samedi 8 novembre 2014
Euthanasie
L’idée même qu’un être humain puisse perdre sa valeur parce qu’il serait faible, malade ou vieux et, par là-même, dans une situation de perte d’autonomie, me paraît à vrai dire intolérable sur le plan éthique, à la limite des plus funestes doctrines des années trente. […] Que l’on s’oppose à l’acharnement thérapeutique me semble au plus haut point justifié. Reste qu’entre un prétendu geste humanitaire consistant à tuer, fût-ce par charité et un autre visant à entourer d’amour, on me permettra de choisir toujours le second. Affaire de morale, en effet. Luc Ferry, Le Figaro, 26 novembre 2009.jeudi 6 novembre 2014
Judas (4)
Judas (4)
La trahison de Judas a commencé par un petit manquement à la pauvreté. Il s’est permis un jour de prendre pour lui quelques piécettes de la bourse. Oh ! Ce n’était pas grand chose. Ce n’est jamais grand-chose au départ. C’était sans importance. Cela semblait ne rien remettre en cause. Si justement. Cela remettait en cause la fidélité, qui doit être sans faille, car c’était commencer à trahir la fidélité à son Seigneur et à ses compagnons. Cette fidélité n’était en apparence pas entamée dans l’immédiat. Mais l’amour de l’argent allait insensiblement grignoter du terrain et remplacer l’amour de Dieu au point que Judas soit capable de franchir le pas et d’aller livrer, d’aller vendre son Maître pour une poignée de pièces de monnaie, pour « trente pièces d’argent » (Matthieu 26, 15).
(lire la suite)
Un marché dont il est le dupe, car ce n’est pas cela qui va lui permettre de mener une vie indépendante de Jésus. C’est dire à quel aveuglement l’on peut parvenir quand l’on ne sait pas rectifier, quand l’on ne demande pas pardon et que l’on ne prend pas la ferme résolution de lutter, de ne plus recommencer à faire le mal.
Cela a commencé par une peccadille et tout a fini par la honte de la trahison, suivie de la pendaison de l’ex-apôtre, « devenu enflé, il a crevé par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues » (Actes 1, 18) ; et peut-être sa damnation éternelle, quoi que nous puissions compter sur la miséricorde divine. Judas n’est pas foncièrement pervers. Il n’a pas résisté à l’attrait des biens de ce monde…
Mais il a aussi manqué d’espérance. Son comportement nous montre bien comme cette vertu est belle et importante ! Car Judas a reconnu la sainteté du Christ : « J’ai péché, dit-il, en livrant un sang innocent » (Matthieu 27, 4). Il s’est repenti du crime qu’il avait commis en le livrant lamentablement aux grands prêtres et aux Anciens du peuple. Il a pris l’argent de sa trahison, qui lui brûlait les mains et il « le jeta dans le sanctuaire » (Matthieu 25, 5). Mais il a manqué d’espérance et, pris de remords, il « se retira et alla se pendre » (Matthieu 25, 5). S’il avait eu un tant soit peu d’espérance, il aurait pu reprendre sa place parmi les Douze et devenir un grand apôtre, comme les autres. De toute façon, nous ne savons pas ce qui s’est passé entre Dieu et lui au dernier moment.
En tout cas, nous comprenons que les grands saints aient insisté sur la nécessité de bien vivre la vertu de pauvreté, de savoir être détaché des biens matériels. Et le plus sera le mieux.
(fin)
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mardi 4 novembre 2014
Judas (3)
Judas (3)
La vie qui est si belle et joyeuse avec notre Seigneur, comme il est facile d’en faire l’expérience, devient de plus en plus aigrie et intolérable pour lui. Là où les autres respirent un air frais, sans cesse renouvelé, parce que Jésus ne parle pas comme les scribes et les pharisiens (cf. Marc 1, 22), mais avec une autorité naturelle (cf. Marc 1, 32), qui attire, qui enthousiasme, lui, il étouffe comme dans un carcan, dont il finit pas décider de se libérer, mais de mauvaise manière.
L’exemple de Judas est là pour nous montrer jusqu’où peut aller l’appât du gain, (lire la suite) même modeste, le fait de ne pas savoir vivre la pauvreté. Judas détient la bourse commune, et s’y sert selon ses besoins, c’est-à-dire selon les nécessités qu’il se crée, et qui ne cessent d’augmenter, comme de bien entendu. Il agit en cachette, à l’insu des autres, qui sont à cent lieues d’imaginer son comportement ignoble. Eux qui sont si prompts à discuter et à se disputer pour des broutilles (cf. Luc 9, 46-47), ils auraient là un vrai motif pour s’enflammer et donner libre cours à leur colère. Mais, en dehors de Jésus, qui n’est pas dupe et a repéré dès le premier instant les manipulations frauduleuses de Judas, nul ne s’en rend compte. Qu’il n’y ait pas grand-chose dans la bourse ne surprend pas les autres, parce qu’elle reste rarement pleine longtemps. Autant dire même jamais. Jésus est prodigue en libéralités, et le groupe des apôtres et des disciples se contente d’une vie frugale. Mais Judas, lui, a des besoins particuliers à satisfaire. Il agit à la dérobée. Il ne s’empare pas de grosses sommes à la fois. Non. Il procède par petites touches. Puisqu’il n’est pas repéré, il s’enhardit, et la fréquence de ses menus larcins s’accélère. De fil en aiguille, cela doit faire un beau magot, qu’il dépense pour satisfaire ses caprices. Il est étrangement habile pour tout dissimuler et ne rien laisser paraître. Il n’y pas chez lui l’ombre de « signes extérieurs de richesse », comme on dit. Tout semble normal dans son attitude. Il sait les éviter soigneusement.
Et ainsi, progressivement, son esprit ne se sépare plus de cette bourse qui pend à sa ceinture et qu’il caresse furtivement à longueur de journée, soupesant ce qu’il pourra en retirer. Il ne cesse d’y penser, Judas, il la tâte avec volupté, avec convoitise. Son cœur s’y attache de plus en plus. Et quand le Seigneur a enseigné que nul ne peut servir deux maîtres à la fois, « car où il aimera l’un et haïra l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » (Luc 16, 13), il a vite fait d’étouffer la voix de sa conscience et d’éteindre tout remords quant à sa conduite. Il a déjà choisi son maître, à vrai dire, même s’il continue de cheminer avec Jésus et les onze autres. Mais son cœur, sa tête sont ailleurs. Il trépigne de rage quand il voit Marie briser un vase de parfum d’un grand prix pour en oindre la tête et les pieds du Seigneur chez Simon le Lépreux. Il a vite fait d’en évaluer le prix : « Trois cents deniers que l’on aurait pu donner aux pauvres » (Jean 12, 5), et sur lesquels j’aurai pu prélever ma dîme. Quelle imbécile ! C’aurait été une belle affaire. Il ne disait pas cela par souci des pauvres, dont il n’avait cure, « mais parce qu’il était voleur, et qu’ayant la bourse, il dérobait ce qu’on y mettait » (Jean 12, 6).
(à suivre…)
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dimanche 2 novembre 2014
jour des morts » me reviennent à l’esprit, ils me reviendront sur les lèvres, aujourd’hui et demain, et pendant tout le mois de novembre : « Jésus, toi qui agonises au jardin de Gethsémani, dont la sueur s’est transformée en sang, les âmes du purgatoire se languissent, elles aspirent à ta fraîcheur, ô Jésus ! » Et aussi : « Salut, Reine du ciel, Mère de miséricorde. Salut, notre espérance dans le découragement et la douleur […]. Ô Jésus, fais en sorte que nous puissions te voir après la mort. Ô Marie, obtenez pour nous ce que nous désirons ».
