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samedi 8 septembre 2007

Le dernier combat de Caroline Aigle raconté par son mari


Le dernier combat de Caroline Aigle raconté par son mari

Le commandant Caroline Aigle, première femme pilote de chasse, est décédée brutalement le 21 août dernier d'un cancer foudroyant à l'âge de 32 ans, suscitant une très vive émotion dans le monde militaire et de l'aviation. Mercredi matin sur RTL, son mari a témoigné pour la première fois. Il parle du parcours professionnel hors du commun de sa femme et raconte avec pudeur son dernier combat. Caroline Aigle, avant de mourir, a donné la vie à un petit garçon, (lire la suite) son deuxième enfant.
Elle était enceinte lorsqu'on a diagnostiqué sa maladie
La jeune femme, atteinte d'un mélanome, a choisi de ne pas mettre un terme à sa grossesse même si les médecins le lui conseillaient, en raison du risque d'accélérer sa maladie. L'enfant, qui est né après cinq mois et demi de grossesse, s'appelle Gabriel. Il est toujours hospitalisé mais les nouvelles sont rassurantes.
De la promotion 1997 de l'École de l'air et polytechnicienne, elle avait obtenu son brevet de pilote de chasse le 28 mai 1999. Caroline Aigle avait passé ensuite sept ans au sein de l'escadron de chasse "Côte d'Or" sur Mirage 2000-5 à Dijon avant de rejoindre en septembre 2006 la division "Sécurité des vols" du commandement des forces aériennes à Metz. Née le 12 septembre 1974 à Montauban, elle totalisait près de 1.600 heures de vol.
Caroline Aigle était aussi une sportive accomplie, championne de France militaire de triathlon 1997, championne du monde militaire de triathlon par équipe 1997 et vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe 1999.
(exclusivité RTL)

Saluons le courage et l'affection maternelle de cette maman. En vérité, « il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jean 14, 13).

La Nativite de Marie

La Nativité de Marie

L'Église fête aujourd'hui la nativité de la Vierge Marie. Du latin nativitas, le mot veut dire « naissance ». Il est bien normal que, comme dans toute famille digne de ce nom, nous, les enfants de Dieu, nous célébrions la naissance de celle qui est vraiment la Mère de Dieu - c'est-à-dire de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui est devenu un homme en son sein - et notre Mère - d'une façon spirituelle.
Les artistes se sont plus à représenter trois générations ensemble (lire la suite) : ce sont les « Anne trinitaires », appelées Anna Selbdritt dans les pays germaniques, le plus souvent des statues de sainte Anne, qui, selon la tradition, était la mère de Marie, portant celle-ci sur ses genoux, alors que Marie porte à son tour l'Enfant Jésus sur ses genoux, ou bien Jésus et Marie en compagnie de sainte Anne, qui les porte parfois tous les deux dans ses bras.
Mais, en faisant preuve de plus d'imagination encore, et s'appuyant sur les écrits apocryphes, c'est-à-dire ceux que l'Église catholique n'a pas reconnus comme
inspirés par l'Esprit Saint et qu'elle a donc exclus du canon, ou liste, des écrits canoniques ou normatifs, les artistes donc ont rivalisé pour présenter la « Sainte Parenté » de Jésus, à savoir ses parents, Marie et Joseph, ses grands parents maternels, saint Joachim et sainte Anne, ses oncles et tantes et leurs enfants, ces derniers étant qualifiés dans les Évangiles de « frères et sœurs » de Jésus, terme polyvalent dans les langues sémites, qui n'ont pas de terme approprié pour distinguer les cousins et cousines des frères et sœurs.
Nous aimons tous avoir chez nous, dans notre portefeuille ou sur l'écran de notre ordinateur la photo de notre famille plus ou moins élargie. Nous avons peut-être même un arbre généalogique quelque part. Un de mes oncles, artiste-peintre, a fait un tableau de l'arbre généalogique de ma famille, tableau qui est accroché au mur chez ma mère...
C'est dans ce même esprit que nous comprenons fort bien cet intérêt et cet empressement, non seulement des artistes, mais du peuple chrétien lui-même, à se représenter la famille humaine de Jésus, pour laquelle nous éprouvons une grande vénération. D'autant qu'elle comporte beaucoup de saints et non des moindres : saint Joseph et la Sainte Vierge, bien entendu, saint Joachim et sainte Anne, déjà cités, sainte Élisabeth, cousine de Marie, saint Jean-Baptiste, et cinq apôtres : saint Jacques le Mineur, saint Simon, saint Jude, saint Jacques le Majeur, saint Jean l'Évangéliste.

vendredi 7 septembre 2007

Pierre Lefresne


Pierre Lefresne


Ami internaute, qui que tu sois, si tu sais prier, merci de prier pour Pierre Lefresne, prêtre de la prélature de l'Opus Dei qui est décédé accidentellement dans la nuit de mercredi à jeudi.
Voici le communiqué du Service Information-Communication de l'Opus Dei en France :

Décès de l'abbé Pierre Lefresne
Un prêtre de l’Opus Dei décède dans le Massif de la Chartreuse


06/09/2007 Communiqué du Service Information-communication de l'Opus Dei en France.
Deux prêtres de l’Opus Dei, l’abbé Antoine Galles et l’abbé Pierre Lefresne sont partis mercredi 5 septembre au matin en excursion dans le massif de la Chartreuse. Au retour, tardif et presque de nuit, l'abbé Lefresne a fait une chute en essayant de prendre un raccourci assez escarpé, et a sans doute reçu un fort choc à la tête. Compte tenu de l'obscurité qui s'installait, les deux prêtres ont décidé de se reposer à même le sol. Au petit matin, l’abbé Galles s'est aperçu du décès de l'abbé Lefresne lorsqu'il a essayé de le réveiller.

Les deux prêtres ont été retrouvés dans la matinée par une des équipes de la gendarmerie nationale parties à leur recherche.

L’abbé Lefresne, 63 ans, a été à la tête de l'Opus Dei en France en tant que Vicaire régional pendant 4 ans, de 1984 à 1988. Il avait été ordonné prêtre en 1981 par Jean-Paul II. Il a exercé son activité pastorale dans plusieurs villes, Paris, Strasbourg, Rennes, Marseille. Il était connu pour sa rigueur intellectuelle -c'était un ancien chercheur au CNRS- son sens de l'humour et sa politesse en toute circonstance. Accueillant et prudent dans ses conseils, il était très apprécié dans son travail sacerdotal. Son décès représente une grande perte pour l’Opus Dei.

Les jeux video (4)

Les jeux vidéo (4)

Jeux vidéo et éducation

Si l'on additionne le temps qu'un jeune a consacré aux jeux vidéo, à la fin de ses études (entre 12 et 18 ans) il aura vécu 7000 heures dans un contexte virtuel. Le réalisme des images (souvent des courts métrages joués par de vrais acteurs) et les rebondissements de l'histoire racontée captivent les usagers au point qu'il faut se poser des questions sur leur influence sur l'éducation. L'histoire et les images transmettent une vision de l'homme qui marque les jeunes (lire la suite) au moins autant que les modèles littéraires ou cinématographiques.
Les jeux vidéo offrent présentent des possibilités éducatives indéniables : influence positive en ce qui concerne l'initiation à l'informatique (ceci est particulièrement important pour les filles, qui n'utilisent pas autant la technologie que les garçons) ; apprentissage des langues ou de l'histoire, développement du raisonnement symbolique ou de la vision spatiale ; une certaine capacité de socialisation, si l’on joue à plusieurs. Mais, pour profiter de tels avantages il faut que les parents et éducateurs connaissent ce monde et arrivent à aider l'enfant à choisir ses jeux en discernant leur contenu.
Plusieurs chercheurs en Psychologie ou Pédagogie ont exploré l'influence de ces contenus sur les enfants, ainsi que le possible rapport entre ce type de loisirs et l'échec scolaire. Je vais présenter une synthèse de leurs études.
En fait, on n'a toujours pas eu de résultats clairs. Bien qu’une étude canadienne de 1998 démontre qu'un adolescent sur quatre jouant à des jeux vidéo ressent une forme de dépendance.
a) Le problème de l'accoutumance
C'est le danger qui a été pointé en premier. Les enfants consacrent trop d'heures au jeu, diminuant d'autant leur investissement scolaire. Cependant les spécialistes sont divisés sur la dépendance. Les résultats indiquant une baisse du rendement scolaire, ou du temps consacré à la vie sociale et sportive, ainsi que des problèmes de discipline à l'école, ne concernent que la catégorie des joueurs les plus assidus. D'autre part, l'interdiction pure et simple de ces activités ne ferait que déplacer le problème, les jeunes se rabattant sur les amis, d'autres jeux, le sport ou la télévision. Comme pour la ludopathie, plutôt qu'incriminer ces pratiques, il faudrait traiter le manque de motivation des personnes pour les activités socialement admises. « Il est facile de jeter le blâme sur les fabricants de jeux vidéo, explique la psychologue Francine Nadeau. Mais plutôt que de se laisser distraire par ce qui se passe sur l'écran, les parents feraient mieux d'être plus attentifs à ce qui se passe à la maison. Parce que la dépendance à ces jeux peut être le symptôme d'une vie familiale déséquilibrée », par un investissement déficient des parents. D’ailleurs, se centrer sur la dépendance comme seul problème reviendrait à banaliser ces jeux dès lors qu'elle n'est pas établie. Aucun des extrêmes n'est adéquat.
Le vrai problème de la dépendance est celui du désordre intérieur, faute d'une bonne gestion du repos et des loisirs. Une mauvaise éducation dans ce domaine produit des pertes de temps qui, à une période clé de l'existence, seront parfois impossibles à rattraper. Il est vrai que les jeux vidéo, qui captivent au point de perdre la notion du temps, montrent de façon aiguë le problème de la personne. Plutôt que de les interdire, il importe d'éduquer à la responsabilité dans l'utilisation du temps libre.

