mardi 24 juillet 2012
lundi 23 juillet 2012
Marie-Madeleine (2)
Marie-Madeleine (2)
« Comme les autres disciples, Marie de Magdala a dû voir Jésus rejeté par les chefs du peuple, arrêté, flagellé, condamné à mort et crucifié. Voir la Bonté en personne soumise à la méchanceté humaine, la Vérité raillée par le mensonge, la Miséricorde insultée par la vengeance, a dû être insupportable. Avec la mort de Jésus, l’espérance de ceux qui avaient mis leur confiance en Lui semblait perdue. Mais cette foi ne s’est jamais évanouie totalement : surtout dans le cœur de la Vierge Marie, la Mère de Jésus, la petite flamme est restée allumée d’une manière vive, même dans l’obscurité de la nuit. Dans ce monde, l’espérance ne peut pas ne pas tenir compte de la dureté du mal. Ce n’est pas seulement le mur de la mort qui lui fait obstacle, mais plus encore, ce sont les pointes acérées de la jalousie et de l’orgueil, du mensonge et de la violence. (lire la suite) Jésus est passé par cet enlacement mortel, pour nous ouvrir le passage vers le Royaume de la vie. Il y eut un moment où Jésus apparaissait vaincu : les ténèbres avaient couvert la terre, le silence de Dieu était total et l’espérance, une parole qui semblait désormais vaine » (Benoît XVI, Message pour le jour de Pâques, 8 avril 2012). Et maintenant, de surcroît, toute trace de Jésus a été effacée. Son corps n’est plus dans la tombe. Marie-Madeleine est une des nombreuses femmes qui « avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir » (Matthieu 27, 55) et qui ont assisté le Seigneur « de leurs biens » dans ses déplacements apostoliques (Luc 8, 1-3). Avec la Sainte Vierge, elle l’a suivi courageusement jusqu’à la Croix (Jean 19, 25) et elle a vu l’endroit où son corps a été déposé (Luc 23, 55). Maintenant, une fois écoulé le temps du sabbat et du repos prescrit, elle est venue au sépulcre, mue par son amour de Jésus. « Tout en pleurant, elle se pencha dans le tombeau » (Jean 20, 11). Assise, ne sachant que faire, elle pleure à chaudes larmes. Elle ne peut pas se rendre à l’évidence du tombeau vide. Les apôtres sont repartis. Mais elle reste. Elle attend. Elle-même ne sait pas quoi. Elle se penche dans le tombeau et alors « elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds » (Jean 20, 12). Parce que « son corps dans le sépulcre y est encadré par deux Anges, qui doivent être les mêmes que les Chérubins du Temple qui étendaient leurs ailes de part et d’autre du propitiatoire » (Louis Bouyer, Eucharistie. Théologie et spiritualité de la prière eucharistique, Paris, Desclée, 1966, p. 221). (à suivre…)
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dimanche 22 juillet 2012
Marie-Madeleine (1)
Marie-Madeleine (1)
« Le premier jour de la semaine, Marie la Magdaléenne vint au tombeau de grand matin, alors qu’il faisait encore noir » (Jean 20, 1). Cet empressement de Marie à se rendre au sépulcre dès que le repos du sabbat est terminé et qu’il est de nouveau permis de marcher est magnifique et traduit un amour intense. Un amour et une vénération qui la poussent à ne pas perdre une seconde pour aller retrouver le corps du Seigneur, achever de l’embaumer et le veiller. « Et elle vit que la pierre avait été enlevée du tombeau » (Jean 20, 1). C’était on ne peut plus inattendu, d’autant que cette pierre « était fort grosse » (Marc 16, 3) et qu’on l’avait fait rouler « devant l’entrée du tombeau » (Marc 15, 46), de sorte qu’elle l’obstruait complètement. Il fallait des gens costauds pour la remonter. (lire la suite) Marie s’en est allée incontinent porter la nouvelle à « Simon-Pierre et à l’autre disciple que Jésus aimait » (Jean 20, 2). Ils se sont alors rendus sur place et ont constaté que les choses étaient bien comme elle l’avait dit, voyant « les bandelettes posées là, ainsi que le suaire, qui avait été sur sa tête, posé non avec les bandelettes, mais à part, en un autre endroit, tout enroulé » (Jean 20, 6-7), « mais lui, ils ne l’ont pas vu » (Luc 24, 24). Comme ils ne savent qu’en penser, « les disciples s’en retournèrent chez eux » Jean 20, 10), tout étonnés de ce qui était arrivé (cf. Luc 24, 12). « Marie cependant se tenait près du tombeau, et elle pleurait » (Jean 20, 11). Elle est là parce qu’elle est revenue avec Pierre et Jean. Si ceux-ci sont repartis, elle ne peut se résoudre à ce qui s’est passé. Elle stationne à côté du caveau, inconsolable. Nul, en dehors de la Vierge Marie à qui son Fils a très certainement apparu très tôt ce jour-là, nul ne sait encore qu’il est ressuscité. Tous sont sous le coup de sa mort tragique au Golgotha. Et voilà qu’en plus son corps a disparu. Il y a de quoi être anéanti, écrasé. Ce deuxième coup est peut-être plus difficile à encaisser que le premier. C’était bien la dernière chose à laquelle Marie-Madeleine s’attendait. Que quelqu’un ait osé profaner la tombe qui abritait son Seigneur et subtiliser son corps, voilà qui est insupportable et porte le désarroi à son comble. Marie ne pourra pas rendre à ce corps les derniers honneurs qu’elle avait prévus. Elle est privée de cette dernière consolation. (à suivre…)
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jeudi 19 juillet 2012
Agonie de Jésus à Gethsémani
Jésus lutte avec le Père. Il lutte avec lui-même. Et il lutte pour nous. Il fait l’expérience de l’angoisse devant le pouvoir de la mort. Avant tout, c’est simplement le bouleversement de l’homme, ou même, de toute créature vivante, en présence de la mort. En Jésus, au contraire, il y a quelque chose de plus. Il étend son regard sur les nuits du mal. Il voit l’insalubre marée de tout le mensonge et de toute l’infamie, qui vient à sa rencontre dans cette coupe qu’il doit boire. C’est le bouleversement de Celui qui est totalement Pur et Saint face au flot du mal de ce monde, qui se déverse sur Lui. Il me voit aussi et il prie aussi pour moi. Ainsi, ce moment d’angoisse mortelle de Jésus est un élément essentiel dans le processus de la Rédemption. C’est pourquoi, la Lettre aux Hébreux a qualifié d’événement sacerdotal, la lutte de Jésus au Mont des Oliviers. Dans cette prière de Jésus, empreinte d’angoisse mortelle, le Seigneur remplit la fonction du prêtre : Il prend sur lui le péché de l’humanité, nous tous, et nous porte auprès du Père. Benoît XVI, Homélie de la messe In Cœna Domini , 5 avril 2012.
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mercredi 18 juillet 2012
Prière de Jésus à Gethsémani
Nous devons aussi prêter attention au contenu de la prière de Jésus au Mont des Oliviers. Jésus dit : « Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36). La volonté naturelle de l’Homme-Jésus effrayée face à une chose si énorme recule. Toutefois, en tant que Fils, il dépose cette volonté humaine dans la volonté du Père : non pas moi, mais toi. Par cela, Il a transformé le comportement d’Adam, le péché primordial de l’homme, guérissant ainsi l’homme. L’attitude d’Adam avait été : Non pas ce que tu veux toi, Dieu ; moi-même je veux être dieu. Cet orgueil est la vraie essence du péché. Nous pensons être libres et vraiment nous-mêmes, seulement quand nous suivons exclusivement notre volonté. Dieu apparaît comme le contraire de notre liberté. Nous devons nous libérer de Lui, – c’est notre pensée – alors seulement nous serons libres. C’est cette rébellion fondamentale qui traverse l’histoire et le mensonge profond qui dénature notre vie. Quand l’homme s’érige contre Dieu, il s’érige contre sa propre vérité et par conséquent, il ne devient pas libre, mais aliéné par lui-même. Nous sommes libres seulement quand nous sommes dans notre vérité, quand nous sommes unis à Dieu. Alors, nous devenons vraiment « comme Dieu » - non pas en nous opposant à Dieu, non pas en nous débarrassant de Lui ou en Le reniant. Dans la lutte durant sa prière au Mont des Oliviers, Jésus a dénoué la fausse contradiction entre l’obéissance et la liberté, et il a ouvert le chemin vers la liberté. Demandons au Seigneur de nous introduire dans ce « oui » à la volonté de Dieu et de nous rendre ainsi vraiment libres. Amen Benoît XVI, Homélie de la messe In Cœna Domini , 5 avril 2012.
