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jeudi 1 août 2013

Chez Simon le lépreux (1)

Chez Simon le lépreux (1)

« Or, c’était la Pâque et les Azymes deux jours après, et les grands prêtres et les scribes cherchaient le moyen de se saisir de lui par ruse afin de le mettre à mort. Toutefois ils disaient : Pas pendant la fête, de peur qu’il n’y ait un mouvement du peuple » (Marc 14, 1-2) en sa faveur et que, qui sait, nous nous trouvions forcés de le libérer aussitôt arrêté. C’est dans ce climat délétère que Jésus, comme il « était à Béthanie, chez Simon le lépreux » (Marc 14, 3), (lire la suite) va avoir une fois de plus l’occasion de montrer son pouvoir divin. En effet, « voici qu’une femme vint avec un flacon de parfum de nard vrai, d’un grand prix » (Marc 14, 3), et, « pendant qu’il était à table, le lui versa sur la tête » (Matthieu 26, 7). Ce n’était pas le meilleur moment pour ce faire. Mais l’amour ne réfléchit pas outre mesure. Il se laisse guider par des intentions quelque peu irrationnelles. « Ce n’est pas sans motif que l’Évangéliste parle de la lèpre de Simon ; il nous explique par là comment cette femme se présente avec confiance. Cette maladie était réputée chose immonde, abominable, et Jésus en ayant délivré son hôte – il n’aurait pas pu voulu s’arrêter et manger dans la maison d’un lépreux – cette femme se persuade qu’il fera de même aisément disparaître l’impureté de son âme. Ce n’est pas sans intention non plus que se trouve indiqué ici le nom de la ville de Béthanie ; c’est pour nous apprendre que volontiers le Seigneur s’avance vers sa Passion. Il s’était antérieurement échappé de leurs mains, alors qu’ils étaient dans le paroxysme de l’envie ; maintenant il approche, il n’est plus qu’à quinze stades ; ce qui prouve que la première fuite rentrait dans le plan de l’incarnation » (saint Jean Chrysostome, Homélie sur saint Matthieu 80, 1). Reconnaissons qu’il faut une certaine dose d’audace à cette femme pour agir de la sorte. Saint Jean Chrysostome nous a expliqué comment elle a pu être confortée dans sa résolution par la guérison de Simon, qui avait dû intervenir quelques jours plus tôt et dont tout Béthanie était au courant. Mais elle a opté pour une intervention dans le cadre restreint d’une maison, et non au beau milieu des foules qui se pressent habituellement autour du Seigneur. « Si celle qui était affligée d’une perte de sang, bien que sa conscience fut tranquille, n’approcha qu’en tremblant, avec beaucoup d’hésitation et de crainte, à cause de cette impureté qui n’était cependant que naturelle ; combien plus devait hésiter et trembler celle dont la conscience était impure. Elle vient à la suite de plusieurs, de la Samaritaine, de la Cananéenne, de l’hémorroïsse et de tant d’autres ; elle frémit à la vue de ses souillures et de ses scandales : aussi n’est-ce pas en public, mais dans l’intérieur d’une maison qu’elle ose se présenter. Tandis que toutes les autres venaient chercher la santé du corps, elle vient dans l’unique but de lui rendre hommage et d’obtenir la guérison de son âme » (saint Jean Chrysostome, Homélie sur saint Matthieu 80, 1). Elle ne vas pas être déçue. (à suivre…)

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