(à suivre...)

jeudi 6 septembre 2007

Les jeux video (3)

Les jeux vidéo (3)

Voici eux exemples de jeux vidéos, parmi ceux qui ont été les plus vendus à Noël 2005.

1. La série "The Sims"
C'était à l'origine un « simulateur de la vie courante », bon enfant : ni sang, ni violence, ni gros mots... L'estéthique minimaliste, de petites figures qui évoluent sur l'écran... on dirait une maison de poupées. (lire la suite) On considère que c'est grâce à lui que les filles sont entrées dans le monde des jeux vidéo.
Les Sims 2 est devenu un vrai « simulateur de la vie affective », interdit aux mineurs de 13 ans aux U.S.A. Le joueur orchestre les liaisons des personnages, lesquelles peuvent aller dans n'importe quel sens, l'homosexualité étant présentée comme normale. Comme cela restait encore trop « bon enfant », des suppléments sont proposés avec des contenus davantage « pour adultes »: Étudiants, Nightime ou Deluxe.

2. GTA San Andreas
Nouvelle version du Grand Theft Auto (grand vol de voitures), version californienne. L'histoire met dans le rôle de Carl Jones, un ex-incarcéré qui évolue dans le monde des gangs de la côte Ouest des États-Unis. Le jeu offre un large répertoire de violence, un fort contenu sexuel, consommation de drogues et langage ordurier, voire blasphématoire. Les missions à accomplir consistent à se bagarrer avec d'autres bandes, lyncher un trafiquant, contrôler des prostituées, sans compter les classiques poursuites, fusillades etc. L'imagination dans le meurtre est valorisée. Si les choses tournent mal, on peut se refaire une santé en mangeant des hamburgers ou en visitant une femme (qu'il vaut mieux tuer après le rendez-vous...). Même si certains jeunes disent rejeter ces contenus, ils y jouent assidûment à cause de la richesse du scénario et du nombre de véhicules que l'on peut piloter : vous pouvez voler une grande quantité de voitures, rouler aussi en moto, piloter des avions, des hélicoptères... Il est réservé aux majeurs de 18 ans est s'est vendu à plus de 12 millions d'exemplaires.

(à suivre...)

mercredi 5 septembre 2007

Les jeux video (2)

Les jeux vidéo (2)

Les types de jeux vidéo

Selon la façon de jouer et les habiletés sollicitées, nous avons :
a) les Jeux d'arcade. À un rythme rapide, demandant un temps de réaction minimal et très peu de stratégie, le joueur cherche à améliorer son score ou à passer au niveau supérieur. Il s'agit de :
- Plate-formes semées d'obstacles à surmonter par un héros type Super Mario.
- Labyrinthes avec des dangers et en plus des questions à répondre pour obtenir de nouvelles ressources. Le plus classique est (lire la suite) Pacman.
- Sports, comme la course automobile classique à 4 commandes (accélérateur, frein, volant droite et gauche), par exempe Need for Speed.
- Combats, à l'action trépidante. On dépasse un niveau après avoir éliminé un certain nombre d'ennemis. Du plus classique, Space invaders, sont nés Doom ou d'autres plus sophistiqués mêlant l'adresse des plates-formes et labyrinthes à l'aventure d'histoires plus complexes (Half Life 2, Return to Castle Wolfenstein).
b) les Jeux de stratégie. La réflexion est davantage sollicitée, car la victoire est atteinte au bout d'épreuves variées et de diverses stratégies, d'où une plus grande durée des jeux. Chacun assume un rôle, souvent historique, et les aspects narratifs sont soignés. L'on pourrait distinguer dans cette catégorie :
- Stratégie pure, où il faut planifier, administrer les ressources, donner des ordres, que ce soit militaire (Command and Conquer, Civilization, Hearths of Iron, Age of Empires, War Craft) ou de gestion pacifique d'une ville, entreprise, hôpital, etc. (Railroad Tycoon, Theme Park, Theme hospital, Simcity).
- Aventures graphiques, où le joueur-héros doit accomplir une mission ou résoudre un mystère, affrontant d'innombrables ennemis, résolvant de petites énigmes à force de logique et d'intuition. L'histoire a une dimension narrative importante, avec des rebondissements, des surprises, etc. Les personnages sont tirés du cinéma ou de la littérature comme dans les séries de G. Lucas, Indiana Jones ou Monkey Island ; bien que dernièrement, ce soit plutôt le cinéma qui s'inspire des jeux vidéo, avec la série de Tomb Raider et sa protagoniste Lara Croft, qui est plus un jeu d'arcade et de réflexes que de stratégie. Les jeux d'horreur existent aussi (Blair Witch Project, Rustin Parr, Silent Hill 2 et 3), avec parfois des concessions à l'érotisme.
- Jeux de rôle, dérivés de ces jeux de société, mais avec l'ordinateur comme directeur. Les joueurs peuvent créer leur propre personnage, en combinant des qualités comme le courage, la force, l'intelligence ; celles-ci grandiront au fur et à mesure que le jeu réussit. Cela donne des parties très ouvertes, assez imprévisibles et très longues. Ces jeux sont bien adaptés au jeu sur internet.
- les Jeux de simulation, de situations complexes ou d'appareils sophistiqués. Le temps de réaction compte beaucoup moins que l'étude de la situation et l'adresse aux commandes (elle demande parfois un entraînement soutenu). On peut distinguer :
- Simulateurs instrumentaux, par exemple de la cabine d'un avion commercial (Flight Simulator) ou de combat.
- Simulateurs sportifs, d'un grand réalisme et très complexes, le plus connu étant la série FIFA 2000 (actualisée chaque année).
- « Simulateurs de Dieu », où le joueur dirige à son gré le destin des personnages, comme dans The Sims et The Singles. Il n'y a pas de mission claire et tout l'intérêt réside dans la gestion des situations humaines.
- les Jeux de société classiques, mais avec l'ordinateur comme seul support : on peut jouer aux échecs, aux dames, au Monopoly , au Trivial Pursuit, etc.