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mardi 17 juillet 2012
Le patriotisme (5)
Le patriotisme (5)
L’Église renforce l’union que nous donne notre commune nature d’être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 26), et elle nous conduit tous dans une communauté de vie surnaturelle, celle du Corps mystique du Christ, où tout égoïsme, personnel ou de groupe, est ressenti comme une blessure, comme un ferment de mort. « Un chrétien n’est pas seulement une personne qui a la foi, mais aussi quelqu’un qui est appelé à être le levain et le sel de la société civile et politique dans laquelle il ou elle vit. L’Église par conséquent inculque à ses fidèles un profond sens de l’amour et du devoir à l’égard de leurs compatriotes et à l’égard de leur patrie. Elle les encourage à vivre en citoyens honnêtes et exemplaires et à travailler loyalement au progrès intégral de la nation dont ils sont fiers d’être les membres » (bienheureux Jean-Paul II, Discours aux évêques chinois en visite ad limina, 11 novembre 1980). Mais gardons bien présent à l’esprit que (lire la suite) « si nous nous vantons de ce que nous avons de meilleur, nous devons nous repentir de ce que nous avons de pire. Autrement, le patriotisme serait alors quelque chose de bien pauvre » (Chesterton, Praying for Patriotism, dans The Common Man, Londres-New York, Sheed and Ward, 1951, p. 52). « Cet amour fait de nous des serviteurs du bien commun. Prions tout spécialement pour ceux qui, dans l’exercice de leur pouvoir, sont appelés à ce service particulier » (bienheureux Jean-Paul II, Cycle de Jasna Góra, 25 décembre 1990).Il doit être bien clair, non seulement dans la théorie mais aussi et surtout dans les faits, que « les chrétiens ne sont l’ennemi de personne, moins encore de l’empereur. Ils savent, en effet, que c’est Dieu qui l’a constitué dans sa charge ; c’est pourquoi ils l’aiment nécessairement, le respectent, l’honorent et ils désirent qu’il soit sauf ainsi que tout l’empire jusqu’à la fin des temps (…). Nous honorons donc l’empereur, mais nous le faisons de la façon qui est licite et utile pour lui-même : comme un homme qui est second après Dieu, qui a obtenu de Dieu tout ce qu’il est et qui n’est inférieur qu’à Dieu » (Tertullien, Liber ad Scapulam 2), c’est-à-dire, et c’est l’arrière-plan de ce rappel de la doctrine chrétienne, nous n’adorons pas le chef de l’État, car nous n’adorons que Dieu seul. Nous voyons en lui, certes, quelqu’un qui détient une autorité qui provient de Dieu, « car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par lui » (Romains 13, 1). « Dieu tout-puissant et éternel, qui avez établi l’empire des Francs pour être dans le monde l’instrument de votre sainte volonté, la gloire et le rempart de votre sainte Église, prévenez partout et toujours, de votre céleste lumière, les fils suppliants des Francs, afin qu’ils voient ce qu’il faut faire, pour étendre votre règne dans le monde, et qu’ils grandissent toujours en charité et en vaillance, pour accomplir ce que votre lumière leur aura révélé » (prière du IXe siècle citée par le bienheureux Charles de Foucauld, René Bazin, Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara, Paris, Nouvelle Cité, nouvelle édition, 2003, p. 480).
(fin)
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lundi 16 juillet 2012
Le patriotisme (4)
Le patriotisme (4)
« Quelle est l'origine du patriotisme ? Quelles sont les causes qui le créent dans l'âme de tous, quelles sont les raisons qui l'y font vivre ? Ces causes, ces raisons, sont de plusieurs sortes : il est indispensable d'y voir en premier lieu une sorte de patrimoine de race, qui porte l'homme à préférer tel peuple plutôt que tel autre ; on peut l'attribuer ensuite à l'amour naturel de chacun pour le sol qui l'a vu naître et grandir, pour les objets qui ont entouré son enfance et sa vie, pour la terre qui contient les cendres de ses aïeux ; une autre raison est encore la préférence de chacun pour les hommes dont le caractère, la langue, les mœurs, les traditions sont les mêmes que les siens. Enfin, surtout pour ceux qui, comme vous, ont le privilège d'étudier plus que d'autres, les grands exemples de l'Histoire, notre patriotisme est un amour profond pour une nation qui, à toute époque, a tiré son épée, (lire la suite) enfanté ses savants et ses théosophes, versé le plus pur de son sang pour toutes les grandes causes et renversé les obstacles que les peuples et les individus avaient jetés au travers de la civilisation » (Charles de Gaulle, Conférence devant des camarades officiers subalternes, probablement en 1913, Lettres, notes et carnets, vol. I, 1905-1918, Paris, 1980, p. 67-68).Le patriotisme fait partie de la vertu de justice, avons-nous dit. Or, « la protestation contre Dieu au nom de la justice ne sert à rien. Un monde sans Dieu est un monde sans espérance (cf. Éphésiens 2, 12). Seul Dieu peut créer la justice. Et la foi nous donne la certitude qu'Il le fait. L'image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d'espérance ; pour nous peut-être même l'image décisive de l'espérance » (Benoit XVI, encyclique Sauvés dans l’espérance, n° 44). Toute vertu est centrée sur Dieu : elle part de Dieu et conduit à lui. Présentant une finalité surnaturelle, elle requiert donc d’employer des moyens surnaturels eux aussi. À cet effet, Jésus-Christ a fondé son Église pour qu’elle travaille à assurer cette fin surnaturelle à tous les hommes de bonne volonté, tout en la proposant à tous, sans distinction. Il a fondé son Église pour que, par elle et en elle, nous puissions obtenir effectivement cette fin surnaturelle. Et comme la fin est la même pour tous les hommes – il n’y a « plus de juif ni de grec ; plus d’esclave ni d’homme libre ; plus d’homme ni de femme : vous tous, en effet, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28) – Jésus-Christ a fondé son Église pour tous, voulant dès le premier instant qu’elle soit universelle, catholique. L’Église accueille la variété des différents peuples et des diverses patries, comme un patrimoine humain qui l’enrichit, jamais comme une source de division. C’est ainsi, par exemple, comme le pape Jean-Paul II le déclarait un jour, que « la révélation est annoncée de manière adéquate et se fait pleinement compréhensible quand le Christ parle la langue des divers peuples, et que ceux-ci peuvent lire l'Écriture et chanter la liturgie dans la langue et avec les expressions qui leur sont propres » (lettre apostolique Orientale lumen, n° 7, citée dans Discours à l'Assemblée plénière de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 3 mai 1996).
(à suivre
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dimanche 15 juillet 2012
Le patriotisme (3)
Le patriotisme (3)
Aimer sa patrie est donc une vertu chrétienne. Ne pas l’aimer, n’est pas une vertu. Si nous aimons notre patrie, nous aimons aussi ceux qui y vivent, et nous tâchons de contribuer à ce qu’ils mènent une vie heureuse, bien conscients de ce que la vie ici-bas n’est que transitoire et que ce qui compte avant tout, c’est de les aider à obtenir le bonheur véritable, c’est-à-dire à transformer vraiment notre pays en terrain qui prépare « aux destinées éternelles de l’homme ». Le plus grand bien que nous puissions souhaiter pour chacun est évidemment sa félicité éternelle, qui doit être préparée par la participation à la vie de la cité terrestre, chacun à la mesure de ses capacités et de ses possibilités, afin de rendre les conditions de vie plus favorables à l’accomplissement de la destinée ultime de l’homme et de permettre son meilleur épanouissement. « Les chrétiens sont plus utiles à la patrie que le reste des hommes : ils forment des citoyens ; ils enseignent la piété à l’égard de Dieu, gardien des cités ; ils font monter jusqu’à une cité divine et céleste ceux qui vivent bien dans les petites cités de la terre » (Origène, Contre Celse 8, 73-74). (lire la suite)« Dieu, Rédempteur et Seigneur des nations (…) ; Dieu Tout-Puissant et Éternel, donne-nous un grand et profond amour envers nos frères et envers notre patrie, Mère bien-aimée, afin qu’après avoir oublié nos profits, nous puissions honnêtement te servir, ainsi que ton peuple. » Oui. (…) Et c’est précisément l’amour qui donne une juste signification et une direction : l’amour envers les frères de notre patrie et envers chaque homme sans exception selon la parole du Christ, c’est-à-dire l’amour des uns pour les autres ; l’amour pour le bien commun ; l’amour pour le patrie, que les ancêtres ont appelée Mère. Et c’est à travers l’amour pour notre patrie que naît le respect des droits de chaque nation et de chaque homme au sein de la grande famille européenne et de la famille humaine » (bienheureux Jean-Paul II, Cycle de Jasna Góra, 25 décembre 1990). Poussons plus loin encore : l’amour aussi de la grande famille surnaturelle qu’est l’Église. En effet, le plus grand bien commun des hommes, leur fin véritable est la fin surnaturelle : Dieu connu surnaturellement et aimé, servi, glorifié. C’est par conséquent le véritable et principal bien commun de la société, donc de la patrie.