Jean-Paul II, Méditation, 1er novembre 1995
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samedi 1 novembre 2014
Toussaint
Toussaint
Tous les saints, tous les anges sont à nous. Nous pouvons nous servir de l’intelligence de saint Thomas, du bras de saint Michel et du cœur de Jeanne d’Arc et de Catherine de Sienne et de toutes ces ressources latentes que nous n’avons qu’à toucher pour qu’elles entrent en ébullition. Tout ce qui se fait de bien, de grand et de beau d’un bout à l’autre de la terre, tout ce qui fait de la sainteté comme un médecin dit d’un malade qu’il fait de la fièvre, c’est comme si c’était notre œuvre. L’héroïsme des missionnaires, l’inspiration des docteurs, la générosité des martyrs, le génie des artistes, la prière enflammée des clarisses et des carmélites, c’est comme si c’était nous, c’est nous !
P. Claudel interroge le Cantique des cantiques.
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vendredi 31 octobre 2014
Judas (2)
Judas (2)
Les habitants de Carioth sont peut-être comme cela, mais aucun d’eux, en dehors de Judas, n’a été choisi pour partager la vie du Rédempteur de l’humanité et pour prolonger son action dans le temps, pour devenir une colonne de l’Église à venir. Or, cette proximité de Jésus, cette intimité de tous les jours avec lui n’avaient rien de banal. Cela aurait dû exercer une influence positive irrésistible sur son cœur, qui n’excluait certes pas la faiblesse, comme on le constate chez dix des onze autres apôtres. Mais ils ont su la reconnaître et la confesser, demander pardon au Maître et reprendre leur rang. Ils ne sont pas allés se pendre lamentablement, désespérant de la bonté infinie de Jésus.
(lire la suite)
Le commerce journalier avec notre Seigneur était on ne peut plus doux, aimable, agréable. S’il y a bien quelqu’un qui savait se faire aimer, c’est Jésus, le Fils de Dieu, Dieu parfait et Homme parfait. Cette perfection absolue du Seigneur ne passait pas, ne pouvait pas passer inaperçue et se manifestait en tout, c’est-à-dire y compris dans la façon de s’adresser aux hommes, à ses apôtres en particulier, et de prendre soin d’eux, sans compter de prier et de se mortifier continuellement pour eux.
Cela ne rend que plus incompréhensible l’éloignement progressif de Judas de ce foyer ardent d’Amour. Le mystère d’iniquité s’épaissit. Judas a clairement manqué de sincérité et s’est enveloppé dans son orgueil. Il ne comprenait pas le sens profond des paraboles. Qu’importe ? Il lui suffisait de le dire et Jésus le lui aurait expliqué, au besoin à lui en particulier, s’il craignait de passer pour un imbécile aux yeux de ses collègues. Tel aspect de l’enseignement du Messie lui semblait non seulement dur à entendre (cf. Jean 6, 60), mais surtout à mettre en pratique ? Cela n’avait pas d’importance, à condition toutefois qu’il s’en ouvrît au Maître qui lui aurait éclairé les yeux et l’entendement, tout comme il expliquera plus tard à ses disciples d’Emmaüs, à partir des Écritures, comment il fallait que tout ce dont ils avaient été témoins à Jérusalem se réalisât pour que les prophéties formulées à son sujet s’accomplissent (cf. Luc 24, 25-27).
Mais Judas n’a pas l’humilité de reconnaître ouvertement, ni d’avouer qu’il est choqué par ce qu’il entend, par ce qu’il voit, plus encore peut-être par ce que le Christ demande. Il n’a pas la simplicité de lui ouvrir son âme avec confiance.
Cela ajouté à l’avarice est un double poison qui peu à peu asphyxie son âme, comme deux pinces qui se resserrent sur elle et finissent par l’étouffer, par lui enlever toute possibilité de respirer ; comme les deux faces d’un étau qui écrasent progressivement tout élan d’amour de Dieu en lui.
(à suivre…)
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mercredi 29 octobre 2014
Judas (1)
Judas (1)
« Ayant jeté les pièces d’argent dans le sanctuaire, il se retira et alla se pendre » (Matthieu 27, 5). Comment Judas en a-t-il pu arriver à une telle vilenie ? Est-il possible que son cœur fût déjà corrompu quand Jésus l’a fait sortir du rang des disciples pour le faire accéder à celui d’apôtre ? Certainement pas. Jésus le connaissait bien, comme il connaît tout de l’intérieur de l’homme, nous étant plus intime à nous que nous-mêmes, ainsi que le notait saint Augustin, à la suite d’une intense expérience intime (cf. saint Augustin, Confessions). Mais en même temps, en le choisissant pour faire partie des Douze ; notre Seigneur faisait un pari sur sa liberté et sa capacité d’être fidèle parce que lui, Jésus, l’aiderait en ce sens d’un bout à l’autre de sa vocation. Qu’est-ce qui a donc tourné la tête de Judas au point de brûler ses amours d’antan ?
(lire la suite)
Saint Jean-Paul II laisse entendre que c’est l’amour de l’argent : cette avarice a dû se conjuguer avec une soif de pouvoir qu’il entrevoyait à sa façon dans la restauration attendue du royaume d’Israël et le rôle que les Douze apôtres du Seigneur seraient amenés à y jouer, tout gens du commun qu’ils fussent. Ce qui était donc aussi une manifestation d’orgueil démesuré. Il interprétait sans doute mal la promesse de Jésus aux termes de laquelle les Douze siègeraient un jour sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (Matthieu 19, 28). Il semble d’ailleurs qu’il interprète rapidement de travers, avec une vision très humaine, tout ce que Jésus disait, le prenant au premier degré et ne sachant pas s’élever à un certain niveau d’abstraction ni aux conséquences morales à en tirer.
« Tout mon malheur est qu’à aucun moment je n’ai pu perdre mes facultés de contrôle et de critique. Je suis comme ça. Les gens de Carioth sont comme ça. Une espèce de gros bon sens. Quand j’entends dire qu’il faut tendre la joue gauche et payer aussi cher pour une heure de travail que pour dix, et haïr son père et sa mère, et laisser les morts ensevelir les morts, et maudire son figuier parce qu’il ne produit pas des abricots au mois de mars, et ne pas lever un cil sur une jolie femme, et ce défi continuel au sens commun, à la nature et à l’équité, évidemment je fais la part de l’éloquence et de l’exagération, mais je n’aime pas ça, je suis froissé. Il y a en moi un appétit de logique, ou, si vous aimez mieux, une espèce de sentiment moyen, qui n’est pas satisfait. Un instinct de la mesure. Nous sommes tous comme ça dans la cité de Carioth. En trois ans je n’ai pas entendu l’ombre d’une discussion raisonnable (P. Claudel, « Mort de Judas », Figures et Paraboles).
(à suivre…)
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dimanche 19 octobre 2014
Paul VI béatification
Alors que le pape François procède aujourd'hui à la béatification de son prédécesseur, le pape Paul VI (1963-1978), je vous indique que les encycliques de Paul VI ont fait récemment l'objet d'une première édition intégrale en français, en format numérique, que vous pouvez vous procurer pour 2 euros aux Editions Blanche de Peuterey. Bonne lecture.
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jeudi 16 octobre 2014
Fidèles et laïcs dans l'Eglise
Fidèles et laïcs dans l'Eglise
Alvaro Del Portillo, Fidèles et laïcs dans l’Eglise. Fondements de leurs statuts juridiques respectifs, Montréal, Wilson & Lafleur, coll. Gratianus, 2e éd. française, traduction de l’original et des mises à jour par D. Le TourneauDistributeur en Europe : editions@lelaurier.fr
A l'occasion de la béatification d'Alvaro del Portillo, le 27 septembre dernier, en l'année du centenaire de sa naissance, je rappelle cet ouvrage très important pour bien comprendre, entre autres, la place des laïcs dans l'Église. L’origine de cet ouvrage est un long votum, ou rapport, présenté par l’auteur au groupe de consulteurs de la commission pontificale pour la révision du code de droit canonique, chargé d’examiner le projet de texte des canons sur les droits et les devoirs des fidèles laïcs dans l’Église. (lire la suite) Alvaro del Portillo abordait avec décision une problématique qui a été très présente dans les travaux du concile Vatican II: l’identité théologique et canonique de deux concepts, celui de fidèle et celui de laïc, d’ordinaire utilisés indifféremment dans le langage ecclésiastique, mais ontologiquement différents. Ce votum a exercé une influence déterminante sur la préparation du projet de la nouvelle législation ecclésiastique.