(à suivre...)

mardi 4 septembre 2007

Les jeux video (1)


Les jeux vidéo (1)

Introduction

Les jeux vidéo sont des logiciels informatiques destinés aux loisirs, intégrant technologies audio et vidéo. Leur succès très rapide (depuis 25 ans à peine) a motivé l'apparition d'une industrie spécialisée qui offre des produits pour ordinateurs personnels, consoles de jeux, « game-boys » et téléphones portables. C'est le secteur audiovisuel le plus porteur, dont (lire la suite) les recettes dépasses celles de l'indutrie du cinéma et celles de la musique.
Des études par tranches d'âge en Italie (ce serait la moyenne internationale) donnent une consommation de 0,5 à 2 heures par jour pour 88,3% des 14-19 ans, contre 73,6% des 20-24 ans, 56,6% des 25-34 ans, 46,8% des 35-44 ans et 27% des 45-54 ans. Cela dit, les enfants grandissent et d'autres données semblent indiquer que les plus grands consommateurs actuels sont les jeunes gens entre 18 et 35 ans.
L’évidente emprise psychologique de ces activités sur les jeunes pousse les éducateurs à se pencher sur la question.
Je vais donner ici quelques précisions d'abord sur les types de jeux vidéo existants, en apportant ensuite l'exemple de deux jeux parmi les plus répandus, avant de voir les implications de ces jeux avec l'éducation des jeunes : problème de l'accoutumance, traitement de la violence, de l'affectivité et du sexe, rôle des éducateurs et en particulier des parents, pour former la volonté des jeunes.

(à suivre...)

dimanche 2 septembre 2007

3 septembre : saint Gregoire le Grand


3 septembre : saint Grégoire le Grand


Nous fêtons aujourd'hui saint Grégoire le Grand, Pape et Docteur de l'Église (v. 540-604). « Sa figure singulière, presque unique, disait Benoît XVI, est un exemple à proposer aussi bien aux pasteurs de l'Église qu'aux administrateurs publics : il fut en effet d'abord Préfet, puis évêque de Rome. Comme fonctionnaire impérial, il se distingua par son sens de l'administration et son intégrité morale, si bien qu'à l'âge de trente ans seulement il assuma la plus haute charge civile de Praefectus Urbis. En lui grandissait toutefois (lire la suite) la vocation à la vie monastique qu'il embrassa en 574, à la mort de son père. La Règle bénédictine devint alors le fondement de sa vie. Même lorsqu'il fut envoyé par le Pape comme son représentant auprès de l'Empereur d'Orient, à Constantinople, il conserva un style de vie monastique, simple et pauvre.
Rappelé à Rome, il fut un proche collaborateur du Pape Pélage II, tout en vivant au monastère, et lorsque ce dernier mourut, victime d'une épidémie de peste, Grégoire fut acclamé par tous comme son successeur. Il tenta par tous les moyens de fuir cette nomination mais dut finalement se rendre et, abandonnant le couvent à contrecœur, il se consacra à la communauté, conscient d'accomplir un devoir et d'être un simple « serviteur des serviteurs de Dieu ». « Celui qui est conscient de devoir guider les autres par décret de la volonté divine, mais dédaigne cette prééminence, n'est pas vraiment humble, écrit-il. Si, en revanche, il est soumis aux dispositions divines et étranger au vice de l'obstination, et est déjà doté des dons avec lesquels il peut servir les autres, lorsque la plus haute dignité du gouvernement des âmes lui est imposée, avec le coeur il doit la fuir, mais même contre son gré, il doit obéir » (Règle pastorale, I, 6). C'est une sorte de dialogue que le Pape entretient avec lui-même à ce moment-là. Avec une clairvoyance prophétique, Grégoire eut l'intuition qu'une nouvelle civilisation était en train de naître de la rencontre entre l'héritage romain et les peuples dits « barbares », grâce à la force de cohésion et d'élévation morale du Christianisme. Le monachisme se révélait une richesse non seulement pour l'Église mais pour la société tout entière.
De santé fragile mais de fort tempérament moral, saint Grégoire le Grand accomplit une importante action pastorale et civile. Il a laissé une vaste correspondance, d'admirables homélies, un célèbre commentaire du Livre de Job et ses écrits sur la vie de saint Benoît, en plus de nombreux textes liturgiques, célèbres pour la réforme du chant qui, en s'inspirant de son nom, fut appelé « grégorien ». Mais son œuvre la plus célèbre est sans aucun doute la Règle pastorale, qui a eu pour le clergé la même importance que la Règle de saint Benoît pour les moines du Moyen Âge. La vie du pasteur d'âmes doit être une synthèse équilibrée de contemplation et d'action, animée par l'amour qui « atteint des sommets très hauts lorsqu'il se penche, miséricordieux, sur les maux profonds des autres. La capacité de se pencher sur la misère de l'autre est la mesure de la force de l'élan vers le haut » (II, 5). Les Pères du Concile Vatican II se sont inspirés de cet enseignement, toujours actuel, pour définir la figure du pasteur de notre temps. Prions la Vierge Marie afin que l'exemple et l'enseignement de saint Grégoire le Grand soit suivi par les pasteurs de l'Église, ainsi que par les responsables des institutions civiles.
»

Benoît XVI, Angélus, 3 septembre 2006.

La jeunesse s'engage (6 et fin)

La jeunesse s'engage (6 et fin)

En tout état de cause, le jeune doit à son tour poser à Dieu la question « Que dois-je faire ? », et la poser dans « cet espace intérieur particulier où il a appris à être en relation intime avec Dieu, avant tout dans la prière ». Il y apprend le projet de Dieu pour sa vie, et que cette tâche que Dieu lui a assignée dans le plan de salut « est laissée entièrement à sa liberté, et qu'elle est déterminée en même temps par diverses circonstances de nature intérieure et extérieure » (Jean-Paul II, Lettre Dilecti amici, n° 9). La réponse à la vocation dépend donc de la liberté de chacun, de (lire la suite) son désir d'aimer Dieu ou non, de s'aimer soi-même et les biens de ce monde, comme le jeune homme riche, ou d'aimer vraiment Dieu sans détour, sans compromis. Découvrir « la vocation pour la vie » de chacun est « une tâche personnelle fascinante ». « En accomplissant cette tâche, ajoutait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, vous développez et vous faites croître votre humanité, tandis que votre jeune personnalité acquiert peu à peu sa maturité. Vous vous enracinez en ce qu'est chacun et chacune de vous, pour devenir ce qu'il doit devenir : pour soi, pour les hommes, pour Dieu » (Ibid.), un chrétien fier de sa foi et conscient de sa responsabilité de la faire rayonner dans le monde.

(fin)

samedi 1 septembre 2007

La jeunesse s'engage (5)


La jeunesse s'engage (5)


Quand nous voyons tant d'églises fermées dans nos campagnes et l'âge des prêtres qui les desservent, nous comprenons le besoin que des jeunes s'engagent dans le sacerdoce, fassent don de leur vie pour leurs frères, les hommes et les femmes de notre temps et construisent pour ceux qui viendront ensuite. Cette dimension du don de son « est non seulement « supérieure » à la dimension des seules obligations morales exprimées par les commandements, mais elle est aussi « plus profonde » qu'elles et plus fondamentale » (Jean Paul II, Lettre Dilecti amici, n° 8). Il nous faut prier, prier beaucoup et faire prier, pour que le Seigneur envoie les prêtres dont son Église a besoin pour réaliser sa tâche missionnaire.
Ce don de soi des jeunes s'exprime (lire la suite) aussi par la réponse à la vocation à la vie consacrée, dans la pratique des « conseils évangéliques », qui rend un témoignage des réalités de la vie à venir.
Ce don de soi peut-être également une invitation à vivre la vocation universelle à la sainteté dont le concile Vatican II a parlé (cf. constitution dogmatique sur l'Église Lumen gentium, n° 39-42). « Le « suis-moi » du Christ se fait entendre sur diverses routes (...) ». On peut devenir « imitateur du Christ (...) aussi en s'employant à réaliser la transformation de toute la réalité temporelle selon l'esprit de l'Évangile. Et c'est là que l'apostolat des laïcs trouve aussi son point de départ, lui qui est inséparable de l'essence même de la vocation chrétienne » (Jean Paul II, Lettre
Dilecti amici, n° 9). « Pour la grande majorité des hommes, être saint, cela signifie sanctifier leur travail personnel, se sanctifier dans leur travail et sanctifier les autres par leur travail, et ainsi trouver Dieu sur le chemin de leur vie » (Entretiens avec Monseigneur Escriva, n° 55). Quand le Christ dit « suis-moi », très souvent cet appel « signifie : « Suis-moi », suis-moi, moi l'Époux de l'Église - de mon épouse... ; viens, deviens toi aussi l'époux de ton épouse..., deviens toi aussi l'épouse de ton époux. Tous deux, participez à ce mystère, à ce sacrement, dont la Lettre aux Éphésiens disait qu'il est grand : grand parce « qu'il s'applique au Christ et à l'Église » (cf. Éphésiens 5, 32) » (Jean Paul II, Lettre Dilecti amici, n° 10), le sacrement de mariage. Suivre la voie de la vocation au mariage « signifie que l'on apprend l'amour nuptial jour après jour (...) : l'amour de l'âme et du corps, l'amour qui « est patient, qui est bienveillant, qui ne cherche pas son intérêt...et qui ne tient pas compte du mal » ; l'amour qui sait « mettre sa joie dans la vérité », l'amour qui « supporte tout » (Cf. 1 Corinthiens 13, 4.5.6.7) » (Jean-Paul II, Ibid.).