(à suivre…)
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samedi 14 juillet 2012
Le patriotisme (2)
Le patriotisme (2)
« La justice, en général, consiste à payer une dette à autrui, souligne saint Thomas d’Aquin ; payer une dette spéciale à une personne déterminée sera donc l’objet d’une vertu spéciale. Or, l’homme est débiteur, à un titre particulier, envers ce qui, par rapport à lui, est principe humain d’être et de gouvernement. C’est ce principe que considère la piété, par le fait qu’elle rend un culte et des devoirs aux parents et à la patrie et à ceux qui leur sont unis » (Somme Théologique II-II, q. 101, a. 3). Le patriotisme, en tant que vertu, s’appelle donc la piété, qui est une partie de la vertu de la justice, laquelle consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. Après la vertu de religion, par laquelle nous rendons à Dieu le culte que nous lui devons, vient la vertu de piété, par laquelle nous honorons d’abord nos parents, puis la patrie qui nous a vu naître : « La piété est une certaine expression de l’amour envers les parents et la patrie » (Ibid., ad 1). (lire la suite)Le patriotisme du chrétien doit être informé par la charité : nous sommes appelés à aimer notre patrie par Dieu et pour Dieu, avec l’amour surnaturel que sa grâce a déposé dans notre cœur. C’est pourquoi il ne peut pas y avoir d’opposition ni de contradiction entre l’amour de Dieu, de l’Église et des chrétiens dans le Christ, et l’amour que nous éprouvons pour notre patrie et nos compatriotes, et enfin l’amour que nous vouons à tous les hommes et à toutes les femmes, y compris à ceux qui nous persécutent. Si une opposition surgissait, sous quelque forme que ce soit et de quelque signe que ce soit, ce serait la preuve que notre patriotisme a cessé d’être une vertu, car il s’agirait alors d’un amour désordonné ; ce ne serait plus une manifestation de la vertu de piété.
Le nationalisme est très certainement un péché, car il suppose un manque de justice envers les autres pays que le sien. Alors que le patriotisme est une vertu. Il est donc important de bien les distinguer. Le patriotisme n’est en rien répréhensible. Le nationalisme n’est pas chrétien.
« Dieu, Rédempteur et seigneur des nations, ne permets pas que nous tombions de tes mains et que nous abandonnions ta discipline. » « Nous avons hérité de nos ancêtres cette prière pour la patrie. Je prononce aujourd’hui les paroles de cette prière devant Vous, Notre-Dame de Jasna Góra. Par Vous, nous prions le Roi et Seigneur des nations : « Par l’intercession de la Très Sainte Vierge, notre Reine, bénis notre patrie, afin que, toujours fidèle à toi, elle rende gloire à ton nom, et guide ses enfants vers le bonheur. » Prions donc afin de rendre gloire au nom divin, reconnaissants pour le fait que « la gloire de Dieu est l’homme vivant » (cf. saint Irénée, Adversus hæreses 4, 20, 7) et pour que la nation vive une vie digne, dans la justice et l’amour de la vérité. Prions également pour que notre patrie, en tant que lieu de pèlerinage temporel, devienne pour tous le lieu de la préparation aux destinées éternelles de l’homme » (bienheureux Jean-Paul II, Cycle de Jasna Góra, 25 décembre 1990).
(à suivre…)
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vendredi 13 juillet 2012
Le patriotisme (1)
Le patriotisme (1)
Saint Paul se demande ce qu’est la Loi mosaïque. Et il répond qu’« elle a été ajoutée pour qu’il y eût des transgressions jusqu’à ce que vînt la descendance à qui était destinée la promesse » (Galates 3, 19), « mais là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé » (Romains 5, 20). La Loi était bonne en elle-même : « Si donc c’est ce que je ne veux pas que je fais, je reconnais par là que la Loi est bonne » (Romains 7, 15). Le salut est venu par la foi, qui nous a été donnée en Jésus-Christ. « Avant que vînt la foi, nous étions sous la garde de la Loi, enfermés, pour y attendre la révélation de la foi » (Galates 3, 23). Et la foi est venue. Désormais « tous, en effet, vous êtes fils de Dieu par la foi au Christ Jésus, car vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Galates 3, 26-27). Saint Paul tire comme conclusion (lire la suite) de tout ce qu’il vient d’affirmer qu’à partir de cette révélation de la foi en Jésus-Christ, « plus de juif ni de grec ; plus d’esclave ni d’homme libre ; plus d’homme ni de femme : vous tous, en effet, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). « Aussi bien, nous avons tous été baptisés en un http://www.blogger.com/img/blank.gifseul Esprit pour ne faire qu’un seul corps ; Juifs et Grecs, esclaves et hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit » (1 Corinthiens 12, 13), de sorte qu’il y a « tout en tous, le Christ » (Colossiens 3, 11). « Ces paroles ont aujourd’hui la même valeur qu’hier : devant le Seigneur il n’existe pas de différence de nation, de race, de classe, d’état… Chacun d’entre nous est né de nouveau dans le Christ, pour devenir une nouvelle créature, un enfant de Dieu : nous sommes tous frères et c’est en toute fraternité que nous devons nous conduire ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 317).Tel est le point de départ de notre méditation. L’égalité que Dieu a établie entre tous les hommes, au-delà des différences de race, de culture, de formation, d’extraction sociale ou d’intérêts scientifiques, intellectuels ou autres.
(à suivre…)
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jeudi 12 juillet 2012
Éditions en ligne
Éditions en ligne
L’un de mes amis a lancé il y a quelques mots une activité d’édition de livres numériques. Des ouvrages à lire sur Iphone, Ipad, smartphone ou autre, et que l’on peut trouver sur son site, www.peuterey-editions.com. Le catalogue se veut généraliste. Mais force est de constater que, pour l’instant, la quasi-majorité des ouvrages sont spirituels et catholiques : on y trouve la Bible (Crampon), le Saint Abandon, l’Imitation de Jésus-Christ, le Chemin de Croix de Newmann, des livres des Pères de l’Eglise (avec les lettres d’Ignace d’Antioche), des textes du Pape tels que les catéchèses sur les Pères Apostoliques, Porta Fidei, ou encore un opuscule consacré à saint Joseph. En préparation, l’éditeur se concentre sur les Manuscrits autobiographiques de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, et sur l’Introduction à la vie dévote de saint François de Sales. N’hésitez-pas vous abonnez à la « newsletter » pour être tenu informés des publications régulières.