Del Portillo se demandait : « Existe-t-il une vocation et une condition juridique spécifiques au laïc venant s’ajouter à sa vocation et à sa condition juridique générale de fidèle, de baptisé ? » Il donnait une réponse résolument positive. La vocation du laïc est certainement la vocation du fidèle du Christ, du christifidelis, avec l’appel baptismal à la sainteté et à l’apostolat, mais vécue au beau milieu des structures et des circonstances ordinaires de la vie séculière.
[…] Del Portillo tint particulièrement compte de l’ecclésiologie de Vatican II, notamment de la constitution Lumen gentium, qui voyait dans la « sécularité […] une composante théologique spécifique de l’identité du laïc chrétien : « La nature séculière est un domaine propre aux laïcs et qui les caractérise. […] De par leur vocation propre, il revient aux laïcs de chercher le royaume de Dieu en administrant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu » (n° 31/b). L’auteur affirmait certainement que les laïcs chrétiens en pleine communion ecclésiastique possédaient tous les droits et les devoirs qui leur revenaient en tant que « fidèles », mais il ajoutait qu’il était nécessaire de formuler aussi et séparément certains droits et devoirs spécifiques qui leur revenaient en tant que « fidèles laïcs ». Il n’est donc pas étonnant que ce long et riche votum ait exercé une influence sur la formulation définitive des canons sur les fidèles et sur les laïcs, aussi bien dans le Code de droit canonique promulgué en 1983, qu’indirectement sur le Code des canons des Églises orientales promulguée en 1990.
Extrait de la préface du card. J. Herranz, président émérite du Conseil pontifical des textes législatifs
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dimanche 21 septembre 2014
Béatification d'Alvaro del Portillo, le 27 septembre
Béatification d'Alvaro del Portillo, le 27 septembre
Dans cinq jours aura lieu la béatification de Mgr del Portillo. La cérémonie se déroulera à Madrid, ville dans laquelle il est né il y a exactement cent ans. Vous trouverez différents documents sur le site de l'Opus Dei en France.
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vendredi 19 septembre 2014
27 septembre : béatification d'Alvaro del Portillo
Les moyens de communication sociale se sont déjà largement fait l'écho de la béatification de Mgr Alvaro del Portillo, premier successeur de saint Josémaria et premier évêque-prélat de l'Opus Dei. La cérémonie aura lieu samedi 27 septembre, à Madrid, où le futur bienheureux est né il y a cent ans cette année. Mgr le Gall, archevêque de Toulouse, accompagne les pèlerins français et explique le sens de sa démarche. L'on peut voir sur le site de l'Opus Dei en France les déclarations des cardinaux Poupard et Tauran. Quand au cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, il célèbrera une messe d'action de grâces le lundi 29 septembre, à Paris, à 18h45, en l'église Saint-François-Xavier.
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lundi 18 août 2014
Pain et Parole (8)
Pain et Parole (8)
Le diable, lui, « est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44) depuis les origines. C’est pourquoi sa parole est une parole de mort et engendre une culture de mort, comme nous le constatons tous les jours, semant partout la haine, la désolation et le désespoir. « Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut » (Genèse 1, 3). Notre Seigneur dit : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19). Jésus s’exclame en un grand cri : Consummatum est, « c’est consommé (Jean 19, 30), et nous sommes sauvés à jamais. Voilà vraiment une Parole qui fait vivre, qui donne le goût de vivre, qui est source d’une joie communicative, qui apporte la paix profonde,
(lire la suite) la sérénité, qui ancre l’âme dans la croix rédemptrice : In hoc signum vinces, « c’est par ce signe que tu vaincras » (devise de l’empereur Constantin).
S’il ne nous fallait garder qu’un livre par devers nous, choisissons la Bible sans la moindre hésitation. Et si on l’arrachait de nos mains malgré tout, qu’importe : cette Parole révélée est inscrite dans notre cœur, au tréfonds de notre être. Elle retentit en nous jour et nuit et ne cesse de nous répéter : « Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré (Psaume 2, 7), je t’ai engendré par les souffrances de la Croix en vue de ta participation à la vie éternelle. Tiens bon, car « je serai avec vous toujours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). « Bien, serviteur bon et fidèle ; en peu tu as été fidèle, […] entre dans la joie de ton Maître » (Luc 25, 20).
(fin)
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samedi 16 août 2014
Pain et Parole (7)
Pain et Parole (7)
« Combien disent maintenant : Je voudrais voir sa forme, son visage, ses vêtements, ses chaussures ! Eh bien ! voici que tu le vois, tu le touches, tu le manges. Tu désires voir ses vêtements, mais il se donne à toi, non seulement pour que tu le voies, mais pour que tu le touches et le manges, et que le reçoives en toi ! Donc que personne ne s’approche avec un manque de confiance, personne avec tiédeur – que tous soient enflammés, tous fervents et vigilants » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur l’Évangile de saint Matthieu 82, 4). De plus, l’Amour de Dieu envers nous l’a poussé à nous promettre de faire une expérience non pas ponctuelle, unique, de sa proximité réelle d’avec nous, mais à rester en permanence au cœur de notre existence quotidienne, qui peut ainsi devenir prière, se transformer en source de sainteté, être le point de départ de l’évangélisation du monde.
(lire la suite)
Dans l’Eucharistie, nous rejoignons Jésus-Christ, « vrai Dieu et vrai homme » (Symbole d’Athanase), même si l’humanité est aussi cachée à nos yeux que la divinité (cf. hymne Adoro te). Nous nous rencontrons avec celui qui a dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Matthieu 24, 35). Elles ne passent pas puisqu’il est le Verbe consubstantiel du Père. Chaque fois que le prêtre prononce, en la personne du Christ, les paroles de la consécration, celles-là mêmes que notre Seigneur a prononcées le soir du Jeudi Saint au Cénacle, le prodige de la transsubstantiation se produit et le Ressuscité du matin de Pâques vient parmi nous et nous dit : « Paix à vous ! » (Jean 20, 19.21).
À la messe, il se produit une transformation. Je m’enferme dans la Croix pour accueillir le Christ, pour être un autre Christ, pour le laisser célébrer le saint Sacrifice. Car je suis au Calvaire, non dans une église ou une chapelle. Au Calvaire, où le Fils de Dieu s’offre à son Père pour moi et pour l’humanité tout entière.
Je me fonds dans le saint bois de la Croix, pour m’imprégner du Sang rédempteur. « Des fleuves d’eau vive sortiront de Jérusalem » (Ézéchiel 14, 8). Ils jaillissent du Golgotha. Ils surgissent de la messe, de chaque messe, quand bien même le prêtre se retrouverait tout seul. Voilà pourquoi je veux m’en imbiber au contact de mon Dieu.
« Rien n’est plus vrai que cette parole de Vérité » (hymne Adoro te). Ces mots de l’hymne eucharistique nous ont servi de point de départ pour ces réflexions sur le Pain et la Parole en lien avec la Vérité. Nous en vérifions le réalisme. Dieu « ne peut ni se tromper ni nous tromper » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 156).
(à suivre…)
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jeudi 14 août 2014
Pain et Parole (6)
Pain et Parole (6)
Le drame de l’homme contemporain est qu’il oublie que Dieu est présent au milieu de nous, plus vivant que nous ne le sommes nous-mêmes, parce que notre vie vient de lui, source de toute vie, lui qui est la Vie (cf. Jean 14, 6). C’est une vraie calamité pour nous de l’oublier à ce point et de ne pas nous précipiter toujours pour l’adorer. « L’adoration eucharistique nous soumet au rayonnement du corps et du sang du Christ qui reproduit en nous ses vertus, notamment la charité qui préside à l’institution de l’Eucharistie, l’obéissance au Père et le courage de Jésus en sa passion, la chasteté qui purifie et discipline les impulsions du corps et du sang en nous, la bienveillance et le dévouement inculqués par le Saint-Esprit. L’immobilité de l’adoration agit sans heurt (lire la suite) et engendre le mouvement des vertus avec l’efficacité discrète, patiente et sûre, qui caractérise le travail de la grâce. l’adoration contemplative et silencieuse n’est donc pas opposée à l’action vertueuse et expressive. Portant directement sur Dieu, elle ouvre la porte à l’action efficiente de la charité éclairée par la foi et la prudence spirituelle. Elle se tient à la source des vertus comme à leur fin, car elles doivent mener le croyant vers la vision admirative et aimante » (Servais Pinckaers, Plaidoyer pour la vertu, Le Muveran, Parole et Silence, 2007, p. 193).