(à suivre)

vendredi 31 août 2007

La jeunesse s'engage (4)

 title=Béatification d'Ozanam

La jeunesse s'engage (4)

C'est le raisonnement que beaucoup font, plus ou moins explicitement, de nos jours. S'engager pour une action humanitaire pendant un ou deux ans, on le fait facilement. D'autant plus aisément, que c'est bien perçu et même valorisant du point de vue personnel. Cela donne bonne conscience aussi. Mais ce n'est pas rechercher la sainteté résolument, ni nécessairement répondre à Dieu avec un « oui » empressé, et selon son dessein amoureux. (lire la suite)
À l'Amour de Dieu envers nous nous ne pouvons que répondre par de l'amour. Ou alors nous sommes tristes, nous aussi. Le regard que Jésus pose sur le jeune homme riche est un regard d'amour, parce qu'il a demandé, après que Jésus lui a énuméré les commandements, « que me manque-t-il encore ? » (Matthieu 19, 20), puisque je les observe tous depuis ma jeunesse. Que dois-je faire d'autre pour avoir la vie éternelle ? Car c'est bien de cela dont il s'agit. Nous devons envisager toute notre vie dans cette perspective essentielle et objective : la vie éternelle.
J'ai déjà parlé du regard du Christ aux mois de juillet et août 2006. L'évangéliste fait remarquer qu'après cette question du jeune homme, « Jésus fixa son regard sur lui et l'aima » (Marc 10, 21). Ce regard d'amour introduit la suite de la conversation entre Jésus et le jeune homme. « Que me manque-t-il encore ? » Cette aspiration à se dépasser se retrouve un peu partout. Cependant, Jean-Paul II faisait remarquer que si le bouddhisme, l'hindouisme, ou l'islam « se dressent comme un exemple vivant pour leurs contemporains, devant qui ils illustrent par leur conduite même le primat des valeurs éternelles sur les valeurs fugitives et parfois ambiguës qu'offre la société où ils vivent », il n'en demeure pas moins que « c'est l'Évangile qui représente un point d'appui tout à fait clair pour l'aspiration à la perfection, à « quelque chose de plus ». Tout dans la vie chrétienne est ordonné à l'amour et part de l'amour compris, « non seulement en tant que commandement, mais aussi comme don : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné » (Romains 5, 5) » (Jean-Paul II, Lettre aux jeunes Dilecti amici, n° 8). Don de Dieu, mais aussi don de chacun de nous en retour, surtout si Dieu appelle, comme il appelait ce jeune homme au cœur duquel il avait fait naître cette aspiration à « quelque chose de plus » que sa vie, déjà bien fidèle à Dieu. À notre réponse, Dieu répond à son tour « d'une façon totalement gratuite par « le don de soi », que le langage biblique nomme la « grâce » (Ibid., n°14).

(à suivre...)

jeudi 30 août 2007

La jeunesse s'engage (3)

Jeunesse (3)

S'engager. Ce verbe n'est pas à la mode de nos jours quand il s'agit de s'engager pour la vie, qu'il s'agisse d'une réponse à un appel de Dieu à le servir tout spécialement ou du mariage, indissoluble par nature. Il semble que les jeunes de notre temps manquent d'assurance, de confiance en eux-mêmes et en Dieu. Car, si Dieu appelle, il donne les moyens de répondre et de rester fidèle ensuite à la parole donnée. Pareillement, pour des baptisés, le mariage est élevé au rang de sacrement, (lire la suite) ce qui suppose tout un ensemble de grâces qui accompagnent les époux tout au long de leur vie et leur permet de faire face à toute éventualité.
S'engager est donc une question de foi. Et aussi le signe que l'on fréquente Dieu. Il est important, en effet, d'acquérir une connaissance de Dieu à partir de l'intimité qui naît dans la prière. « Seules la lumière de la foi et la méditation de la Parole de Dieu peuvent permettre toujours et partout de reconnaître Dieu « en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Actes 17, 28). C'est ainsi seulement que l'on pourra chercher en tout sa volonté, discerner le Christ dans tous les hommes, proches ou étrangers, juger sainement du vrai sens et de la valeur des réalités temporelles » (concile Vatican II, décret sur l'apostolat des laïcs, n° 4).
Nous avons vu avec Jean-Paul II comment aborder ces réalités temporelles au cours de la jeunesse, qui est en elle-même une richesse, un trésor confié par Dieu pour vivre en harmonie avec lui, conformément à son image et à sa ressemblance qu'il a inscrites au plus profond de notre être.
« Que vaut la terre entière ? Que vaut toute la mer ? Que valent le soleil et la lune ? Que vaut l'armée des anges ? Pour ma part, j'ai soif du Créateur de toutes choses ; j'ai faim de lui ; j'ai soif de lui » (saint Augustin, Sermon 158, 7). Si nous cultivons cette soif de Dieu, nous nous rendons alors compte qu'il vaut la peine de s'engager à le suivre. Le jeune homme riche qui s'avoue vaincu, incapable de se libérer des nombreux biens qui l'encombrent et le tiennent prisonnier, « s'en alla tout affligé » (Marc 10, 22), tout triste. Il éprouve, certes, une aspiration à quelque chose de meilleur, une inquiétude surnaturelle, qui naît en lui sous l'inspiration de l'Esprit Saint. Il veut s'engager, mais... Il y a un « mais ». Il y met des conditions. « M'engager, oui, mais pas en sacrifiant mes biens. pas en choisssant le chemin auquel Dieu m'appelle. Je ne veux pas me compliquer l'existence. »

(à suivre...)

mercredi 29 août 2007

Saint Jean-Baptiste


Saint Jean-Baptiste

À la jonction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, se dresse la figure imposante de Jean, fils de Zacharie et d’Élisabeth, qui étaient tous les deux des "justes devant Dieu" (Luc 1, 6) ; il est l’un des plus grands personnages de l’histoire du salut. Alors qu’il était encore dans le sein de sa mère, Jean reconnut le Sauveur, lui aussi caché dans le sein de la Vierge Marie (cf. Luc 1, 39-45) ; sa naissance fut marquée par de grands prodiges (cf. Luc 1, 57-66) ; il grandit dans le désert en menant (lire la suite) une vie austère et pénitente (cf. Luc 1, 80 ; Mt 3, 4) ; "prophète du Très-Haut" (Luc 1, 76), la parole de Dieu lui fut adressée (cf. Luc 3, 2) ; "il parcourut toute la région du Jourdain en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés" (Luc 3, 3) ; tel un nouvel Élie, humble et fort, il prépara le peuple à recevoir le Seigneur (cf. Luc 1, 17) ; conformément au dessein de Dieu, il baptisa, dans les eaux du Jourdain, le Sauveur du monde lui-même (cf. Matthieu 3, 13-16) ; il présenta Jésus à ses disciples en le désignant comme "l’Agneau de Dieu" (Jean 1, 29), le "Fils de Dieu" (Jean 1, 34) et l’Époux de la nouvelle communauté messianique (cf. Jean 3, 28-30) ; le témoignage courageux qu’il rendit à la vérité lui valut d’être emprisonné par Hérode, qui le fit décapiter (cf. Marc 6, 14-29) ; sa mort violente, tout comme auparavant sa naissance miraculeuse et sa prédication prophétique, firent de lui le précurseur du Seigneur. Jésus lui rendit un hommage incomparable en proclamant que "parmi les hommes, aucun n’est plus grand que Jean" (Luc 7, 28).
Depuis les premiers siècles de l’Église, les fidèles célèbrent avec ferveur le culte de saint Jean-Baptiste ; il s’est même enrichi d’éléments provenant de la culture populaire. Outre la célébration de sa mort (le 29 août), au même titre que tous les autres saints, saint Jean-Baptiste est le seul dont on célèbre aussi solennellement la naissance (24 juin), comme pour le Christ et la sainte Vierge Marie.
On peut constater que beaucoup de baptistères sont dédiés à saint Jean-Baptiste, ce qui permet de souligner son rôle essentiel lors du baptême de Jésus ; de même, de nombreuses fontaines baptismales évoquent sa figure en le représentant en train de baptiser. Son emprisonnement éprouvant et sa mort violente font aussi de lui le patron de ceux qui sont en prison, ainsi que des condamnés à mort, ou de ceux qui subissent de lourdes peines à cause de leur foi.
Il est très probable que la date de naissance de saint Jean-Baptiste (24 juin) fut fixée en fonction de celle de la conception du Christ (25 mars), et de sa naissance (25 décembre) : selon le signe donné par l’ange Gabriel au moment où Marie conçut le Sauveur, la mère du Précurseur était déjà enceinte depuis six mois (cf. Luc 1, 26. 36). Dans l’hémisphère nord, la solennité du 24 juin est aussi liée au cycle solaire. Elle se célèbre, en effet, au moment où le soleil, en se dirigeant vers le sud du zodiaque, commence à descendre à l’horizon : ce phénomène céleste est devenu le symbole de la figure de Jean-Baptiste, qui, à propos du Christ et de lui-même, déclara : "Lui, il faut qu’il grandisse; et moi, que je diminue" (Jean 3, 30)
La mission de Jean, qui était venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité (cf. Jean 1, 7), a donné naissance à la coutume d’allumer des feux dans la nuit du 23 au 24 juin, et, là où cette tradition existait déjà, elle a permis de lui donner une signification chrétienne : de fait, l’Église bénit ces feux en priant pour que les fidèles passent des ténèbres du monde à la Lumière de Dieu qui ne s’éteindra jamais.

Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n. 224-225.

mardi 28 août 2007

La jeunesse s'engage (2)


La jeunesse s'engage (2)

C'est par rapport à Dieu que nous devons nous situer et envisager notre vie. Jésus répond au jeune homme : « Nul n'est bon que Dieu seul » (Matthieu 18, 19). C'est auprès de lui et de lui seul, fréquenté dans la prière et les sacrements, que nous pouvons trouver la réponse aux questions que nous nous posons et, notamment, à cette question essentielle : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en partage ? » « Dieu seul est bon, ce qui signifie qu'en lui, et en lui seul, toutes les valeurs (lire la suite) ont leur source première et leur accomplissement dernier. Sans la référence à Dieu, « tout le monde des valeurs créées reste comme en suspens dans un vide absolu » (Jean-Paul II, Lettre aux jeunes Dilecti amici, n° 4). Nous venons de Dieu et nous sommes appelés à retourner à lui. Toute la création nous est confiée pour que nous la fassions fructifier au profit de la gloire de Dieu et de notre sanctification, nous pour la satisfaction égoïste d'intérêts personnels. Dieu seul est bon « parce qu'il est amour. Le Christ donne cette réponse par les paroles de l'Évangile et, par-dessus tout, par le témoignage de sa vie et de sa mort : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3, 16) » (Ibid.). Chacun d'entre nous est quelqu'un que Dieu aime en lui-même et pour lui-même. Dieu seul est bon. Or, « qui me voit, voit le Père », affirme Jésus (Jean 14, 9).
Aux questions que les jeunes, et que tout homme, se posent sur les valeurs, sur le sens de la vie, sur la vérité, sur le bien et le mal, le Christ répond en nous plaçant face à son Père, en nous rappelant qu'il nous a créés « à son image et à sa ressemblance » (Genèse 1, 26). Ce sont justement cette image et cette ressemblance « qui vous font poser ces questions que vous devez vous poser. Elles montrent à quel point l'homme sans Dieu ne peut se comprendre lui-même, et qu'il ne peut pas non plus s'accomplir sans Dieu » (Ibid.). D'où l'appel à s'engager résolument du côté de Dieu.

(à suivre...)

lundi 27 août 2007

Sainte Monique

Sainte Monique

Nous rappelons aujourd'hui, 27 août, la mémoire de sainte Monique et demain, nous rappellerons celle de son fils saint Augustin : leur témoignage peuvent être d'un grand réconfort et d'une grande aide pour tant de familles à notre époque également. Monique, née à Tagaste, aujourd'hui Souk-Aharàs, en Algérie, au sein d'une famille chrétienne, vécut (lire la suite) de façon exemplaire sa mission d'épouse et de mère, aidant son mari Patrice à découvrir la beauté de la foi dans le Christ et la force de l'amour évangélique, capable de vaincre le mal par le bien. Après la mort de celui-ci, survenue de façon prématurée, Monique se consacra avec courage au soin de ses trois enfants, parmi lesquels Augustin, qui au début, la fit souffrir par son tempérament plutôt rebelle. Comme le dira Augustin lui-même par la suite, sa mère l'engendra deux fois ; la seconde exigea un long travail spirituel, fait de prière et de larmes, mais couronné à la fin par la joie de le voir non seulement embrasser la foi et recevoir le baptême, mais également se consacrer entièrement au service du Christ. Combien de difficultés existent aujourd'hui également dans les relations familiales et combien de mères sont préoccupées parce que leurs enfants empruntent de mauvais chemins! Monique, femme sage et solide dans la foi, les invite à ne pas se décourager, mais à persévérer dans leur mission d'épouses et de mères, en conservant fermement la confiance en Dieu et en se raccrochant avec persévérance à la prière.
Quant à Augustin, toute son existence fut une recherche passionnée de la vérité. À la fin, non sans un long tourment intérieur, il découvrit dans le Christ le sens ultime et plénier de sa vie et de toute l'histoire humaine. Au cours de son adolescence, attiré par la beauté terrestre, "il se jeta" sur elle - comme il le confie lui-même (cf. Confessions 10, 27-38) - de façon égoïste et possessive, à travers des comportements qui furent la cause d'une grande douleur pour sa pieuse mère. Mais, à travers un parcours difficile, notamment grâce aux prières de sa mère, Augustin s'ouvrit toujours plus à la plénitude de la vérité et de l'amour, jusqu'à sa conversion, qui eut lieu à Milan sous la direction de l'évêque saint Ambroise. Il demeurera ainsi le modèle du chemin vers Dieu, Vérité et Bien suprême. "Je vous ai aimée tard - écrit-il dans le célèbre livre des Confessions - beauté si ancienne, beauté si nouvelle, je vous ai aimée tard. Mais quoi! Vous étiez au dedans, moi au dehors de moi-même ; et c'est au dehors que je vous cherchais [...] Vous étiez avec moi; et je n'étais pas avec vous... Vous m'appelez, et voilà que votre cri force la surdité de mon oreille, votre splendeur rayonne, elle chasse mon aveuglement" (ibid.). Que saint Augustin obtienne le don d'une rencontre sincère et profonde avec le Christ à tous les jeunes qui, assoiffés de bonheur, la recherchent en parcourant les mauvais sentiers et se perdent dans des voies sans issue.
Sainte Monique et saint Augustin nous invitent à nous adresser avec confiance à Marie, siège de la Sagesse. Nous lui confions les parents chrétiens afin que, comme Monique, ils accompagnent par l'exemple et la prière le chemin de leurs enfants. Nous confions la jeunesse à la Vierge Mère de Dieu, afin que, comme Augustin, elle tende toujours vers la plénitude de la Vérité et de l'Amour, qui est le Christ : Lui seul peut satisfaire les désirs profonds du cœur humain.