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mercredi 11 juillet 2012
Confiance en Dieu (7)
Confiance en Dieu (7)
Il nous est garanti que « la prière du juste agit avec une puissante efficacité » (Jacques 5, 16). Alors pourquoi douter, « homme de peu de foi » (Matthieu 13, 31) ? Laissons à Dieu en quelque sorte le soin de mettre les choses en place pour notre bonheur et notre glorification. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Combien de fois faudra-t-il nous rappeler qu’il sait mieux que nous ce qui nous convient et qu’il œuvre toujours et en tout avec sagesse et merveilleusement bien. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous ne le lui demandiez » (Matthieu 6, 8). Nous voudrions tout, tout de suite. Mais c’est un fort mauvais calcul. Car c’est avec le temps que le bon vin se bonifie… C’est Dieu lui-même qui nous invite à une confiance active, (lire la suite) c’est-à-dire qui requiert que nous nous engagions résolument à rester fidèles au Seigneur, aux promesses de notre baptême, à l’alliance que nous avons passée avec Dieu. « Seulement fortifie-toi et aie bon courage, en t'appliquant à agir selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t'a prescrite. Ne t'en détourne ni à droite ni à gauche, afin que tu réussisses en tout ce que tu entreprendras. Que ce livre de la loi ne s'éloigne pas de ta bouche ; médite-le jour et nuit, en t'appliquant à agir selon tout ce qui y est écrit ; car alors tu prospéreras dans tes voies et tu réussiras. Ne te l'ai-je pas commandé : Fortifie-toi et prends courage ? Sois sans crainte et sans peur, car le Seigneur, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras » (Josué 1, 7-9). Il nous sera plus facile de conserver toujours cette confiance inébranlable en notre Dieu, qui est un Dieu d’Amour (cf. 1 Jean 4, 16), si nous allons nous réfugier auprès de la très Sainte Vierge Marie pour lui demander son humilité et sa force d’âme, certains alors que « ni la mort, ni la vie, ni le anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu dans le Christ Jésus Notre-Seigneur » (Romains 8, 38-39), et que le Seigneur fera aussi de grandes choses dans son humble serviteur, son humble servante que nous sommes (cf. Luc 1, 46-55). (fin)
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mardi 10 juillet 2012
Inquisition et télévision
Inquisition et télévision
Comme vous le savez France 2 diffuse, à partir du 4 juillet, une série de l'été consacrée à l'Inquisition. Vous vous doutez bien que les amalgames et les contresens y sont nombreux. Pour répondre aux questions que pourraient se poser les téléspectateurs un site vient d'être créé, qui essaye d'aborder l'ensemble des points de l'inquisition. Il répondra certainement à vos attentes. Je vous invite à le faire connaître autour de vous, afin de rétablir la vérité. http://www.linquisitionpourlesnuls.com/
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lundi 9 juillet 2012
Confiance en Dieu (6)
Confiance en Dieu (6)
L’âme « fait d’ardentes prières à Dieu pour obtenir de sa miséricorde que comme il lui a plu de se découvrir à elle, il lui plaise la conduire et lui faire connaître les moyens d’y arriver. Car comme c’est à Dieu qu’elle aspire, elle aspire encore à n’y arriver que par des moyens qui viennent de Dieu même, parce qu’elle veut qu’il soit lui-même son chemin, son objet et sa dernière fin » (Pascal, Sur la conversion du pécheur). Nous doutons parfois de Dieu parce que nous avons l’impression que les événements ne tournent pas à notre avantage, et nous tombons dans « la mystique du si, faite de vains rêves et de faux idéalismes : ah ! si je ne m'étais pas marié ! si je n'avais pas cette profession, si j'avais un peu plus de santé, ou plus de temps, ou si j'étais plus jeune ! » (Entretiens avec Mgr Escriva, n° 88). (lire la suite) Nous avons du mal à comprendre que notre intérêt consiste à nous trouver exactement dans la situation qui est la nôtre, et non dans une autre qui nous apparaît plus favorable, selon notre conception humaine et limitée de la vie. Saint Augustin nous fait comprendre, par exemple, que si nous sommes malades, nous n’avons pas lieu d’envier ceux qui sont en bonne santé, parce qu’il serait peut-être préférable qu’ils soient eux-mêmes empêchés d’agir : « Il est bon, oui il est bon que tu ne t’affaires pas au sujet de la santé corporelle que pour la demander à Dieu. S’il sait qu’elle t’est utile, il te l’accordera ; s’il ne te l’a pas accordée, c’est qu’il ne te servirait pas de l’avoir. Combien gisent sur leur lit, malades et sans commettre de fautes, qui, s’ils étaient en bonne santé, se lanceraient dans le crime ? Le brigand qui se dirige vers un défilé pour tuer un homme, comme il vaudrait mieux pour lui qu’il soit malade ! Celui qui se lève la nuit pour percer le mur d’autrui, comme il vaudrait mieux pour lui qu’il soit secoué par la fièvre ! Malade, il serait sans faute ; en bonne santé, c’est un scélérat. Dieu sait donc ce qui nous est utile ; faisons seulement en sorte que notre cœur ne soit pas atteint par la maladie du péché et, quand il nous arrive d’être frappés dans notre corps, supplions-le » (saint Augustin, Homélies sur l’Évangile de saint Jean I-XVI, Paris, Institut des Études augustiniennes, 1993, Œuvres de saint Augustin, vol. 71, Tract. 7, 12, p. 433). (à suivre…)
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samedi 7 juillet 2012
Confiance en Dieu (5)
Confiance en Dieu (5)
Nous sommes ainsi encouragés à nous tourner vers l’auteur de la vie, vers celui qui est la vraie Vie (Jean 14, 6). Mais nous risquons parfois de monnayer notre prière, de la formuler avec un certain manque d’assurance, une inquiétude qui lui fait perdre de son efficacité. Nous devrions nous étonner de constater que « quand nous louons Dieu ou Lui rendons grâce pour ses bienfaits en général, nous ne sommes guère inquiets de savoir si notre prière Lui est agréable. En revanche, nous exigeons de voir le résultat de notre demande. Quelle est donc l’image de Dieu qui motive notre prière : un moyen à utiliser ou le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ? » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2735). Faisons-nous pleinement confiance à Dieu ou nous méfions-nous de lui, au chef que nous ne sommes pas pleinement assurés d’obtenir ce que nous lui demandons ? Pourtant, « celui qui demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe l’on ouvrira » (Matthieu 6, 10). Il vaut sans doute beaucoup mieux (lire la suite) de ne pas être exaucés exactement comme nous l’avons souhaité. Il est de notre intérêt le plus haut et le mieux compris de laisser l’initiative à Dieu et de nous en remettre à lui pour agir comme il faut : ce qu’il est fait est toujours un authentique chef-d’œuvre. « Le témoignage de l’Écriture est unanime : la sollicitude de la divine providence est concrète et immédiate, elle prend soin de tout, des moindres petites choses jusqu’aux grands événements du monde et de l’histoire. Avec force, les livres saints affirment la souveraineté absolue de Dieu dans le cours des événements : « Notre Dieu, au ciel et sur la terre, tout ce qui lui plaît, Il le fait » (Psaume 115, 3) ; et du Christ il est dit : « S’Il ouvre, nul ne fermera, et s’Il ferme, nul n’ouvrira » (Apocalypse 3, 7) ; « Il y a beaucoup de pensées dans le cœur de l’homme, seul le dessein de Dieu se réalisera » (Proverbes 19, 21) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 303). Nous constatons que « mieux vaut chercher un refuge dans le Seigneur que de mettre sa confiance dans les hommes » (Psaume 117, 8). Qui n’a pas fait l’expérience du bien-fondé de cette affirmation ? Que de fois un ami nous a promis quelque chose, mais ce n’était qu’un engagement pris à la légère et aussitôt oublié par lui, mais pas par nous. Des promesses en l’air, Dieu n’en fait jamais. L’homme « qui se confie en l’homme » et « qui prend la chair pour son secours » est « comme un chardon dans la steppe, ne sentant pas quand le bonheur arrive » (Jérémie 17, 5-6). Alors que nous pouvons mettre toute notre confiance en Dieu. « J’ai la conviction que celui qui a commencé en vous cette belle œuvre [de notre sanctification] la mènera à son terme d’ici le Jour du Christ Jésus » (Philippiens 1, 6), car « il est fidèle celui qui vous appelle » (1 Thessaloniciens 5, 24). (à suivre…)
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jeudi 5 juillet 2012
Confiance en Dieu (4)
Confiance en Dieu (4)