Tel est le cheminement du chrétien qui suit la voix du Bon Pasteur. Celui-ci le conduit vers de bons pâturages (cf. Jean 10, 3), là où se trouve notre Dieu, fort, éternel et tout-puissant. Cette Parole est un puits d’eau vive « jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). Or, « tel est le pain qui descend du ciel que celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 50-51). On ne saurait être plus explicite. Nous ne pouvons donc comprendre pleinement – à la mesure, certes, de notre comprenette forcément très limitée – comprendre la Parole qu’à partir de l’Eucharistie, dans laquelle il s’est incarné, s’est fait chair de notre chair pour que nous puissions assumer notre condition d’enfants de Dieu, d’être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 26) et de nous laisser diviniser.
C’est dans le Saint-Sacrement que nous venons adorer à l’autel et dans le tabernacle que la Parole de Dieu se fait plus éloquente et nous parle de la façon la plus convaincante qui soit de l’Amour qu’il nous porte à nous, les hommes. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13). Et qu’est chaque messe, qu’est la sainte réserve eucharistique, sinon la preuve la plus tangible, la plus palpable de cet Amour ? « Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nous avons touché de nos mains pour ce qui est du Verbe de vie […], nous vous l’annonçons à vous aussi, afin que vous soyez, vous aussi, en communion avec nous » (1 Pierre 1, 1.3).
(à suivre…)
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mardi 12 août 2014
Pain et Parole (5)
Pain et Parole (5)
Ils passent à table. À ce moment-là, Jésus « prit du pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur présenté. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux » (Luc 24, 30-31). Leur cœur avait été préparé à reconnaître notre Seigneur par l’écoute de la Parole vivante qui leur avait ravivé le goût de la vie, et tout simplement donné le goût de la Vie présente dans le pain rompu, dans l’Eucharistie.
Notre Dieu n’est pas un dieu muet, comme les idoles que les païens se donnaient à eux-mêmes, « qui ont une bouche et ne parlent pas » (Psaume 115, 5). Les muets, Jésus les guérissait et leur redonnait l’usage de la parole (cf. Marc 7, 37). Notre « Dieu a parlé une seule fois » (Ps 61, 12), « parce qu’il a engendré un seul verbe (lire la suite) par qui il a tout fait. Ce Verbe, c’est sa parole. Il y a donc une seule parole de Dieu, parce qu’il y a un seul Verbe de Dieu. Un seul véritablement, parce que seule et d’un seul ; non pas développée en une pluralité d’énoncés, mais totalisée en un seul et simple verbe » (Hugues de Saint-Victor, Six opuscules spirituels, La Parole de Dieu 1). Mais cette Parole est prononcée dans un éternel présent. Elle « est efficace, plus acérée qu’aucune épée à deux tranchants, si pénétrante qu’elle va jusqu’à séparer l’âme et l’esprit, les jointures et les moelles ; elle démêle les sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4, 12).
Il n’existe qu’un Verbe, une seule Parole, mais ô combien efficace ! Jésus dit : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort se redressa sur son séant et se mit à parler » (Luc 7, 14-15). Et à un homme possédé d’un esprit impur, il ordonne : Tais-toi et sors de lui. Et le démon l’ayant jeté par terre au milieu, sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal » (Luc 4, 35). Si l’on voulait juguler la Parole de Dieu, « les pierres crieront » (Luc 19, 40).
Depuis deux mille ans, bien des puissants et d’autres à leur service, ont voulu la faire taire effectivement : « Nous vous avions expressément défendu d’enseigner en ce nom, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement » (Actes 8, 5). Cette Parole est la Vérité, que l’on veuille ou non la reconnaître pour telle. Et la Vérité finit toujours par l’emporter sur l’hypocrisie, par s’imposer au mensonge. Cette Vérité, c’est que Jésus-Christ est le Verbe du Père éternel et qu’il est tout aussi présent et actif enfermé dans cette prison d’amour qu’est le tabernacle que lorsqu’il se laissait approcher par tous les miséreux de la terre (cf. Marc 1, 32) et qu’il disait, dans sa miséricorde, « venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28) ; venez, vous tous qui languissez dans des maux les plus variés, et je vous redonnerai de la force.
(à suivre…)
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dimanche 10 août 2014
Pain et Parole (4)
Pain et Parole (4)
C’est la générosité sans limites de la présence eucharistique, ce torrent de ton amour, Seigneur, qui balaye tout sur son passage, qui nous purifie et nous fortifie, qui donne vie et robustesse. La vie partout. La vie sans cesse renouvelée. La vie offerte gratuitement. La vie jamais mesurée. « Une source sortira de la maison du Seigneur » (Joël 4, 18). Elle est sortie. Elle a jailli. Des mains et du côté transpercés de Jésus en Croix au Calvaire. Une source large, abondante, intarissable. « À celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la source de l’eau de la vie » (Apocalypse 21, 6). J’ai soif, Seigneur, j’ai soif de Toi, de ton amour. Et tu as répondu en faisant jaillir cette source de vie éternelle qu’est ta propre Vie, qui est ton Eucharistie, sacrement par excellence de ton Amour.
(lire la suite)
« La Vérité nous parle, il n’est rien de plus vrai » (hymne Adoro te). L’écoute de la Parole de Dieu prédispose à recevoir notre Seigneur dans le sacrement de l’Eucharistie. Nous le voyons clairement dans l’épisode des disciples d’Emmaüs. Ils sont totalement découragés par la tournure prise par les événements qui viennent d’avoir lieu à Jérusalem lors de la grande fête annuelle de la Pâque, qui s’en est trouvée gâchée, et du renversement dramatique de la situation qui s’est produit : « L’affaire de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en parole, devant Dieu et devant tout le peuple, et comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont fait crucifier. Nous autres, nous avions l’espoir qu’il était celui qui délivrerait Israël. En plus de cela, on en est au troisième jour depuis que ces choses sont arrivées » (Luc 24, 18-21).
Alors Jésus, qui les a rejoints sur leur route, mais en restant méconnaissable à leurs yeux de chair, se fait pédagogue et, « commençant par Moïse et continuant par tous les prophètes, il leur expliqua ce qui, dans les Écritures, le concernait » (Luc 24, 27). Ce qui, soit dit en passant, nous montre à l’évidence que le contenu de la Parole est beaucoup plus riche que nous pouvons l’imaginer et que des textes bien connus peuvent renfermer une contenu qui nous échappe jusqu’à ce que l’Esprit Saint veuille bien nous le révéler et nous éclairer…
Leur cœur se réchauffe devant un panorama qu’ils n’avaient pas découvert jusque-là, malgré leur familiarité avec les textes sacrés. Ils forcent l’inconnu à descendre chez eux : « Reste avec nous, car on arrive au soir et déjà le jour décline » (Luc 24, 29).
(à suivre…)
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vendredi 8 août 2014
Pain et Parole (3)
Pain et Parole (3)
De sorte que nous arrivons progressivement à l’identification avec Dieu que l’Apôtre avait atteint : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est que le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). Et que nous puissions dire à notre Seigneur : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 3, 34). « Je pense que l’Évangile est le Corps du Christ ; je pense que les Saintes Écritures sont son enseignement. Et quand il dit : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang » (Jean 6, 53), ses paroles se réfèrent au Mystère [eucharistique], toutefois, le Corps et le Sang du Christ sont vraiment la Parole de l’Écriture, c’est l’enseignement de Dieu.