Benoît XVI, Angélus, 27 août 2006.

dimanche 26 août 2007

La jeunesse s'engage (1)

 title=Eglise de Saint-Lyphard, Loire-Atlantique

La jeunesse s'engage (1)

La jeunesse est « le moment d'une découverte particulièrement intense du « moi » humain, des qualités et des capacités » dont le jeune est doué, écrivait Jean-Paul II. Faisant allusion à la parabole des talents, de ces qualités et capacités que nous avons reçus de Dieu en même temps que notre nature humaine, il précisait que « la jeunesse en elle-même (indépendamment de tout bien matériel) est une richesse unique de l'homme » (lire la suite) (Lettre aux jeunes Dilecti amici, n° 3). C'est la période où le jeune homme ou la jeune fille engage le projet de son existence, de sa vie. C'est une époque d'autoéducation.
Si la jeunesse est une richesse, « cette richesse consiste à découvrir et en même temps à planifier, à choisir, à prévoir et à assumer les premières décisions personnelles », qui vont orienter toute la vie de façon décisive, et préparer aussi la voie à la vie éternelle (Jean-Paul II, Ibid.). Dans cette Lettre que le pape Jean-Paul II avait adressée « à tous les jeunes du monde », le 31 mars 1985, à l'occasion de l'année internationale de la jeunesse, il développait la scène du jeune homme riche qui s'approche de Jésus en quête d'un idéal, précisément de cette vie éternelle, qu'il désire ardemment posséder : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en partage ? » (Luc 18, 18). Nous savons que Jésus lui rappelle d'abord l'observance des commandements de Dieu et que le jeune homme répond qu'il les vit depuis sa jeunesse. Sur quoi Jésus ajoute : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribues-en le produit aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, et suis-moi » (Luc 18, 22). Or, « en entendant cela, il en fut affligé, car il était fort riche » (Luc 18, 23), et très attaché à ces biens matériels, qui ne devaient pas lui ouvrir la porte du ciel. Il n'était pas disposé à prendre le risque de s'en défaire, à troquer les biens terrestres contre le trésor spirituel que Jésus lui proposait. Aussi « il s'en alla tout affligé » (Matthieu 19, 22).
« Seules les richesses extérieures ont pesé sur sa décision de s'éloigner du Christ, c'est-à-dire « les biens », ce que le jeune homme possédait. Non pas ce qu'il était ! Ce qu'il était, précisément en tant que jeune homme - c'est-à-dire la richesse intérieure qui se cache dans la jeunesse humaine -, cela l'avait conduit à Jésus » (Jean-Paul II, Ibid.). Ce que nous détenons n'est pas la même chose que ce que nous sommes. Nous sommes enfants de Dieu par le baptême et ce sont toutes les grâces que Dieu nous envoie qui constituent notre vrai trésor. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6, 21).

(à suivre...)

samedi 25 août 2007

Paris et la conversation

Paris et la conversation

Voici une réflexion de Madame de Staël sur Paris et la conversation, tirée de son ouvrage De l’Allemagne.

« Il me semble reconnu que Paris est la ville du monde où l’esprit et le goût de la conversation sont le plus généralement répandus ; et ce qu’on appelle le mal du pays, ce regret indéfinissable de la patrie […] s’applique particulièrement à ce plaisir de causer que les Français ne retrouvent nulle part au même degré que chez eux. […]
La parole n’y est pas seulement, comme ailleurs, un moyen de communiquer ses idées, ses sentiments et ses affaires, mais c’est un instrument dont on aime à jouer, et qui ranime les esprits, comme la musique chez quelques peuples, et les liqueurs fortes chez quelques autres. »

vendredi 24 août 2007

Saint Barthelemy (fin)


Saint Barthélemy (fin)

En revenant à la scène de vocation, l'évangéliste nous rapporte que, lorsque Jésus voit Nathanaël s'approcher, il s'exclame : "Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir" (Jn 1, 47). Il s'agit d'un éloge qui rappelle le texte d'un Psaume : "Heureux l'homme... dont l'esprit est sans fraude" (Ps 32, 2), mais qui suscite la curiosité de Nathanaël, qui réplique avec étonnement : "Comment me connais-tu ?" (Jn 1, 48a). La réponse de Jésus n'est pas immédiatement compréhensible. (lire la suite) Il dit : "Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu" (Jn 1, 48b). Nous ne savons pas ce qu'il s'est passé sous ce figuier. Il est évident qu'il s'agit d'un moment décisif dans la vie de Nathanaël. Il se sent touché au plus profond du coeur par ces paroles de Jésus, il se sent compris et comprend : cet homme sait tout sur moi, Il sait et connaît le chemin de la vie, je peux réellement m'abandonner à cet homme. Et ainsi, il répond par une confession de foi claire et belle, en disant : "Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu ! C'est toi le roi d'Israël !" (Jn 1, 49). Dans cette confession apparaît un premier pas important dans l'itinéraire d'adhésion à Jésus. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l'identité de Jésus : Il est reconnu aussi bien dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont il est le Fils unique, que dans celle avec le peuple d'Israël, dont il est déclaré le roi, une qualification propre au Messie attendu. Nous ne devons jamais perdre de vue ni l'une ni l'autre de ces deux composantes, car si nous ne proclamons que la dimension céleste de Jésus, nous risquons d'en faire un être éthéré et évanescent, et si au contraire nous ne reconnaissons que sa situation concrète dans l'histoire, nous finissons par négliger la dimension divine qui le qualifie précisément.
Nous ne possédons pas d'informations précises sur l'activité apostolique successive de Barthélemy-Nathanaël. Selon une information rapportée par l'historien Eusèbe au IVème siècle,
un certain Pantenus aurait trouvé jusqu'en Inde les signes d'une présence de Barthélemy (cf. Hist. eccl. V, 10, 3). Dans la tradition postérieure, à partir du Moyen Age, s'imposa le récit de sa mort par écorchement, qui devint ensuite très populaire. Il suffit de penser à la très célèbre scène du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, dans laquelle Michel-Ange peignit saint Barthélemy qui tient sa propre peau dans la main gauche, sur laquelle l'artiste laissa son autoportrait. Ses reliques sont vénérées ici à Rome, dans l'église qui lui est consacrée sur l'Ile Tibérine, où elles furent apportées par l'empereur allemand Otton III en l'an 983. En conclusion, nous pouvons dire que la figure de saint Barthélemy, malgré le manque d'information le concernant, demeure cependant face à nous pour nous dire que l'on peut également vivre l'adhésion à Jésus et en témoigner sans accomplir d'œuvres sensationnelles. C'est Jésus qui est et reste extraordinaire, Lui à qui chacun de nous est appelé à consacrer sa propre vie et sa propre mort.

Benoît XVI, Audience générale, 4 octobre 2006.

jeudi 23 août 2007

Saint Barthelemy (1)

 title=Martyre de saint Barthélemy

Saint Barthélemy (1)

Dans la série des apôtres appelés par Jésus au cours de sa vie terrestre, c'est aujourd'hui l'apôtre Barthélemy qui retient notre attention. Dans les antiques listes des Douze, il est toujours placé avant Matthieu, alors que le nom de celui qui le précède varie et peut être Philippe (cf. Matthieu 10, 3 ; Marc 3, 18; Luc 6, 14) ou bien Thomas (cf. Actes 1, 13). Son nom est clairement un patronyme, car il est formulé avec une référence explicite au nom de son père. En effet, il s'agit probablement d'un nom (lire la suite) d'origine araméenne, bar Talmay, qui signifie précisément "fils de Talmay".
Nous ne possédons pas d'informations importantes sur Barthélemy ; en effet, son nom revient toujours et seulement au sein des listes des Douze susmentionnées et ne se trouve donc au centre d'aucun récit. Cependant, il est traditionnellement identifié avec Nathanaël : un nom qui signifie "Dieu a donné". Ce Nathanaël provenait de Cana (cf. Jean 21, 2) et il est donc possible qu'il ait été témoin du grand "signe" accompli par Jésus en ce lieu (cf. Jean 2, 1-11). L'identification des deux personnages est probablement motivée par le fait que ce Nathanaël, dans la scène de vocation rapportée par l'Évangile de Jean, est placé à côté de Philippe, c'est-à-dire à la place qu'occupe Barthélemy dans les listes des apôtres rapportées par les autres Évangiles. Philippe avait dit à ce Nathanaël qu'il avait trouvé "Celui dont parle la loi de Moïse et les Prophètes [...] c'est Jésus fils de Joseph, de Nazareth" (Jn 1, 45). Comme nous le savons, Nathanaël lui opposa un préjugé plutôt grave : "De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ?" (Jean 1, 46a). Cette sorte de contestation est, à sa façon, importante pour nous. En effet, elle nous fait voir que, selon les attentes des Juifs, le Messie ne pouvait pas provenir d'un village aussi obscur, comme l'était précisément Nazareth (voir également Jean 7, 42). Cependant, dans le même temps, elle met en évidence la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes en se faisant trouver précisément là où nous ne l'attendrions pas. D'autre part, nous savons qu'en réalité, Jésus n'était pas exclusivement "de Nazareth", mais qu'il était né à Bethléem (cf. Matthieu 2, 1 ; Luc 2, 4), et qu'en définitive, il venait du ciel, du Père qui est aux cieux.
L'épisode de Nathanaël nous inspire une autre réflexion : dans notre relation avec Jésus, nous ne devons pas seulement nous contenter de paroles. Philippe, dans sa réponse, adresse une invitation significative à Nathanaël : "Viens et tu verras !" (Jean 1, 46b). Notre connaissance de Jésus a surtout besoin d'une expérience vivante : le témoignage d'autrui est bien sûr important, car généralement, toute notre vie chrétienne commence par une annonce qui parvient jusqu'à nous à travers un ou plusieurs témoins. Mais nous devons ensuite personnellement participer à une relation intime et profonde avec Jésus; de manière analogue, les Samaritains, après avoir entendu le témoignage de leur concitoyenne que Jésus avait rencontrée près du puits de Jacob, voulurent parler directement avec Lui et, après cet entretien, dirent à la femme : "Ce n'est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons maintenant ; nous l'avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c'est vraiment lui le Sauveur du monde !" (Jean 4, 42).

