonté, que tu y mettes du tien. Parce que moi, dit Dieu, j’y ai mis du mien, et comment donc ! Du mien surabondamment. Ne crois-tu pas qu’il n’existe pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime (cf. Jean 15, 13) ? Et comment donc que je vous aime, tout autant que vous êtes, et chacun d’entre vous individuellement, comme si vous étiez mon unique ! Ne savoures-tu pas ces mots : « C’est toi qui es mon roi, ô mon Dieu, toi qui [donne] la victoire » (Psaume 44, 7) ? Tout ce que je te dis là n’est pas feint, comme pour te tromper. Loi de moi pareille pensée ! La suite de la parabole de mon Jésus te le prouve : « Et s'il lui arrive de la retrouver, je vous le dis en vérité, il a plus de joie pour elle que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées » (Matthieu 18, 13). Cela peut sembler paradoxal. Mais c’est que ton éloignement volontaire me brise le cœur. Les autres ne me créent pas de souci – du moins pour le moment -, ne m’enlèvent pas la paix. Mais toi, que j’ai introduit dans ma compagnie, que tu sois perdu, voilà qui met mon cœur en émoi. Réagis ! Tu en as les moyens. Ne me prives pas de la joie des retrouvailles, du plaisir de rentrer ensemble à la maison et de reprendre la vie commune. (à suivre…)