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mercredi 6 août 2014
Pain et Parole (2)
Pain et Parole (2)
« Nous appelons cet aliment eucharistie, et personne ne peut y prendre part s’il ne croit à la vérité de notre doctrine, s’il n’a reçu le bain pour la rémission des péchés et la régénération, et s’il ne vit selon les préceptes du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain commun et une boisson commune. De même que par la vertu du Verbe de Dieu, Jésus-Christ notre Sauveur a pris chair et sang pour notre salut, de même aussi l’aliment devenu eucharistique grâce à la prière formée pat les paroles du Christ, cet aliment qui doit nourrir par assimilation notre sang et nos chairs, est la chair et le sang de ce Jésus incarné : telle est notre doctrine » (saint Justin, Apologie 1, 66). Telle est notre conviction la plus profonde, corroborée,
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lundi 4 août 2014
Pain et Parole (1)
Pain et Parole (1)
« Rien n’est plus vrai que cette Parole de Vérité » (hymne Adoro te). Quelle pauvreté dans notre langage ! Nous n’arrivons pas à exprimer correctement ce que nous ressentons et croyons de ce qui est, en effet, inexprimable en soi. Rien n’est plus vrai que cette parole, car il s’agit de la Parole, de Dieu lui-même. Et cette parole est vraiment de vérité, car elle s’identifie à la Vérité, elle est Dieu, selon ce que le Seigneur a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Seule cette parole est donc vraie, authentiquement vraie. Elle seule mérite l’assentiment inconditionnel de notre intelligence et de notre volonté, l’adhésion de la foi. C’est une parole qui ne trompe pas. Elle projette une lumière d’une extraordinaire intensité sur notre chemin de vie. Car cette Parole est assurément la Lumière qui est venue dans le monde pour annihiler les ténèbres, pour renverser le cours de l’histoire et réorienter l’homme vers les choses d’en haut (cf. Colossiens 3, 1), vers son Créateur et Père. (lire la suite)
Il n’est pas de parole plus exacte et plus précise, plus concrète et plus positive, plus utile et bienfaisante. Elle coule en nous comme le miel et le lait dans la Terre Promise (cf. Exode 3, 8), car elle est à elle seule la Jérusalem céleste, la nouvelle Terre de promission. Si le ciel est un « état de bonheur suprême et définitif » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1024), il nous fond en Dieu, il se confond avec Dieu, qui est Bonheur infini et ineffable, qui rassasie sans rassasier, auquel nous restons suspendus dans un émerveillement qui ne cesse de s’accroître et de se renouveler, qui nous fait voler de ravissement en ravissement, qui nous fait accéder à des sommets de paix et de joie.
Cette Parole est vivante, car Jésus-Christ est « le même hier et aujourd’hui, et il sera éternellement » (Hébreux 13, 8). C’est une Parole qui nourrit non seulement notre intelligence en l’éclairant sur les vérités éternelles et fondamentales, mais qui rassasie également la faim de Dieu qu’abrite notre âme. En effet, « moi je suis le pain de vie, déclare Jésus. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif » (Jean 6, 35), car nous avons là « un médicament d’immortalité, antidote de la mort et vie éternelle en Jésus-Christ » (saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens 20, 2).
Nous ne pouvons accéder au banquet eucharistique que si nous avons accueilli au préalable la Parole de Dieu qui nous révèle la vérité profonde de ce mystère sacramentel : la Parole qui nous affirme qu’elle est elle-même réellement et substantiellement enfermée dans les espèces du pain et du vin devenus le Corps et le Sang du Verbe éternel. La foi en cette vérité centrale de notre existence chrétienne doit précéder la réception du Pain des anges.
(à suivre…)
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samedi 2 août 2014
Le secret du Père (9)
Le secret du Père (9)
Ne pas rendre gloire à Dieu pour tout ce qu’il nous a donné – et il nous a donné magnanimement tout ce que nous possédons : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu de Dieu » (1 Corinthiens 4, 7) –, c’est nous approprier indûment ce qui lui appartient en propre, c’est commettre un vol, et un vol sacrilège puisque nous faisons nôtres des biens divins. (lire la suite)
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jeudi 31 juillet 2014
Le secret du Père (8)
Le secret du Père (8)
Qu’en est-il ? Nous ne pouvons pas être pris au dépourvu. Et nous ne le serons pas si nous avons tenu nos comptes au jour le jour, en faisant chaque soir un examen de conscience réaliste et objectif de la journée écoulée. « Examen. — Tâche quotidienne. — Comptabilité que ne néglige jamais celui qui gère un commerce. Or y a-t-il affaire plus importante que celle de la vie éternelle ? » (saint Josémaria, Chemin, n° 235). Cela semble indispensable pour rester éveillé et éviter toute surprise désagréable et, qui sait, irréparable.
Je prie comme priait le larron repenti » (hymne Adoro te), je te demande ce que te demandait le Bon larron : (lire la suite) « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne » (Luc 23, 42). Car seul cela compte à mes yeux. Le reste n’est que poussière que le vent emporte au gré de ses caprices ; n’est que mirage sans fondement qui n’apporte que désillusion. De fait, « tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant, et au-dessous même du néant » (sainte Thérèse d’Avila, Vie 20, 26), si jamais cela était possible. En tout cas, c’est comme si cela n’existait pas. « Devant Dieu, et c’est en définitive ce qui compte, c’est celui qui lutte pour se conduire en chrétien authentique qui emporte la victoire ; il n’existe pas de solution intermédiaire. C’est pourquoi vous connaissez tant de personnes qui devraient se sentir très heureuses, si l’on juge leur situation d’un point de vue humain, et qui cependant traînent une existence inquiète, aigrie ; elles semblent avoir de la joie à revendre, mais dès qu’on gratte un tout petit peu leur âme, l’on découvre un goût âpre, plus amer que le fiel. Cela n’arrivera à aucun de nous si nous essayons vraiment d’accomplir toujours la volonté de Dieu, de lui rendre gloire, de le louer et d’étendre son royaume à toutes les créatures » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 13).
« Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce » (Psaume 18, 2). Comment se fait-il alors que l’homme ne sache pas lui aussi rendre gloire à Dieu, de toutes ses forces et en toutes ses actions ? Comment expliquer une telle incohérence, alors qu’il est lui-même une merveille de l’amour créateur de Dieu ? N’est-ce pas une exigence intrinsèque à notre nature ? Comment pouvons-nous être dévoyés à ce point ? Certes, Dieu n’a nul besoin de cette glorification que les créatures lui apportent, « car il a en lui sa propre gloire en plénitude, une gloire qui demeure toujours. Cependant, le Christ nous demande de prier qu’il soit également glorifié par nos vies » (saint Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 19, 4). Et si tel est le désir de Dieu, qui sommes-nous pour nous y opposer ? D’autant que si lui n‘a pas besoin de notre glorification, il nous la demande pour nous glorifier par la suite, pour nous faire entrer dans la gloire de son Père.
(à suivre…)
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mercredi 30 juillet 2014
Le secret du Père (7)
Le secret du Père (7)
… Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau et, étant sorti, il se tint à l'entrée de la caverne. Et voici qu'une voix se fit entendre à lui, en disant : « Que fais-tu ici, Élie ? » Il répondit : « J'ai été plein de zèle pour le Seigneur, le Dieu des armées ; car les enfants d'Israël ont abandonné votre alliance, renversé vos autels et tué par l'épée vos prophètes » (1 Rois 19, 11-14). Quant à nous, nous ne voyons ni la divinité ni l’humanité de notre Seigneur, toutes deux cachées dans l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Nous les verrons enfin, en face à face, selon les dioptries spirituelles que nous aurons conservées. Et dans le Fils, qui nous est plus proche par sa nature humaine qu’il a voulu partager avec nous, nous verrons également le Père et le Saint-Esprit, le Très-Haut, que nous confessons être un seul Dieu. (lire la suite)
« Si le Seigneur ne bâtit sa maison, en vain les maçons peinent ; si le Seigneur ne garde la ville, en vain les gardes veillent » (Psaume 126, 1). Alors, à quoi bon ? Il faut comprendre que tout ce qui est accompli en marge de Dieu, en se passant de lui, est vain encore une fois. Ce n’est qu’« airain qui résonne ou cymbale qui retentit » (1 Corinthiens 13, 1). Un peu d’humilité nous amènerait à reconnaître que ce n’est pas notre bras qui nous a sauvés, qui nous donne la victoire, « mais c’est ta droite, et ton bras » (Psaume 44, 4). Et si tu me préserves de l’ennemi, Seigneur, c’est dans une finalité bien précise, qui t’honore toujours au plus haut point. Tu dis de nous, en effet : « Je les introduirai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel : car ma maison sera appelée maison de prière, pour tout le peuple » (Isaïe 55, 7).