(à suivre...)

mercredi 22 août 2007

La soif de Dieu (fin)


La soif de Dieu (fin)

Il serait facile de multiplier les citations, qui répondent bien à une réalité dont Dieu, en se servant des écrivains sacrés, a voulu laisser un témoignage multiple. Mais comme en toutes choses, Dieu ne s’impose pas. Si l’homme n’y met pas du sien, cette aspiration restera pratiquement lettre morte. Il doit la manifester à Dieu dans sa prière, lui demander sa grâce pour qu’elle grandisse en lui. Ce qui invite à mener une vie cohérente avec elle et à vouloir aussi la faire partager par d’autres. Ce peut être pour beaucoup la découverte de l’aspiration au bonheur (lire la suite) que nous abritons tous en nous mais qu’il nous est si difficile bien souvent de combler de façon satisfaisante. Il convient donc de chercher la présence de Dieu, mais à partir des pratiques de piété chrétienne et de la lecture méditée de la Sainte Écriture. « Je pense, en effet, qu’un grand danger de s’égarer menace ceux qui se jettent dans l’action — dans l’activisme ! — et se passent de la prière, du sacrifice et des moyens indispensables pour obtenir une piété solide, c’est-à-dire du recours fréquent aux sacrements, de la méditation, de l’examen de conscience, de la lecture spirituelle, de la fréquentation assidue de la très Sainte Vierge et des anges gardiens… Tout ceci contribue en outre, avec une efficacité irremplaçable, à rendre la journée du chrétien tellement agréable, car c’est de la richesse de sa vie intérieure que proviennent la douceur et le bonheur de Dieu, comme le miel coule du rayon » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 18).

mardi 21 août 2007

La soif de Dieu (1)

 title=Calvaire, Saint-Laurent-sur-Sevre (Vendée)

La soif de Dieu (1)

La soif de Dieu est inscrite dans la nature de l’homme, car l’homme a été créé « à l’image et à la ressemblance » de Dieu (Genèse 1, 27). Par conséquent, toute créature qu’il soit, il est « capable de Dieu ».
Son aspiration au bien et au bonheur n’est qu’une tendance, souvent désordonnée et erronée, au Bien suprême qu’est Dieu et au bonheur (lire la suite) qui ne se trouve qu’en Dieu. Que d’hommes n’ont fait cette découverte qu’à la dernière heure, celle de se présenter devant Dieu. C’est le cas de Charles Baudelaire :
« Nous avons blasphémé Jésus,
des dieux le plus incontestable ! […]
Ah ! Seigneur ! donnez-moi la force et le courage
De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût ! »
Saint Augustin disait : « Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi » (Confessions 1, 1). C’est le sentiment qu’exprime le psalmiste : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu Vivant ; quand pourrai-je contempler le visage de Dieu ? Mes larmes sont ma nourriture nuit et jour. […] Pourquoi es-tu abattue, ô mon âme, et gémis-tu en moi ? Espère en Dieu, car je le louerai, lui, le salut de mon visage et mon Dieu » (Psaume 42, 3-4.6-7). Et ailleurs, nous lisons : « Il est une chose que je demande à Yahvé, je la désire ardemment : c’est d’habiter dans la maison de Yahvé tout le temps de ma vie, pour jouir de la douceur de Yahvé et pour contempler son sanctuaire » (Psaume 27, 4). Le thème est récurant : « Je voudrais à jamais être l’hôte de ta tente, me réfugier à l’abri de tes ailes » (Psaume 61, 5). « Heureux celui que tu choisis et que tu attires à toi : il habite en tes parvis. Puissions-nous être rassasiés des biens de ta maison, de la sainteté de ton temple ! » (Psaume 65, 5). « Aie pitié de moi, ô mon Dieu, aie pitié de moi, car en toi mon âme cherche un refuge » (Psaume 57, 2). « À l’ombre de tes ailes je laisse éclater ma joie » (Psaume 63, 8). « Je veux chaque jour te bénir, et louer ton nom pour toujours et à jamais » (Psaume 145, 2).

(à suivre...)

lundi 20 août 2007

Saint Bernard

Saint Bernard

Aujourd'hui, le calendrier cite, parmi les saints du jour, saint Bernard de Clairvaux, grand docteur de l'Eglise, qui a vécu entre le XI et le XII siècle (1091-1153). Son exemple et ses enseignements se révèlent particulièrement utiles à notre époque également. S'étant retiré du monde après une période de profond tourment intérieur, il fut, à l'âge de 25 ans, élu abbé du monastère cistercien de Clairvaux, qu'il dirigea pendant 38 ans, jusqu'à sa mort. La consécration au silence et à la contemplation ne l'empêcha pas de mener une intense activité apostolique. Il fut également exemplaire (lire la suite) dans sa manière de lutter pour maîtriser son tempérament impétueux, et par l'humilité avec laquelle il sut reconnaître ses propres limites et ses défauts.
La richesse et la qualité de sa théologie ne résident pas tant dans le fait d'avoir parcouru des voies nouvelles, que dans celui d'avoir réussi à proposer les vérités de la foi avec un style si clair et si pénétrant qu'il fascinait l'auditeur et disposait l'âme au recueillement et à la prière. Dans chacun de ses écrits, on perçoit l'écho d'une riche expérience intérieure, qu'il réussissait à transmettre aux autres avec une étonnante capacité de persuasion. L'amour était pour lui la plus grande force de la vie spirituelle. Dieu, qui est Amour, crée l'homme par amour, et par amour il le rachète; le salut de tous les êtres humains, mortellement blessés par la faute originelle et accablés par les péchés personnels, consiste à adhérer fermement à la charité divine, que le Christ crucifié et ressuscité nous a pleinement révélée. Dans son amour, Dieu guérit notre volonté et guérit notre intelligence malade en les élevant au plus haut degré d'union avec Lui, c'est-à-dire à la sainteté, et également à l'union mystique. Saint Bernard évoque cela, entre autres, dans son bref mais dense Liber de diligendo Deo (De l'amour de Dieu). Je voudrais également signaler un autre de ses écrits, le De consideratione, adressé au Pape Eugène III. Ici, dans ce livre très personnel, le thème dominant est l'importance du recueillement intérieur - et il le dit au Pape -, un élément essentiel de la piété. Il est nécessaire, observe le saint, de se préserver des dangers d'une activité excessive, quelles que soient la situation ou la charge que l'on occupe car - dit-il au Pape de l'époque et à tous les Papes, à nous tous - les nombreuses occupations conduisent souvent à la "dureté du coeur", elles ne font que "tourmenter l'esprit, épuiser le coeur et... faire perdre la grâce" (II, 3). Cette mise en garde vaut pour tout type d'occupations, y compris celles qui sont inhérentes au gouvernement de l'Eglise. La parole que Bernard adresse à ce propos au Souverain Pontife, son ancien disciple à Clairvaux, est provocatrice: "Voilà, écrit-il, où toutes ces maudites occupations qui vous absorbent ne peuvent manquer de vous conduire, si vous continuez... à vous y livrer tout entier, sans rien réserver de vous-même" (ibid.). Combien ce rappel de la primauté de la prière et de la contemplation est utile pour nous également ! Que saint Bernard, qui sut concilier l'aspiration du moine à la solitude et au silence du cloître avec l'urgence de missions importantes et complexes au service de l'Eglise, nous aide à concrétiser cette primauté dans notre vie.
Confions ce désir difficile de trouver l'équilibre entre l'intériorité et le travail nécessaire à l'intercession de la Vierge Marie, qu'il aima dès son enfance avec une dévotion tendre et filiale, au point de mériter le titre de "Docteur marial". Invoquons-la afin qu'elle obtienne le don de la paix véritable et durable pour le monde entier. Dans un célèbre discours, saint Bernard compare Marie à l'étoile que les navigateurs scrutent du regard pour ne pas faire fausse route : "O vous qui flottez sur les eaux agitées de la vaste mer, et qui allez à la dérive plutôt que vous n'avancez au milieu des orages et des tempêtes, regardez cette étoile, fixez vos yeux sur elle, et vous ne serez point engloutis par les flots... levez les yeux vers l'étoile, invoquez Marie... En suivant Marie, on ne s'égare point... si elle vous protège, vous n'aurez rien à craindre, si elle vous conduit, vous ne connaîtrez point la fatigue, et si elle vous est favorable, vous êtes sûr d'arriver" (Hom. super Missus est, II, 17).
Benoît XVI, Angélus, 20 août 2006.