« Il n’y a pas de périls pour celui qui craint Dieu, mais pour celui qui ne le craint pas. Comment celui que la vertu élève au-dessus des souffrances, qui considère le présent comme une ombre fugitive, pourrait-il éprouver quelque mal ? Que craindrait-il ? Qu’est-ce qui pourrait être un mal pour lui ? Cherchons donc un asile sur ce roc inébranlable. Quand on nous construirait une ville entourée de murailles ; mieux encore, quand on nous transporterait dans une terre où nous serions à l’abri de tout trouble et au sein de l’abondance, en sorte que nous n’eussions rien à démêler avec personne, notre sécurité serait moins grande que celle où nous met le Christ » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur les Actes des apôtres 13, 3). Si Dieu transcende infiniment sa création, il ne lui est pas moins présent, la conduisant vers sa perfection et son achèvement : « Dieu est infiniment plus grand que toutes ses œuvres » (cf. Siracide 43, 28). « Sa majesté est plus haute que les cieux » (Psaume 8, 2), « à sa grandeur point de mesure » (Psaume 145, 3). (lire la suite) Mais parce qu’il est le Créateur souverain et libre, cause première de tout ce qui existe, Il est présent au plus intime de ses créatures : « En lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28). Selon les paroles de saint Augustin, Il est « plus haut que le plus haut de moi, plus intime que le plus intime » (Confessions 3, 6, 11) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 300). Mais Dieu ne donne pas seulement à la créature d’exister. Il ne l’abandonne pas à elle-même, ce qui serait la laisser aller droit à l’abîme, à sa perte. « Il la maintient à chaque moment dans l’être, lui donne d’agir et la porte à son terme. Reconnaître cette dépendance complète par rapport au Créateur est une source de sagesse et de liberté, de joie et de confiance » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 301). « Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 145, 9). Et, comme l’auteur sacré le reconnaît dans le livre de la Sagesse (11, 24-26), « oui, tu aimes tout ce qui existe, et tu n’as de dégoût de rien de ce que tu as fait [même s’il pourrait en éprouver pour l’homme pécheur et rebelle !] ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé. Et comment une chose aurait-elle subsisté, si tu ne l’avais voulue ? Ou comment ce que tu n’aurais pas appelé aurait-il été conservé ? Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie », ou, selon une autre traduction, « toi, Seigneur, qui aime les âmes ». Voilà qui est bien dit et qui définit bien notre Dieu : ami de la vie, ami des âmes, de toutes les âmes, dont il veut qu’elles possèdent la vie et l’aient en abondance (cf. Jean 10, 10), et pour lesquelles il a donné sa propre vie (cf. Marc 10, 45). (à suivre…)
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mardi 3 juillet 2012
Confiance en Dieu (3)
Confiance en Dieu (3)
Mais nous, « nous croyons fermement que Dieu est le Maître du monde et de l’histoire. Mais les chemins de sa providence nous sont souvent inconnus. Ce n’est qu’au terme, lorsque prendra fin notre connaissance partielle, lorsque nous verrons Dieu face à face (1 Corinthiens 13, 12), que les voies nous seront pleinement connues, par lesquelles, même à travers les drames du mal et du péché, Dieu aura conduit sa création jusqu’au repos de ce Sabbat définitif, en vue duquel Il a créé le ciel et la terre » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 314). Alors oui « les affligés mangeront et se rassasieront ;ceux qui cherchent le Seigneur le loueront : que vos cœurs vivent à jamais ! Toutes les extrémités de la terre se souviendront et se tourneront vers le Seigneur ; toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face. Car au Seigneur appartient l’empire, il domine sur les nations. Devant lui seul se prosterneront ceux qui dorment dans la terre, devant lui s’inclineront ceux qui descendent vers la poussière, et mon âme vivra par lui » (Psaume 22, 27-30). C’est le cri de joie et de victoire (lire la suite) de celui qui est resté fidèle jusqu’au bout à son Seigneur, envers et contre tout, et n’a pas cédé aux sirènes du monde ni n’a flanché dans l’adversité. Car le Seigneur a été son « rocher » (Psaume 71, 3) et son « bouclier » (Genèse 15, 1). Et aussi parce que « ce que Dieu commande, Il le rend possible par sa grâce » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2082). Une grâce qui est communiquée en fonction de nos besoins réels de chaque moment, dans chaque circonstance. Cette considération doit nous remplir d’une grande paix intérieure ; extérieure aussi, naturellement. L’une ne va pas sans l’autre. La vertu de la foi, qui est comme le fondement de toute la vie chrétienne, puisque « le juste vit de la foi » (Romains 1, 17), nous amène à « faire confiance à Dieu en toute circonstance, même dans l’adversité. Une prière de sainte Thérèse de Jésus l’exprime admirablement : Que rien ne te trouble / Que rien ne t’effraie / Tout passe / Dieu ne change pas./ La patience obtient tout / Celui qui a Dieu / Ne manque de rien. / Dieu seul suffit » (Poésies 30) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 227). Il suffit d’en faire l’expérience pour se convaincre du bien-fondé d’une telle affirmation, qui relève alors de l’ordre du constat pur et simple. (à suivre…)
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samedi 30 juin 2012
Confiance en Dieu (2)
Confiance en Dieu (2)
« Béni soit l’homme qui se confie dans le Seigneur. Le Seigneur répondra à sa confiance ! » (Jérémie 17, 7), quand il l’estimera opportun et de la façon qu’il jugera la plus appropriée. Ce qui est certain, c’est qu’il interviendra positivement. Et voici à quoi ressemble cet homme qui se confie en Dieu : « Il est comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant ; il ne sent pas quand vient la canicule, mais son feuillage reste vert ; il ne s’inquiète point en une année de sécheresse, n’arrêtant pas de porter du fruit » (Jérémie 17, 8), et donc de se sanctifier de plus en plus et de réaliser un apostolat fécond, faisant bénéficier les autres de l’abondance qu’il reçoit de l’eau vive de la grâce sanctifiante, laquelle jaillit pour la vie éternelle (cf. Jean 4, 14).
Voilà pour l’homme qui met sa confiance en Dieu. Mais les autres ne doivent pas se décourager ni désespérer. (lire la suite) Car « le Christ qui est mort pour tous les hommes, veut que, dans son Église, les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 982). Et, de fait, « il n’est personne, si coupable qu’il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère » (Catéchisme du concile de Trente 1, 11, 5). Quelle assurance nous devons tirer de semblables affirmations ! Elles ne sont pas peu de chose. En plus elles touchent à l’essentiel des intérêts de l’homme, à ce qui concerne sa vie future, c’est-à-dire son sort éternel.
Il se peut, malgré tout, que des doutes surgissent au vu des obstacles auxquels nous nous heurtons et de la permanence de nos défauts en dépit du fait que nous les combattons depuis longtemps. « La confiance filiale est mise à l’épreuve quand nous avons le sentiment de n’être pas toujours exaucés. L’Évangile nous invite à nous interroger sur la conformité de notre prière au désir de l’Esprit » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2756). C’est ce doute qui assaille le Seigneur sur la Croix et qu’il manifeste en entamant la récitation du psaume 22. Mais il se rappelle tout de suite l’histoire de la bonté de son Père envers son peuple, toutes les magnalia Dei (Exode 14, 13). « En toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés et tu les as délivrés. Ils ont crié vers toi et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 5-6). Leur prière n’a donc pas été vaine, bien loin de là.
Jésus ajoute, et la prière du juste souffrant correspond mot à mot à ce qu’il expérimente dans sa chair, « pour moi, je ne suis qu’un ver, et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils agitent les lèvres, ils branlent la tête : « Il s’en remet au Seigneur : qu’il le sauve, qu’il le délivre, puisqu’il l’aime ! » (Psaume 22, 7-8). Bien triste blasphème…
(à suivre…)
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jeudi 28 juin 2012
Confiance en Dieu (1)
Confiance en Dieu (1)
Le psaume 22 que Jésus récite alors qu’il est cloué sur la Croix, ne traduit pas la désespérance mais, au contraire, la confiance en Dieu. Si le Seigneur se sent abandonné de son Père en cette heure suprême, il peut faire appel au témoignage des anciens : « Pourtant tu résides dans le sanctuaire, ô gloire d’Israël ! En toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés. Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 4-6).