Ce sera la réjouissance absolue, que rien ne peut égaler, dont rien ne peut s’approcher, ne serait-ce qu’un peu. Ah ! Vraiment, « j’étais dans la joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Psaume 122, 1), cette maison qui est une maison de prière (cf. Matthieu 21, 13), la Maison par excellence, où la contemplation du Dieu Tout-Puissant, Un et Trine, du Dieu d’Amour, ne saurait, en effet, n’être qu’une prière permanente remplie d’allégresse.
Il faut donc faire attention à tout. « Prenez garde, car vous ne savez pas quand le moment viendra » (Marc 13, 33) de se présenter devant l’Éternel et de s’entendre dire : « Rends-moi compte de ton intendance » (Luc 16, 2), de la façon dont tu as administré les talents dont je t’ai gratifié, selon tes capacités (cf. Matthieu 25, 15). Sois bien conscient de ce que je ne t’ai rien demandé d’extraordinaire ou qui passât tes forces. Car moi, qui suis fidèle, je ne permettrai « pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; en outre, avec la tentation, [je vous ménagerai] aussi la possibilité d’y échapper en ayant la force de la supporter » (1 Corinthiens 10, 13).
(à suivre…)
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lundi 28 juillet 2014
Le secret du Père (6)
Le secret du Père (6)
Notre Seigneur revient à la charge, recourant cette fois-ci à l’artifice linguistique de la parabole : « Sachez-le bien, si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'heure que vous ne pensez pas que le Fils de l'homme viendra. » (Luc 12, 39-40). C’est on ne peut plus clair, en effet. Qui serait assez insensé pour ne pas prendre les dispositions opportunes afin d’empêcher les voleurs d’entrer chez lui ? Mais ces mesures se doivent d’être radicales, sans la moindre concession à la paresse, à la commodité, à la sensualité, à l’auto complaisance, à la gourmandise, à la jalousie, à la critique, etc. Car le moindre de ces points pourrait être une faille dans le système d’alarme et rendre inopérant l’ensemble des sûretés mises en place.
(lire la suite)
Simon-Pierre a bien enregistré ces mises en garde du Maître. Il les reprend à son compte : « Il viendra, le jour du Seigneur, comme un voleur : en ce jour, les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, et la terre avec les ouvrages qu’on y trouve sera consumée » (2 Pierre 3, 10). Le tout disparaîtra à tout jamais, et fera place aux « cieux nouveaux et à la terre nouvelle » (cf. Apocalypse 21, 1). « On ne se rappellera plus le passé et il ne reviendra plus à l’esprit » (Isaïe 65, 17). Cette remarque a son importance pour ceux qui s’inquiètent de ce qu’ils feront au ciel et qui pensent que l’on peut y être malheureux ou éprouver de la tristesse en pensant au mal que les hommes ont commis. Cela ne pourra plus être de mise.
« Tenez-vous donc prêts, vous autres, car c’est à une heure imprévue que va venir le Fils de l’homme » (Matthieu 24, 44). Et le Seigneur revient à la charge : « Donc veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25, 13), mais il viendra. C’est une certitude. Nous ne pouvons pas nous endormir. Attendons ce moment avec impatience, qu’il survienne alors que nous cheminons encore sur terre ou quand nous aurons déjà quitté ce monde. Nous voulons assister à la récapitulation de toutes choses dans le Christ (cf. Éphésiens 1, 10).
À présent « nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Corinthiens 13, 12). Il a été donné au prophète Élie de percevoir la présence de Dieu mais sans voir notre Dieu : « Le Seigneur dit : ‘Sors, et tiens-toi dans la montagne devant le Seigneur, car voici que le Seigneur va passer.’ Et il y eut, devant le Seigneur, un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : le Seigneur n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre : le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : le Seigneur n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger…
(à suivre…)
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samedi 26 juillet 2014
Le secret du Père (5)
Le secret du Père (5)
Ils croient du coup que « le fléau déchaîné passera et ne les atteindra pas ; car nous nous sommes fait du mensonge un refuge, et dans la tromperie nous nous cachons » (Isaïe 28, 15). Mais la Sagesse les traite d’insensés. Ils sont dignes d’appartenir à la mort… Mais il est question ici, hélas, de la mort éternelle. Certains l’ont effectivement choisie délibérément, obstinément. « Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot "enfer" » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1033). Que pouvons-nous y faire ? Dieu lui-même s’est interdit absolument d’exercer la moindre coercition sur eux.
(lire la suite)
Ils s’agacent de constater que tout le monde ne les suit pas, ne se comporte pas comme eux. Du juste, ils disent : « Sa vie ne ressemble pas aux autres vies » (Sagesse 2, 15), il n’est « pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ni encore comme ce publicain » (Luc 18, 11). Ce qui n’est pas pleinement exact. Car, d’abord et avant tout, elle s’efforce de ressembler à la vie de notre Seigneur, qui est lui-même la Vie en acte. C’est là d’ailleurs la seule et unique vie qui vaille vraiment la peine d’être vécue. Cela, les impies ne peuvent pas le saisir. C’est pourquoi ils estiment que nos voies sont étranges (cf. Sagesse 2, 15). En cela, ils ont raison, car « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, - oracle du Seigneur » (Isaïe 55, 9).
Car, en définitive, il est quand même singulier que l’homme arrive ainsi à déformer en profondeur l’image et la ressemblance de Dieu auxquelles il a été créé (cf. Genèse 1, 26) et qui sont donc inscrites dans sa nature de manière indélébile, qui le définissent même par rapport à tout le reste de la création. « Car Dieu a créé l’homme pour la vie éternelle, et il l’a fait à l’image de sa propre nature. Mais c’est par l’envie du diable que la mort s’est introduite dans le monde, mort qu’éprouveront les sujets du diable » (Sagesse 2, 23-25).
A eux, plus qu’à tout autre, s’applique cette mise en garde de l’Apôtre : « Le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : ‘Paix et sécurité’, alors, subitement, fondra sur eux la ruine, comme les douleurs sur la femme enceinte ; et ils ne pourront pas y échapper » (1 Thessaloniciens 5, 2-3).
(à suivre…)
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jeudi 24 juillet 2014
Le secret du Père (4)
Le secret du Père (4)
L
’histoire du Salut est toujours instructive pour nous. Il convient de la méditer pour en tirer des enseignements pratiques. C’est ce que le Seigneur nous invite à faire, en nous remémorant la catastrophe qu’a représenté le Déluge universel du temps de Noé : « Car de même que dans les jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on épousait et on était épousé, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et qu'ils ne surent rien, jusqu'à la venue du déluge qui les emporta tous, ainsi sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. Alors, de deux (hommes) qui seront dans un champ, l'un sera pris, l'autre laissé ; de deux femmes qui seront à moudre à la meule, l'une sera prise, l'autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur doit venir » (Matthieu 24, 38-42). La conclusion reste la même : « Veillez », veillez et priez pour ne pas entrer en tentation « pour ne pas être en butte à l’épreuve » (Matthieu 26, 41). (lire la suite)
Veiller suppose de se maintenir en permanence dans une attitude de prière, accompagnée et d’une maîtrise empreinte de délicatesse de tous nos sens. C’est ce que nous propose l’ascèse chrétienne pour suivre le Christ de près. C’est à ce prix que nous ne nous endormirons pas du triste sommeil évoqué plus haut, sommeil qui ouvre la porte à tous les diables possibles.