dimanche 19 août 2007

Le vrai Amour ! (Christ l'a fait pour nous)


Le vrai Amour ! (Christ l'a fait pour nous)

Ceci est une histoire vraie !!!
Après quelques moments de louanges et la lecture de la parole de Dieu au début de la célébration eucharistique du Dimanche, un prêtre se lève lentement et se dirige vers l'autel.
Avant de donner son homélie, il présente brièvement un fidèle de l'église présent à la messe ce jour-la, disant qu'il était l'un de ses amis d'enfance les plus chers. Il lui demandait alors de présenter ses salutations à l'assemblée et de partager la parole de Dieu avec lui. On aperçut alors un homme assez âgé se lever et se diriger vers l'autel.
Voici ce qu'il partagea :
« Un père, son fils et un ami à son fils voguaient paisiblement (lire la suite) sur la côte du pacifique. Brusquement, une tempête violente s'abattit, rendant impossible tout retour vers la cote. Les vagues étaient tellement hautes que toutes les années d'expérience du marin ne suffirent pas pour maintenir la barque en équilibre et la voila qui se renverse, les précipitant tous dans l'océan déchaîné.
Le vieil homme hésita un moment, alors que son regard tombait sur deux adolescents qui, pour la première fois depuis le début de la messe, le regardaient fixement, un peu un plus intéressés pour comprendre ou il voulait en venir.
L'homme poursuivit : « Saisissant au vol le cordage de secours, le père avait à prendre la décision la plus déchirante de sa vie : A quel enfant devait-il lancer l'autre bout du cordage de secours ? Il n'avait que quelques secondes pour décider.
Le père savait que son fils était chrétien (converti) et il savait aussi que l'ami de son fils ne l'était pas. Avec une douleur qui n'avait de comparable que la hauteur de ces vagues meurtrières, il lança à son fils : 'Je t'aime, mon fils', et lança le cordage à l'ami de son fils, le ramena à la barque qu'il arriva tant bien que mal à retourner.
Pendant ce temps, son fils disparaissait dans les profondeurs de l'océan dans la noirceur de la nuit. Son corps n'a jamais été retrouvé. »
En ce moment, les deux adolescents, assis tout droit sur leurs sièges, attendaient anxieusement la suite de cette histoire.
« Le père », poursuivit-il, « savait que son fils serait dans l'éternité avec Jésus et ne pouvait se faire à l'idée que l'ami de son fils puisse passer l'éternité sans Jésus. Ainsi donc, il sacrifia son fils afin de sauver son ami. Combien grand peut être l'amour de Dieu pour qu'il ait fait autant pour nous ! Notre père céleste a sacrifié son fils unique afin que nous soyons sauvés. Je vous supplie d'accepter son offre de vous secourir et de saisir ce cordage de secours qu'il vous lance dans ce service.
Sur ce, le vieil homme s'en retourna à sa place ; un long silence remplit la salle. Le prêtre se leva encore, se dirigea vers l'autel, fit son homélie et lanca un appel à la fin pour ceux qui voulaient donner leur cœur à Jésus. Personne ne répondit à l'appel.
A la fin de la messe, les deux adolescents se dirigèrent vers le vieil homme: « C'était une belle histoire », signifia poliment l'un d'eux. « Mais, je ne pense pas que cela ait été vraiment réaliste de la part du père de sacrifier la vie de son fils unique dans l'espoir que l'autre garçon devienne chrétien (converti) ! »
« Bien, vous venez de taper en plein dans le mile », dit le vieil homme, portant son regard sur la vieille bible qu'il avait en mains. Un large sourire se dessina sur sa face étroite et il regarda encore une fois les deux adolescents, avant de lancer : « Ce n'est sûrement pas réaliste n'est-ce pas ? Mais je me tiens aujourd'hui devant vous pour vous dire que cette histoire me donne un aperçu du moment que cela a pu être dur pour Dieu de sacrifier son fils unique Jésus pour moi. Vous voyez, je suis l'homme de cette histoire et votre prêtre actuel était l'ami de mon fils
Prenez 60 secondes à réfléchir, ensuite, faites tout simplement ceci : 1) Une courte prière pour la personne qui vous a envoyé ce message : "Père, bénis cette personne qui m'a envoyé ce message ainsi que ceux qui le liront et comble-les chaque jour de tout ce dont ils auront besoin. Fais que tous, nous puissions nous identifier véritablement au Christ Jésus, modèle parfait de l'Amour. Amen."

samedi 18 août 2007

Nous sommes des animaux mais on n'est pas des betes

Nous sommes des animaux mais on n'est pas des bêtes

Jean-Marie Meyer Entretiens avec Patrice de Plunkett, Nous sommes des animaux mais on n'est pas des bêtes. Libres propos d'un philosophe sur les animaux et les hommes, Paris, Presses de la Renaissance, 2007.
Voici un ouvrage d'un philosophe en colère contre les déviations qu'il constate dans notre société occidentale où l'animal est de plus en plus assimilé à l'homme quand ce n'est pas surévalué par rapport à lui. Des groupes de pression établissent, et font approuver, des listes de droit des animaux, auxquels on prête une similitude avec l'homme dont ils s'étonneraient (lire la suite) s'ils pouvaient nous comprendre... Notre époque, souligne Jean-Marie Meyer, condamne violemment l'anthropocentrisme, consistant à mettre l'homme au « centre » du monde, ce qui est pourtant légitime du point de vue scientifique, mais pratique l'anthropomorphisme à outrance, en croyant, ou voulant croire, que les animaux ont la même vision des choses que l'homme, et en interprétant leurs comportements comme des conduites humaines.
La première partie de ce livre est consacrée au psychisme de la bête. Il est incontestable que les animaux communiquent, mais la question est de savoir quoi ? et comment ? Nos contemporains ne se trompent-ils pas lorsqu'ils prêtent ses propres émotions aux bêtes ? La deuxième partie étudie les relations de l'homme avec les animaux. « Peut-on dire qu'un chat nous « sort de la solitude », alors qu'il n'est pas un humain ? Notre éthique a-t-elle quelque chose à voir avec le fonctionnement des sociétés animales ? Est-il vrai que les animaux ont une morale, dont serait issue la morale humaine ? » Ces questions ne nous laissent pas indifférents.
Les auteurs dénoncent dans cet ouvrage, exemples à l'appui, « une crise de l'humain » que notre société secrète sous couvert de « respecter l'animal ». Cette crise a de multiples manifestations : dépenses de luxe pour les chiens, boom des traitements au Prozac pour animaux, influence du darwinisme, revendications de droits civils et politiques pour cétacés.
J'écris ceci alors que j'ai sous les yeux un hebdomadaire dont un article demande « à quoi pensent les animaux ? » Un ouvrage décapant, qui nous aidera à redécouvrir qui nous sommes !