Comment ne pas puiser en cela une grande assurance à l’heure de l’épreuve ? La Providence divine compte sur les difficultés de la vie pour faire progresser son plan de salut. Il a fallu que Jésus passe par l’anéantissement et l’abjection de la Croix. Mais Dieu ne laisse pas seul celui qui crie vers lui dans sa détresse, qui le prie avec confiance. (lire la suite)
Si bien que « même quand je marche dans une vallée pleine d’ombre, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (Psaume 23, 4). Tu es avec moi quand bien même je n’ai pas conscience de cette présence, quand bien même j’ai oublié que tu es effectivement présent et agissant dans mon âme en état de grâce.
D’où l’exhortation du prophète Isaïe (50, 10) : « Quiconque chemine dans les ténèbres, sans voir aucune lueur, qu’il se confie dans le nom du Seigneur, et qu’il s’appuie sur son Dieu. »
En vérité, « Seigneur des armées, heureux l’homme qui se confie en toi » (Psaume 84, 13), ou, comme l’affirme le psaume 2, psaume de la filiation divine, « heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance » (Psaume 2, 12), car ils ne seront pas déçus.
L’assurance que donne la confiance en Dieu parcourt toute la Révélation : « Non, aucun de ceux qui espèrent en toi ne sera confondu », alors que « ceux-là seront confondus qui sont infidèles sans cause » (Psaume 25, 3), c’est-à-dire sans raison valable, tout simplement par malice, parce qu’ils préfèrent le péché à l’amour de Dieu. « Voici que ceux qui s’éloignent de toi périssent ; tu extermines tous ceux qui te sont infidèles » (Psaume 73, 27). Ils se condamnent eux-mêmes irrémédiablement aux peines de l’enfer, à la mort éternelle. Ils s’excluent de l’Amour. Ils se placent volontairement en dehors de la vie de Dieu, qui nous est offerte si généreusement par le Christ, qui est lui-même la Vie (Jean 14, 6).
(à suivre…)
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mardi 26 juin 2012
Fête de saint Josémaria
Fête de saint Josémaria
Aujourd'hui, alors que l'Eglise fête saint Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei, je propose de l'écouter nous dire la raison d'être de cette institution de l'Eglise catholique. "L'Œuvre est née pour contribuer à ce que ces chrétiens, insérés dans le tissu de la société civile — par leur famille, leurs amitiés, leur travail professionnel, leurs nobles aspirations —, comprennent que leur vie, telle qu'elle est, peut être l'occasion d'une rencontre avec le Christ, c'est-à-dire qu'elle est un chemin de sainteté et d'apostolat. Le Christ est présent à toute tâche humaine honnête : l'existence d'un chrétien ordinaire — qui paraît peut-être quelconque et mesquine à d'aucuns — peut et doit être une vie sainte et sanctifiante. (...) (lire la suite) Et comme la plupart des chrétiens reçoivent de Dieu la mission de sanctifier le monde du dedans, en demeurant au milieu des structures temporelles, l'Opus Dei s’attache à leur faire découvrir cette mission divine, en leur montrant que la vocation humaine — la vocation professionnelle, familiale et sociale — ne s'oppose pas à la vocation surnaturelle ; bien au contraire, elle en est partie intégrante. L'Opus Dei a pour mission unique et exclusive de diffuser ce message — qui est un message évangélique — parmi les gens qui vivent et travaillent dans la société, en quelque milieu et en quelque profession que ce soit. Et à ceux qui comprennent cet idéal de sainteté, l’Œuvre fournit les moyens spirituels et la formation doctrinale, ascétique et apostolique qui sont nécessaires pour l'atteindre" (Entretiens avec Mgr Escriva, n° 60).
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lundi 25 juin 2012
Une parole de vie (2)
Une parole de vie (2)
(((Début de la note))). (lire la suite) Comme le pape Benoît XVI l’a déclaré, sur le mode du constat bien expérimenté, là où Jésus-Christ « arrive, le découragement cède le pas à l’espérance, la bonté chasse les incertitudes et une force vigoureuse ouvre l’horizon à des perspectives inhabituelles et bénéfiques » (Benoît XVI, Discours à l’aéroport de La Havane, 28 mars 2012).
Tout change, en effet, avec la présence de Jésus-Christ. « Seigneur, à qui irions-nous ? », à qui d’autre que toi ? Tu es notre Dieu et notre Sauveur. Nous croyons que « c’est de la part de Dieu que tu es venu en docteur. Personne, en effet, ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui » (Jean 3, 2). Tu as donné ta vie pour notre rachat : Jésus-Christ « s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de se faire, en nous purifiant, un peuple qui lui appartienne, et qui soit zélé pour les bonnes œuvres » (Tite 2, 14). Tu as tenu parole, Seigneur. Tu avais promis, en effet : « Je suis venu pour que l’on ait la vie, et qu’on l’ait en abondance (cf. Jean 10, 10), surabondante même.
Ta Parole qui a été créatrice au commencement de notre monde – « Dieu dit : « Que la lumière soit » et la lumière fut » (Genèse 1, 3) – a été recréatrice : Jésus « la lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde » (Jean 1, 9). « Je t'adjure par le Dieu vivant de nous dire, si tu es le Christ, le Fils de Dieu ? » La réponse est nette, sans détour, une réponse qui résonne dans le palais du grand prêtre : « Jésus lui dit : « Tu l'as dit » (Matthieu 25, 63-64). Cette parole va conduire Jésus au gibet de la Croix. En même temps elle nous ouvre les portes du paradis. Oui, à qui d’autre pourrions-nous aller si nous voulons posséder la vie, et la vie éternelle ?
Nous écoutons avec joie et reconnaissance cette parole à l’efficacité éprouvée. Une parole qui est non seulement communication d’un message, comme la parole humaine, qui transmet un savoir, une information ou qui donne un avis, une orientation. Mais une parole qui est vivante : « Oui, elle est vivante, la Parole de Dieu, efficace, plus affilée qu’un glaive à deux tranchants, démêlant les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature ne peut se dérober à ses regards, tout est à nu et sans masque aux yeux de celui dont nous parlons » (Hébreux 4, 12-13). Et cette vie qu’elle nous donne, c’est la Vie avec un « v » majuscule, la Vie même du père, que nous sommes invités à partager pour les siècles sans fin.
(fin)
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dimanche 24 juin 2012
Une parole de vie (1)
Une parole de vie (1)
Dans son long discours apologétique devant le sanhédrin, le diacre Étienne, qui va devenir le protomartyr, le premier d’une interminable litanie de martyrs qui fleurissent siècle après siècle, rapporte que Moïse « fut un intermédiaire entre l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï et nos pères » et qu’il a reçu de lui, pour nous les donner, « des paroles pleines de vie » (Actes 7, 38). La Parole de Dieu ne peut que donner la vie et la vie éternelle : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie » (Jean 6, 63). Ce que Simon-Pierre reconnaît explicitement : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68), et toi seul les prononces.
Les apôtres, puis tous les baptisés de toutes les époques sous toutes les latitudes, sont dépositaires de cette Parole. Nous annonçons Jésus, (lire la suite) le Fils de Dieu, venu parmi nous et ressuscité. Et nous proclamons que le « salut n’est en aucun autre, car il n’est sous le ciel, d’entre les noms qui se donnent chez les hommes, aucun autre qui doive nous sauver » (Actes 4, 12), car Jésus est « le chef de la vie » (Actes 3, 15). En effet, « en lui était la Vie, et la Vie était la lumière des hommes » (Jean 1, 4). Une Vie que le Seigneur tient de son Père : « De même, en effet, que le Père a la vie en lui, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui » (Jean 5, 26). C’est pourquoi il pourra proclamer : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6).
Nous possédons Jésus par la foi. Nous le possédons plus encore par le baptême. Nous le recevons de façon encore plus intime et étroite dans l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Cette Parole devient pour nous source de vie éternelle. Elle se fait vivante en nous. Nous la recevons pour la transmettre. La vie chrétienne est indissociablement par nature appel à la sainteté et à l’apostolat (concile Vatican II, décret Apostolicam actuositatem, n° 2).
C’est la mission reçue par les apôtres qui nous échoit à nous aussi : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28, 19). Lorsque certains des apôtres ont été incarcérés par le grand prêtre et par les Sadducéens, un ange de Dieu vient nuitamment leur ouvrir les portes de la prison et leur dit : « Allez et tenez-vous dans le Temple pour annoncer au peuple toutes ces paroles de vie » (Actes 5, 20), car « le juste vit de la foi » (Romains 1, 17). « Ayez foi en moi » (Jean 14, 1). Ajoutons foi dans le Maître qui affirme qu’il est allé nous « préparer une place » (Jean 14, 3) auprès de son Père et notre Père (cf. Jean 20, 17).