Veillez, pour ne pas laisser le diable ne serait-ce que s’approcher du sanctuaire de notre âme, a fortiori y établir son campement, en faire comme sa forteresse à partir de laquelle il peut lancer des opérations offensives contre d’autres âmes. Il s’agit donc de rejeter énergiquement toute pensée, toute idée, tout projet qui n’est pas entièrement de Dieu, dès le tout premier instant, de a jusqu’à z. « Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable. » Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon » (pape François, Homélie de la messe avec les cardinaux, chapelle Sixtine, 14 mars 2013).
Mais si nous le faisons nous sommes bien évidemment à charge pour beaucoup. La seule présence du juste contrarie les impies, nous dit l’auteur inspiré : « Traquons le juste, puisqu’il nous est à charge » (Sagesse 2, 12). Sa vue est devenue insupportable aux impies en tout genre, qui « appellent la mort du geste et de la voix ; la regardant comme une amie, ils se passionnent pour elle, il font alliance avec elle, et ils sont dignes, en effet, de lui appartenir « Sagesse 1, 16).
(à suivre…)
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mardi 22 juillet 2014
Le secret du Père (3)
Le secret du Père (3)
« Il est un cas qui doit nous faire souffrir par-dessus tout : celui des chrétiens qui pourraient donner bien davantage et ne se décident pas, qui pourraient se donner à fond, en vivant toutes les conséquences de leur vocation d’enfants de Dieu, mais qui résistent devant la perspective d’être généreux. Nous, les hommes, nous sommes exposés à nous laisser envahir par le sommeil de l’égoïsme et de la superficialité, à laisser notre cœur se disperser en mille expériences éphémères, à esquiver la recherche en profondeur du véritable sens des réalités terrestres. […] Tandis que les hommes s’étaient assoupis, surgit le semeur d’ivraie, comme dit le Seigneur dans l’une de ses paraboles.
Triste chose que ce sommeil qui étouffe la dignité de l’homme et le rend esclave de la tristesse » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 147). (lire la suite)
« Ce que je vous dis, à vous, dites-le à tous : Veillez ! » (Marc 13, 37). En effet, prévient encore le Seigneur, « voici que je viens comme un voleur. Heureux qui veille et qui garde ses vêtements pour n’avoir pas à aller nu et ne pas laisser voir sa nudité ! » (Apocalypse 16, 15) et être ainsi objet de dérision pour les autres. Mais toi, Seigneur, « tu m’as revêtu des vêtements du salut et m’as couvert du manteau de la justice, comme le fiancé ceint un turban, comme la fiancée se pare de ses joyaux » (Isaïe 61, 10).
La mise en garde est constante : « Montre-toi vigilant et consolide ce qui est et qui allait périr », parce que « tu penses être en vie, alors que tu es mort » (Apocalypse 3, 2.1). C’est un danger qui guette celui qui se laisse aller, en pensant qu’il a tout le temps devant lui pour rectifier, qui repousse indéfiniment le moment de se confesser, qui n’attache pas d’importance à l’état de son âme installée dans l’inconfort du péché, qui reste insensible à cette situation mortifère et aux droits de Dieu…
Nous pouvons protester de notre allégeance et crier « Seigneur, Seigneur ! » (cf. Matthieu 7, 21), mais nos dires doivent être corroborés par nos œuvres, car la foi sans les œuvres est morte (cf. Jacques 2, 17). « Souviens-toi donc de l’accueil que tu as fait à la prédication ; retiens-la et repose-toi. Mais si tu n’es pas vigilant, je viendrai comme un voleur, sans que tu saches à quelle heure et à quel jour je te surprendrai » (Apocalypse 3, 3). Nous avons peut-être là une certaine ouverture pour ceux qui restent éveillés et fidèles à leur poste : pour eux, la surprise sera moindre et, en tout cas, elle n’aura rien de désagréable, bien au contraire. Car cette venue du Fils sera aussi celle du Père et de l’Esprit Saint, ce dernier continuant de nous inciter à répéter « Abba ! Père ! » (Galates 4, 6) et d’intercéder pour nous avec des « gémissement ineffables » (Romains 8, 26).
(à suivre…)
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dimanche 20 juillet 2014
Le secret du Père (2)
Le secret du Père (2)
Oui, pour nous, « notre secours est dans le nom du Seigneur » (Psaume 124, 8). Conservons donc le regard tourné vers les réalités célestes : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite ne serve plus [littéralement : qu’elle se dessèche]. Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne garde pas ton souvenir, si je n’élève Jérusalem au premier rang de mes prières » (Psaume 137, 5-6). Telle est la lamentation des exilés à Babylone, qui aspirent à retourner au pays. Mais ne sommes-nous pas des exilés dans cette « vallée de larmes » (Salve Regina
), de passage ici-bas, dans l’attente de l’accès à la patrie céleste, quand Dieu voudra bien nous l’ouvrir enfin ? (lire la suite)
Seulement ce voyage, ce grand voyage vers l’éternité, interviendra au moment choisi par Dieu de toute éternité, indépendamment de notre volonté et de nos aspirations. Ce qui importe, c’est d’être prêt à rencontrer notre Dieu. « Que vos reins restent ceints et vos lampes allumées [nous songeons spontanément aux vierges sages de la parabole : cf. Matthieu 25, 1-13]. Et vous-mêmes, soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, afin de lui ouvrir aussitôt qu’il arrivera et frappera » (Luc 12, 35-36).
Il ne frappe pas à n’importe quelle porte. Il ne s’agit pas d’une porte matérielle, mais d’un accès spirituel, de l’accès à notre âme. C’est ce qu’exprime le texte si souvent commenté du livre de l’Apocalypse (3, 20) : « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, je rentrerai chez lui, et je dînerai avec lui et lui avec moi. » Ce « chez lui », c’est en réalité chez Dieu, car nous lui appartenons : « Tu es à moi » (Psaume 2, 7). Il a établi sa demeure en nous. Mieux encore, en prenant possession de notre âme au moment de notre baptême, il se l’est pleinement, définitivement, approprié. Il en est devenu vraiment le premier propriétaire avec tous les titres que cela comporte. Il vient donc chez lui, et le serviteur que nous sommes doit s’empresser de lui ouvrir la porte pour qu’il rentre dans son domicile.
Cette arrivée sera impromptue, en tout état de cause. « Que ce soit à la seconde ou à la troisième veille qu’il arrive, et qu’il les trouve ainsi [ses serviteurs], heureux seront-ils ! » (Luc 12, 38). « Veillez donc, car vous ne savez pas quand va revenir le maître de la maison : ou le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou le matin. Il ne faut pas que, revenant à l’improviste, il vous trouve endormis » (Marc 13, 35-36), comme dans le cas des ouvriers de la parabole qui ont laissé à l’ennemi l’occasion de semer l’ivraie au milieu du blé, au risque que celui-ci soit étouffé par la mauvaise plante (cf. Matthieu 13, 24-30).
(à suivre…)
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vendredi 18 juillet 2014
Le secret du Père (1)
Le secret du Père (1)
Il est écrit que le Fils de l’homme, c’est-à-dire notre Seigneur Jésus-Christ, doit revenir dans sa gloire, à la fin des temps. « Et il enverra ses anges au son de la trompette, et ils rassembleront ses élus des quatre points de l’horizon, d’une extrémité des cieux à l’autre » (Matthieu 24, 31). Quand cela se produira-t-il ? C’est le secret de Dieu le Père : « Quant à ce jour-là et cette heure-là, nul n’en sait rien, pas même les anges des cieux : il n’y a que le Père qui le sache, lui seul » (Matthieu 24, 36). L’évangéliste saint Marc précise – notons qu’il rapporte les propos de Jésus-Christ – que le Fils lui-même ignore ce jour et cette heure de son propre retour dans le monde (cf. Marc 13, 32).