Le Seigneur veut nous prendre avec lui : « Je veux que là où je serai, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils puissent voir ma gloire, cette gloire dont tu m’as fait don, parce que tu m’as aimé avant la création du monde » (Jean 17, 23-24), cette gloire qu’un « fils unique tient de son Père, tout plein de grâce et de vérité » (Jean 1, 14). Il veut que nous partagions son existence, parce qu’il sait bien que c’est la source de notre vrai bonheur, d’une félicité garantie envers et contre tout.
(à suivre…)
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samedi 23 juin 2012
Dieu ne fait pas acception des personnes (3)
Dieu ne fait pas acception des personnes (3)
Paul, l’apôtre des Gentils, sera amené à dresser un constat identique. Il annonce que ce seront « tribulations et angoisse pour toute âme d’homme qui fait le mal, Juif d’abord, puis Grec ; mais gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, Juif d’abord, puis Grec, car Dieu ne fait pas acception de personnes » (Romains 2, 11).
Pierre reviendra à la charge en écrivant « aux élus qui résident comme étrangers dans la Diaspora du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l’Asie et de la Bithynie » (1 Pierre 1, 1). Il les exhorte en ces termes : « Si vous invoquez comme Père celui qui, sans faire acception de personne [puisqu’il a appelé à son Église des hommes et des femmes de toutes origines], juge chacun selon ses œuvres, (lire la suite) vivez dans la crainte tant que durera votre pèlerinage [sur la terre], sachant que vous avez été tirés du genre de vie insensé que vous teniez de vos pères, non par des choses périssables, argent ou or, mais par le sang précieux de l’agneau sans défaut et sans tache qu’est le Christ » (1 Pierre 1, 17-19), qui « est apparu pour ôter les péchés » (1 Jean 3, 5).
Puissions-nous, avec eux, avec les premiers chrétiens, ne pas faire nous non plus acception de personnes, n’exclure personne de notre prière et de notre action évangélisatrice – « toutes les âmes nous intéressent, cent âmes sur cent, sans discrimination d’aucune sorte, convaincu que Jésus-Christ nous a tous rachetés, et qu’il veut se servir d’un petit nombre, malgré notre nullité personnelle, pour faire connaître ce salut » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9) -, faisant nôtre en définitive de façon très concrète la prière poignante du Christ en Croix rapportée plus haut (cf. Luc 23, 34), une supplication qui, de toute évidence, met en pratique de façon héroïque ce principe fondamental de ne pas faire acception de personnes.
(fin)
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vendredi 22 juin 2012
Dieu ne fait pas acception des personnes (2)
Dieu ne fait pas acception des personnes (2)
Saint Paul nous raconte qu’il est monté à Jérusalem « à la suite d’une révélation » (Galates 2, 2) et qu’il y est allé pour exposer aux notables, c’est-à-dire les « colonnes de l’Église » que sont Pierre, Jacques et Jean, l’Évangile qu’il prêchait aux païens. Il leur expose le contenu de sa prédication « de peur de courir ou d’avoir couru pour rien » (Galates 2, 2) pendant les quatorze premières années écoulées (cf. Galates 2, 1). Il s’adresse à eux parce que ce sont eux qui peuvent assurer l’authenticité de son message. Mais, souligne-t-il, « peu m’importe ce qu’ils pouvaient être : Dieu ne fait pas acception des personnes » (Galates 2, 6). Certes, les apôtres sont constitués en autorité, mais tous et chacun ont leur place et leur rôle à tenir dans l’Église et dans la proclamation de l’Évangile. C’est une idée qui vient de loin et qui a une longue tradition derrière elle. Même si elle est loin d’avoir été comprise par les hommes. Et les Juifs pieux du temps de Jésus ont jeté l’anathème sur tous ceux qui n’appartenaient pas au peuple élu, ainsi que sur certaines catégories de la population considérées comme impures, tels que les lépreux ou les publicains.
(lire la suite)
Or, le Seigneur Dieu les avait invités à circoncire leur cœur (Deutéronome 10, 16), car, révélait-il, « le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, vaillant et redoutable, qui ne fait pas acception de personnes » (Deutéronome 10, 17).
Il aime son peuple, tout son peuple. Et s’il est obligé de châtier ses infidélités, il ne lui retire pas pour autant son Amour. Mais il envoie ses messagers et ses prophètes pour essayer de le remettre à chaque fois sur le droit chemin et d’assurer ainsi son bonheur. De tous, il attend le repentir, car, proclame-t-il, « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir » (Luc 5, 32).
Quand Simon-Pierre a été invité, au cours d’une vision, à se rendre chez le centurion Corneille, un « homme pieux et craignant Dieu » (Actes 10, 2), mais un païen tout de même, résidant à Césarée Maritime, pour l’instruire, lui et toute sa maisonnée, il prend la parole à l’invitation de son hôte : « Maintenant nous sommes tous réunis en présence de Dieu pour entendre tout ce que le Seigneur t’a prescrit de dire » (Actes 10, 33). Ses premiers mots sont l’expression de son émerveillement devant la nouvelle mission qui l’attend, face aux perspectives d’évangélisation élargie au monde païen : « En vérité, je me rends compte que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais que, dans toute nation, celui qui le craint et qui pratique la justice dans ses œuvres lui est agréable » (Actes 10, 34).
C’est comme une découverte inattendue qui le remplit d’aise et de joie. Car « nous savons que Dieu n’exauce pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux et fait sa volonté, celui-là, il l’exauce » (Jean 9, 31). Corneille n’appartient-il pas justement à cette catégorie de personnes pieuses, lui qui « faisait beaucoup d’aumônes au peuple et priait Dieu continuellement » (Actes 10, 2) ?
(à suivre…)
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jeudi 21 juin 2012
Dieu ne fait pas acception des personnes (1)
Dieu ne fait pas acception des personnes (1)
Quand le Seigneur Dieu envoie Samuel chez Jessé le Bethléemite pour qu’il choisisse parmi ses fils le roi qu’il s’est réservé comme successeur de Saül, « qu’il a rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël » (1 Samuel 16, 1), Samuel est séduit par la prestance du premier des enfants qui se présente, le dénommé Éliab. Mais Dieu lui fait comprendre que ce n’est pas lui son élu : « Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai écarté. Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Dieu regarde au cœur » (1 Samuel 16, 7). De fait, ce ne sera que le tout petit dernier, le huitième fils d’Éliab, pour lequel le Tout-Puissant dira : « C’est lui » (1 Samuel 16, 12). Il s’agit de David, qui sera un serviteur particulièrement cher au Cœur de Dieu, car c’est de sa lignée que devra descendre le Messie, le Rédempteur de l’homme.
(lire la suite)
Cet épisode de l’histoire d’Israël, si lourd de signification et de conséquences, renferme un enseignement précieux : Dieu ne fait pas acception de personne. Il ne juge pas d’après les apparences, selon l’extérieur de l’homme, mais en fonction de son cœur. Il ne rejette personne, à moins d’être lui-même rejeté par les hommes. Car « celui qui vous rejette me rejette ; or celui qui me rejette, rejette celui qui m'a envoyé » (Luc 10, 13). Et encore… Il enverra précisément son Fils, le Messie, pour tenter de ramener au bercail les brebis perdues et dispersées (cf. Michée 4, 6).
Ce sera une grande découverte qui s’imposera aux apôtres et aux premières communautés chrétiennes quand ils comprendront qu’ils sont chargés d’annoncer l’Évangile non seulement à leurs compatriotes juifs mais aussi aux gentils, c’est-à-dire aux païens de l’époque, au monde non juif. Car Dieu ne regarde pas la condition humaine, mais veut que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). Il apporte le salut à tous, sans exception, quelles que soient leur origine, leur situation, leur culture. Indépendamment même de leur credo. Et c’est pour tous, pour l’humanité tout entière, qu’il implore du haut de la croix le pardon de son Père : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34), ils ne se rendent pas compte des conséquences de leurs péchés.