(lire la suite)
Cela peut sembler mystérieux. Et ce l’est de fait. Cela fait partie, en effet, des mystères insondables du Salut et de la distribution, de la répartition par Dieu des biens salvifiques, qui les donne à qui il veut et quand il le veut, car il fait ce qu’il veut de ce qui lui appartient (cf. Matthieu 20, 15). L’homme n’a aucun droit par rapport à la divinité. Il a certes des droits dans l’horizontalité de la vie ecclésiale, dont celui de recevoir avec abondance précisément les moyens de salut que sont avant tout la Parole de Dieu et les sacrements (cf. code de droit canonique, canon 213), mais il ne possède pas de droit dans la verticalité de sa relation avec Dieu. Celui-ci est le maître absolu du jeu. De même qu’il a envoyé « son Fils né d’une femme, né sous la Loi », « quand les temps furent accomplis » (Galates 4, 4), pareillement il l’enverra de nouveau quand les temps – le temps de l’Église pérégrinante – se seront accomplis.
C’est un délai dont nous ignorons la durée. Heureusement, pourrait-on dire. Car si nous savions à quel moment Jésus-Christ devait revenir, il y a fort à parier que nous nous accorderions toutes sortes de licences, que nous nous relâcherions, totalement peut-être, dans notre comportement, avec l’intention de nous réconcilier in extremis avec Dieu. Mais la droiture d’intention et un vrai repentir de nos fautes existeraient-ils alors ? Ce sont pourtant des conditions indispensables à la réception du pardon de Dieu. Et, en leur absence, celui-ci ne pourrait être accordé à l’homme, qui s’y serait fermé lui-même.
Lorsque ses apôtres demandèrent à notre Seigneur, qui est sur le point de remonter auprès de son Père, si l’heure a enfin sonné du rétablissement « du royaume au profit d’Israël », il leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître le jour et l’heure que le Père a fixé de sa propre autorité (Actes des apôtres 1, 7). Quant à vous, accomplissez les œuvres du Père tant qu’il fait jour, car « la nuit va venir : alors personne ne pourra plus les accomplir » (Jean 9, 4). Et n’oubliez pas que « le secours de l’homme est chose vaine » (Psaume 108, 13).
(à suivre…)
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mercredi 16 juillet 2014
Droiture d’intention (8)
Droiture d’intention (8)
Mais « Élisée répondit : Vive le Seigneur devant qui je me trouve ! Je n’accepterai pas ! Et comme il le pressait d’accepter, il refusa » (2 Rois 5,15-16), car il n’a pas agi pour son propre compte ni pour sa gloire, mais pour le compte et la gloire de Dieu. Il a promis ce miracle en agissant au nom de Dieu. Car il ne peut rien faire par lui-même (cf. Jean 5, 9). « Que signifie ce ‘par lui-même’ ? Si vous l’entendez en son vrai sens, vous y verrez l’étroite union de Jésus avec son Père, l’identité de leur substance, en un mot, la consubstantialité du Père et du Fils. Que signifie donc ‘Il ne peut rien par lui-même’ ? Qu’il ne peut rien faire qui lui soit propre en dehors de son Père, rien de personnel, de distinct, rien d’étranger au Père, (lire la suite) rien d’autre enfin que ce que fait le Père ; car ce que fait l’un, l’autre le fait aussi. Donc le mot, il ne peut rien faire par lui-même, n’est la négation ni de sa liberté, ni de sa puissance, mais la manifestation de l’union du père et du Fils, le témoignage de leur accord, de leur étroite union, le signe enfin de leur identité » (saint Jean Chrysostome, Sur ces mots ‘Le Fils ne fait rien de lui-même, etc.’ 6).
Alors Naaman dit : « Sinon, permets que l’on donne de la terre à ton serviteur, la charge de deux mulets ; car ton serviteur n’offrira plus holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur. Mais qu’en ceci le seigneur pardonne à ton serviteur : Quand mon maître entre dans la maison de Rimmon pour y adorer et qu’il s’appuie sur ma main, je me prosterne aussi dans la maison de Rimmon, quand il se prosterne dans la maison de Rimmon ; daigne le Seigneur pardonner cela à ton serviteur ! Élisée dit : Va en paix. Et il le quitta » (2 Rois 5, 17-19).
Non seulement Naaman est guéri de la lèpre, mais son cœur a été écarté de l’idolâtrie. Il sait désormais que toutes les idoles sont vaines et, s’il est contraint de se prosterner devant elles, c’est le Seigneur, le dieu d’Israël, le seul vrai Dieu, qu’il adore en lui-même, c’est à lui et uniquement à lui qu’il veut être fidèle.
(fin)
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lundi 14 juillet 2014
Droiture d’intention (7)
Droiture d’intention (7)
Vexé et humilié, Naaman se dit : « Les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? » (2 Rois 5, 12). Qu’en sait-il ? C’est un réflexe quelque peu nationaliste. Il n’y a aucune raison en soi pour que leurs eaux soient meilleures, ni pour qu’elles soient moins bonnes. « Ne puis-je pas m’y laver et redevenir pur ? » (2 Rois 5, 12). Peut-être. Mais pourquoi ne pas l’avoir fait ? Tu n’y as jamais pensé. Nul de tes médecins ne te l’a prescrit. Et le prophète te fait une proposition toute simple et tu ne t’arrêterais pas à prendre en considération ? (lire la suite)
« Il s’en retourna enflammé de colère » (2 Rois 5, 13), d’une colère qui l’aveugle et l’empêche de raisonner sainement. Il se demande comment il va présenter l’affaire au roi à son retour au pays. Mais « les méchants sont pour [les bons] une occasion involontaire de vertu » (saint Augustin, Le livre des dix-sept questions sur l’Évangile selon saint Matthieu 12, 2). Jugeant la situation ridicule et le comportement de leur maître totalement injustifié, excessif, « ses serviteurs s’approchèrent pour lui parler et ils lui dirent : ‘Mon père, si le prophète t’avait demandé une chose considérable, ne le ferais-tu pas ? » (2 Rois 5, 13). S’il t’avait commandé d’accomplir un exploit, comme tu sais en faire, ne t’y serais-tu pas lancé bien volontiers à corps perdu, ô Maître ?
« Sans l’ombre d’un doute. Mais ce qu’il m’a demandé est ridicule. L’on ne se moque pas comme cela de Naaman. Il peut être encore heureux que je ne me venge pas de son affront. »
« Maître, Maître, « combien plus, quand il t’a dit : ’Lave-toi et sois pur’ » (2 Rois 5, 13), tu devrais le faire, puisque c’est si simple. Tu devrais au moins essayer. Et tu verrais bien si les eaux de l’Abana et du Parpar sont meilleures que celle du Jourdain…
Comprenant que ses serviteurs s’exprimaient avec sagesse et se souvenant peut-être d’avoir entendu dire un jour cette parole : « Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond » (Psaume 16,6), Naaman se ravisa, et « il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu : et sa chair redevint comme la chair d’un petit enfant et il fut purifié » (2 Rois 5, 14). C’était aussi simple que cela. Trop simple de prime abord. Mais il nous arrive de tout compliquer parce que nous tenons à nos idées et à nos plans et que nous refusons de rectifier notre intention tordue.
Ses serviteurs ont réussi à faire fléchir Naaman. « Alors il retourna vers l’homme de Dieu, avec toute sa suite. Quand il fut arrivé, il se présenta à lui et lui dit : ‘Voici donc que je sais qu’il n’y a pas de Dieu sur la terre, si ce n’est en Israël » (2 Rois 5, 15).
- « Que ce peuple sache que toi, Seigneur, tu es le Dieu, et que c’est toi qui as retourné entièrement [son] cœur » (1 Roi 18, 37). « Qu’ils sachent que toi – ton nom est le Seigneur – tu es seul le Très-Haut sur toute la terre » (Psaume 83, 19).
Et Naaman d’ajouter : « Et maintenant, accepte donc un présent de la part de ton serviteur » (2 Rois 5, 15). Naaman se considère serviteur d’Élisée. Il est revenu de sa superbe. Il est vrai qu’il est en dette envers lui.
(à suivre…)
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