(à suivre…)
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L’âme de la France
Comment dire, mes frères, tout ce qu’évoque en mon esprit, en mon âme, comme dans l’âme et dans l’esprit de tout catholique, je dirais même dans toute âme droite et dans tout esprit cultivé, le seul nom de Notre-Dame de Paris ! Car ici c’est l’âme même de la France, l’âme de la fille aînée de l’Église, qui parle à mon âme. Âme de la France d’aujourd’hui qui vient dire ses aspirations, ses angoisses et sa prière ; âme de la France de jadis dont la voix, remontant des profondeurs d’un passé quatorze fois séculaire, évoquant les Gesta Dei per Francos, parmi les épreuves aussi bien que parmi les triomphes, sonne aux heures critiques comme un chant de noble fierté et d’imperturbable espérance. Voix de Clovis et de Clotilde, voix de Charlemagne, voix de saint Louis surtout, en cette île où il semble vivre encore et qu’il a parée, en la Sainte Chapelle, de la plus glorieuse et de la plus sainte des couronnes ; voix aussi des grands docteurs de l’Université de Paris, des maîtres dans la foi et dans la sainteté… Cardinal Pacelli (futur Serviteur de Dieu Pie XII), Discours dans la cathédrale Notre-Dame-de-Paris , 13 juillet 1937.
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mercredi 20 juin 2012
L’âme de la France
Comment dire, mes frères, tout ce qu’évoque en mon esprit, en mon âme, comme dans l’âme et dans l’esprit de tout catholique, je dirais même dans toute âme droite et dans tout esprit cultivé, le seul nom de Notre-Dame de Paris ! Car ici c’est l’âme même de la France, l’âme de la fille aînée de l’Église, qui parle à mon âme. Âme de la France d’aujourd’hui qui vient dire ses aspirations, ses angoisses et sa prière ; âme de la France de jadis dont la voix, remontant des profondeurs d’un passé quatorze fois séculaire, évoquant les Gesta Dei per Francos, parmi les épreuves aussi bien que parmi les triomphes, sonne aux heures critiques comme un chant de noble fierté et d’imperturbable espérance. Voix de Clovis et de Clotilde, voix de Charlemagne, voix de saint Louis surtout, en cette île où il semble vivre encore et qu’il a parée, en la Sainte Chapelle, de la plus glorieuse et de la plus sainte des couronnes ; voix aussi des grands docteurs de l’Université de Paris, des maîtres dans la foi et dans la sainteté… Cardinal Pacelli (futur Serviteur de Dieu Pie XII), Discours dans la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, 13 juillet 1937.
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mardi 19 juin 2012
La vocation de la France
Nous avons une responsabilité, celle de jouer le rôle de la France ; ce rôle, dans mon esprit comme dans le vôtre, se confond avec un rôle chrétien. Notre pays ne serait pas ce qu'il est, c'est presque banal de le dire, s'il n'était pas d'abord un pays catholique. Partout où il m'est donné de passer, non seulement dans la métropole, mais à travers les pays de la Communauté, et souvent aussi en terre étrangère, les Françaises et les Français religieux sont présents. Je constate et salue leurs efforts, leurs mérites, et je prends acte de ce que servant Dieu, il servent aussi notre patrie. De tout cela je voudrais vous remercier très simplement, en ajoutant comme dernier mot, l'affirmation de mon entière confiance dans les destinées de notre pays. Je pense que si Dieu avait voulu que la France mourût, ce serait fait. Il ne l'a pas voulu, elle vit, l'avenir est à elle. Charles de Gaulle, Discours au pape Jean XXIII, 27 juin 1959.
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lundi 18 juin 2012
Amour de Dieu et du prochain (3)
Amour de Dieu et du prochain (3)
Le Christ n’avait-il pas lancé cette invitation pressante et exigeante : « Bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on vous calomniera de toute manière à cause de moi ! Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » ? (Matthieu 5, 11-12). Comment dans ces conditions en vouloir à ceux qui s’en prennent ainsi à Jésus à travers notre modeste personne, s’ils nous aident à accéder à la patrie céleste ? N’est-il pas logique que le Seigneur nous demande de les aimer et de prier pour eux ? Ne deviennent-ils pas en quelque sorte nos bienfaiteurs, peut-être même plus que ceux qui nous veulent du bien ? Nous constatons souvent que notre foi catholique (lire la suite) nous fait entrer dans une logique qui n’est pas celle du monde et qui, surtout, échappe à la « prudence de la chair » (Romains 8, 6) que dénonce saint Paul. Si notre Seigneur a précisé ainsi le rayon d’action de notre amour du prochain, il en a aussi indiqué la mesure : « Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés », ajoutant, pour que l’idée pénètre bien à fond dans le cœur et dans l’esprit de ses apôtres : « C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Tous le reconnaîtront, même ceux qui sont mus par la haine de Dieu et qui, de ce fait, se déchaîneront peut-être contre nous, comme ils s’en sont pris au Seigneur pour le clouer sur la Croix. « Comme je vous ai aimés », pas seulement vous, mes apôtres, mais tous les hommes de toutes les générations. « C’est à cela que nous avons reconnu l’amour : Celui-là a donné sa vie pour nous » (1 Jean 3, 16). Et « c’est quand nous étions encore pécheurs que le Christ est mort pour nous » (Romains 5, 8). C’est pourquoi l’Apôtre nous exhorte : « Vivez dans la charité, à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré lui-même pour vous en offrande et en Sacrifice d’agréable odeur fait à Dieu » (Éphésiens 5, 2). Par suite, « nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères » (1 Jean 3, 16). Or, nos frères, ce ne sont pas seulement ceux avec qui nous partageons la même foi et qui le sont à un titre tout spécial et privilégié, mais aussi tous les hommes, que le Seigneur a aimés, jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Il a prié pour ses bourreaux et pour tous ceux qui, à un degré ou un autre, ont été responsables de sa mise à mort : « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 12, 34). Aimer comme le Christ nous a aimés implique donc d’avoir cette même magnanimité et de savoir pardonner, car, loin de penser à nous-mêmes, nous voulons ardemment et sincèrement le salut des autres. (fin)
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dimanche 17 juin 2012
Amour de Dieu et du prochain (2)
Amour de Dieu et du prochain (2)
Comment serait-il possible que nous nous en rendions compte et que nous percevions combien Dieu nous aime, sans devenir à notre tour fous d’amour ? Il faut laisser ces vérités de notre foi imprégner notre âme jusqu’à ce qu’elles transforment toute notre vie. Dieu nous aime ! Lui, le Tout-Puissant, l’Omnipotent, qui a fait le ciel et la terre » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 144). Nous nous rendons compte ainsi que l’amour de Dieu nous ouvre à l’amour du prochain et que si nous critiquons celui-ci, si nous en pensons et en disons du mal, si nous participons à la médisance, si nous avons du mal à l’accepter tel qu’il est, avec ses défauts, c’est le signe que notre amour de Dieu est trop faible. C’est par là qu’il faut commencer : « Augmente en nous la foi » (Luc 17, 5), ainsi que la charité et l’espérance. (lire la suite) « Un second [commandement] lui est égal : Tu aimeras ton proche comme toi même » (Matthieu 22, 39). Ce commandement invite donc à aimer le prochain quel qu’il soit. Le Seigneur a lui-même illustré son propos pour bien nous en faire comprendre la portée en quelque sorte illimitée. Comparant la Loi nouvelle qu’il vient instaurer et qui est une Loi d’Amour, à la Loi ancienne, qui vient aussi de lui et garde son actualité, il précise en quel sens elle doit être perfectionnée. Pour le point qui nous intéresse directement ici, il proclame : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton proche, et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. Si en effet vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? » (Matthieu 5, 43-47). Puis il ajoute, en conclusion de tout l’enseignement prodigué ce jour-là sur la montagne, « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5, 48), c’est-à-dire soyez saints comme votre Père du ciel est saint. Aimer son prochain, tout prochain indistinctement, est donc un gage de sainteté, et indéniablement aussi un signe de sainteté. Parce que ce n’est ni évident ni facile. « Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez, mais ne maudissez pas » (Romains 12, 14). Comme saint Paul l’écrira, recueillant l’expérience des communautés chrétiennes : « Insultés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous encourageons » (1 Corinthiens 4, 12-13). (à suivre…)
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